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365 jours en Bourgogne

Hospices-Beaune.com passe la vitesse supérieure

29 Octobre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

L'opération visant à faciliter l'achat de vin des Hospices de Beaune prend de l'ampleur. Albert Bichot et Hospices-Beaune.com doublent le nombre de cuvées proposées.

 

Le gâteau a beau être appétissant, quand il est gros (et onéreux) mieux vaut être à plusieurs pour se l'offrir. Le gâteau, en l'occurrence, est un fût (228 litres) de vin des Hospices de Beaune. Lancée l'année dernière (lire ici), le site de Jean-David Camus en partenariat avec la maison Bichot (première acheteur de la vente), Hospices- Beaune.com, a pour but de faciliter l'accès aux vins du fameux domaine beaunois. L'opération a été un succès. Elle proposait ainsi aux internautes de se regrouper pour acquérir le beaune premier cru cuvée Cyrot-Chaudron (rouge) ou le meursault cuvée Goureau (blanc). Au final, il en aura coûté 34 € la bouteille pour le beaune et 48 € pour le meursault (hors frais de livraison) pour les acquéreurs. La commande minimum est de 6 unités.

Cette année Jean-David Camus propose 2 références de plus (rouges) et pas des moindres : le volnay premier cru blondeau et enfin, last but not least, le corton grand cru Charlotte Dumay.*

Un prix d'acquisition maximum est fixé avant les enchères pour éviter toute mauvaise surprise.

"Ce sont des cuvées que la maison Bichot, premier acheteur de la vente depuis 10 ans, a acquis régulièrement. Nous avons un historique sur l'évolution de ces vins. Ils sont d'un bon rapport qualité-prix dans la gamme des Hospices", précise Jean-David Camus. Ce dernier insiste aussi sur l'esprit club qui prévaut. Les acheteurs reçoivent en effet régulièrement des nouvelles de leur(s) vin(s) au cours de l'élevage (newsletter, vidéo de dégustation) et ont accès à des événements organisés par la maison. La vidéo ci-dessous vous donne des précisions.

 

* Rendez-vous la semaine prochaine sur ce blog pour un compte rendu de dégustation de ces cuvées et de toutes les autres.

 

 

Deux actualités autour du livre :

- Je donne une conférence sur le domaine et les vins des Hospices le 16 novembre à 19h à la maison du vignoble à Beaune (132-134 route de Dijon). Tout le programme des festivités de la 150e vente est ici .

- En préparation, une exposition photo "Itinéraire de Vignerons. Les Hospices civils, un domaine viticole en Bourgogne."  Photographies de Thierry Gaudillère. Au Musée du vin de Bourgogne (rue d'Enfer à Beaune), du 15 novembre au 13 mars. Les visiteurs y retrouveront quelques photos de la "Saga d'un hôpital-vigneron" et des textes de l'auteur.

 

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Du bon usage d'un président

21 Octobre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Ils s'appellent Lino Ventura, Mstislav Rostropovitch ou Catherine Deneuve. Mais il fut un temps où les présidents de la vente aux enchères des Hospices de Beaune n'étaient pas aussi "people" que cela…

Boisseaux-BouquetC'est un duo franco-chinois qui présidera de la 150e édition de la vente des Hospices de Beaune, le 21 novembre prochain : le vibrionnant Fabrice Luchini et Liu Ye, acteur très populaire en Chine. Un signe des temps : la nationalité de ce dernier n'est évidemment pas anecdotique. Elle s'inscrit dans la droite ligne du mandat confié à Christie's depuis 2005 : internationaliser la vente.

Mais les Hospices de Beaune n'ont pas attendu Christie's pour faire appel à des peoples. C'est Lino Ventura, qui en 1978, a inauguré cette nouvelle ère. Pour la première fois, un homme du spectacle et des arts s'asseyait à la tribune en qualité de président. Cette année là, le bénéfice de la pièce de Charité revint à l'association "Perce-Neige" que l'acteur avait lui-même fondé (il était père d'une fille handicapée mentale). Suivront bien des noms clinquants : Mstislav Rostropovitch (1984), Carole Bouquet (1989), Lambert Wilson (1993), Catherine Deneuve (1995), Kristin Scott Thomas (1999), Richard Berry (2007), etc.

