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365 jours en Bourgogne

Image et notoriété : la Bourgogne décroche le pompon

25 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

Les vins de Bourgogne virent en tête dans le cœur des français. Une étude auprès des consommateurs les place au-dessus de Bordeaux et de la Champagne.

La Bourgogne aurait-t-elle une tête de premier de la classe ? Oui, pour ses vins en tout cas. Ils sont notés 7,9 sur 10 par les consommateurs. C’est le résultat d’une étude de notoriété et d’image réalisée par CSA pour l’Interprofession des vins de Bourgogne. Une enquête « post test » menée après la campagne publicitaire 2013 (nouveaux visuels, photo ci-contre).
Cette note place les vins de Bourgogne en tête du classement des vignobles français. La Champagne est notée 7,8 et Bordeaux 7,5 sur 20.  L’année dernière, une étude du même type avait attribué la note de 7,5 à la Bourgogne (après la Champagne et à égalité avec Bordeaux). Derrière ce trio de tête, un trou s’est creusé. L’Alsace (7,1), les Côtes du Rhône (6,7), le Val de Loire (6,4), les Côtes de Provence (5,8), le Beaujolais (5,4), complètent le tableau.  

L’étude montre que les vignobles étrangers ont encore beaucoup de travail pour convaincre les consommateurs français. Le mieux noté, le Chili obtient 4,6 et l’Australie 4,4. La Californie et l’Afrique du Sud se positionnent entre les deux.  

Cette enquête a été effectuée en janvier 2014 auprès d’un échantillon de 724 consommateurs de vins âgés de 25 à 65 ans.

 

 

 

 

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Bordeaux-Bourgogne : la génétique jette un pavé dans la cuve

16 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique

La génétique est décidément implacable. Le cabernet sauvignon, cépage roi du bordelais est un descendant d’une vigne emblématique bourguignonne. Ça va jazzer dans les rangs…

L’un fait le bonheur des grands châteaux du Médoc, et plus généralement des producteurs de rouges bordelais. Il est connu pour donner des vins colorés et robustes. L’autre s’épanouit sur la Côte de Nuits. En Bourgogne, on y vante sa finesse et sa subtilité.
Deux univers à eux seuls… Pourtant la génétique, jamais avare en surprise, est formelle : ils appartiennent à la même famille. Mieux, le bourguignon pinot noir (photo) est l’ancêtre du bordelais cabernet sauvignon !
Explications. La parenté du cabernet sauvignon a été découverte en 1997 : c’est un croisement naturel entre le cabernet franc et le sauvignon blanc. Les chercheurs on découvert plus tard que le sauvignon était un enfant du savagnin (cépage blanc que l’on rencontre dans le Jura). On sait aussi que le savagnin et le pinot noir sont liés par une relation parent-enfant (le sens de la filiation n’a pas pu être établi). CQFD : le pinot noir est soit un arrière-grand-père, soit un oncle du cabernet sauvignon !
Illustration sur le tableau (ci-dessous) réalisé par José Vouillamoz, chercheur en génétique (lire aussi ce billet). Il a mis en commun toutes les découvertes de ses collègues et établi un arbre généalogique reliant ces cépages. « Gageons que cela puisse créer une nouvelle fraternité entre Bordeaux et la Bourgogne ! », conclut le chercheur (Suisse).

 


 

Une interview de José Vouillamoz est à lire à la rubrique « Rencontre » de Bourgogne Aujourd’hui 117. A a paraitre le mois prochain en kiosque ou sur le site de la revue.
 

