Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
365 jours en Bourgogne

Pages et cépages

30 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre, #Cépage

 A l’heure où la Bourgogne s’apprête à se pencher sur les fruits de ses vignes pour les récolter, un livre donne les clés de compréhension des cépages.

Saviez-vous que la grenache, cépage emblématique de Châteauneuf-du-Pape, est originaire d’Espagne ? Que le chardonnay est un des enfants du pinot noir ? Que le « Portugais bleu » est un cépage… autrichien.
Autant d’informations que l’on retrouve dans l’ouvrage de Charles Frankel  « Guide des cépages et terroirs ». Charles Frankel est géologue, spécialiste du système solaire. Ce franco-américain délaisse de temps à autres les planètes lointaines - Mars en particulier - pour se passionner pour le vin. En 2011, il publiait "Terres de vigne" (Editions du Seuil). Un ouvrage de vulgarisation, au sens noble du terme, sur la géologie viticole (lire ici). Le revoilà avec ce livre qui trouvera sa place dans bon nombre de bibliothèques d’amateurs de vins. Un remarquable travail de synthèse qui bénéficie notamment des récentes avancées de la recherche génétique pour déterminer les parentés entre les différentes vignes.
Je constate régulièrement que la notion de cépage nécessite un peu de pédagogie, y compris auprès des amateurs de vins. Pour l’expliquer, je fais souvent la comparaison avec les variétés de pommes : certains pommiers donnent des fruits jaunes (golden), d’autres rouges (gala), d’autres verts (granny smith). Chacune de ces variétés a ses caractéristiques de culture, donne des fruits aux goûts différents. Une diversité que l’on retrouve aussi dans le monde de la vigne.   
L’ouvrage de Charles Frankel en fait une excellente synthèse.
Une centaine de cépages sont ainsi passés en revue : leur origine, leur aspect, les zones d’implantation, la vinification mais aussi les arômes qui les caractérisent et les terroirs sur lesquels ils donnent les meilleurs résultats. Le tout est largement illustré (photos, schémas, mais aussi coupes géologiques). La première partie du livre revient aux origines de la vigne, les familles de cépages, les travaux de la plante et les maladies qui la guettent. « Je serai moi-même un fréquent utilisateur de ce guide », écrit Hugh Johnson dans la préface. Je compterai aussi parmi ceux-là.

Edition Delachaux et Niestlé, 30 €

Lire la suite

J-4 aux Hospices de Beaune !

26 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2013, #Hospices de Beaune

Début des vendanges lundi aux Hospices de Beaune ! C'est la cuvée de Pouilly-Fuissé qui commence. Elle sera suivie ce même jour par des parcelles de Meursault...

Lire la suite

Tu veux ou tu veux pas ?

20 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2013

Le millésime 2013 se fait désirer. Les raisins ne sont pas encore mûrs et les vignerons bourguignons rongent leur frein. La patience est aussi une vertu cardinale dans le métier.

Pinot noir côte de BeauneL’anxiété est montée d’un cran. Dans les rangs des viticulteurs bourguignons, on ronge fébrilement son frein. Les analyses sont loin du compte : les raisins peinent à se concentrer en sucre et les acidités sont encore très élevées. Conséquence : sécateurs et machines à vendanger restent à la remise. « Nous avions prévu d’attaquer la semaine prochaine. Finalement nous allons repousser, explique Richard Martin du domaine de la Croix Senaillet à Davayé (Mâconnais). Et puis les anciens préviennent que le risque est toujours de récolter trop tôt les millésimes tardifs ». Les journées plus courtes et moins chaudes de début d’automne n’aident pas. Et comme le temps n’y a pas mis du sien ces 12 derniers jours… Peu de chance donc de voir des hordes de vendangeurs envahir le vignoble dans l’immédiat. Le coup d’envoi de la récolte est plutôt prévu pour les tous derniers jours de septembre dans les vignobles les plus « précoces ».
Rien ne presse. A moins d’une explosion de la pourriture. Quelques foyers ont été observés mais rien de grave pour l’instant. Le temps s’est remis au beau aujourd’hui et la progression de la pourriture devrait être stoppée.
Tous les espoirs sont donc encore permis : les raisins pourraient se concentrer assez rapidement. Les vignes sont dans l’ensemble peu chargées. C’est l’autre caractéristique déjà acquise de 2013, avec cette tardivité : la faible production. L’estimation de récolte table sur un déficit de 8 à 10% par rapport à la moyenne décennale. Une vue d’ensemble qui traduit mal une grande hétérogénéité selon les parcelles et les pratiques viticoles de chaque producteur.
Chez les viticulteurs rigoureux, de petites grappes bien aérées, se sont épanouies sur des vignes qui auront connu un été particulièrement ensoleillé. L’unique point noir de l’été restera donc l’épisode de grêle qui a touché la Côte de Beaune le 23 juillet. Environ 1 300 hectares ont été impactés à divers degrés. De quoi marquer les esprits. Mais précisons que cela ne concerne qu’à peine 4,5% de la superficie totale du vignoble bourguignon…
En attendant, 2013 continue de jouer avec les nerfs. On se rassure en évoquant le millésime 1978, récolté en octobre, resté dans les mémoires comme la référence de sa décennie.

