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365 jours en Bourgogne

Cheval dans les vignes : une vraie fausse tradition

6 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique, #Histoire

Au garage le tracteur bruyant polluant ! Ces dernières années le cheval a fait un retour spectaculaire dans les vignes. Un retour à la tradition, vraiment ?

La plus belle conquête de l’homme est-elle aussi le meilleur allié du vigneron ? En matière de communication, le cheval est certainement un bon investissement. Il a de l’allure entre deux rangs de vignes au moment des labours. Il renvoie immanquablement à l’image d’Epinal du terroir éternel mené par des vignerons aux pratiques immuables et respectueuses de la nature. Il fait aussi du bon travail, tassant moins les sols que les roues du tracteur et améliorant au passage le bilan carbone de l’exploitation. Raisons pour certains domaines, aux finances confortables, de faire régulièrement appellent aux équidés. Les prestataires de ce type de service ont prospéré en Bourgogne ces dernières années.

On en viendrait à croire que le cheval a toujours travaillé dans les vignes. Grossière erreur...
Il faut attendre l’après phylloxéra (apparu en Bourgogne en 1875) pour le voir prendre sa part au labeur dans les vignes. Avant que l’insecte n’attaque, les vignes étaient plantées "en foule" et à hautes densités. Ces plantations aléatoires (par marcottage) rendaient le passage d’un cheval impossible. De même, le coût économique d’un tel animal et le temps nécessaire pour le soigner en faisait un auxiliaire relativement rare pour les vignerons.
C’est la replantation post-phylloxérique des vignes en ligne, avec piquets et fils de fer, qui a rendu le recours à l’animal possible au sein des vignobles. L’historien Olivier Jacquet, l’a constaté dans les statistiques de la fin du XIXe siècle : le nombre de chevaux et de mulets dans les villages viticoles n’explose qu’une fois la catastrophe du phylloxéra passée. Ces quadrupèdes sont en fait le signe d’un vignoble qui se modernise…

Le tracteur s’étant généralisé assez rapidement après la seconde guerre mondiale, le cheval n’aura connu ses heures de gloire seulement quelques décennies. En aucun cas le recours au cheval ne s’inscrit donc dans une quelconque tradition séculaire.
On en reste pas moins satisfait de le prendre en photo à la faveur d'une rencontre fortuite dans les vignes (ici en Côte de Beaune)...

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