Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
365 jours en Bourgogne

Le palmarès 2013 des cuvées des Hospices de Beaune

13 Novembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #Millésime 2013

Mes traditionnelles notations et enseignements après dégustation des 43 cuvées 2013 des Hospices de Beaune.

La note maximale est ++++


Les rouges

Impressions générales :
L'hétérogénéité entre les cuvées est le fait marquant de ce millésime. Rien de surprenant à cela au vu des conditions climatiques, chahutées et tardives, rencontrées pendant la récolte. « Ce n’est pas l’année du siècle », nous répètent les vignerons bourguignons depuis la fin des vendanges. La plupart des cuvées sont d’un volume et d’une longueur plus faibles que la moyenne de ces dernières années. Mais dans l’ensemble, les tannins se montrent plutôt fondus. Les vins sont nets et assez expressifs sur le plan aromatique (ils se révèlent relativement peu marqués par le bois, un bon signe). Les investissements réalisés cette année pour la réception des raisins (lire ici) ont, sans jeu de mots, pleinement porté leurs fruits. Les cuvées les mieux notées n’ont pas de complexe à faire par rapport à ce que des millésimes plus favorables ont donné.

 

A noter que trois cuvées manquent à l’appel de cette vente 2013 pour cause de grêle (la maigre production de certaines parcelles a été versée à des cuvées voisines) : les beaune premiers crus Cyrot-Chaudron et Hugues et Louis Bétault, ainsi que le pommard Billardet.


Mes coups de cœur : Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse, Auxey-Duresses premier cru Boillot, Beaune premier cru Nicolas Rolin, Volnay premier cru Santenots Gauvain, Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter.

 

Santenay Christine Friedberg
Un vin vif et d’une densité très moyenne.

Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse +++
Très joli nez, évoquant des arômes de pivoine. La bouche surprend par son étoffe et surtout la finesse de ses tannins.

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand +
Du fruit noir et des épices au nez. La bouche est assez stricte, avec une pointe de dureté en finale.


Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard ++
Nez discret de petits fruits rouge. La bouche propose une matière assez fine et fraîche. Plaisant.

Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret
Peu volume et de la vivacité. Plutôt raide à ce stade.

Monthelie premier cru Lebelin ++(+)
Après la cuvée de Pernand, c’est la deuxième bonne surprise de cette série. Le nez est discret mais la bouche ronde, bâtie sur des tannins fondus est séduisante.

Auxey-Duresses premier cru Boillot ++++
Le nez est toasté et d’une belle intensité. La bouche se montre charnue, profonde. Un vin complet et prometteur. Sans doute une des meilleures affaires de cette vente.

Beaune premier cru Maurice Drouhin ++
Des notes de bonbons anglais au nez. Le vin est équilibré, mais s’affirme sur des tannins austères aujourd’hui. A revoir.

Beaune premier cru Brunet ++
Un vin qui joue davantage sur ces qualités de pureté aromatique et de fraicheur, que de concentration et de puissance. L’ensemble est plaisant, élégant.

Beaune Grèves premier cru Pierre Floquet ++

Le nez présente une dominante épicée associée à un fruité exprimant une bonne maturité. La bouche est sérieuse (des tannins fermes) et persistante. Du potentiel.

Beaune premier cru Clos des Avaux +(+)
Au nez un fruité mûr évoque des notes de bonbon. La bouche est ronde, gourmande. Du sucre résiduel doit tempérer cette première approche flatteuse.

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++(+)
Une belle intensité aromatique au nez. En bouche, il se dégage de l’harmonie et de l’équilibre. Là aussi, la persistance de sucre résiduel (les vendanges sont encore toutes proches !) incite à la prudence.

Beaune premier cru Dames Hospitalières +
Un vin délicat ou fuyant, selon les perceptions... Bref, le peu de matière donne une impression de facilité et de légèreté. Un peu juste, dans l’ensemble, pour un premier cru…

Beaune premier cru Guigone de Salins ++
La cuvée de la fondatrice dévoile des tannins tout en dentelle cette année. Ce caractère friand lui assure un certain charme. Un peu plus de fond ne lui aurait pas fait de tort non plus.

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++
Incontestablement la grande cuvée de Beaune cette année. Elle se positionne plus généralement dans le trio de tête des rouges en 2013. Le nez est complexe et intense. La bouche est délicieusement réglissée. Le tout sur des tannins denses. Superbe.


Volnay premier cru Général Muteau +
Une première cuvée de volnay marqué par un boisé toasté au nez. En bouche, les tannins sont assez astringents. Les effets de la grêle ?

Volnay premier cru Blondeau ++
Le nez, dans un registre floral est prometteur. La bouche présente beaucoup de "mâche". Les tannins sont plutôt rugueux en finale. A suivre. C'est le vin le plus complet, jusqu'ici, de la série des volnay.


Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++
Un vin dont le potentiel semble prometteur. La bouche est plus riche que la moyenne, avec les tannins fondus qui caractérisent ce climat de volnay. Une sensation de délicatesse se dégage.

Volnay premier cru Santenots Gauvain +++(+)
Le nez est complexe, mêlant un boisé toasté et des notes d’épices. La bouche offre beaucoup de chair, d’épaisseur. Le caractère « sphérique » des santenots exprime toute sa gourmandise. Un vrai régal.


