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365 jours en Bourgogne

Echappée onirique à Barolo

24 Novembre 2009 , Rédigé par Laurent Gotti

Résumer, à l'extrême, un voyage dans un vignoble revient à ne retenir qu'une trilogie : un paysage, un homme, une bouteille. Impressions du Piémont.

 

Un paysage

Tout simplement le premier qui s'est offert à moi. Je suis arrivé le vendredi soir, de nuit, à Barolo. Voici ce que j'ai découvert le lendemain matin en ouvrant les volets de la chambre d'hôtel. Le village et son château dans les brumes. Une excellente entrée en matière. Le cépage unique, à maturation tardive, de l'appellation d'origine Barolo s'appelle Nebbiolo et tient son nom de Nebbia, le brouillard. On ne pas faire plus explicite… Un instant d'autant plus saisissant que je savourais mon premier moment de calme et de contemplation après deux semaines très actives et riches en émotions.



La deuxième photo est prise dans le vignoble de Cannubi, l'un des lieux-dits les plus réputés, dans le cœur historique de l'appellation. C'est l'un des rares instants du week-end ou un coin de ciel bleu est apparu. Remarquez que la brume n'est pas très loin...  
 

 










Un homme

Il s'agit d'Aldo Vajra, producteur réputé de Barolo. Il m'a bluffé. Non pas par son français, presqu'impeccable, mais par sa mémoire. Nous nous étions vus il y a six mois lors d'une dégustation organisée à Beaune par un restaurateur italien. Nous avions échangés quelques mots. Deux minutes trente de conversation, à tout casser. Les conditions de dégustation étaient dignes d'un quai de métro à l'heure de pointe. Et pourtant Aldo m'a reconnu… Moi non plus je ne l'avais pas oublié avec ses allures de centurion romain. Mais j'avais beaucoup moins de mérite que lui.






Une bouteille

Fort logiquement un vin d'Aldo Vajra. Ce n'est pas un vin de l'appellation Barolo mais Langhe (le nom de région de Barolo) car il n'est pas issu du Nebbiolo mais du Freisa, un vieux cépage autochtone. Aldo est l'un des très rares producteurs à poursuivre sa culture. C'est donc sa cuvée fétiche. Et on comprend pourquoi en le goûtant : le vin est complexe, tonique, corsé sans avoir l'astringence tannique de nombreux Barolo. J'en ai ramené quelques bouteilles à Beaune...

Ce voyage s'est déroulé dans le cadre de cette manifestation inter-vignobles (Bourgogne-Pièmont) :
 http://www.leloromaesta.it/

Photos : Laurent Gotti



 





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Visite dans les caves d'Hospices de Bourgogne.com

19 Novembre 2009 , Rédigé par Laurent Gotti

Il est rare qu'une cave ne recèle pas quelques trésors. Celle de Sylvie et Benoit et Charbonnaud en compte quelques-uns…

 

Hier soir, je suis allé rencontrer Benoit Charbonnaud à Rully (côte chalonnaise). Il est le créateur, avec son épouse Sylvie, du site Hospices de Bourgogne.com*.

J'ai reçu son appel en début de semaine. Il souhaitait mettre le livre en vente sur son site comme animation de fin d'année. Benoit Charbonnaud a travaillé pour quelques grandes maisons bourguignonnes : Louis Jadot, Albert Bichot, Antonin Rodet. Il est aujourd'hui en charge de la maison André Delorme (Rully). L'homme est affable et prévenant. Après avoir fait plus longuement connaissance, nous sommes allés visiter la cave. Là sont stockés les vins commercialisés par le site. Nous avons admiré quelques vieux flacons : des vins des Hospices de Beaune, comme par exemple un beaune 1926 cuvée Bétault, ou encore un monthélie 1935 cuvée Gélicot (cette cuvée n'existe plus aujourd'hui). Cette dernière bouteille est parée d'une superbe étiquette reprenant des motifs de la décoration intérieure de l'Hôtel-Dieu. Les étiquettes des Hospices n'ont été uniformisées qu'en 1969.



A la fin de la visite Benoit Charbonnaud me demande mon année de naissance : 1974. Il déniche une bouteille de volnay-Santenots, un des plus beaux terroirs de la côte de Beaune, du domaine Joseph Matrot.

 

- "Tenez, c'est pour vous. A vous de trouver l'occasion de la boire".

 

J'en reste une fraction de seconde confus. Et lui répond :

 

- C'est très gentil. Je l'accepte mais en l'échange d'un livre.

 

-Dédicacé alors !

 

-Bien sûr, dédicacé.        

 

Je dégusterai donc cette bouteille en bonne compagnie. J'ai rarement eu l'occasion de boire des vins de mon année de naissance (un petit millésime). La seule grande bouteille de 1974 que j'ai goûté était un meursault-Charmes du domaine Comtes Lafon. C'est Dominique Lafon, lui-même, qui l'avait ouverte au domaine. Et c'était la dernière de la cave ! Un autre moment mémorable.


* Le site propose des vins des divers domaines hospitaliers de Bourgogne : Hospices de Beaune bien sûr, mais aussi de Nuits Saint-Georges, de Dijon, de Beaujeu. S'y ajoute une gamme de vieux millésimes de vins de prestige toutes régions confondues. www.hospicesdebourgogne.com. 

Ps :  A propos d'internet j'en profite pour vous annoncer que mon amie Laure Gasparotto (lire cette article) vient d'ouvrir son blog : laure-du-vin.com. Ca promet quelques pépites.

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Chaud le marteau !

