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365 jours en Bourgogne

Le vin en chansons

24 Janvier 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

Dans une série d'émission, Philippe Meyer, nous fais partager deux de ses passions : la chanson et le vin. L'écrivain et homme de radio a déniché quelques perles : comme La Romanée-Conti chantée par Anne Sylvestre ou encore une savoureuse Java sans modération de Gilbert Laffaille. Ces émissions, diffusées sur France Inter le samedi de 12 à 13h, sont disponibles en "balado-diffusion" sur la page dédiée :

http://www.franceinter.fr/emission-la-prochaine-fois-je-vous-le-chanterai

A voir aussi, sur le même thème, la conférence de Philippe Meyer, lors des débats de "Vino Bravo", le mois dernier à Bordeaux (vidéo ci-dessous).

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Des rois et des reines

12 Janvier 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Compte rendu d'une soirée dégustation avec quelques habitués des sessions de Bourgogne Aujourd'hui. Les vins ont été dégustés à l'aveugle, ce 10 janvier, sous l'accueillante présidence* de Roland Masse, régisseur du domaine des Hospices de Beaune.


Blancs


IGP Ile de beauté (non millésimé). Yves Leccia. Cépage Biancu Gentile.
Un début de dégustation sur le registre de la fraîcheur : le nez est finement iodé, citronné. La bouche présente un bel équilibre (un peu de gaz) dans la rondeur. La finale est vive et plutôt courte. 14,5/20


Chardonnay "A la Percenette" 2008. Domaine Pignier (Jura).
La robe est dorée. Une certaine évolution au nez (truffé), mais ausi de la complexité (notes beurrées et abricotées). La bouche est moins avenante, campée sur une acidité austère. 14/20


"Grand cuvée" 2009 - Val de Montferrand - Domaine de l'Hortus (Languedoc-Rousillon)
60% chardonnay, 25% viognier, 15% marsanne
La robe est jaune doré. Le nez évoque spontanément un grand chardonnay bourguignon à l'ensemble des dégustateurs... On y trouve une belle maturité (fruit jaune) mais aussi de fines notes de noisette, d'amande...
La bouche est chaude, riche, crémeuse. Ce vin se montre plus large que long mais d'une belle finesse également. Un très joli blanc sudiste. 16,5/20


Puligny premier cru Les Pucelles 2011 - Domaine Leflaive
La robe est or-brillant. Le premier nez est très fin, floral, retenu. Il évolue sur le minéral, l'amande. La bouche est raffinée, élancée et surtout d'une grande longueur. Un vin peu demonstratif dans l'ensemble mais qui montre beaucoup de race, de caractère. A ne pas toucher avant 5 ou 6 ans de garde minimun. 17/20.


Alsace Grand cru Zotzenberg 2010 - Jean-Pierre Rietsch
La robe jaune dorée est profonde. Le nez évoque le fruit jaune confit voir exotique. Il évolue vers les épices douce. La bouche est assez suave, saline. Une finale un peu sèche contrarie l'harmonie et l'équilibre. Dommage. 14/20.


Pernand-Vergelesses premier cru Sous Frétille 2002 - Domaine Rapet
Le premier nez est discret, sur des notes d'une étonnante jeunesse (pomme verte). La bouche dévoile un volume conséquent et une finale dynamique avec une rétro-olfaction marquée par des notes de caramel. La première approche manque un peu de finesse (une petite trace liègeuse). Mais l'aération lui apporte un surcroît d'harmonie. 16/20.


Chablis 1993 - Gilbert Picq
La robe montre des reflets jaune canari. Le nez est retenu et laisse percevoir une évolution sur une touche de champignon. La bouche est laborieuse, fatiguée et mordante à la fois. Aurait dû être déjà bu...