Photo : Une grappe de pinot noir le 20 septembre dernier en Côte de Beaune

 

Lire la suite

Dans les vignes avec Bruno Lorenzon (Mercurey)

13 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2013, #Bio

Un tour dans les vignes avec Bruno Lorenzon, viticulteur (en bio certifié) parmi les plus méticuleux de Bourgogne. Ses mercurey sont bluffants de précision, de pureté et de profondeur.

Lire la suite

Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (C)

10 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne, #Histoire

 

C comme Clos. Nous admirions le Clos des Perrières (Meursault). Une halte au cours d'une tournée des terroirs les plus prestigieux de la Côte de Beaune en compagnie d’un petit groupe d’amateurs de vins.
Cet après-midi d'automne, frais et humide, n’avait pas refroidi nos ardeurs. J’expliquais à mes hôtes l’origine de ces fameux clos qui parsèment le vignoble bourguignon.
J’évoquais ce que nous apprennent aujourd’hui les historiens à leur sujet : davantage qu’une délimitation d’un terroir particulièrement apte à donner des grands vins, les clos étaient plus certainement une avantageuse délimitation fiscale… Une zone franche en résumé.
Une hypothèse que mon auditoire n’eut aucune difficulté à concevoir : ils étaient Suisses !  « Je comprends, réagit l’un d'eux, les ceps sont dans leurs clos comme les billets dans nos coffres-forts. Là c'est le cep de Johnny, là celui de Cahuzac... ».

C’est ce que confirme, en d’autres termes, Marion Foucher de l’Unité Mixte de recherche Artéhis de Dijon. Elle évoque le cas du Clos de Vougeot : « Les moines de Cîteaux ont obtenu une exonération d'impôt dans un secteur qui correspond au dessin du clos, à condition qu'il soit planté en vigne ».  Les clos auraient donc été inventés au Moyen-âge comme d’autres, plus tard, se sont forgés un bouclier fiscal.

Voilà qui tempère l’idée que les moines ont été les précurseurs de la notion de terroir. Il a aussi été parfois avancé que ces murs étaient érigés pour protéger les cultures des animaux qui paissaient dans les alentours (ce n'est plus la version suisse mais corse). 
La notion de clos est, quoiqu’il en soit, profondément liée à l’identité bourguignonne.
Ils sont installés dans le paysage depuis plus d’un millénaire. Les Bordelais ont leurs « châteaux », les Bourguignons ont leurs clos. C’est sans doute ce qui explique qu’ils ont fini par rejoindre, plus ou moins retrospectivement, la saga des terroirs.

Constructions en pierre sèches, en calcaire, ils sont de remarquables exemples de savoir-faire paysan. Leur utilité écologique (biodiversité, lutte contre l’érosion) est avérée. L’apparition du tracteur, dans les années 1950, leur a fait du tort. Un travail de sensibilisation reste à faire pour la cause de leur préservation et restauration (dans les règles de l’art).

Le doyen des clos bourguignons (et du monde ?) serait le Clos de Bèze, un grand cru de Gevrey-Chambertin. Comme le Clos de Vougeot, son origine est monastique (il a pris le nom d’une abbaye située près de Dijon). Des archives ont prouvé son existence dès 630. Mais sur le terrain, les murs ont subi le même sort que ceux de l’abbaye : ils ont disparu.
Bref, si beaucoup de clos en Bourgogne ont encore leur délimitation en dur, certains n’en ont plus qu’une partie. Ou ne sont plus qu'un souvenir perpétué sur les étiquettes.

Pas plus que la mention de "château" sur une étiquette, celle de "clos" n'est une garantie de qualité pour un vin. Constatons toutefois que beaucoup des plus fameux des terroirs bourguignons sont des clos. Et beaucoup aussi ont un rapport avec la religion (moines, mais aussi évêques, chanoines). On pourrait en rédiger une liste longue comme les murs du Clos de Vougeot (3 km au total...). 
 