16 Novembre 2009 , Rédigé par Laurent Gotti

Avec une hausse finale de 20,3%, la vente des vins des Hospices de Beaune, a contrarié les pronostics. Même les plus optimistes. L'effet millésime 2009 a joué a plein.

Il fallait se frotter les yeux pour y croire. Hier les prix des vins des Hospices de Beaune affichaient + 35% après plus d'une heure de vente. Sous les yeux incrédules de l'assistance,
la vente tournait à la bataille de chiffonnier. Certains lançaient les enchères avant même que le commissaire priseur n'annonce l'ouverture des hostilités sur le lot…
Avec des envolées de 20, 30 ou 50% sur certaines cuvées, la vente a donc été particulièrement animée. Au final, la hausse du prix des vins est de 20,3 % et le chiffre d'affaires se monte à plus de 5 millions d'euros. Tout près du record enregistré en 2000 (5,2 millions).
L'effet millésime 2009 a joué a plein. Il a même été démultiplié par l'effet Christie's. L'ouverture de la vente à un plus large public, avec la possibilité d'acheter une pièce unique, a fait flamber les prix. Le pourcentage de vins adjugés pour des particuliers avoisine 30%. Du jamais vu depuis l'arrivée de Christie's en 2005. Cette édition valide donc l'initiative du maire de Beaune, Alain Suguenot, de confier le marteau à la maison anglaise. En tout cas sur ce type de millésime bien né… Si l'année prochaine le millésime est plus médiocre l'influence de Christie's redeviendra certainement plus anecdotique.
Grand millésime aussi coté people : Patrick Bruel a fait un tabac en poussant la chansonnette à la tribune (Mon amant de saint-Jean). Repris par l'assemblée.

Côté livre, ce week-end a été particulier pour moi. L'occasion de tester l'accueil réservé au livre par les professionnels (lors des différentes manifestations autour de la vente) mais aussi par le commun des mortels (lors de la séance de dédicace le dimanche). Que du positif dans les deux cas. Plus d'une heure et demie de signature non-stop auprès de visiteurs de passage ou de Beaunois pur souche.

Pendant ce temps France Bleu Bourgogne faisait gagner le livre son antenne. Un bon début non ?

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Jour J !

9 Novembre 2009 , Rédigé par Laurent Gotti

Ca y est, il est là. De la virtualité à la réalité, un simple moment de plénitude.

nullCe midi, je suis rentré chez moi après une dégustation pour la revue Bourgogne Aujourd'hui : une série de Nuits-Saint-Georges, millésime 2007. J'avais la tête un peu embrumé par cette vingtaine de vins dégustée, mais surtout l'esprit mobilisé par mon rendez-vous avec Gilles Mathieu journaliste du Bien Public (notre quotidien régional) venu m'interroger sur ce livre. Je suis pratiquement passé sans le remarquer. Une lueur dans le coin de l'œil, m'a pourtant fait détourner la tête. Des couleurs à la fois familières, presque intimes et pourtant inattendues.  Le voilà donc ce livre. Amandine, ma femme, me l'avait déposé sur la table du salon, encore dans son film plastique. Un bref moment de satisfaction : celui où le virtuel devient réel.
A peine le temps de le feuilleter que notre hôte journaliste était déjà là. Au moins ai-je pu joindre les faits aux mots…

* Une séance de dédicace est prévue le dimanche 15, de 16 à 17h30 heures, à la librairie l'Atheneaeum, en face de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Je m'éclipserai de la Halle, c'est à deux pas, où les enchères de la 149e vente feront rage (on l'espère…). 

Photo : LG - Ndla : Les bouteilles ne sont pas comprises dans le prix du livre ;-) 


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Le premier acheteur des Hospices se tourne vers les particuliers

4 Novembre 2009 , Rédigé par Laurent Gotti

J-2

"Inaccessible", "hors de portée" les vins des Hospices de Beaune… Une initiative de la maison Albert Bichot devrait couper court à ce type de réflexions.


La rencontre entre tradition et nouvelle technologie a quelque chose d'exaltant. La maison Albert Bichot (Beaune) propose, pour la première fois, aux particuliers d’acheter des vins des Hospices de Beaune en direct par internet. Un dispositif ambitieux qui permet à des "groupes virtuels d’achat" de se constituer autour d'une même cuvée. Cette démarche rend possible l'achat en petite quantité (à partir de 6 bouteilles). Pour cette première année, Bichot propose ainsi d'acquérir la cuvée de beaune premier cru "Cyrot-Chaudron" (rouge) et/ou la cuvée de meursault "Goureau" (blanc). Une opération qui devrait être portée par la qualité du millésime 2009. Au vu des cours des enchères 2008, le prix du beaune premier cru devrait se situer en-dessous de 20 € la bouteille, un prix très compétitif par rapport au marché. La cuvée de meursault se positionnerait autour de 50 € (prix TTC, frais d'élevage et de mise en bouteille compris). Des prix suceptibles de fluctuations selon les enchères bien-sûr.
Le site hospices-beaune.com donne toutes les informations nécessaires. L'opération est menée par Jean-David Camus, directeur marketing de la maison. Ce dernier répond aux questions et aiguille les acheteurs. C'est ensuite la maison Bichot qui élève et met en bouteille les vins achetés. Bichot est le premier acheteur des Hospices de Beaune (24 cuvées acquises l'an dernier) depuis une quinzaine d'année, lors de la célèbre vente. Jusqu'alors seul Christie's proposait aux particulier d'acheter via internet.

Photo : Jean-David Camus.
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