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365 jours en Bourgogne

Les vendanges retardées

30 Août 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014

Les vendanges vont se faire attendre quelques jours de plus en Bourgogne. La faute à des mois de juillet et d’août humides et déficitaires en soleil.

La récolte débutera avec cinq jours à une semaine de retard par rapport à la date initialement prévue. Il faudra attendre le 10 septembre au plus tôt pour voir les sécateurs à l’œuvre dans les rangs de vignes. Résultat de la fraîcheur de ces dernières semaines, les niveaux d’acidité sont encore élevés. Un constat confirmé par les professionnels dans l’ensemble du vignoble. C’est essentiellement ce facteur qui incite les producteurs à la patience.

Nicolas Cheveau, viticulteur à Solutré-Pouilly, a effectué ses premiers prélèvements. Certains de ses chardonnays affichent un très honorable 11° potentiel. Malgré ce temps peu estivale, les raisins se concentrent lentement mais sûrement en sucre. La chance de ce millésime est d’être précoce (grâce à un superbe printemps) : les raisins en fin de cycle profitent de cette période de l’année où les journées peuvent être encore longues et lumineuses pour parfaire leur maturité.

Géraud Aussendou, responsable qualité chez Bouchard Père et fils (Beaune), observe que les vignes peu ou modérément grêlées fin juin et début juillet se sont refait une santé.

2014 ne sera certainement pas le millésime du siècle, mais peut encore être d’un excellent niveau. La Bourgogne connaitrait alors, pour la première fois depuis 2009, un millésime de qualité et de quantité. Le ciel de septembre, souvent décisif en Bourgogne, devrait une nouvelle fois faire pencher la balance. Du bon ou du mauvais côté...

Photo : Une grappe de chardonnay en Côte de Beaune, ce 30 août.

 

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Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (D)

26 Août 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne

D comme Déclassé. « J’ai un plan pour acheter du vin déclassé. C’est beaucoup moins cher et tout aussi bon ! ». Qui n’a pas entendu un oncle, un cousin, ou un ami porté sur la bouteille, tenir ces propos sur un ton un rien fanfaron.

Passer pour un amateur de vin averti fait toujours son effet en société. Se vanter d’être, de surcroît, un as des bonnes affaires, c'est coup double…

Pour le connaisseur, le vrai, ce type d’annonce présage généralement que rien de fameux ne va remplir prochainement son verre.

La cuvée de derrière les fagots, la faveur du copain de copain vigneron, le vin de dessous le manteau, n’a le plus souvent que le gout de l’interdit.

Pourtant le repli d’une appellation dans une catégorie inférieure existe bel et bien. C’est une pratique tout à fait légale. Un producteur estimant que son nuits saint-georges premier cru, par exemple, ne présente pas le niveau qualitatif qu’il souhaite peut l'étiqueter comme simple « bourgogne ». Un cas de figure en fait rarissime. Le manque à gagner ne l’y encourage pas. Et puis rien ne l’oblige vraiment, si ce n’est la volonté de ne pas nuire à sa réputation. Mais en général, les vignerons qui tiennent à leur réputation trouveront un négociant peu regardant qui noiera la cuvée répudiée dans d’autres…
Le repli est aussi rarissime car les dégustations d’agrément des AOC n’éliminent qu’un faible pourcentage des vins contrôlés : les causes du refus d’agrément sont liés à des défauts manifestes plutôt qu’à une qualité trop juste.

En revanche, le repli est automatique et obligatoire en cas d’assemblage de deux appellations : l’assemblage d’un Chambertin avec un Clos de Vougeot donnera un… simple Bourgogne. Autant dire qu’il s’agit, là-aussi, d'un cas de figure relèvant de la fiction. Ce type d'assemblage ne cadre pas avec l'esprit de la région, ni avec le bénéfice à en tirer...

En fait, le commerce des vins dits « déclassés » ne rentre le plus souvent dans aucune de ces configurations. Il est surtout l’occasion de commercialiser des cuvées non conformes aux exigences minimums fixées par le cahier des charges des appellations d’origines contrôlées. Le manquement le plus fréquent est le dépassement du rendement. Le vin produit devrait être détruit. Il manquera le plus souvent de fond, d’expression aromatique et au final parlera bien peu de son terroir.

La vente des vins déclassés est pour le producteur, peu rigoureux, le moyen d’écouler au noir le fruit de son manque de professionnalisme. Et pour le consommateur, c’est le plus souvent l’assurance de payer, finalement cher, un vin qui n’aura que très peu d’intérêt…

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