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365 jours en Bourgogne

"Climats" au patrimoine de l'Unesco : les cartes sont rebattues

28 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

En janvier dernier le gouvernement français avait retenu le dossier du vignoble bourguignon pour être présenté au patrimoine de l'humanité. Depuis les atermoiements de l'Unesco ont changé la donne.

 

Les climats candidats !Rebelote... La Bourgogne doit de nouveau mettre le bleu de chauffe. Qui l'eut cru après le formidable élan initié en janvier dernier… L'annonce avait créé la surprise. Le dossier de classement des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine de l'humanité était retenu par le ministère de la culture, dès sa première présentation, pour être soumis à l'Unesco.

Cette dynamique du succès a été douchée en juin dernier. L'Unesco annonçait que les deux dossiers français (la grotte Chauvet était également sur les rangs) ne seraient pas examinés avant 2014 (lire ici).

Il faut donc malheureusement à la Bourgogne repasser par la case départ et convaincre à nouveau le ministère français. L'alternance politique est passée par là. Et les recalés de l'année dernière se poussent à nouveau au portillon : la grotte Chauvet, toujours, mais aussi La Chaine de Puys en Auvergne et le vignoble champenois (qui n'a guère apprécier de se faire passer devant par les bourguignons alors qu'il s'était lancé dans la course plus tôt).

Les cartes ont été rebattues, mais pas seulement. Le jeu s'est aussi compliqué. Dijon et Beaune, deux villes impliquées dans le dossier "Climats", ont fait acte de candidature sur un autre projet : la cité de la gastronomie.

Cette réalisation est l'une des quatre obligations de l'État suite à l'inscription du repas gastronomique des Français au patrimoine culturel immatériel de l'humanité (fin 2010). Les deux villes bourguignonnes sont en compétition avec Chevilly-Larue (région parisienne), Lyon et Tours. Là aussi l'examen des projets a été lancé.

On imagine mal que les choix effectués sur l'un de ces dossiers n'aient pas de conséquence sur le deuxième côté gouvernemental… Verdict dans quelques semaines.

En attendant la barre des 50 000 soutiens a été dépassée pour le dossier de classement des Climats du vignoble de Bourgogne. Si ce n'est pas déjà fait, apportez le votre sur le site de l'association ! 

 

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Sensations fortes aux Hospices de Beaune

19 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune

La vente aux enchères des Hospices de Beaune s'est conclue sur une hausse vertigineuse : + 57 %. A un souffle du chiffre d'affaires record.  

Augmentation hospices beauneIl a manqué exactement 3 357 €, hier, pour que les Hospices de Beaune battent leur record de chiffre d'affaires lors de la fameuse vente aux enchères. Soit même pas le tiers de la valeur moyenne d'un fût. La vente s'est conclue sur un total de 5,2 millions d'euros.  

Bien sûr, les pronostics sérieux tablaient sur une hausse (lire aussi mon précédent post). Le matin même, Louis-Fabrice Latour, président de la fédération des négociants-éleveurs de Grande Bourgogne, faisait part d'une certaine "inquiétude" sur l'évolution des cours du marché du vin en vrac. Il en appelait même à la raison : "Nous acceptons des hausses, mais des hausses raisonnables", avançait-il. Le négoce achète effectivement une bonne partie de la récolte bourguignonne aux viticulteurs propriétaires.

La raison a-t-elle quelque chose à voir avec cette fameuse vente des Hospices de Beaune ? A l'heure de faire les comptes, peu après  20 heures ce dimanche, les arguments pour répondre par la négative ne manquaient pas. Avec + 57 % pour le prix moyen des vins (+ 73 % pour les rouges !) et un chiffre d'affaires de 5,2 millions d'euros, cette 152e  vente se terminait à un souffle du record enregistré en 2000.

Exceptionnel ? Pas tant que cela. Les Hospices de Beaune ont régulièrement été le théâtre de spectaculaires poussées de fièvres : + 46 % en 1997, + 53 % en 1994 et même + 80 % en 1985 pour n'évoquer que ces 30 dernières années. Le record absolu : 1969 avec + 128 %. L'histoire des Hospices est aussi émaillé de bons coups de déprime : - 26 % en 2008, - 30 % en 1991, et jusqu'à - 59 % en 1958.