Au-delà des paillettes, une étude un peu plus approfondie de la géo-politique des présidents depuis 1950 est riche d'enseignements. Elle est un bon indicateur de l'importance de tel ou tel marché export pour les vins de Bourgogne. Si quelques têtes couronnées sont parfois venues agrémenter le palmarès, avant l'avènement des peoples les présidents étaient le plus fréquemment des ambassadeurs. Leurs nationalités : suisse, belge (deux marchés historiques de la Bourgogne devenus plus secondaires depuis), anglaise puis américaine. L'Angleterre et surtout les Etats-Unis s'affirmaient alors comme les deux marchés les plus importants pour la Bourgogne (ils le sont toujours). Dans les années 1980, apparaît le nom de l'ambassadeur du Japon en FranceKatsuichi Ikawa : symbole de la lune de miel naissante entre les vins de Bourgogne et l'empire du soleil levant (3e marché export aujourd'hui).

Aussi surprenante que soit la présence d'un Chinois à la tribune sous la halle de Beaune, la présidence de Liu Ye s'inscrit donc dans une longue tradition*. Son nom, et ceux de ses prédécesseurs, sont autant de témoignages des évolutions du commerce des vins de Bourgogne. La charité et le business font, de longue date, bon ménage…

 

* Sur les 6 premiers mois de 2010 les exportations de vins de Bourgogne vers la Chine ont augmenté de 65% en volume par rapport à la même période de l'année dernière. La Chine, 14e marché des vins de Bourgogne, à l'export est amenée à intégrer rapidement le Top 10 du classement…

 

Photo : Carole Bouquet félicite le négociant André Boisseaux (Maison Patriarche) lors de la vente 1989.

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De la vigne à la cave (2)

17 Octobre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Tout frais, tout beau, le jeune millésime 2010 est passé au stade de l'élevage. Il lui reste à se préciser et à s'affiner. Retour dans les caves de Michel Ecard pour assister à l'entonnage : la mise en fût.
      

Macérations et fermentations sont terminées (pour les rouges). Les vins commencent à dévoiler leurs profils. Chez Michel Ecard, le premier cru Serpentières est d'un rubis profond (voir sur le film), expressif au nez, charnu en bouche, les tannins offrent un touché soyeux. Une incontestable réussite. Il ne serait pas surprenant de voir 2010 se positionner juste derrière les millésimes de références de la décennie 2000 : 2009 ou 2005. Il mériterait sans doute sa place sur le podium, à la bagarre avec 2002 ou 2006.

Même optimisme aux Hospices de Beaune. Roland Masse, le régisseur, est convaincu que certaines cuvées seront au niveau des 2009. La dégustation des volnay, plus particulièrement les cuvées de Santenots (Gauvain, Jehan de Massol) semble lui donner raison. Le corton Clos du Roi (Baronne du Baÿ) et le mazis-chambertin (Madeleine Collignon) sont également plus que prometteurs.

Les blancs se dégustaient difficilement. La plupart étaient encore en fermentation. Ils ne manquent pas d'acidité. C'est un euphémisme… Quelques semaines d'élevage seront nécessaires pour qu'ils s'affinent et dévoilent leur véritable potentiel. On peut toutefois attribuer une mention encourageante au corton-charlemagne (François de Salins) et au bâtard-montrachet (Dames de Flandres). Mais ces derniers sont excellents tous les ans, ou presque…

 

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La Bourgogne en panoramique

9 Octobre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Une petite balade dans les vignes ce week-end ? Deux clics et c'est parti !