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Plainte en diffamation contre "Vinobusiness"

12 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre, #polémique

Hubert de Boüard, Château Angélus (Saint-Emilion), porte plainte pour diffamation contre Isabelle Saporta, auteure de Vino Business. Il fallait s'y attendre ! (lire l'article en lien ci-dessus)

Voici le communiqué :

"Au regard des informations erronées contenues dans le livre Vino Business, le propriétaire du Château Angélus a déposé plainte du chef de diffamation publique contre son auteure Isabelle Saporta et son éditeur. Dans le cadre du renouvellement du classement 2012 des crus de l’AOC Saint-Emilion grand cru, toutes les garanties ont été apportées pour assurer son impartialité : Le classement a été mené par des organismes certificateurs indépendants. La Commission du classement Saint-Emilion était constituée de personnalités expertes étrangères à ce terroir dont l’impartialité était garantie par une déclaration d’indépendance. Les critères d’évaluation et le système de notation figuraient dans le règlement. Ils étaient donc connus de tous, y compris des candidats.Le règlement de classement a été homologué par les ministères de l'Agriculture et de l'Economie, puis publié au Journal officiel. Autant d'éléments qui démontrent qu'Isabelle Saporta accuse dans son ouvrage, de manière totalement infondée, le propriétaire du Château Angélus."

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Vino Business : la face sombre des grands crus

2 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre, #polémique

"Document explosif", "Dallas hexagonal", "coup bas" en pagaille, un livre explore l'arrière boutique des grands crus : Vino Business. Son auteur, Isabelle Saporta, met à mal quelques mythes. Un ouvrage qui laisse un arrière-goût rance...

Le monde des grands vins aurait-il réinventé la féodalité, l'abus de pouvoir et la spoliation en toute impunité. C'est ce qu'on serait tenté de conclure en renfermant Vino Business, le dernier livre d'Isabelle Saporta (auteur du Livre noir de l'agriculture en 2011). Une enquête passionnante dans les abîmes d'appellations phares du vignoble français et plus particulièrement bordelais.

Certaines figures du monde des vins de prestige sont copieusement écornées. De "grand fauves", c'est ainsi qu'Isabelle Saporta qualifie ces hommes qui ont mis la rive droite de Bordeaux (Saint-Emilion et Pomerol) en coupe réglée. Des châtelains qui s'arragent, entre amis, pour définir les règles à leur convenance : celles qui leur permettront de progresser dans la hiérachie (et de voir ainsi la valorisation de leurs propriétés doubler). Des intrigants aux bras longs, grenouillant dans les syndicats d'appellation et les instances de l'INAO pour faire main basse sur la terre, ou encore des conseillers, soi-disant en oenologie, qui monnaient à prix d'or leur influence auprès de la presse.

Le "scandale" du classement de 2012 à Saint-Emilion est un morceau de choix dans cette enquête. Le grand manitou de Saint-Emilion, Hubert de Boüard, traverse l'ouvrage comme un figure machiavélique, dévorée par l'ambition et le besoin de reconnaissance (sa propriété, Château Angélus a bénéficié d'un classement en premier grand cru classé A en 2012). Un châtelain aux moeurs bien moins raffinées que ses vins quand le gâteau se montre appétissant. Il s'est distribué "entre 300 et 500 millions d'euros en valorisation foncière" lors de la révision de ce classement, note Franck Dubourdieu. De quoi donner naissance à une région "survoltée par l'argent et les haines recuites".

L'ouvrage revient aussi sur l'omerta qui touche à l'utilisation de pesticides, à la difficulté de changer les mauvaises habitudes : les traitements par hélicoptère (en théorie interdits depuis 2010).

Vino Business dégonfle aussi la grande illusion chinoise, une bulle qui pourrait exploser à la figure des grandes marques dans les prochaines années, ou les prochains mois...

Certains chapitres sont un peu plus faibles. Celui sur les subventions européennes, versées à certaines luxueuses propriétés ou instances collectives. Le lecteur n'en sait guère plus du système et reste sur sa soif. Les pages consacrées aux produits utilisés en matière oenologie laissent perplexe également. La nuance entre l'excès et l'abstinence ne semble pas exister pour Isabelle Saporta. L'auteur prend peu de recul avec la mode des vins dits "natures".

Au final, ce pamphlet reconfortera les amateurs de grands bouteilles qui se sont détournés de ces châteaux prestigieux pour cause d'envolée des prix et de spéculation. Les autres seront confortés dans leur choix de se tourner vers quelques-uns de ces milliers d'artisans vignerons. Ceux-là dont la saine ambition est de vivre de leur travail et de contenter leurs clients...  

Editions Albin Michel, 19 €

 

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