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365 jours en Bourgogne

Précoce ou surdoué ?

6 Mai 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

Bourgogne Aujourd’hui 117 est paru. Le précoce millésime 2011 y est à l’honneur. L’occasion de revenir sur ces années qui bousculent le calendrier. A l’heure où, une nouvelle fois, les vignes ont entamé leur cycle tout feu tout flamme…

Un nouveau numéro de Bourgogne Aujourd’hui vient de paraitre. Il fait la part belle aux chablis premiers et grand crus pour les blancs et aux chambolle-musigny et morey-saint-denis pour les rouges (irancy est aussi au programme). L’occasion de poursuivre nos dégustations du millésime 2011 en bouteille.

A la fin août de cette année 2011, les vendangeurs étaient déjà sur le pied de guerre. Pour la troisième fois en moins d’une décennie en Bourgogne, la récolte débutait avant les premiers jours de septembre. Elle s’inscrit donc dans un cycle de millésimes précoces entamée spectaculairement en 2003.

Une promptitude à répétition qui a, bien-sûr, alimentée les spéculations sur les effets du changement climatique. En attendant de constater à plus long terme si cette précocité tend à devenir la norme, les vins hérités de ces années « en avance sur le calendrier » permettent de tirer quelques enseignements. Au vu des dégustations menées ces derniers mois pour établir nos sélections, 2011 constitue certainement l’année la plus aboutie de ce trio.

L’ainé, 2003, a donné des vins d’une puissance rarement atteinte. Des cuvées issues de raisins déshydratés (très petits rendements), d’une concentration exceptionnelle mais parfois d’une certaine lourdeur. On leur a reproché un manque de typicité bourguignonne (les cuvées qui vieillissent bien n’en sont pourtant pas si éloignées). Le cadet, 2007, a livré des vins friands, expressifs sur le plan aromatique, mais sans grande matière en bouche. Ils évoluent assez rapidement.

Le benjamin, 2011, a connu un été peu ensoleillé mais des rendements entamés naturellement lors de la floraison. Le retour de la chaleur la récolte approchant a permis d’atteindre de bons niveaux de maturité, sans excès, tout en préservant la subtilité du pinot noir. Sur ces terroirs de la Côte de Nuits, comme à Chambolle et Morey, ce fameux pinot a fait mouche.       

« Ces millésimes ne donnent pas du tout le même rendu dans les vins. Cela s’explique par des schémas de développement de la vigne très différents. En 2011, le printemps a été doux et précoce mais les fins de maturité n’ont pas été précipitées comme en 2003. Quand il s’agit de vendanger savoir attendre est plus facile que d’être obligé de courir !, souligne Alain Serveau, œnologue de la maison Bichot. Les 2011 ont aussi davantage de concentration que les 2007 ».

Années précoce ou non, l’effet millésime reste donc très marquée dans une région septentrionale comme la Bourgogne. Un charme que même le changement climatique ne semble pouvoir rompre… 

 

Ma notation sur ces millésimes :
 

2003 (le millésime inclassable et indestructible pour les meilleures cuvées) 

Rouges : 16 sur 20 (A boire ou à garder)

Blancs : 14 sur 20 (A boire)
 

2007 (Précoce mais pas surdoué...)

Rouges : 14,5 sur 20 (A boire)

Blancs : 13 sur 20 (A boire)
 

2011 (Le millésime Casanova)

Rouges : 17 sur 20 (A boire après carafage ou à garder)

Blancs : 16 sur 20 (A boire ou à garder)

 

A découvrir aussi dans Bourgogne Aujourd’hui 117, nos focus terroirs (en rapport avec les dégustations de sélection) sur le chablis grand cru Grenouilles, le Clos Saint-Denis et le fameux premier cru de Chambolle-Musigny Les Amoureuses.
A lire également : l’interview de José Vouillamoz, généticien de cépages (lire aussi ces deux articles 1 et 2), un dossier sur la tonnellerie, une enquête sur l’appétit des investisseurs pour le vignoble bourguignon et une échappée sur le Piémont...

 


 

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