Photo : Le Clos de la Perrière à Vougeot (à ne pas confondre avec le Clos des Perrières de Meursault). Perrière désigne une carrière. Dans le cas présent c'est la carrière qui a servi à la construction du château du Clos de Vougeot.

Lire la suite

Les caves coop sont-elles bio-compatibles ?

1 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bio

Les caves coopératives bourguignonnes se tiennent, pour l’heure, à l’écart du mouvement de progression du bio en Bourgogne. Un constat qui s’impose en consultant notre liste des producteurs bio.
L’appel a été lancé aux producteurs bio. L’idée étant de dresser une liste des domaines et maisons, certifiés ou en cours de certification, à l’appui de l’article sur la viticulture bio paru dans le dernier Bourgogne Aujourd’hui. Un travail de clarification nécessaire tant ce mot, bio, est parfois utilisé à tort et à travers. Ce régime étant légalement encadré par des dispositions européennes et soumis à contrôle par des organismes certificateurs indépendants, vérifier les allégations des uns et des autres n’a rien de sorcier. Nous avons reçu un grand nombre de réponses avec les attestations officielles adéquates.

On y trouve de nombreux domaines de petites tailles mais aussi de superficie importante. Des producteurs familiaux bien connus (Comtes Lafon, Leflaive, Goisot, Trapet, Lafarge, D’Angerville, etc.), quelques maisons de négoce (Magnien, Decelle-Villa,etc.), mais une seule et unique cave coopérative : La Cave de Genouilly en Côte chalonnaise.

Le poids des caves coopératives est pourtant loin d’être négligeable en Bourgogne : elles produisent environ le quart des vins de Bourgogne. Elles sont notamment très implantées dans le Mâconnais.

La Cave de Genouilly (Côte chalonnaise), petite cave de 95 hectares, a vinifié séparément les 85 ares de Bourgogne Chardonnay qu’un de leurs adhérents cultive officiellement en bio depuis le millésime 2011 (voir ici).

Le vin a été sélectionné (après dégustation à l’aveugle) pour figurer dans la gamme de la Maison de la Côte chalonnaise (Chalon-sur-Saône) ou à la boutique de la cave. Preuve pour les derniers réfractaires que la qualité est souvent au rendez-vous chez les "bios".

Louis Patissier, à la direction, reconnait qu’il n’a pas été évident de faire naître cette cuvée. Pour des raisons techniques (peu de raisins à presser) mais aussi sans doute "culturelles". Le conseil d’administration a toutefois donné son accord et décidé de positionner ce vin dans le haut de la gamme de la cave.

La production de cette cuvée, 2 800 bouteilles, est à peine une goutte d’eau dans le volume produit par les caves coop. On se prend à rêver de l’impact qu’aurait une politique volontariste des caves de se lancer massivement dans l’élaboration de gammes bios… La Chablisienne (Chablis) a tenté l’expérience il y a quelques années, mais n’a pas persévéré.


Dans ce blog, je vous ai déjà fait part de l’expérience, un peu douloureuse, de Sébastien et Delphine Boisseau, jeunes vignerons du Mâconnais. Faute d’avoir vu leur travail en bio valorisé, ils ont décidé de quitter la coopérative où avant eux leurs parents et grands-parents étaient actifs.

Nouvelle étape dans la vie de l'exploitation : la mise en bouteille de leur premier millésime (2012) a été effectuée la semaine dernière. Goûtés sur fût au printemps dernier, les vins étaient particulièrement prometteurs. Mes coups de cœur ont porté surtout sur les cuvées de rouges, en particulier le gamay ("Mouton noir").

Je vous les recommande vivement
. En espérant que leur expérience fasse bouger quelques lignes parmi les coopérateurs…


* Le domaine s’appelle "La Vigne Mouton" à Bray (71250) - Tél. 03 85 50 06 02.

Delphine et Sébastien proposent deux cuvées de blancs en appellation mâcon-Bray : "Vigne Mouton", une sélection parcellaire issue d'un terroir du même nom, et la cuvée "112" (comme l'âge des vignes avec lesquelles elle est produite).  Deux cuvées également en rouge : le "Mouton noir" (gamay donc) et la cuvée de bourgogne-pinot noir "Terre de Chazeux". La gamme devrait se positionner entre 9 et 12 euros.
 

Lire la suite