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365 jours en Bourgogne

Sans rancune Bob (Parker) !

30 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique

Robert Parker fait ses excuses à la Bourgogne. Certainement le point final d'une relation tumultueuse entre le gourou américain et le vignoble. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... Mais ses justifications laissent pantois.

Donc Robert Parker a été "belliqueux" et "agressif" avec les Bourguignons. Il s'en excuse (lire ici).  Sa plus grande erreur dit-il. Ce mea culpa est évidemment à mettre à son crédit.
C'est vrai, le dégustateur de Monkton (Maryland) n'a que rarement épargné la Bourgogne. Il l'a souvent dépeinte comme un vignoble musée, dépassé, ringardisé par la modernité de bien d'autres régions. On pense bien-sûr à Bordeaux, sur lequel le Wine Advocate a assis sa notoriété à partir du millésime 1982. On se réfère aussi à la montée en puissance des nouveaux pays producteurs. Car c'est bien ce qui aura marqué les trente années du règne de Parker (des années 1980 jusqu'à 2013) : la mondialisation du vin, tant dans sa production que sa consommation.

L'histoire de Parker et de la Bourgogne s'est finalement achevée prématurément en 1993. Mettant en doute la sincérité des vins du domaine Faiveley (il voyait une différence entre ceux goûtés en cave et les bouteilles disponibles sur le marché américain), il sous-estima certainement la réaction de François Faiveley. L'affaire se régla par avocats interposés, finissant par le retrait des guides en circulation. Parker abandonna ensuite la Bourgogne à l'un de ses collaborateurs.
Ce qui n'empécha pas le critique de juger, en 2003, que la Bourgogne est un « terrain miné par des déceptions, chérie par des snobs pseudo-intellectuels qui se complaisent à débattre ad nauseam des vignerons et des terroirs, à défaut de qualité ».
Le manque de diplomatie qu'il confesse aujourd'hui - "erreur de jeunesse" dit-il - fait-il référence à l'affaire Faiveley ? On ne le saura pas : Parker n'est jamais revenu publiquement sur le fond.
Mais quand il évoque le fond, justement, Parker n'est pas plus convaincant dans sa plaidoirie d'aujourd'hui, qu'il ne l'était dans ses mises en cause d'hier.

Ses justifications sont surprenantes : il n'essayait pas de faire changer les méthodes de vinification des Bourguignons, mais de pointer des filtrations trop excessives, des transports dans des conteneurs inadaptés… "Un peu court jeune homme, on pouvait dire bien des choses en somme", aurait déclamé Cyrano de Bergerac s'il avait été bourguignon.
Car oui dans les années 1980, 1990, la Bourgogne était parfaitement critiquable sur bien des points.
D'abord sur ses fondamentaux : la vigne. Peut-on évoquer ce vignoble chantre du terroir, sans revenir à l'essentiel. La Bourgogne, comme beaucoup, a cédé aux sirènes de l'agriculture productiviste : engrais, désherbages et traitements chimiques etc. Il a fallu des phrases chocs, comme celle de l'agronome Claude Bourguignon : "Vos sols sont aussi morts que les sables du Sahara", pour réveiller les consciences. Bien du chemin a été parcouru depuis. L'aggiornamento a suivi naturellement en cave (lire ici).
Ces problématiques de filtration et de transport paraissent bien secondaires. Pouvant même se règler d'elles-mêmes en repartant de la vigne. Erreur peu surprenante de la part d'un critique estimant que la seule chose dont les Français puissent être fiers c'est de leurs barriques de chêne…
Finalement, loin d'être ringardisée par la mondialisation du goût et l'essaimage des cépages, la Bourgogne n'a jamais été autant portée aux nues qu'aujourd'hui. Redevenue inimitable, elle est perçue comme un modèle par de nombreux vignobles cherchant leur voie dans le concert, souvent monocorde, de la production mondiale de vin. Car de jolis chais dessinés par un architecte à la mode, des caveaux de réception tape-à-l'œil, des cépages tendances et les conseils d'un flying-winemaker célèbre (et le fût de chêne français!), ne font leur effet qu'un temps…

La principale erreur de Parker est là : n'avoir pas eu suffisamment de flair pour prévoir le rôle essentiel, à défaut d'être central, que prendrait la Bourgogne dans le monde globalisé du vin. C'est celle que l'on aurait aimé l'entendre confesser aujourd'hui.


