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365 jours en Bourgogne

Dans les vignes (fin)

31 Décembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2011

Notre année se termine là où tout commence : dans les vignes. C'est la période de la taille. Un travail très important qui pose les fondations de la future récolte. Le millésime 2011 se prépare déjà... Retour dans les vignes du premier cru Serpentières à Savigny-lès-Beaune.
  

Un grand merci à Michel Ecard pour cette séance de taille improvisée malgré une température négative. Et plus généralement pour sa disponibilité tout au long de l'année !

 

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Joyeux noël !

25 Décembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Pour vous souhaiter de belles fêtes voici deux Haikus de Pierre Poupon, extraits de Petits poèmes en pierres sèches, un très beau recueil resté à diffusion familiale et amicale.

  

MG 3869Girouette
Cette longue fumée
Les sarments brûlent
Et renaissent
De leurs cendres.

 

 

 

 

 

 

 

Photo de Thierry Gaudillère visible à l'exposition qui se tient au musée du vin de Beaune jusqu'en mars.

 

 

Rondes de verresValse des vins
Danse des mots
Hautes fêtes
Mille fleurs
Nous dégustons.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Lionel Georgeot.

 

 

 

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Aux racines de la "bourgognitude"

16 Décembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Le mot n'est pas très beau. Mais avec ses confréries, son goût pour la bonne chair et ses chefs d'œuvres d'architecture encore debout, la "bourgognitude" est toujours vive.

 

L'année 2010 a été marquée par un marécageux débat sur l'identité nationale*. Un argument pourtant frappé du coin du bon sens, a brillé par son absence au cours des échanges : l'identité française est surtout une mosaïque d'identités provinciales. La France jacobine l'oublie un peu vite…

D’où la question : qu'est ce qu'être Bourguignon ? Qu'est-ce qui fait l'ADN de la Bourgogne ?

Pour faire simple se dégage un triptyque pour évoquer la région : les joyeuses confréries, des hommes qui aiment la bonne chair et les bonnes bouteilles ("The art of good living" disent les anglais) et bien-sûr les toits flamboyants des Hospices de Beaune.

Vœu du faisanLes fameuses "Trois glorieuses" de novembre : Chapitre de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, vente des Hospices de Beaune et Paulée de Meursault témoignent chaque année de la vivacité de ce folklore régional.

Un retour aux racines de chacun de ces piliers de la "bourgognitude" a de quoi surprendre. Il renvoie irrémédiablement à la même, et courte, époque : celle de l'heure de gloire du duché de Bourgogne sous Philippe Le Bon (1396 - 1467).

Sous son règne, "l'enseigne" de la Bourgogne, les Hospices de Beaune ont été édifiés (à partir de 1443) par le chancelier Nicolas Rolin.

Les confréries empruntent largement à l'imagerie médiévale chevaleresque. Celle-là même que Philippe Le Bon avait exaltée en créant l'Ordre de la Toison d'or (1430) pour réunir autour de lui ses meilleurs chevaliers et resserrer ses liens avec la noblesse de la région. Les fondateurs des Chevaliers du Tastevin ont renoué, à leur manière, avec la belle idée du Duc en 1934.  

Enfin, pour ce qui est de l'image du Bourguignon aimant la bonne chair, un nom : le banquet du Vœu du faisan (1454). Un événement, initié par le même Philippe Le Bon, resté dans les annales comme l'un des festins les plus incroyables du Moyen-Age. Trois jours de divertissements, de vin qui coule à flot, avec profusion de mets, agrémentés des épices les plus précieuses. Le banquet était animé d'intermèdes de théâtre, d'acrobaties, de chants, de musique spécialement composée. Ces agapes ont laissé des traces dans l'imaginaire de l'époque, et bien après...

Seulement quatorze petites années séparent ces événements. Ceux là même qui ont jeté les bases de l'identité bourguignonne contemporaine. Ils expliquent pourquoi ce fameux week-end de la vente des vins des Hospices de Beaune et ses "Trois glorieuses" est vécu comme une véritable fête nationale. Et s'il fallait chercher un père de la nation, la figure de Philippe III de Bourgogne s'imposerait d'elle-même. Nous sommes ses joyeux enfants de la Bourgogne !

