Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
365 jours en Bourgogne

Climats à l'Unesco : c'est la fête en Bourgogne !

23 Janvier 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

 Reçu du premier coup ! Les Climats du vignoble de Bourgogne ont été retenus par le Ministère de la Culture pour être proposés à l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité.

drouinLa nouvelle est tombée le 20 janvier dernier comme une heureuse surprise : les bons connaisseurs du dossier lui donnaient seulement 25% de chance de passer lors de cette première tentative.

Les élus sont en effet peu nombreux : deux candidatures seulement par an sont choisies par la France. La chaine des Puys d'Auvergne faisait figure de solide prétendant tout comme la grotte Chauvet (également retenue). Prochaine étape : convaincre les 21 représentants des états membres du comité du patrimoine mondial. Ils devront examiner le caractère exceptionnel et universel des climats de Bourgogne (les terroirs et toute la culture qui s'y rapporte). "L'inscription n'est pas acquise, loin de là. La mobilisation doit rester totale", explique Etienne de Montille. "C'est un grand merci que je voudrais adresser à toutes celles et ceux, près de 40 000 soutiens, qui ont cru et continuent de croire en la légitimité de cette candidature", réagissait pour sa part Aubert de Villaine, président de l'association qui porte le projet. La décision finale pourrait intervenir à la mi-2013. Il est toujours temps d'apporter votre soutien sur le site : www.climats-bourgogne.com

Climats-du-vignoble-de-Bourgogne.jpgCe succès de taille intervient en pleine finalisation des préparatifs de la Saint-Vincent tournante consacrée… aux climats. Ces 28 et 29 janvier, Dijon, Beaune et Nuits-Saint-Georges feront la fête, sous l'égide du saint patron des vignerons, aux terroirs bourguignons. Un total de 262 500 verres de vins seront servis ! Plus d'infos et détails : www.st-vincent-tournante.fr

 

Lire la suite

Et si c'était comme en 1956 ?

14 Janvier 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012, #Ailleurs

Après deux mois d'hiver doux, le froid intense de février a dévasté le vignoble. C'était en 1956. Le funeste scénario est-il en train de se répéter ?

Vignes-grand-corbin-despagne.JPG"Les vignes pleurent déjà", s'inquiète François Despagne. Ce mercredi 11 février au matin le ciel est dégagé, l'herbe et les pieds de vignes du Château Grand Corbin Despagne (Saint-Emilion) sont légèrement givrés. Conséquence d'un hiver bien peu rigoureux, la sève remonte dans les ceps. Quelques gouttes tombent des sarments fraîchement taillés. D’où les vignes en pleurs… Elles ont manifestement le sommeil très léger cette année. On pourra se questionner un peu plus tard sur la survenue d'une nouvelle année précoce. Mais une anxiété plus immédiate s'est emparée des vignerons de Bordeaux*, comme des Bourguignons, qui vivent une situation identique. L'ombre menaçante d'une sévère gelée plane maintenant sur les vignes. Si un froid vif devait saisir la France, les vignes gonflées de sève et d'humidité pourraient ne pas y résister. "Les anciens dans le village disent que cela leur rappelle 1956", avance Olivier Berrouet, à la direction technique du Château Pétrus à Pomerol. Février 1956, plus exactement. Cette année là, après deux mois d'un hiver très doux, une vague de froid a saisi toute l'Europe occidentale, provoquant des dégâts énormes dans le vignoble, les plantations d'arbres fruitiers et d'oliviers. L'air froid est arrivé par l'est et le thermomètre est descendu, en quelques heures, en-dessous de -15° degrés. Ce froid s'était finalement installé tout le mois de février 1956 (lire aussi). Les agriculteurs effarés entendaient leurs arbres éclater. Il aura fallu plusieurs décennies pour que la vallée du Rhône s'en remette. En Bourgogne, la vente des vins de Hospices de Beaune 1956 avait été annulée : récolte trop médiocre et en trop faible quantité. Un tel scénario peut-il se reproduire ? Il reste de longues journées hivernales avant de pourvoir l'écarter…

* J'ai fait cette semaine une petite infidélité à la Bourgogne pour rejoindre mes camarades formateurs chez Prodégustation, leader du cours d'œnologie en France, pour lequel je collabore depuis quelques mois.

 

Photo : Les vignes du Château Grand Corbin Despagne à Saint-Emilion.

Lire la suite

Deux ou trois choses qui changent en Bourgogne...

6 Janvier 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique

La machine à vendanger est désormais majoritaire en Bourgogne. Les vignes, elles aussi, gagnent du terrain. De même la taille moyenne des exploitations a sensiblement augmenté. Trois enseignements marquants du dernier recensement agricole.

 

Pampre vigne à CortonLe débat sur la machine à vendanger a animé l'année 2011 en Bourgogne. Les derniers chiffres vont apporter de l'eau au moulin des échanges : la machine à vendanger est désormais majoritaire dans la région. La superficie récoltée mécaniquement a augmenté de 20% en 10 ans. Elle concerne maintenant plus de la moitié du vignoble : 55%, contre 49% en 2000. Ce type de récolte est quasiment généralisé dans l’Yonne (Chablisien et Auxerrois) : 85% ; largement majoritaire et en forte progression en Saône-et-Loire (Mâconnais et Côte chalonnaise) : 65% ; il reste très minoritaire en Côte-d’Or (Côte de Beaune et Côte de Nuits) : 21%. Ces derniers vignobles sont mêmes à contre-courant de la tendance générale : ce chiffre était plus élevé et s’établissait à 22% en 2000.

Autre enseignement de ce recensement à souligner : la progression sensible de la taille moyenne des exploitations. Elle était de 5,4 hectares en 2000, elle est de 7,6 hectares aujourd’hui. Le "small is beautiful" semble trouver ses limites avec l'augmentation des contrain tes d’exploitation et surtout de commercialisation. Une exploitation sur cinq a disparu en dix ans (-19%). Sans surprise, la restructuration a profité aux exploitations les plus grandes. Les domaines de plus de 10 hectares enregistrent une hausse de 23% de leur surface de vignes. La taille moyenne des exploitations bourguignonnes reste toutefois inférieure à celle constatée dans le reste de la France (9 ha).

Enfin, la superficie de vigne continue de progresser en Bourgogne. Elle a gagné 1 350 hectares en dix ans. Le gain a été observé pour l’essentiel dans les vignobles du Chablisien et de l’Auxerrois. La Bourgogne compte dorénavant 31 500 hectares de vignes. Elle reste toutefois un petit vignoble à l’échelle française : 3,8 % de la superficie nationale.

 

Source : Agreste 

Lire la suite