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365 jours en Bourgogne

La marche en avant de Pouilly-Fuissé

9 Décembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #AOC

Le paysage a bien changé à Pouilly-Fuissé ! Les deux roches jumelles, Solutré et Vergisson, sont toujours là  ! Mais côté caves, une révolution s’est mise en marche. Rien ne semble vouloir l'arrêter...  

La Bourgogne du sud a définitivement changé d'époque. Pouilly-Fuissé, appellation phare du Mâconnais, en tête. « Il y a 20 ans, seulement une dizaine de producteurs mettaient leurs vins en bouteille au domaine à Pouilly-Fuissé. Maintenant, on peut en citer une cinquantaine », constat formulé par Fédréric-Marc Burrier, vigneron et président de l’organisme de gestion de l'AOC (rubrique "Rencontre" du prochain Bourgogne Aujourd’hui). Et alors direz-vous ?
Pour un vigneron, mettre en bouteille ses vins, cela veut dire les signer, les vendre, avoir des clients (et non pas vendre en vrac à un intermédiaire). La pratique induit tout un processus qualitatif.

Tenus de se démarquer, beaucoup de ces producteurs ont compris que la première attention doit être portée sur la culture des vignes. En particulier la maitrise des rendements. L’excès de production, créant des vins dilués, a reculé. Le désherbage chimique devient moins nécessaire. « Tout d’un coup, les vins se mettent à changer », poursuit Fédréric-Marc Burrier. Davantage recherchés par les cavistes, la belle restauration, les vins sont mieux valorisés. Les producteurs peuvent investir dans du matériel, des bâtiments plus fonctionnels. Un nouvel équilibre autant économique que cultural et œnologique se crée. Une émulation s’opère entre producteurs. Ce chemin, Pouilly-Fuissé l’a parcouru ces deux dernières décennies.
Ces vins charnus et fuités ont, par la même occasion, séduit les critiques anglo-saxons. Trop d’ailleurs. Dans les années 1980, jusqu’à 85% des vins de l’appellation étaient vendus aux Etats-Unis.

Nous avons vu émerger nombre de domaines sur Pouilly-Fuissé et mais ses "satellites" (Pouilly-Loché, Pouilly-Vinzelles). Les domaines Cordier, Saumaize-Michelin, Barraud, Vessigaud, Thibert, les Frères Bret, etc. Ils ont rejoint les domaines phares de l’appellation : Féret-Lorton, Château de Fuissé et Château de Beauregard, précurseurs de la mise en bouteille à la propriété dans ce vignoble.
Il reste encore un peu de chemin à accomplir pour cette vaste appellation (presque 800 hectares). Mais sur le fond, que manque-t-il à Pouilly-Fuissé ? Des premiers crus. Le Mâconnais est le seul vignoble bourguignon à ne pas disposer de cette distinction.
La hiérarchisation des terroirs est devenue un point de repère incontournable en Côte de Beaune ou en Côte de Nuits.  « Elle ne s’est pas établie chez nous. Nous sommes restés sur cette notion de commune, importante, mais nous avons du mal à évoluer dans la même cours. Après guerre, le Mâconnais est devenu une source de chardonnay, avec une structure de production qui n’évoluait pas », analyse Fédréric-Marc Burrier.
Depuis 2007, un dossier est en cours d’instruction auprès de l’Institut national des appellations d’origine (INAO). La commission était en visite au début de ce mois sur le terrain. Cette démarche devrait aboutir pour les millésimes 2017 ou 2018. Ce serait une consolidation des acquis. Et une légitime récompense.

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