 

* L'un de mes slogans préféré est : "Il y a trop d'étrangers dans le monde !".

 

Illustration : Peinture Le Voeu du faisan (Anonyme), XVIe siècle. Rijksmuseum Amsterdam. 

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Bordeaux-Bourgogne : le match tourne court

11 Décembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Ailleurs

Quand des Bordelais et des Bourguignons se rencontrent, ils dégainent leurs bouteilles. A ce petit jeu, auquel nous nous sommes essayés, les Bordelais ont joué petits bras. Et sont repartis largement battus.

 

Rarement soirée dégustation aura rendu un verdict aussi limpide. Notre deuxième rencontre Bordeaux-Bourgogne a nettement tourné à l'avantage des Bourguignons. Comme l'année dernière nous avons donc reçu une délégation de Bordelais, amis et connaissances de Franck Dubourdieu, collaborateur de Bourgogne Aujourd'hui à Bordeaux, en novembre.

Les bouteilles montées sur le podium étaient toutes bourguignonnes, pour un total de 16 rouges dégustés ce soir là (à l'aveugle) . Dans la crainte d'être taxé de partialité, j'ai demandé à Gilles Trimaille *, dégustateur régulier de notre magazine (franc-comtois d'origine) de me donner ses notes de dégustation. Voici donc son podium :

 1 : Clos de Tart 2001 (en magnum). 18/20.

2 : Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos des Argillières 2005, Vincent Dureuil-Janthial. 17/20.

3 : Morey Saint-Denis 1er cru "vieilles vignes", Hubert Lignier 2001. 15/20.

 Nuits-dureuil.jpgSeule différence avec mon propre podium : le Nuits-Saint-Georges obtient la même notation que le Clos de Tart. Une confirmation de tout le bien que je pense de Vincent Dureuil (Rully). Je le tiens pour l'un des vignerons les plus doués de sa génération.

A la décharge de nos amis bordelais, deux des plus belles bouteilles potentielles de leur arsenal étaient blessées avant de concourir : Château Montrose 2000 et Vieux Château Certan 1988 ont été trahies par leurs bouchons…

Les Bordelais auront pu se consoler en savourant l'excellente cuisine de l'Hôtellerie de Levernois (près de Beaune) et saluer le professionnalisme du sommelier Philippe Méroux.

Quelques-uns de mes autres vins appréciés : Richebourg, domaine Gros Frère et Sœur 2000 - Château La Lagune 2005 - Corton-Bressandes, domaine Tollot-Beaut 1999 - Château Léoville-Barton 2002 - Château Corbin-Michotte 1998.

La soirée s'était ouverte avec la dégustation de quelques blancs bourguignons dont un coup de coeur pour le Puligny 1er cru La Truffière 2001 de Bernard Morey. Ce domaine n'existe plus aujourd'hui, il a été partagé entre les deux fils de Bernard : Vincent et Thomas Morey, deux excellents vignerons également. 

 

 * Gilles Trimaille enseigne l'histoire du droit à l'Université de Bourgogne. Il est aussi expert en mycologie et vient de collaborer au dernier Larousse sur le sujet : Champignons de nos régions

 

Photo : Etiquette du Nuits-Saint-Georges premier cru de Vincent Dureuil-Janthial.

 

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Dans le feu des enchères

1 Décembre 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Retour en images sur la 150e vente des Hospices de Beaune. Avec la première et la dernière enchère de l'évènement. Et quelques émotions fortes...

 

 

 

Le final a été intense dans la salle. Après avoir manqué deux cuvées de Beaune, il ne restait qu'une dernière chance pour Jean-David Camus, directeur marketing de la maison Bichot (au téléphone sur la vidéo) de satisfaire un client, un restaurateur coréen...

A noter que la maison Bichot (Beaune) a remporté 91 pièces (fut de 228 litres) et s'adjuge une nouvelle fois la première place des acheteurs.

 

A voir également :

 

- La belle émission de France 3 consacrée à cette 150e vente est visible en cliquant sur ce lien.

 

- Et aussi, les meilleurs moments de ma conférence donnée sur le livre "Hospices de Beaune, La Saga d'un Hôpital-Vigneron" dans le cadre des festivités sont ici.

(Cette fois, c'est Jean-David Camus qui était derrière la caméra. Merci à lui !).

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