Photo : Robert Parker dans le film Mondovino de Jonathan Nossiter (2004).

 

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"12 de coeur" : le vin c'est aussi le partage et la solidarité

22 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti

Le monde du vin lance une opération caritative inédite et de grande ampleur au profit des Restos du coeur.

"La viticulture est au cœur de la société française. Et notre objectif est de rassembler toute la filière sous la bannière "12 de cœur" pour venir en aide aux plus démunis", expose Pierre-Henry Gagey (photo). Le PDG de la maison Louis Jadot (Beaune) est à l'origine d'une action caritative d'ampleur lancée officiellement le 12 juin dernier.
L'objectif est de convaincre les vignerons de la France entière de faire un don équivalent au prix de vente de leurs douze meilleures bouteilles via le site internet
www.12decoeur.com.

Portée par des personnalités fortes du vignoble : Aubert de Villaine, Jean-Claude Rouzeaud, Jean-François Moueix, Jean-Pierre Perrin, Michel Boss, cette association se veut d'envergure nationale, avec pour objectif de mobiliser les domaines, châteaux ou maisons les plus célèbres comme les plus modestes. La totalité de la somme collectée sera reversée aux Restos du cœur. "Il ne s'agit pas forcément de prendre les bouteilles les plus chères de chaque producteur en référence, mais de la cuvée pour lequel le producteur a le plus d'affection. Ce qui me toucherait, c'est que beaucoup de "petits" vignerons participent et que la filière dans toute sa diversité se mobilise", insiste Pierre-Henry Gagey. La collecte des dons est ouverte jusqu'en octobre.
Point d'orgue de cette initiative : une vente sera organisée à Paris le samedi 24 octobre (lieu à définir). Les producteurs pourront en effet effectuer un don de 12 bouteilles supplémentaires pour que celles-ci soient vendues aux particuliers.
L'opération se prolongera dans les vignobles puisque des caveaux accueillant le public pourront s'engager à reverser 12% du chiffre d'affaires des ventes de la journée.
L'opération a vocation à être reconduite ces prochaines années.
Le but est double : venir en aide aux plus démunis (plus de 100 000 € ont déjà été collectés à l'heure où nous écrivons ces lignes) mais aussi montrer, à une époque où le vin est parfois diabolisé, que le monde viticole français porte des valeurs de partage et de solidarité.
"Le vin est dans le patrimoine et le cœur des français, il est naturel que la solidarité s'exerce au-delà de la filière, pour l'ensemble de la société.", explique Audrey Bourolleau, déléguée générale de l'association "12 de cœur".

Une vidéo explique tous les tenants et aboutissants de l'opération. A faire suivre à vos vignerons préférés !

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La Romanée : la grande dame à la fête

16 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Grand cru

La famille Liger-Belair fêtait vendredi dernier le bicentenaire de son installation en Bourgogne. L'occasion de revenir sur les douze derniers millésimes du fleuron du domaine et de la Côte de Nuits : La Romanée…

Louis-Michel Liger-Belair n'a jamais caché qu'il se sentait particulièrement chanceux. Et ce n'est pas ce coup d'œil dans le rétroviseur qui le détournerait de ce sentiment. Voilà 15 ans maintenant qu'il a pris ses marques, avec son épouse Constance, au Château de Vosne-Romanée. Sous les encouragements de son père, Henry Liger-Belair, militaire de carrière, il passait un diplôme national d'œnologue en 2001. Finalement, l'année suivante, la famille reprenait l'exploitation directe de la Romanée.*
Vendredi dernier, ils avaient convié quelques professionnels, journalistes, membres de la famille ou de l'équipe du domaine, etc., à cet anniversaire.
L'occasion rare de déguster, entre autres, la douzaine de millésimes de La Romanée, nouvelle époque, née dans les caves du Château.

* A partir de 1976, La Romanée a été le fruit d'une collaboration entre le Château de Vosne-Romanée, propriétaire du vignoble et la maison beaunoise Bouchard Père et Fils. La maison Bouchard Père et fils a poursuivi la commercialisation de la moitié la production jusqu'en 2005.