Cette vente est un véritable sismographe du contexte dans lequel évolue les vins de Bourgogne (situation des marchés, volume de la récolte, qualité du millésime, etc.). 

Beaune est presque habituée aux sensations fortes quand arrive le troisième dimanche de novembre. 

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En rouge, le Corton 2007 (Charlotte Dumay) a un...

15 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #Dégustation

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Un exemple ? En blanc, le Meursault-Charmes 2000...

15 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #Dégustation

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Hospices de Beaune : pourquoi ça va chauffer !

10 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune

La prochaine vente aux enchères des Hospices de Beaune, dans moins de 10 jours, risque fort de se conclure par une hausse substantielle et peut-être même historique. Décryptage.

IMG 4914Inutile se sortir la boule de cristal, le marc de café, une carte des constellations… La 152e vente des Hospices de Beaune (18 novembre prochain) va se solder par une hausse. Le suspense aura rarement été si vaporeux autour de l'évènement de l'année en Bourgogne. Pour trois raisons principales.

1- Le petit volume : seulement 512 pièces (fûts de 228 litres) seront mis sous le feu des enchères par Christie's. Il faut remonter au millésime 1987 pour voir un si faible volume mis en vente. Exemple : il n'y a que 8 pièces de Corton Charlemagne au catalogue 2012 contre 14 l'an dernier. Les cuvées risquent d'être fortement disputées. En 1987, la hausse avait été de 8,7% malgré un contexte économique morose et un millésime qui n'est pas resté dans les annales.

2 - La qualité du millésime justement : les faibles rendements, le niveau d'exigence en matière de viticulture et de vinification ont permis au régisseur des Hospices, et à son équipe, de tirer le meilleur parti des conditions de l'année. Un millésime certes chaotique sur le plan météorologique, mais potentiellement très intéressant quand les raisins sont arrivés sans accident jusqu'au mois de septembre. Notre dégustation des 44 cuvées (lire ici) montre de grandes réussites mais surtout une bonne homogénéité, à un haut niveau, de la gamme. Rouges comme blancs…      

3 - Enfin, "l'effet Christie's". L'ouverture à une clientèle particulière et diversifiée porte ses fruits. Timide lors des premières années (à partir de 2005), "l'effet Christie's" est devenu significatif. Les ventes 2010 et 2011 ont confirmé qu'il fallait maintenant compter, tous les ans, sur les particuliers pour animer la vente. Un quart des acheteurs est  issu de leurs rangs. Cette clientèle, fidélisée, est manifestement séduite par l'idée d'avoir accès à ce domaine historique et médiatique en Bourgogne.

Conclusion : la hausse sera très certainement conséquente, probablement à deux chiffres. Elle pourrait même dépasser les 20%. Verdict le 18 novembre à partir de 14h30. A noter que l'événement se déroulera sous la présidence de Carla Bruni-Sarkozy. La pièce de Charité sera vendue au profit de deux associations caritatives : celle de l'ex-première dame pour l'accès à l'éducation des publics vulnérables et la Fondation Idée, qui combat l'épilepsie, respectivement parrainées par Gérard Depardieu et Guy Roux. 

 

Note : Si l'achat vous tente, le site Hospices-Beaune (initiative la plus aboutie en matière de regroupement de particuliers) a sélectionné cette année 5 cuvées différentes. Les acheteurs ont la possibilité de limiter leurs acquisitions à 6 bouteilles.

 

 

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Le palmarès des cuvées des Hospices de Beaune 2012

4 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #Millésime 2012, #Dégustation

Enseignements et notations après dégustation des cuvées 2012 des Hospices de Beaune. La 152e vente aux enchères se déroulera le 18 novembre prochain sous la présidence de Carla Bruni-Sarkozy.

La note maximale est ++++


Les rouges

nicolas rolinMes coups de cœur :
Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard, Beaune premier cru Pierre Floquet, Beaune premier cru Nicolas Rolin, Corton grand cru Baronne du Baÿ, Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter.

 

Impressions générales : En près d'une quinzaine d'années de dégustation annuelle aux Hospices de Beaune, il m'a rarement été donné de goûter une gamme aussi homogène. Même les cuvées du début de la dégustation (les appellations les moins prestigieuses) affichent un excellent niveau avec beaucoup de fond, un fruit intense et net. Les maturités ont atteint de bons niveaux entre 12° (Pernand-Vergelesses) et 14° (Clos de la Roche) potentiels à la récolte. La concentration des raisins et la bonne maturité des tannins (peaux des raisins) donnent des vins aux mensurations particulièrement gourmandes. Dommage que cette récolte soit si faible en volume. Seulement 512 pièces seront mises en vente (401 de rouges et 111 de blancs). Il faut remonter au millésime 1987 pour voir un si faible volume au catalogue !

