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365 jours en Bourgogne

Requiem pour un statu quo

27 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru, #Pommard, #AOC

Les producteurs de Pommard ont bouclé leur demande de grands crus. Si elle aboutissait, le sommet de la pyramide bourguignonne pourrait s’élargir. Non sans grincements de dents…

Pommard rue-t-il dans les brancards ? La classification des grands crus de Bourgogne, qui fait relativement peu débat, pourrait bien être bousculée. C’est en tout cas l’intention des vignerons de Pommard. Avant les vendanges un dossier a été officiellement transmis à l’Institut nationale des appellations et de la qualité (INAO). Les Rugiens, les Epenots et le Clos des Epeneaux (monopole du Comte Armand) sont pressentis pour atteindre la catégorie ultime de la hiérarchie bourguignonne (lire aussi ici). Le sujet était sur la table depuis quelques années déjà.
Après la demande de Nuits-Saint-Georges (lire ici), la boite de Pandore va-t-elle être 
ouverte ? C’est en tout cas la crainte émise par certains producteurs. L’Union des grands crus, par la voix de son président de Louis-Michel Liger-Belair affirmait en substance  que la notion de grands crus pourrait être galvaudé (lire Bourgogne Aujourd’hui 105), comme l’a été celle d’appellation d’origine contrôlée, à force de vouloir l’élargir à de nouveaux impétrants.

A Pommard, le dossier a été bétonné pour ne pas prêter le flanc à des critiques sur le fond. Les arguments des producteurs se nourrissent d’un éclairage historique, économique et d’une étude géo-pédologique (menée par le Groupement d’études et de suivi des terroirs). « Les recherches ont mis en évidence que ces terroirs ont toujours été identifiés comme les meilleurs du village dans les différents classements établis ces 250 dernière années », note Aubert Lefas, vigneron à la tête de la commission qui mène le projet. L’étude économique, sur les 50 dernières années, a révélé que les prix de ces vins étaient significativement supérieurs aux autres premiers crus de Pommard : 50 à 60% pour les Rugiens et 40% pour les Epenots en moyenne.
Quant à la réponse aux réticences de certains vignerons bourguignons, Aubert Lefas répond habilement et justement : « Nous ne demandons pas l’accès à un club, simplement la reconnaissance de la qualité intrinsèque de ces terroirs ».
La totalité des 48 producteurs de ces premiers crus ont approuvé le projet à l’exception d’un seul qui s’est abstenu. Quelques années seront encore nécessaires pour qu’une commission 
d’enquête de l’INAO rende ses propres conclusions.

 

Photo : Le premier cru Les Epenots à Pommard au soleil couchant.

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