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365 jours en Bourgogne

Les tribulations d'un chinois retourné en Chine

23 Novembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Le show Luchini pendant la vente des Hospices l'aurait presque fait oublier : son acolyte chinois était porté absent dimanche dernier. Une histoire rocambolesque qui en cache une autre…

Liu-Ye"Liu Ye ne sera pas parmi nous cet après-midi. Il a du recommencer certaines scènes du film qu'il tourne actuellement". Dimanche matin, à quelques heures du début de la vente aux enchères des Hospices, le maire de Beaune, Alain Suguenot annonçait la mauvaise nouvelle. La vedette asiatique, symbole de l'ouverture au marché Chinois des vins de Bourgogne (voir le post du 22/10) sera absente de la tribune.

La version plus officieuse de l'histoire est rocambolesque. L'acteur a bien atterri à Paris la veille. Avant de reprendre l'avion, 3 heures plus tard, dans le sens retour ! Entre-temps, il aurait reçu des menaces s'il ne revenait pas illico, en substance : "Tu es là rapidement ou ta carrière est finie." Précisons le décor : Liu Ye incarne Mao dans une production "officielle". On ne rigole pas avec le Grand Timonier…

Mais le week-end dernier, notre unfortuné chinois n'était pas le seul à avoir pris le chemin du retour plus vite que prévu. Pierre Haski, co-fondateur du site Rue 89, manquait lui aussi à l'appel sous la halle de Beaune. Ses plans ont été, évidemment, contrariés par le cambriolage des locaux du site (20 ordinateurs disparus) dans la nuit de samedi à dimanche. Il est des terrains sensibles en France aussi…

Coïncidence toujours : Pierre Haski est un des meilleurs connaisseurs de la Chine. Il y a vécu 5 ans comme correspondant à Libération. Son blog "Mon journal de Chine" a fini par être bloqué par les autorités chinoises. Et c'est sa femme, chinoise, qui devait assurer la traduction auprès de Liu Ye !

Pierre Haski et Liu Ye : une étrange concordance de destins, le même jour, autour du même événement. Etrange et à la fois évidente : les arcanes du pouvoir, d'où qu'il s'exerce et quel que soit sa nature (qui reste à préciser dans le cas Rue 89), sont décidément peu ragoûtantes quand celui-ci a décidé de réaffirmer sa primauté.

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C'était la fête !

22 Novembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Un record historique et une hausse modérée, la 150e édition de la vente des vins des Hospices de Beaune a apporté satisfaction à toute une région.

 

Tablo-record.jpgTous simplement pulvérisé. Le record pour la pièce de charité (200 000 € en 2006) a été multiplié par deux. Jacques Boisseaux et la maison Patriarche (Beaune) ont signé un bon de commande de 400 000 € pour 500 litres de Beaune premier cru Nicolas Rolin. Un Fabrice Luchini, déchainé, entrecoupant ses propos par des imitations en chanson de Johnny Hallyday et haranguant la foule dedans comme dehors, a fait un show mémorable. La salle s'est dressée comme un seul homme pour acclamer pour les protagonistes de ces enchères d'anthologie.

Le reste de la vente (643 pièces) s'est déroulée à bon train mais dans les limites du raisonnable. Les acheteurs particuliers amenés par la maison Christie's ont joué un rôle un peu moins marquant qu'en 2009, contre-effet d'un millésime moins porteur.

La hausse finale est de 11,25 % (lire l'article du 17/11 pour les explications). Le négoce était soulagé de voir s'éloigner le spectre d'une flambée des cours. Tout le monde avait le sourire ce dimanche soir.

Nos amis de Bourgogne-Live.com n'ont rien raté des exploits de Luchini : voir la vidéo.

Photo : 400 000 euros (environ 700 € la bouteille), il fallait se frotter les yeux pour y croire.

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Hospices de Beaune : ça va monter

17 Novembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

L'heure est venue de se jeter à l'eau. Au petit jeu des pronostiques d'avant vente des vins des Hospices, la hausse tient la corde. 

IMG_6118.jpgUne hausse de 20% l'an dernier, c'était déjà beaucoup. Surprenant même dans un contexte économique difficile. Sommes-nous au bout de nos surprises ? Certainement pas. Dimanche prochain, 21 novembre, peu après 20h, le verdict de la 150e vente des Hospices de Beaune tombera. Il marquera certainement une hausse. Pourquoi ?