Note : Ne cherchez pas les cuvées de Beaune Cyrot-Chaudron ou de Pommard Suzanne Chaudron, les parcelles ont été sévèrement touchées par la grêle. La production étant trop faible, ces cuvées ne seront pas proposées aux enchères.   


Santenay Christine Friedberg +++
Une excellente entame. Joli nez de fruits noirs. La matière en bouche est croquante et fraîche à la fois.

Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse +
Des tannins solides, voire un peu rugueux. Le nez est frais et pur.

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand +++
L'aromatique est d'une belle élégance, avec un caractère floral. La bouche est dense. Du plaisir.

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard ++++
Un vin qui surprend par sa densité, sa profondeur. La finale est très longue, réglissée. Beaucoup d'intensité.

Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret ++
Un boisé légèrement fumé au nez. La matière est belle, mais pas aussi harmonieuses que les précédentes cuvées de Savigny, à ce jour.

Monthelie premier cru Lebelin ++(+)
Le nez offre beaucoup d'ampleur aromatique. Un vrai panier de fruits. La bouche est fraîche, d'une concentration moyenne.

Auxey-Duresses premier cru Boillot +
Des tannins un peu rustiques. L'expression aromatique est discrète. A revoir.

Beaune premier cru Maurice Drouhin +++(+)
Le nez est finement épicé. Les tannins sont soyeux en bouche et la finale est longue. Une réussite.

Beaune premier cru Hugues et Louis Bétault
Le nez manque un peu de netteté (la cuvée se présente souvent assez mal jeune). La bouche est dense mais peu dynamique. A revoir…

Beaune premier cru Brunet ++(+)
Un vin ample aux tannins assez virils, probablement marqué par le bois à ce stade. Le potentiel semble là. A suivre…

Beaune Grèves premier cru Pierre Floquet ++++
La grande réussite dans les cuvées de Beaune. Le nez est floral (pivoine). Dans la continuité la bouche est envoutante d'élégance, les tannins sont à la fois profonds et aériens. Superbe !

Beaune premier cru Clos des Avaux +
C'était la première cuvée vendangée cette année. La maturité semble peu aboutie. Le vin est vif, tendu.

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++
Un vin solide, de belle constitution. Un boisé fumé marque un peu au nez aujourd'hui mais rien de rédhibitoire.

Beaune premier cru Dames Hospitalières +++
La série de beaune se termine sur un très beau trio. Ce Dames Hospitalières est profond et d'une grande longueur, sur un fruité évoquant la mûre.

Beaune premier cru Guigone de Salins +++
Un délicat et subtil mélange de maturité du fruit mais aussi d'élégance et de fraîcheur. De la dentelle…

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++
La cuvée du fondateur est au rendez-vous ! Les tannins sont denses et racés. Ils donnent beaucoup de gourmandise, de croquant en bouche. Un vin très prometteur.

Volnay premier cru Général Muteau +
Le nez présente une bonne complexité. Les tannins sont fermes voire durs en bouche.

Volnay premier cru Blondeau ++(+)
A nouveau un volnay qui se présente davantage avec des tannins fermes mais sa concentration laisse présager un bonne évolution. Le potentiel est là.

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++
Le nez est très élégant, floral. La bouche est d’une grande harmonie, sur des tannins de velours. Un vin « féminin ».

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++++
Un cuvée qui conclut en beauté la  série de volnay. De la profondeur, de la mâche en bouche mais sans rugosité. Avec en point d’orgue, une finale longue et réglissée.  

Pommard Raymond Cyrot ++
Une cuvée fidèle à l’idée que l’on se fait d’un pommard. Un vin d’homme bâti sur de solides tannins. La longueur est moyenne.

Pommard Billardet ++
Le nez est frais, d’une belle pureté. En bouche la trame tannique donne plutôt dans la fermeté que dans la dentelle. Musclé !

