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365 jours en Bourgogne

Millésime 2014 : « Une année de vinificateur »

26 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune

Si le millésime 2014 s’est conclu sur une belle note côté ciel, les raisins nécessitent du tri et de l’attention en cave. Les blancs semblent plus avoir les pronostiques les plus favorables des professionnels.

Vendanges en Bourgogne«Le millésime s’annonçait compliqué. Il n’est pas simple à travailler, confirme Roland Masse, régisseur des Hospices de Beaune. Il faut se questionner sur chaque rentrer de raisins : comment va-t-on les travailler ? Est-ce que l’on fait partir rapidement les cuves en fermentation ou non ? C’est vraiment un gros travail de cuverie cette année.

Si l’on se base sur les résultats analytiques les degrés sont là, les maturités sont bonnes. Nous avons bien travaillé le tri et la qualité du raisin. La richesse en polyphénols à l’air jolie : les premières fermentations donnent de belles couleurs. L’équilibre acide semble pas mal. Si l’on se base là-dessus, on devrait faire un joli millésime, mais année extraordinaire sûrement pas.

En rouge, la situation est très disparate d’une appellation à l’autre, en fonction de la grêle ou non, des conditions du passage de la floraison. Le travail se réfléchit à la cuvée. Il n’y a pas une seule méthode de vinification cette année. Les raisins sont différents d’une parcelle à l’autre. »

Le vigneron de la Côte de Nuits pour les Hospices, Vincent Paindavoine, confie avoir vendangé de très beaux raisins dans les grands crus Clos de la Roche et Mazis-Chambertin (avec des degrés potentiels entre 12 et 12,5°). La qualité semblait plus disparate dans les Echezeaux.

Sur le plan quantitatif, la déception reste tout de même là. Avec une vente qui devrait se limiter à 550 pièces (fût de 228 litres) mis aux enchères le 16 novembre prochain.

Plus globalement, l’œnologue-conseil Kyriakos Kynigopoulos (il suit de nombreux domaines en Bourgogne), parle d’une « année magnifique en blanc ». L’équilibre et la maturité se sont donnés rendez-vous. En rouge, l’extraction se fait sans problème, mais il faut de la vigilance notamment du fait d’acidités volatiles élevées (lire ici). Les vignerons devront être « près de leurs cuves ». La Côte de Nuits semble une nouvelle fois s’en sortir plus favorablement que les autres vignobles bourguignons, en quantité au moins. « Les nuitons ont encore de la chance cette année », affirme l’œnologue.

Des premières impressions à confirmer, bien-sûr, dans les prochains mois.

Photo : Vendanges de pinots noirs, en Côte de Beaune, le 14 septembre dernier .

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Hospices de Beaune : le régisseur tourne une page

21 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune

Chef d’orchestre du domaine des Hospices de Beaune, Roland Masse vinifie son dernier millésime. Arrivé en 2000 aux commandes cette institution bourguignonne, il nous livre ses impressions, quelques heures après l’arrivée de la dernière caisse de raisins...

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Scènes de vendanges aux Hospices de Beaune

15 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune

Arrivée des raisins de meursault premier cru Charmes et de Beaune premier cru Les Avaux à la cuverie des Hospices de Beaune lors des vendanges 2014.

Les vendanges 2014 se poursuivent par un temps idéal en Bourgogne. Sur cette vidéo, on voit la mise dans le pressoir des raisins de meursault premier cru Charmes (cuvée A.Grivault). Après les pressurage, le moût est placé en cuve pour le débourbage (évacuation des matières les plus lourdes avant le départ en fermentation). Les stagiaires s'essaient à la lecture du mustimètre. Résultat : un joli 13° potentiel. Les raisins se sont bien concentrés en sucre grâce au soleil de ces dernières semaines. Pendant ce temps, sur un autre quai, des pinots noirs de beaune premier cru Les Avaux (cuvée M.Drouhin) font leur entrée à la cuverie, après passage sur table de tri et égrappage. Les raisins sont mis en cuve inox grace à un conquet qui évite le pompage.

Après les corton, coupés ce week-end, les Hospices de Beaune vont terminer leur récolte 2014 en milieu de semaine par les grands crus de la Côte de Nuits (clos de la Roche et mazis-chambertin).

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Des vendanges parasitées ?

