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365 jours en Bourgogne

Les Climats de Bourgogne à l’Unesco : c’est fait !

4 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Un modèle de viticulture unique et millénaire est enfin sanctuarisé : les terroirs de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune ont été inscrits ce jour au Patrimoine mondial de l’humanité. Une consécration qui doit conforter la Bourgogne dans sa vocation d’excellence.

Une mince bande de terre, se déroulant au sud de Dijon, a vu naître les "climats" de Bourgogne. Une définition du terroir qui n’existe nulle part ailleurs. Avec eux ont émergé une viticulture de haute qualité, reliant avec une précision exceptionnelle, la qualité d’un vin à son origine.

Ils font l’objet, depuis 2007, d’une démarche d’inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Elle a abouti ce jour, lors de la 39e session du Comité de l’Unesco qui se tient à Bonn (Allemagne).

L’existence presque miraculeuse et très localisée de ce vignoble (9 000 ha seulement), s’explique par une succession d’événements. Le sous-sol bourguignon s’est constitué lors du Jurassique, il y a 150 millions d’années. La mer tropicale qui recouvrait alors la région a laissé des sédiments qui ont donné au sol son caractère argilo-calcaire.

La côte, quant à elle, a émergé il y a trente millions d’années par effondrement de la vallée qui courait de l’Alsace au Beaujolais. Il en est ressorti un mince "talus" (d’environ 500 mètres d’altitude aujourd’hui) reposant sur ce fameux socle calcaire recouvert d’une mince épaisseur d’argile. Le tout idéalement exposé au soleil pour permettre aux raisins de murir à des latitudes septentrionnales, a priori peu favorables.

Il faut également insister sur le rôle des hommes dans cette aventure. Un véritable entêtement de civilisation. Moines clunisiens et cisterciens, ducs de Bourgogne, négociants voyageurs, simples familles vigneronne, etc. Ils ont fait le choix de tirer le meilleur parti de ces éléments, favorables ou non. Ce choix de l’excellence a été encouragé selon les époques par des contraintes géographiques, des considérations politiques ou plus simplement des intérêts commerciaux. Aujourd’hui, après avoir fait vivre des générations de viticulteurs, le vignoble bourguignon se distingue par son maillage d’exploitations (elles sont un peu plus de 4 000 pour 20 000 emplois directs). Des structures bien souvent familiales. Là, s’est ancré un lien presque congénital à la terre.

Ces deux siècles d’histoires n’ont pas été un chemin pavé de roses. Si la Bourgogne jouit d’une notoriété largement enviée, cela n’a pas été toujours le cas. Y compris dans les périodes récentes. Aubert de Villaine confiait il y a quelques années que les comptes d’exploitation du domaine de la Romanée-Conti, dont il est le co-gérant, n’était pas particulièrement flatteurs dans les années 1970… (lire également cette interview).

Il y encore quelques semaines cette inscription était loin d'être acquise (lire ici). Il faut saluer le travail des initiateurs de ce projet : Aubert de Villaine qui a incarné avec conviction, opiniâtreté et autorité cette démarche, ainsi que l’association qui l’a fait vivre au jour le jour. Le travail de l'Ambassadeur de France à l'Unesco, Philippe Lalliot, a aussi été primordial (son interview ici).
 Avant même ce dénouement heureux, les retombées sont inestimables.
Cette démarche a conduit les Bourguignons à définir ce qui fait la valeur universelle exceptionnelle de leur vignoble. « Elle nous permet de mieux prendre conscience que l'outil que nous avons entre les mains est extrêmement précieux. Il faut absolument le préserver et le transmettre aux générations futures. », conclut Aubert de Villaine

 

Entre les temples d’Égypte et les monuments d’Angkor …

En 1959, un événement a suscité une prise de conscience internationale sur l’existence d’un patrimoine commun à toute l’humanité : la décision de construire le barrage d’Assouan en Égypte. Ce dernier aurait inondé la vallée où se trouvaient les temples d’Abou Simbel. En 1959, l’Unesco a décidé de lancer une campagne internationale pour sauvegarder ces monuments et procéder à des recherches archéologiques.

Finalement, en 1972, a été ouverte une liste de biens considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. "Le but du programme est de cataloguer, nommer, et conserver les sites dits culturels ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité." L’Unesco est l’organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture.

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