En cause principalement : le faible volume de vin proposé cette année. Les Hospices de Beaune mettront en vente 643 pièces (fût de 228 litres) contre 799 l'année dernière. Une donnée en rapport avec les aléas de la météo de 2010. A nombre d'acquéreurs constants, les candidats seront plus nombreux à vouloir enchérir sur les mêmes lots.

Hors, tout porte à croire que les acheteurs seront justement sur les rangs. Les responsables des maisons de négoce de Beaune l'affirment : "Nos clients sont là". Une confirmation car la situation économique générale du commerce des vins de Bourgogne est nettement au retour du beau temps depuis le début de l'année. Au premier semestre 2010, les exportations ont progressé de 13% par rapport à la même période de l'année dernière. Les principaux marchés sont en net rebond : le Royaume-Uni progresse de 20%, les Etats-Unis de 18%, le Japon de 5%.

Ajoutons à cela "l'effet Christie's". En charge de la vente depuis 2005, la maison semble gagner son pari d'ouvrir la vente aux particuliers et surtout de les fidéliser. Les Hospices ont maintenant leurs habitués en dehors du circuit, davantage professionnel, des maisons de négoce.

Enfin, l'émulation de la 150édition pourrait lui aussi ajouter un peu de sel et d'attrait pour les acheteurs.

Le seul bémol reste l'homogénéité qualitative du millésime. 2009 est né sous les "hourras" de la presse. Les commentaires sur 2010 sont plus retenus. L'incertitude porte surtout sur les blancs, mais comme ces derniers sont restés stable l'année dernière…

Les jeux sont faits !

 

Photo : Emmanuelle Vidal, commissaire-prisseur, lors de la vente des Hospices de Beaune.
Photo visible à l'expo "Itinéraire de Vignerons. Les Hospices civils, un domaine viticole en Bourgogne."  Photographies de Thierry Gaudillère. Au Musée du vin de Bourgogne (rue d'Enfer à Beaune), du 15 novembre au 13 mars. 

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Jean-Pierre Coffe, Leader Price et le beaujolais nouveau

12 Novembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Quand Jean-Pierre Coffe fait l'apologie du beaujolais nouveau faut-il lui apporter du crédit ? Décryptage d'un après-midi passé avec le gastronome à grosses lunettes.  

Piron-Coffe-copie-1.JPGC'est peu de le dire, l'association Jean-Pierre Coffe - Leader Price a fait fuser les sarcasmes et grincer des dents. "Ca y est, la crise économique touche même les stars" pouvait-on lire. Pensez, le médiatique champion de la lutte contre la malbouffe s'acoquinant avec une chaîne discount ! "Mais enfin réveillez-vous Jean-Pierre", avait-on envie de lui dire pour parodier un des slogans de la campagne.

Fin septembre, au gré d'une rencontre, l'habitué du canapé de Drucker me proposait de l'accompagner à Morgon. Coffe avait en effet prévu de se rendre quelques jours plus tard chez une vieille connaissance de Bourgogne Aujourd'hui : Dominique Piron. Un viticulteur exigeant, l'un des producteurs sur lequel le Beaujolais, à l'image tristement écornée, peut s'appuyer pour reconquérir les amateurs les plus exigeants (je vous conseille ces excellents morgon et chénas).

Qu'allait donc faire le sursitaire Coffe à Morgon ? Du sourcing, pour utiliser le jargon de la grande distribution. Notre médiatique gastronome a mis en relation la chaine de discount du groupe Casino avec Piron* pour s'approvisionner en beaujolais nouveau. Montures vert pomme, Jean-Pierre Coffe était venu déguster et participer à l'assemblage d'une cuvée de beaujolais nouveau qui portera son nom. Elle sera bien-sûr distribuée chez Leader Price.

Les mauvaises langues auraient-elles donc eu tout faux ? Frôlerait-on l'erreur judicaire. Le bon Jean-Pierre serait-il finalement comme le Beaujolais : pas toujours bien inspiré mais injustement mal-aimé, pour ne pas dire guillotiné ? 

Pour répondre à la question, une responsable de Leader Price  m'a donné quelques clefs. Après un peu plus d'un an de collaboration publicitaire, les têtes pensantes de Leader Price se sont aperçues qu'elles faisaient fausse route. Les retombées de la campagne avec Jean-Pierre Coffe n'étaient pas bonnes. Sans doute plus délétères pour Jean-Pierre que bénéfiques pour Leader. Il fallait donner du contenu à ce pataquès. Coffe est donc devenu une véritable force de proposition pour la chaine travaillant sur des gammes de confitures, yaourts et desserts, jambon cuit, foie gras, etc. Depuis octobre, une responsable de Leader Price travaille à temps plein, en collaboration avec Coffe, sur ces produits.