2013 : 17 sur 20

Une belle réussite dans un millésime peu évident. Le premier nez campe sur la retenue mais après quelques secondes d'aération, il développe des notes de violette, de mûre. Une palette aromatique s'exprimant avec beaucoup de pureté. Ce mélange de fruit à maturité et de tonalités florales lui assurent profondeur et délicatesse à la fois. En bouche, les tannins montrent une grande classe, un raffinement qui rend cette romanée pleine de charme et d'élégance.

2012 : 15,5 sur 20

Le nez propose une belle palette d'épices et de fruits noirs. Une note un peu plus sauvage se dévoile également. En bouche, les tannins sont denses et légèrement revêches pour l'heure. Un vin assis sur une matière serrée, accrocheuse, qui demandera quelques années de garde pour se détendre. "La Romanée est une grande Dame qui ne se donne jamais tout entière", affirmait le Chanoine Just Liger-Belair, un aïeul de Louis-Michel. Le millésime illustre judicieusement ce propos.

2011 : 16,5 sur 20

Le vin conjugue la pureté, la féminité naturelle de ce grand cru, avec le caractère d'un millésime précoce, qui lui aussi s'exprime en subtilité. Le résultat donne une Romanée particulièrement aérienne, délicate. La matière en bouche est fraîche et surtout d'une très grande longueur. Un grand cru d'une remarquable précision et finesse.

2010 : 18 sur 20

Il a souvent été écrit que l'unique tort d'un millésime comme 1991 a été d'être précédé par 1990. La remarque vaut pour 2010, resté dans l'ombre de son médiatique aîné 2009. Le nez est particulièrement envoûtant sur des arômes de petits fruits noirs et rouges, de rose, de violette... La bouche s'inscrit dans cette lignée, sa texture semble effleurer subtilement le palais, sans pour autant manquer de présence. La finale est très longue.

2009 : 16,5 sur 20

Un mélange de cannelle, de pain d'épice et de fruits noirs montent au nez avec générosité. Un caractère épicé que l'on retrouve en bouche. Cette Romanée montre la présence et l'ampleur que l'on rencontre souvent dans ce millésime (montrant dès sa jeunesse des aptitudes peu communes à donner beaucoup de plaisir). Il affirme cependant des tannins plutôt robustes incitant volontiers à lui laisser quelques années de garde.

2008 : 14,5 sur 20

Un millésime tardif, assez reconnaissable par sa faculté à exacerber des notes épicées : cannelle, clou de girofle, etc. Ce grand cru s'exprime effectivement dans ce registre mais sans se départir d'une certaine finesse. La bouche peut laisser sur sa faim tant en termes d'ampleur et que de longueur.

2007 : 15 sur 20

Tant à la robe qu'au nez, cette Romanée montre les signes d'un vin qui a quitté sa prime jeunesse pour exprimer un caractère un peu plus tertiaire : des notes de sous-bois, de fruits noirs confits se déploient. La bouche offre beaucoup de plaisir, déroulant un joli tapis de tannins veloutés.

2006 : 19 sur 20

C'est certainement la très grande émotion de cette série. Et une surprise aussi de voir ce millésime (qualifié bien souvent d'intermédiaire) livrer un vin avec une telle présence, une telle générosité. Le tout en préservant une grande fraîcheur. Il offre des notes généreuses de cerise, de violette, avec une touche minérale en prime. Il entre avec éclat en bouche et s'allonge comme la traîne d'une mariée. Tout est là, ni plus ni moins.

2005 : 16,5 sur 20

Etonnant à constater mais il semble bien que ce 2005 souffre de la comparaison avec 2006… Ajoutons sans attendre que tout est relatif. Cette Romanée est intrinsèquement une grande bouteille. Elle demeure d'une irréprochable fraîcheur sur le plan aromatique (groseille, framboise, cerise), et d'une grande vigueur en bouche. Les tannins restent toutefois serrés et un peu stricts. Le seul domaine où 2005 égale 2006 se situe sur la longueur en bouche. Elle est ici exceptionnelle.