Pommard Suzanne Chaudron ++
Un vin pur, frais, élégant. A défaut de puissance, l’ensemble dégage une sensation d’harmonie.


Pommard Raymond Cyrot (+)
Le nez évoque la framboise, le petit fruit rouge. La bouche est austère. A revoir…


Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++
Le nez est marqué par le boisé. La bouche séduit par la finesse de ses tannins. Le caractère élègant, « Epenots », de ce pommard est bien au rendez-vous. La puissance, moyenne, du millésime aussi.


Pommard premier cru Dames de la Charité
Un vin marqué par une importante présence de sucre résiduel à ce stade. Toute tentative sérieuse d’évaluation est vaine.


Corton grand cru Charlotte Dumay +++
Des notes de rose fraiches dominent le nez. En bouche, la matière est ferme, d’une bonne concentration. La finale évoque la griotte. Un vin droit et d’une belle longueur.


Corton grand cru Docteur Peste
Trop de sucre résiduel à ce stade. Notation impossible.

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ +++(+)
Un vin qui campe sur une solide structure. Les tannins sont fermes et serrés. Le nez est complexe. Une cuvée qui devrait se révéler en cours d’élevage et déployer son potentiel.


Echzeaux grand cru Jean-Luc Bissey +(+)
Le nez est intense, floral. La bouche, marquée par des tannins rugueux, est plus décevante. A revoir.


Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter ++++
La grande classe au nez comme en bouche. Les tannins sont très fins et concentrés en même temps. L’aromatique s’exprime avec beaucoup d’intensité et de complexité. Des arômes discrets mais fins (sur le floral). Une finale longue et réglissée conclut la dégustation. Coup de coeur...

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon +++
Une fois n’est pas coutume, il nous semble que la cuvée de Mazis a été détrônée, cette année, par le Clos de la Roche. La densité est là, mais la bouche est sérieuse, même stricte en finale. Peut-être avec quelques mois de plus…

 

 

Les blancs 

Impressions générales :
Comme pour les rouges, les valeurs sont bousculées par ce millésime compliqué (la fenêtre de tir pour vendanger était étroite surtout en blanc). Quelques cuvées « stars » comme le bâtard-montrachet ou les meursault Genevrières sont à la peine. D’autres sont plus prometteuses.
Point rassurant, les acidités sont moins mordantes que redouté en début de vendanges. Les différences d’évolutions dans la vinification et l’élevage sont en blanc un élèment qui rend la dégustation toujours compliquée à ce stade. Cette année tardive, ne fait pas exception. 


Mes coups de cœur : Pouilly-Fuissé Françoise Poisard, Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot, Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault.


Saint-Romain Joseph Menault ++
Le nez est expressif sur des notes de pomme et de pamplemousse. La bouche se montre pure, d’une belle vivacité mais sans verdeur. Un beau potentiel.

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +++
Le nez évoque un fruit bien mûr. Une sensation qui se confirme en bouche : une grande harmonie s’en dégage. Un heureux mariage entre rondeur et vigueur.

Meursault Loppin ++
De la rondeur, de la gourmandise en bouche. Le tout ne manque pas de fraicheur. Le pouilly-fuissé, précédemment dégusté, paraît toutefois un ton au-dessus…

Meursault Goureau ++(+)
Le nez évoque la pêche. La bouche se distingue par sa longueur, son caractère tonique davantage que sa puissance. Une bonne base.

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++++ 
Minéralité, finesse, race. La personnalité de ce terroir de référence à Meursault se confirme à chaque millésime, ou presque, aux Hospices.   

Meursault-Genevrières premier cru Baudot + 
Un vin délicat, presque fluet. Peu de personnalité à ce stade. Une déception pour l’heure.

Meursault-Genevrières premier cru Philippe Le Bon +(+)
Un peu plus de fond et d’expression que la cuvée Baudot (Genevrières également), mais l’ensemble reste décevant pour une des références aux Hospices en blanc…

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault ++++ 
L’autre belle cuvée, en premier cru, à Meursault sur ce millésime. Le vin est riche, profond, gourmand tout en révélant une certaine finesse. Le nez est expressif. Un vrai « Charmes ».

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay +
Le nez est assez expressif, a contrario de la bouche que l’on peine à saisir. Un coup de mou ?

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson ++(+) 
Des agrumes  et un caractère presque exotique au nez, mais surtout beaucoup de gourmandise en bouche. La fermentation alcoolique n’est pas terminée (du sucre résiduel). A confirmer donc…

Corton-Charlemagne grand cru Roi soleil ++ 
Des notes d’orange au nez. La bouche est serrée, vive. Un potentiel à confirmer…


Corton-Charlemagne grand cru François de Salins ++(+) 
Un vin frais, droit et pur. Une belle trame qui manque d’enveloppe aujourd’hui mais l’optimisme est permis.

Bâtard-Montrachet grand cru Dames de Flandres ++
Un caractère miellé, expressif, puissant est là au nez. La bouche est davantage chahutée. Un manque d’harmonie générale le pénalise. On a connu ce grand cru dans une meilleure forme.

 

Ces vins seront mis aux enchères le 17 novembre sous la halle de Beaune. A noter que le site Hospices-beaune.com propose, pour la cinquième année, de regrouper des particuliers pour acheter certaines cuvées. Cette année il est possible de limiter ses achats à trois bouteilles.
 

 

Partager cet article

Commenter cet article