L'expérience devrait constituer un cas d'école pour les étudiants en marketing. Bref, il n'est jamais inutile d'être exigeant !

Pour ce qui est de notre beaujolais primeur signé Dominique Piron, 30 000 bouteilles seront proposées dans les magazins Leader Price, à 4,25 €, à partir du 18 novembre. Goûté au domaine avant la mis en bouteille, le 15 octobre dernier, il se présentait bien (notes florales et strucuture gourmande). Vos commentaires de dégustation sont les bienvenus !

Photo : D.Piron et J.P. Coffe dans les vignes de Morgon (Jean-Pierre aime aussi les gros cigares ;-)

 

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Le palmarès des cuvées des Hospices de Beaune 2010

6 Novembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Le millésime 2010 est hétérogène, même aux Hospices de Beaune. Pourtant certaines cuvées de rouges sont aussi passionnantes qu'en 2009. Revue des troupes à 15 jours de la vente.  

 

tonneaux-dumay.jpgVoici mes notes et impressions, dans l'ordre où s'est effectuée la dégustation, le 4 novembre, dans la cave des Hospices de Beaune.

Revue d'effectif en compagnie de Roland Masse, régisseur des Hospices et Christophe Tupinier, rédacteur en chef de Bourgogne Aujourd'hui.

 

Notation :

La note maximale est ++++. Quand un vin me semblait difficile à déguster et sur lequel je réserve mon avis (tout début d'élevage, rappelons-le), j'ai mentionné "A revoir". La plupart des rouges se dégustaient sans difficulté, en revanche les blancs restent campés sur une trame acide mordante, les rendant ardus à étalonner.

 

Mes coups de cœur :  Beaune Grèves "Pierre Floquet", Beaune "Guigone de Salins", Volnay Santenots "Jehan de Massol", Corton Clos du Roi "Baronne du Baÿ", Mazis-Chambertin grand cru "Madeleine Collignon".

 

  

Les rouges 

 

Santenay Christine Friedberg. A revoir

Secteur touché par la grêle.

 

Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse +

Beaux arômes de groseille, mi-corps.

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand ++

Nez expressif sur les fruits rouges frais. En bouche volume assez moyen. Vin friand et d'une belle pureté aromatique.

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard ++

Un vin structuré sur des tannins un peu rugueux aujourd'hui tout en restant bien équilibré. Il devrait bien évoluer.

 

Savigny-lès-Beaune premier cru  Forneret +++

Une belle synthèse des deux premiers savigny : volume et tonus sont là. Le tout donne un vin à la fois croquant et frais.

 

Monthelie premier cru  Lebelin +

En souplesse, tannins assez fins. Longueur moyenne.

 

 Auxey-Duresses premier cru Boillot ++

Belle complexité aromatique sur des notes de fruits mûrs. La bouche est un peu plus courte et vive. En retrait par rapport à ce qu'était la même (superbe) cuvée en 2009.

 

Beaune premier cru Cyrot-Chaudron +++

Le nez et la bouche sont un peu marqués par le bois à ce stade de l'élevage, mais une belle matière, sur des tannins fermes mais raffinés, lui assure de la profondeur.

   

Beaune premier cru Maurice Drouhin +++

Plein, équilibré, structuré par des tannins racés. Un vin de caractère et d'harmonie qui devrait donner une cuvée en élégance.

 

Beaune premier cru Hugues et Louis Bétault A revoir

 

Beaune premier cru Brunet ++

Un vin friand et délicat qui donnera une bouteille à déguster plutôt sur la jeunesse.

 

 Beaune Grèves premier cru Pierre Floquet ++++

Beaucoup de caractère, de profondeur, sur cette cuvée très prometteuse. Les tannins sont à la fois fermes, serrés, mais fins. La finale est minérale.

 

 Beaune premier cru Clos des Avaux +++(+)

Des arômes de fruits à belle maturité au nez. Une bouche consistante et profonde. Une bonne base pour une future belle bouteille.

   

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++

Des notes de fruits à belles maturités, la bouche n'a pas une énorme consistance mais reste harmonieuse.

 

Beaune premier cru Dames Hospitalières ++

Dans le même esprit que la cuvée précédente. Le boisé assez marqué à ce stade ne l'avantage pas.