11 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014

La Bourgogne bénéficie d’une météorologie inespérée en ce début de vendanges. Les raisins gagnent en sucre et l’état sanitaire des grappes reste stable. Mais une petite bête suscite l’inquiétude…

Ces quinze derniers jours de temps ensoleillé et sec ont fait beaucoup de bien en Bourgogne : les raisins finissent de mûrir dans des conditions idéales. Les sécateurs sont en action dans quelques-uns des domaines les plus prestigieux de la région. Le domaine Leflaive (Puligny-Montrachet) ou encore les Hospices de Beaune ont commencé leurs vendanges hier matin.
Thierry Moreau, œnologue-conseil se dit « bien confiant pour ce millésime, si aucun accident climatique ne survient ». Implanté à Meursault, il a un œil particulièrement expert sur les blancs de la Côte de Beaune. « Les chardonnays atteignent 12 à 13° potentiels avec de bonnes acidités ». Des raisins parfaitement équilibrés, avec de la fraicheur. « Le profil de vin qui plait aux amateurs en ce moment et qui se montre capable d’un bon vieillissement ».

Un ciel sans nuage ou presque… Lorsque l’on se promène dans les vignes, il n’est pas rare d’avoir le nez qui picote. La faute à la « pourriture acide » comme l’appellent les vignerons. Elle serait provoquée par des drosophiles, plus communément nommées « mouche du vinaigre ». Une nouvelle espèce, originaire d’Asie, semble avoir trouvé le chemin de la Bourgogne. Elle est très friande d’espèces fruitières et donc de raisins. Peut-on trier les raisins altérés, comme on le fait avec la pourriture grise ? « Très difficile », répond Roland Masse, régisseur des Hospices de Beaune.

« Il faudra surveiller les acidités volatiles », précise Thierry Moreau pas plus perturbé que cela. En attendant d’évaluer un impact éventuel sur la qualité des vins, le sujet de conversation numéro un des vendanges 2014, entre vignerons, est bien là.

 

Photo : Drosophile sur une vigne de la Côte de Beaune le 10 septembre.

 

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BD : Un grand Bourgogne oublié

2 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre

Une BD part sur les traces d’un bourgogne du millésime 1959, oublié et sans étiquette au fond d’une cave. Une fiction qui croise bien souvent la réalité…

Manu, vigneron bourguignon, rend visite à un ami dans le pavillon de chasse qu'il vient d'acquérir. La cave est pleine de veilles bouteilles prestigieuses. Lorsqu’il déguste l’une d’elle, à l’improviste, c’est la révélation. Manu est subjugué par ce vin du millésime 1959. Malheureusement, le vieux flacon n’a plus d’étiquette lisible. C’est le début d’une quête obsédante pour le vigneron : retrouver l’appellation, le terroir et le producteur de ce vin mystère. Il ne s’agit pas d’une simple curiosité : Emmanuel est sur le point d’acheter une parcelle de vignes sur laquelle il aimerait planter des pieds de pinots noirs issus de ce vignoble inconnu.

Le jeu de piste nous emmène à la rencontre de quelques personnalités du monde du vin : le caviste Bruno Queniou, son homologue Georges dos Santos, les vignerons bourguignons Jean-Louis Trapet, Bernard Michelot, Cécile Tremblay, l’œnologue David Croix, etc. Autant de personnalités que les lecteurs de Bourgogne Aujourd’hui ont croisé dans les colonnes de leur magazine.  Sans oublier le fameux Manu alias Emmanuel Guillot du domaine Guillot-Broux (Mâconnais).

Le lecteur se prend, sans aucun mal, au jeu de cette enquête menée par le vibrionnant Manu. Les dialogues sont parfois cocasses. Le rythme soutenu du scénario, mêlant fiction et personnages bien réels,  parvient à faire oublier les quelques raccourcis et grosses ficelles de l’histoire. Nul besoin d’être un fin connaisseur en œnologie pour en saisir les ressorts. Les lecteurs avertis pourront regretter des aspects didactiques un peu pesants. La BD n’évite pas non plus l’écueil d’une certaine « folklorisation » et caricature du monde du vin. Quelques erreurs factuelles sont aussi à signaler (comme cet improbable « cône de déjection volcanique » à Gevrey-Chambertin).
Cet album figure parmi les bonnes références dans le rayon, de plus en plus fourni, des bandes dessinées sur le vin. A ouvrir et à déguster rapidement, comme un vin fruité et gouleyant, en appellation village. La catégorie grand cru restant pour l’heure occupée par Les Ignorants
d’Etienne Davodeau

Par Manu Guillot, Hervé Richez, Boris Guilloteau.
Editions Bamboo. 18,90 €

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