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365 jours en Bourgogne

Vente de vins de la cave de l'Elysée, 30 et 31...

30 Avril 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Enchères, #Grand cru

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Vins naturels : il est grand temps que la bulle éclate !

23 Avril 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #vin bio, #polémique, #Bio

De circonlocutions en justifications, la mode des vins naturels démontre chaque jour que ce concept n'est qu'un rideau de fumée.

P4080016.JPG"Ce ne sont pas des bouteilles qui poussent sur les pieds de vignes !", m'a lancé le mois dernier Allison Bonnett, consultante en matière de viticulture durable. Un petit rappel de bon sens ne fait jamais de mal. Un vin n'est pas l'œuvre immaculée de la nature. Du raisin à la bouteille, l'homme joue un rôle majeur. Et pourtant en dépit de ces évidences, la mode des "vins naturels" continue de prospérer.   

Il y a quelques jours encore un professionnel émérite m'envoyait une liste de huit domaines bourguignons proposés par l'un des ses fournisseurs. Aucun n'avait une grande antériorité qualitative. La plupart d'entre eux cultivaient une certaine marginalité et se réclamaient plus ou moins de la mouvance des "vins naturels". Cela suffit visiblement à certains agents, soucieux certainement de se différencier, pour les référencer.

Ce message m'a mis en rogne pour le reste de la journée. Loin de moi l'idée de contester le droit à ces domaines d'exister, de faire leur chemin et d'avoir des clients. Mais comment peut-on, quand on est professionnel du vin, regarder la Bourgogne sous ce seul prisme déformant. L'utilisation ou non du soufre (de toutes façons en petite quantité) est-il vraiment l'élément discriminant qui doit dicter nos choix parmi la vaste gamme des vins de Bourgogne ? Evidemment non. Car le concept de vin naturel est en soi vide de sens, on l'a déjà écrit ici, au prix de quelques insultes (lire ce post). 

L'idée est à ce point fumeuse qu'elle nous conduit aujourd'hui à lire d'interminables circonlocutions et justifications. En témoigne la récente lettre ouverte aux journalistes (rien que ça !) de Jean-Louis Denoix, vigneron du Languedoc. Ou comment un viticulteur noircit trois pages pour nous expliquer l'invention du fil à couper le beurre. "Je veux faire des vins nature guidés par l’homme !", conclut-il. C'est l'ambition de tout vigneron qui travaille sérieusement…

En attendant, les effets collatéraux se font tout de même sentir. "Les doses de soufre ont baissé régulièrement ces dernières années. Nous constatons une recrudescence de problèmes microbiens dans les vins lors des prélèvements du suivi aval de la qualité", affirme Hervé Alexandre, chercheur et enseignant à l’Institut de la vigne et du vin (Dijon). Laissons donc les œnologues et les vignerons sérieux travailler calmement à trouver des alternatives au soufre. En attendant, perçons les ballons de baudruche !

 

Mise à jour le 26/04

"Avez-vous pensé aux dégâts collatéraux ?"

 

Jacques Berthomeau (sur)réagit à cet article

http://minu.me/8v2q

 

Ma réponse :

 

Bonjour M. Berthomeau,

Je vous remercie de vous faire l'écho de mes prises de positions. 

Je ne reviens pas sur le fond du débat, je crois que nous devons être à peu près d'accord si vous prenez la peine de me relire attentivement (quelques surinterprétation de mes propos). Je crois effectivement que le vocable de "vins nus ou "naturistes" est plus honnête. Mais peut-être moins vendeur…

Oui, la baudruche éclatera d'elle-même. Mais avez-vous pensé aux dégâts collatéraux ? Car si le sujet vous fait "gondoler grave", il n'amuse pas vraiment les producteurs qui se donnent du mal à travailler en bio et à se faire certifier. Car dans l'esprit des consommateurs le raccourci "vins naturels" = vin bio est une pente évidemment … naturelle. Et quand dans la tête de ces mêmes consommateurs "vins naturels" sera définitivement égal à vins déviants, oxydés, etc., le préjudice touchera également (surtout ?) les vins bio. Cela serait évidemment fort regrettable tant la démarche bio est pour le coup sérieuse et nécessaire.

A l'occasion parlez-en à Alain Hasard, par exemple, puisque c'est un vigneron dont vous appréciez la perspicacité.

Enfin quelques précisions pour vous éviter de pousser le "bouchon un peu loin dans l'ironie", je suis journaliste en Bourgogne. Ce qui ne veut pas dire que je suis bourguignon. Et encore moins producteur ou possesseur d'un quelconque cépage en Bourgogne. Dois-je ajouter que je ne suis pas, non plus, marchand de soufre ou d'un quelconque produit œnologique ?

J'ai par ailleurs eu l'occasion de parler du domaine de l'Aigle dans les colonnes de Bourgogne Aujourd'hui.  Nos lecteurs savent qu'il ne m'est guère difficile d'admettre que de bons chardonnays puissent être produits ailleurs qu'en Bourgogne.

M. Berthomeau vous prenez la parole fréquemment, souvent avec brio sur des sujets variés. Aussi je m'étonne que vous soyez chatouillé et gratouillé (ou mieux gondolé) que d'autres la prenne sur ce qui fait leur quotidien.

Enfin, les poussages de bouchon n'apportent pas grand-chose à l'expression de vos idées. Ils ne suscitent que commentaires et calembours douteux (que le confortable anonymat d'internet encourage) et n'éclairent pas le débat.

Je précise aussi à françoismb concernant les "donneurs de leçons" que l'on m'a simplement demandé mon avis. Et comme dirait l'autre, c'est mon opinion et je la partage !

Bien à vous et à vos lecteurs,

Laurent Gotti

 

 

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