 

Beaune premier cru Guigone de Salins ++++

Certainement la plus belle cuvée de la série des Beaune. De belles notes toastées mettent en valeur un fruité frais. Les tannins sont fins, aériens, gourmands. Belle longueur en finale.

   

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++

Les cuvées des fondateurs sont décidément en pleine forme. Voilà un beaune ferme et profond, au fruité éclatant. Le vin a été dégusté sur la pièce de charité (vendue au profit de l'Association pour la vie et l'espoir contre le cancer).

 

Volnay premier cru Général Muteau +++

Beaucoup d'ampleur en attaque de bouche, les tannins sont fins, soyeux. Longueur moyenne.

 

Volnay premier cru Blondeau ++++

Un vin très suave, riche. On croque une belle cerise juteuse en plein mois de juin. Très plaisant.

 

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol ++++

Superbe vin aux notes florales et épicées. La bouche est très racée, pleine, aux tannins très nobles. Niveau grand cru. Vous m'en mettrez trois pièces, m'sieur ;-)

 

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++++

On continue cette belle série de volnay avec un vin suave, au grain de tannin suave et flatteur. Peut-être un peu moins de longueur que la cuvée précédente.

 

Pommard "Raymond Cyrot" A revoir

 

Pommard "Suzanne Chaudron" A revoir

 

Pommard Billardet ++

Un fruité sympathique sur la maturité. La bouche est délicate. Un vin plaisant.

 

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++

Le nez est assez élégant, floral. La bouche déçoit un peu par son manque de consistance. On est loin de son superbe niveau de 2009.

Pommard premier cru Dames de la Charité +++
Un vin que les amateurs de pommards denses et musculeux ne renieront pas. Sa structure masculine lui assure une belle présence.

Corton grand cru Charlotte Dumay ++++

Un corton qui respire l'harmonie du début à la fin. Le nez est expressif sur des notes de fruits frais. La bouche, aux tannins bien fondus, est parfaitement équilibrée.

 

Corton grand cru Docteur Peste+++

Un corton dans un style un peu plus masculin (les tannins sont plus fermes), plus réservé. La longueur est moyenne.

 

 Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++

Un superbe corton au fruité éclatant et d'une grande finesse de tannins. Une cuvée particulièrement racée et élégante.

 

Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter A revoir

Des arômes de sortie de pressoir (marc). Bouche réservée.

 Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon ++++

Le nez évoque les épices. Les tannins sont d'une grande finesse, soyeux, serrés. Une superbe consistance et profondeur tout au long de la dégustation. Le tout est mis en valeur par un support acide qui lui assure tonicité et longueur. Très grand.

 

 

Les blancs

 

 

Saint-Romain Joseph Menault +++

Une belle surprise pour un terroir relativement frais et tardif. Caractéristique qui ne l'empêche d'afficher du volume et une certaine maturité de fruit.  

  

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +

Des vignes touchées par la grêle et peu épargnées par les maladies. Le vin s'en ressent mais reste très honorable.

 

Meursault Loppin A revoir

 

Meursault Goureau A revoir

 

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++

Du fond et de la pureté aromatique. L'approche reste ardue.

 

Meursault-Genevrières premier cru Baudot +++

Un vin plutôt aimable par rapport aux autres meursault dégustés jusqu'alors. Un potentiel certain.

 

Meursault-Genevrières premier cru Philippe Le Bon +++

Les grandes cuvées finissent souvent par faire la différence. Avec ce bémol : il restait un peu de sucre encore non fermenté au jour de la dégustation. Un élèment qui lui assure un peu plus de suavité. A confirmer donc.

 

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault A revoir

 

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay A revoir

 

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson ++

L'attaque est ample puis le vin se resserre rapidement. Une notation par défaut…

Corton-Charlemagne grand cru Roi soleil A revoir

Note : Jusqu'au dernier millésime ce corton-charlemagne était baptisé "Charlotte Dumay", mais pour éviter les confusions avec la cuvée de rouge du même nom, elle a été rebaptisée "Roi Soleil" en souvenir de la visite du jeune Louis XIV (20 ans) à Beaune en novembre 1658.

 

Corton-Charlemagne grand cru François de Salins +++

Un vin qui annonce sa "sève", sa consistance au nez, comme en bouche. Une belle matière enrobe la trame tendue du millésime. Et cela fait du bien…

Bâtard-Montrachet grand cru Dames de Flandres ++++

Un vin plein, dense, parfaitement équilibré. D'une grande complexité et pureté aromatique. Le terroir passe ici au premier plan par rapport au millésime. L'apanage des plus grands…

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