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet +
Marqué par le boisé, un caractère légèrement oxydatif. Sûrement dans une phase ingrate de son élevage…

Pommard premier cru Dames de la Charité ++
A nouveau un pommard aux mensurations d’un beau bébé, à la peau un peu plissée… Les tannins doivent s’attendrir. De l’avenir.

Corton grand cru Charlotte Dumay +
Le boisé est assez marqué au nez, comme en bouche. Ce corton sèche un peu en bouche. Rugueux.

Corton grand cru Docteur Peste ++(+)
Du fond, de la matière, une certaine longueur également. Un fois les tannins un peu assagis par l’élevage, cette cuvée devrait donner un solide corton, taillé pour bien vieillir.

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++
Un corton doté d’un surcroît d’élégance, de complexité, de longueur par rapport aux deux cuvées précédentes. Une remarquable finesse qui,  au final, offre tout simplement un supplément de plaisir.

Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter ++++
« Nous l’avons vendangé le 21 septembre. C’était je crois le moment idéal pour récolter ces raisins », précise Roland Masse. Cette cuvée offre effectivement beaucoup d’ampleur, de gourmandise. Les tannins sont veloutés. L’une des grandes réussites de ce millésime.

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon ++++
Plus discret que le Clos de la Roche, ce mazis-chambertin séduit néanmoins par la remarquable finesse de sa texture. Elle évoque le satin. La finale est longue et racée. Une valeur sûre…

 

Les blancs
 

bahezre de lanlayMes coups de cœur : Pouilly-Fuissé Françoise Poisard, les deux cuvées de Corton-Charlemagne, Meursault-Genevrières premier cru Baudot, Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay.

Impressions générales : A l’image des rouges, les cuvées de blancs sont d’une excellente concentration. De bons niveaux d’acidité leur assurent un bel équilibre. Il semble néanmoins que ce millésime privilégie davantage la richesse que la fraîcheur. A noter toutefois que les stades d’évolution, différents d’une cuvée à l’autre,  rendent les comparaisons peu aisées.

 

Saint-Romain Joseph Menault ++(+)
Du fruit frais au nez et une bouche vigoureuse, voilà une cuvée qui ne manquera pas de tonus.

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard ++++
Le nez est expressif, sur les fruits exotiques. La bouche confirme cette bonne maturité en offrant beaucoup de rondeur et de puissance. Très gourmand.

Meursault Loppin +++
Un vin riche, opulent, profond. Ce meursault séduit par son évidente concentration et la maturité de son fruit.  

Meursault Goureau +++(+)
Avec ces arômes, bien intégrés, de fruits secs grillés, le nez est bien typé meursault. La bouche est d’un remarquable équilibre. Du potentiel.

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot
Le nez est frais, sur des notes florales. La bouche est pour l’heure enrobée d’un peu de sucre résiduel. Le pronostic est bon mais il reste difficile de noter ce vin pour l’heure.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot ++++
Un grande finesse se dégage tant sur le plan aromatique que dans la matière en bouche. Le caractère délicat mais intense des Genevrières est bien là.

Meursault-Genevrières premier cru Philippe Le Bon +++(+)
Un grande harmonie se dégage en bouche, la finale offre une belle fraîcheur. Il est un peu plus fermé au niveau aromatique pour l’heure. Une grande bouteille en devenir.

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault +++
Un vin très gourmand, tout en fruit. La longueur est plus moyenne.

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay ++++
Un vin qui séduit surtout par sa grande persistance. Tout est en place - équilibre, complexité, concentration - pour donner un grand vin.

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson +
S’il y avait une petite déception dans cette dégustation, la voici. Ce vin semble sans grand relief. Avec le temps peut-être…

Corton-Charlemagne grand cru Roi soleil ++++
La minéralité du corton-charlemagne, la fraîcheur, la tension sont bien là. Un grande longueur ponctue la dégustation. Un vin racé.
 
Corton-Charlemagne grand cru François de Salins ++++
A l’image de la cuvée « Roi Soleil », cette deuxième cuvée de Corton-Charlemagne confirme l’excellent comportement de ce terroir dans ce millésime peu commun. Densité, minéralité et finale citronnée…

Bâtard-Montrachet grand cru Dames de Flandres ++++
Une cuvée, grand format, qui se distingue toujours par sa concentration et sa puissance. Il aurait été étonnant que ce millésime 2012 fasse exception à la règle. Un beau bébé.

 

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