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365 jours en Bourgogne

Arnault, Pinault... Clos !

21 Avril 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique, #Grand cru

Le rachat du Clos de Lambrays par LVMH signe l’entrée des grands crus de Bourgogne dans l’univers des marques de luxe. Faut-il s’en plaindre ?


L’honneur est sauf. Le  pavillon français flotte au-dessus du Clos de Lambrays (Morey-Saint-Denis). Le chinois propriétaire du Château de Gevrey-Chambertin était prêt, dit la rumeur, à signer à nouveau un gros chèque… La veuve de Günter Freund (propriétaire du Clos depuis 1996) a fait son choix. Il s’est porté sur le « leader mondial des produits de haute qualité », LVMH. Notre esprit patriotique, ou franchouillard, c’est selon, s’en trouve ménagée cette fois. Grâce à une allemande…
Dans la galaxie LVMH, le Clos des Lambrays rejoint ainsi Château Cheval Blanc, Yquem, Dom Perignon. Mais aussi Guerlain ou Dior…  Plus qu’un changement de propriétaire, un changement d’époque. Les grands vins de Bourgogne sont passés du statut de produits de culture à celui d’objets de luxe ces 10 dernières années.

« La Bourgogne semble, depuis quelques temps, être au centre de l’attention des grandes fortunes du monde entier », écrivait Frédéric Durand-Bazin dans un article du Figaro daté du 13 février dernier. Faut-il s’en réjouir ? Le précédent François Pinault, tend à répondre par la négative. Un petit rappel des faits : en 2006, l’homme d’affaires français (propriétaire du Château Latour à Bordeaux) reprenait le domaine Engel. La famille Engel faisait partie de ces « notables » de la Côte de Nuits, actifs notamment dans la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Philippe Engel est décrit (je n’ai malheureusement pas eu la chance de le rencontrer) comme une personnalité enthousiaste et entière, aimant parcourir les océans sur son voilier. L’homme ouvrait volontiers sa cave aux amateurs. Avec quelques arguments de séduction : Clos de Vougeot, Echezeaux, Grands-Echezeaux, etc. Il est brutalement décédé l’année de ses 50 ans.


François Pinault a racheté le domaine pour le rebaptiser Domaine d’Eugénie. La vinification a un temps été confiée au soin de la maison Albert Bichot.
Depuis… Rien. Le domaine d’Eugénie a disparu des écrans radars ou presque. Il ne présente pas de vins à la presse. On le voit pas ou très peu sur les cartes des restaurants de la région. Le domaine a aménagé de nouvelles installations, à Vosne-Romanée, en catimini. Une communication à minima… Pas plus nous n’avons de retour de clients nous expliquant avoir été enthousiasmés, ou déçus, lors d’une visite. Les prix des vins ont fortement augmentés (comme beaucoup d’autres producteurs), on l’aurait parié. Le domaine Engel est définitivement mort et enterré.


Parler de « prédateurs financiers » à propos de Pinault ou d’Arnault (PDG de LVMH), comme l’affirme certains, et un pas que nous ne franchirons pas. On ne peut toutefois se garder de faire le rapprochement avec un phénomène que les urbanistes connaissent bien : celui de la « gentrification » des centres villes. Le processus voit des acquéreurs aisés, étiquetés « bobos » le plus souvent, jeter leur dévolu sur des quartiers jusqu’alors occupés par des habitants moins favorisés. Le prix du mètre carré et les loyers augmentant rapidement les premiers chassent inexorablement les seconds. Le tissu économique et social s’en trouve complètement bousculé. Le quartier perd son âme. Le renchérissement des coûts de transmission à la génération suivante participe également de ce mouvement.
Un terroir est l’expression du tissu humain qu’il l’entoure et l’interprète. Un grand vin résulte d’une intention. Il est aussi une locomotive pour toute une région.  Et c’est bien pour cela que l’appétit de plus en plus aiguisé des fortunes mondiales pour les grands crus de Bourgogne n’est pas anodin. Elle se ressentira à tous niveaux. Le Clos des Lambrays restera-il un grand cru parmi les 33 autres que compte la Bourgogne ? Ou un marque, entre 60, dans le portefeuille de Louis-Vuitton-Moët-Hennessy ? Vu de Paris ou de Morey-Saint-Denis la réponse n’a évidemment pas les mêmes conséquences…
      

 

Photo : Le village de Vosne-Romanée, vu du Grand cru La Tâche.

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Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (C)

9 Avril 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne

C comme cave. « Ceux qui y rentraient ne savaient jamais quand ils en ressortiraient », s'amuse Jean-François Mestre, vigneron. Il évoque ainsi la cave de son beau-père, Bernard Michelot, figure du village de Meursault.
Une cave qui a vu passer des dizaines de nationalités confortant l’image d’une Bourgogne accueillante pour les amateurs de vins à « large soif ».

Avec plusieurs milliers de vignerons en « cave particulière », 400 négociants et une vingtaine de coopératives, nombreux sont les escaliers qui tendent les bras aux amoureux des vins en Bourgogne.

La plupart des caves bourguignonnes sont d’une simplicité monastique, quelques rangées de fûts sommeillants, dans la pénombre, entre des murs noircis par les moisissures. Souvent un simple tonneau réformé, placé debout, permet de poser son verre et d'aligner quelques bouteilles. Les cartes du vignoble accrochées aux murs agrémentent parfois la visite et illustrent les explications du maitre des lieux.

La cave bourguignonne est rarement un lieu d’ostentation. L’essentiel est là : la récolte qui n’attend plus qu’un « coup de pipette » à travers la bonde pour révéler les arômes et les saveurs de la cuvée prometteuse qui termine son élevage. On se déplace donc entre les fûts, dans un ordre savamment établi, de l’appellation la plus modeste jusqu’au saint-graal du domaine ou de la maison. La cave est donc le meilleur ami de l'amateur de vin en quête de trouvailles et de vignerons à personnalités affirmées. On peut que l'encourager à la fréquenter tant qu'il le peut.

Pourtant, les manuels sont catégoriques sur le lieu idéal pour bien déguster : un endroit correctement éclairé, une température ambiante d’environ 20°, pas d’odeur et des couleurs neutres. On ajoutera : l’absence de commentaires vous expliquant à tout bout de tonneau que vous goutez un excellent vin… Tout ce que n’est pas une cave !

Bref, si la cave est un lieu des plus fréquentables pour l’amateur de vins, ce dernier doit aussi veiller à garder un peu de lucidité au chaud au moment de remonter les marches, ou de sortir sa carte bleue…

 

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Dégustation spéciale millésime

2 Avril 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

Muriel Bessard et son équipe de l'émission "Millésime" s’est penchée sur les concours et médailles. Elle a notamment suivi une dégustation « primeur » menée par Bourgogne Aujourd’hui (à 4’26 dans la vidéo). Suivre le lien...

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