 

Saint-Joseph "Sous l'Amandier" 2012 - Christophe Curtat

La robe est d'une belle intensité colorante. Le nez se montre très expressif sans être lourd : des notes de rose, de pivoine et de fruit exotique. La bouche est souple, ronde. La finale est peu persistante, avec un peu amertume. Un vin de plaisir. 95% roussane. 14,5/20.


Viré-Clessé "Quintaine" 2010 - Jean Pierre Michel
L'aromatique est d'une grande pureté sur des notes d'agrumes et de fleurs. Une franchise et une netteté que l'on retrouve en bouche. La texture est à la fois dense, ronde (20 g de sucre résiduel environ) mais surtout très précise, harmonieuse. Un vin de caractère mais aussi rafraîchissant. Très bon accord avec un foie gras. Mon coup de coeur sur cette série de blanc. Nous ne sommes pourtant pas là parmi les terroirs les plus prestigieux de Bourgogne... 18/20

 

Suite (les rouges) dans le prochain post.


* Il a eu la fève !

 

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Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (C)

5 Janvier 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne

C comme Compliqué.

Into Wine Olivier MagnyC'est le reproche le plus fréquemment formulé à la Bourgogne et à ses vins. Ils sont compliqués. Certains y perçoivent même une forme d'arrogance bien française. Trop d'appellations, trop de producteurs, trop de cuvées... C'est vrai, la Bourgogne avec sa centaine d'AOC sur seulement 30 000 hectares de vignes (3% du vignoble français) est un peu plus complexe que le slogan d'un homme politique en campagne. Le sujet a maintes fois agité les Bourguignons eux-mêmes, particulièrement depuis que de nouveaux pays producteurs se sont lancés dans la production de vins de cépages. Il est tellement plus simple et rassurant de lire "merlot", "cabernet-sauvignon", "pinot noir" sur l'étiquette... Pas de surprise, dans un sens comme dans l'autre, une fois le vin dans le verre.

Ainsi au fur et à mesure que la concurence se faisait vive, des voix de plus en plus insistantes se sont élevées pour réclamer un choc de simplification (au début des années 2000) sous peine de voir la Bourgogne perdre pied sur les marchés. De simplication il n'y eut pas. Heureusement.

Au contraire, les "climats" et leur foisonnement de terroirs sont aujourd'hui au centre des attentions. Résultat : la Bourgogne a rarement autant brillé dans la galaxie toujours plus vaste des régions productrices de vins. C'est précisément cette étonnante complexité, cette capacité à surprendre (y compris dans le mauvais sens du terme) qui donne tout leur sel aux vins de Bourgogne. C'est pour cela aussi que la Bourgogne suscite d'invraisemblables passions chez les amateurs du monde entier.

Voici ce qu'écrit Olivier Magny dans son excellent ouvrage "Into Wine" (editions 10-18) paru en novembre dernier :

"Au tout début de mon parcours, j'ai passé quelques mois en Californie. Je fus soufflé par l'approche que j'y découvris : le vin était sans cesse et partout associé à l'idée de plaisir, chacun s'attachait à le rendre plus compréhensible et plus lisible - tout cela est rafraichissant, et authentiquement enthousiasmant.

Il me semblait que la France du vin, parée d'un sérieux excessif, avait quelques leçons à prendre : si elle voulait convaincre des gens de ma génération de se mettre au vin, elle avait des progrès à faire.

Quelques années plus tard, à mesure que j'avançais dans mon parcours, mon rapport à la culture européenne du vin évolua. Je connaissais depuis un moment sa profondeur et sa diversité, et étant français, j'y était intuitivement attaché. Il me fallut plusieurs années non seulement pour en comprendre la beauté, mais aussi pour découvrir le chemin qu'elle dévoilait. (...) Sans patience et intérêt, seuls nous sont accessibles les plaisirs immédiats - agréables certes, mais de moindre qualité que ceux tricotés patiemment."

La Bourgogne est assurément un chemin qui demande patience et intérêt. Mais croyez ceux qui l'ont emprunté, il offre bien des gratifications...

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