Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
365 jours en Bourgogne

Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (C)

5 Janvier 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne

C comme Compliqué.

Into Wine Olivier MagnyC'est le reproche le plus fréquemment formulé à la Bourgogne et à ses vins. Ils sont compliqués. Certains y perçoivent même une forme d'arrogance bien française. Trop d'appellations, trop de producteurs, trop de cuvées... C'est vrai, la Bourgogne avec sa centaine d'AOC sur seulement 30 000 hectares de vignes (3% du vignoble français) est un peu plus complexe que le slogan d'un homme politique en campagne. Le sujet a maintes fois agité les Bourguignons eux-mêmes, particulièrement depuis que de nouveaux pays producteurs se sont lancés dans la production de vins de cépages. Il est tellement plus simple et rassurant de lire "merlot", "cabernet-sauvignon", "pinot noir" sur l'étiquette... Pas de surprise, dans un sens comme dans l'autre, une fois le vin dans le verre.

Ainsi au fur et à mesure que la concurence se faisait vive, des voix de plus en plus insistantes se sont élevées pour réclamer un choc de simplification (au début des années 2000) sous peine de voir la Bourgogne perdre pied sur les marchés. De simplication il n'y eut pas. Heureusement.

Au contraire, les "climats" et leur foisonnement de terroirs sont aujourd'hui au centre des attentions. Résultat : la Bourgogne a rarement autant brillé dans la galaxie toujours plus vaste des régions productrices de vins. C'est précisément cette étonnante complexité, cette capacité à surprendre (y compris dans le mauvais sens du terme) qui donne tout leur sel aux vins de Bourgogne. C'est pour cela aussi que la Bourgogne suscite d'invraisemblables passions chez les amateurs du monde entier.

Voici ce qu'écrit Olivier Magny dans son excellent ouvrage "Into Wine" (editions 10-18) paru en novembre dernier :

"Au tout début de mon parcours, j'ai passé quelques mois en Californie. Je fus soufflé par l'approche que j'y découvris : le vin était sans cesse et partout associé à l'idée de plaisir, chacun s'attachait à le rendre plus compréhensible et plus lisible - tout cela est rafraichissant, et authentiquement enthousiasmant.

Il me semblait que la France du vin, parée d'un sérieux excessif, avait quelques leçons à prendre : si elle voulait convaincre des gens de ma génération de se mettre au vin, elle avait des progrès à faire.

Quelques années plus tard, à mesure que j'avançais dans mon parcours, mon rapport à la culture européenne du vin évolua. Je connaissais depuis un moment sa profondeur et sa diversité, et étant français, j'y était intuitivement attaché. Il me fallut plusieurs années non seulement pour en comprendre la beauté, mais aussi pour découvrir le chemin qu'elle dévoilait. (...) Sans patience et intérêt, seuls nous sont accessibles les plaisirs immédiats - agréables certes, mais de moindre qualité que ceux tricotés patiemment."

La Bourgogne est assurément un chemin qui demande patience et intérêt. Mais croyez ceux qui l'ont emprunté, il offre bien des gratifications...

Partager cet article

Commenter cet article