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365 jours en Bourgogne

Viticulture durable : en regardant passer le train...

25 Janvier 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Ce 20 janvier se tenait à Beaune un séminaire sur la viticulture durable. Débats, débats, et après…

raisins-clos-roche.jpg"La Bourgogne doit-elle devenir une référence en matière de viticulture durable ?".
C'était la question d'un séminaire organisé par le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne à Beaune. La réponse paraît évidente pour un vignoble qui a fait du terroir et de son respect un cheval de bataille. Un impératif, une nécessité, tous les intervenants étaient d'accord sur ce point. Entre la demande pressante des consommateurs et le durcissement à venir de la législation, le vieil adage "mieux vaut agir que subir" devrait s'appliquer pleinement. Nombre de vignobles de part la planète l'ont bien compris et communiquent allègrement sur ce sujet. En Bourgogne aussi, la dimension environnementale du rôle du viticulteur a pour beaucoup dépassé la simple prise de conscience. Depuis trois ans, il m'est difficile de rencontrer un vigneron de moins de 40 ans qui ne s'intéresse pas à la viticulture bio : soit il se questionne pour entrer dans la démarche, soit il est déjà en cours de conversion*. Quand il ne l'est pas déjà. Plus qu'une mode, une véritable lame de fond… Sans compter que la bio n'est pas l'unique moyen de faire des efforts pour l'environnement (j'entends les objections des allergiques à la bio…). Bref, la Bourgogne n'a certainement pas de complexe à avoir. Pourtant à l'issu des débats, le dépit pointait. La question centrale n'a été finalement qu'effleurée : la Bourgogne doit-elle se lancer dans une démarche collective de viticulture durable, via la mise en place d'un cahier des charges préalablement défini. Une telle démarche pourrait lui permettre de communiquer sur ces pratiques vertueuses. Mais j'entends déjà les objections dans les caves : "Encore des contraintes supplémentaires, qu'on nous laisse tranquille chez nous". L'un des intervenants, Raphaël Dubois, vigneron à Nuits-Saint-Georges, a fait ce constat : "Le vignoble bourguignon est une somme d'individualités et la seule question qui vaut pour beaucoup est : est-ce bon pour mon clocher ?" A ceux là, je demande : Et si la viticulture durable, la pérennité des terroirs, c'était avant tout une autre façon de penser…

 * Il faut trois années de culture bio certifiée pour avoir le droit de poser le logo AB sur son étiquette.

Photo : Raisins dans le Clos de la Roche des Hospices de Beaune. Les Hospices sont entrés dans une démarche bio depuis le millésime 2006. (Laurent Gotti)
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2010 : Année anniversaire

1 Janvier 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

La 150e vente aux enchères des Hospices de Beaune se tiendra en 2010. Retour sur les origines de l'événement.

 

vente-hospices2.jpg2010 sera une année spéciale pour Beaune et la Bourgogne du vin. Son événement phare fêtera sa 150e édition. Mais comment les Hospices de Beaune en sont-ils venus à vendre leurs vins aux enchères ? Une première tentative a lieu en 1825. Faute de publicité, l’expérience est un cuisant échec. Un peu plus tard, au milieu du XIXe, les mauvais millésimes s'accumulent. Les caves de l’Hôtel-Dieu sont pleines, faute d'acheteurs. Devant l’urgence de la situation, l’économe des Hospices, Joseph Pétasse, décide de prendre son bâton de pèlerin. Il se rend dans de nombreuses régions françaises, mais aussi en Belgique, en Hollande et en Allemagne, des pays où la réputation des vins de Bourgogne est déjà faite. L'économe est de surcroît un poète. Il sait trouver les mots pour convaincre. L’opération est un succès. En moins de deux ans, Pétasse a épongé l'intégralité du stock des Hospices ! Les conditions sont réunies pour une reprise des ventes aux enchères. Et après ces pérégrinations, Joseph Pétasse retourne fièrement vers les administrateurs : "Messieurs, vous pouvez reprendre dès cette année la vente aux enchères publiques. Il est désormais inutile de nous déranger : la clientèle est faite, nos vins sont connus et ce sont maintenant les amateurs qui viendront à nous !". L'année 1859 marque les débuts véritables de la vente : elle prend un rythme annuel.

Les hasards des annulations, pour cause de guerres mondiales ou de récolte trop médiocre a voulu que la 150e vente se tienne en 2010. Rendez-vous est pris pour le 21 novembre prochain…

 

En attendant, Bonne année à tous les lecteurs de ce blog !

 
Illustration : visuel de la vente 2009. 

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