L'Interprofession des vins de Bourgogne (BIVB) vient de mettre en ligne un nouveau dispositif. La rubrique "Au cœur des appellations" (www.vins-bourgogne.fr) n'a jamais aussi bien porté son nom : des photos panoramiques permettent d'admirer une vue à 360 degrés du vignoble. Une quarantaine d'appellations sont ainsi visibles sur le site. Les photos ont été réalisées par la société Panogéo. Bonne promenade ! 

11939

 

 

 

 

 

 

 

Et si vous voulez suivre le guide parmi quelques-uns des terroirs mythiques de Bourgogne :

♦ Le Montrachet, le seigneur des grands crus blancs, vu du dessus (la cabotte est située en appellation Chevalier-Montrachet).

 

La colline de Corton. Elle donne naissance à l'unique grand cru rouge de la côte de Beaune tout en étant également le berceau du grand cru blanc Corton-Charlemagne (le village d'Aloxe-Corton est derrière le bosquet dans la descente).

Le chef d'oeuvre des moines cisterciens : le Clos de Vougeot.

 

Le Musigny ou l'extrême raffinement du pinot noir (avec vue sur le clos de Vougeot en contrebas).
 

Le Clos de Tart en vendanges (remarquez les deux vignerons qui regardent leurs camarades se casser le dos. Vous êtes démasqués Jean-Louis et Eric ;-) 

 

La Romanée-Conti n'était pas disponible au moment d'écrire ces lignes. De même que Pouilly-Fuissé et sa spectaculaire Roche de Solutré (Ndlr : depuis je suis allé chercher les liens directement sur le site Panogeo). On regrettera aussi l'absence de prises de vues sur Gevrey-Chambertin et Nuits-Saint-Georges par exemple. Pour bientôt sans doute…

 

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De la vigne à la cave

5 Octobre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Les vendanges se terminent. Les Hospices de Beaune ont coupé leurs derniers raisins le 29 septembre. Au Clos de Tart, elles se sont concluent le premier jour d'octobre. Images et commentaires...

 

Les dernières caisses de raisins de la cuvée Dames Hospitalières (Beaune premier cru) ont fermé le ban aux Hospices de Beaune. Après avoir récolté les blancs le plus rapidement possibles (pour les préserver au maximum des effets délétères des pluies orageuses du 24 septembre), Roland Masse, régisseur du domaine a aussi avancé la récolte des grands crus de la côte de Nuits : mêmes causes, mêmes effets.

Les maturités sont bonnes, "mais on sent que les raisins sont fragiles malgré des niveaux d'acidité élevés", explique-t-il. Il a donc pris l'option de faire partir les fermentations assez rapidement.

Au Clos de Tart (Morey-Saint-Denis), les vendanges se sont achevées le 1er octobre. La vendange a nécessité un peu de tri à la vigne (quelques foyers de pourriture), pour autant la table de tri est restée dans la remise de la cuverie. Il était temps de récolter, mais sur ce terroir exceptionnel les raisins se sont bien tenus.

Sylvain Pitiot poursuit ses expérimentations entamées en 2005 sur la vinification en vendange entière (sans éraflage). Les raisins, rigoureusement issus de la même provenance, sont ventilés dans deux cuves distinctes. Soit ils subissent un éraflage à 100% (la cuve 1 sur le film), soit ils sont mis en cuve tels qu'ils étaient sur leurs ceps (cuve 2). Voilà qui promet de futures dégustations comparatives riches d'enseignements. Le reste des cuvées sera issu d'un éraflage à 50%.

A ce stade la dégustation ne permet pas de situer le niveau qualitatif du millésime. Le premier enseignement de ces vendanges est davantage quantitatif : la récolte se confirme comme étant une des plus faibles en volume des années 2000. Aux Hospices, elle est inférieure de 35 à 40% à l'année dernière. A l'échelle de la Bourgogne, il faudra certainement remonter à l'exceptionnel millésime 2003 pour constater un volume récolté plus faible. 

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