2004 : 14,5 sur 20

Voilà de quoi étayer l'idée que les grands terroirs sont souvent capables de s'affranchir des millésimes compliqués. Ce vin n'est pas un monument de concentration ni de puissance, il reste cependant à un niveau tout à fait cohérent dans cette série, offrant même une certaine gourmandise en bouche.

2003 : 17 sur 20

Les craintes de voir ce millésime, particulièrement chaud et atypique en Bourgogne, se faner très vite sont démenties, une nouvelle fois… La robe est d'une profondeur supérieure à la moyenne mais surtout d'une grande jeunesse. Une texture dense et suave vient caresser le palais. Un caractère réglissé s'installe durablement en bouche.

2002 : 14,5 sur 20

La robe montre quelques signes d'évolution et des notes de cerise à l'eau de vie montent au nez. Si son expression aromatique est assez intense et développée, en bouche la matière s'affirme avec une certaine austérité. Ce millésime plutôt bien accueilli à sa naissance, pour son harmonie, ne tient pas toutes ses promesses. La nouvelle équipe du domaine, avec à sa tête Louis-Michel Liger-Belair, a depuis pris ses marques. Elle en tirerait certainement autre chose aujourd'hui.

 

Mythique trilogie

"La Romanée est symphonique, tout en harmonie. Tous les éléments constitutifs d'un grand vin s'y trouvent réunis, mais aucun ne domine les autres", écrit Jean-François Bazin dans un ouvrage spécialement édité pour ce bicentenaire. On ne saurait lui donner tort après cette dégustation.
Son élégance naturelle en fait bien une des nuances et des composantes de la mythique trilogie des "Romanée", avec la très fameuse Romanée-Conti et la Romanée-Saint-Vivant.

Son originalité provient aussi de son statut de plus petite appellation d'origine de France : 84 ares et 52 centiares, autant dire un grand jardin. Située plus haut sur le coteau que la Romanée-Conti, la vigne s'épanouit sur une pente assez marquée (entre 10 à 12%). L'argile y est aussi moins présente.
A son arrivée, l'une des priorités de Louis-Michel Liger-Belair a été d'infléchir nettement le mode du culture de la vigne. "Je voulais passer le domaine en bio, mettre en place un travail du sol au cheval. Je suis arrivé pile au bon moment : les conditions autour de moi étaient remplies pour que je le fasse. Je n'aurais pas pu le faire quelques années auparavant…" , m'expliquait-il en 2012 (Bourgogne Aujourd'hui n°105). Le domaine est maintenant certifié en biodynamie. Il faut quelques années à la vigne pour amortir la transition et il y a fort à parier que la même dégustation, menée dans 12 ans, montrera davantage de constance et de plénitude dans les vins. Tout comme l'expérience acquise en vinification. "Je pense, par exemple, que je n'ai pas amené mes 2005 au niveau où ils auraient pu être", confiait également Louis-Michel.
Outre le privilège de s'imprégner sur une douzaine d'années du caractère de ce grand cru rare (3 à 4 000 bouteilles les bonnes années), cette verticale a permis de bousculer quelques idées reçues sur la "grandeur" ou la faiblesse attribuées, souvent précipitamment, à chaque millésime. 2006 s'est joué de 2005 et 2010 a supplanté 2009. Qui l'eut cru au regard du buzz suscité par 2009 et 2005, quasiment dès la récolte ! Comme quoi dans le domaine du vin comme dans beaucoup d'autres la frénésie de l'instant n'est pas bonne conseillère !

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La Bourgogne désigne ses ambassadeurs

10 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Le palmarès de la cave de Prestige de l'Interprofession des vins de Bourgogne (BIVB) a été rendu public le 5 juin dernier. Après dégustation, à l'aveugle, 167 cuvées ont été retenues sur 971. La sélection est donc rude : 17% seulement des vins mis à l'épreuve retenus...

Ces cuvées, issues des quatre coins de la Bourgogne et de tout niveaux de prix, représenteront le vignoble lors des différentes présentations en France et à l'étranger.
Voici un aperçu gustatif de ce palmarès. Gustatif mais pas exhaustif : difficile de goûter la totalité des références lors de la matinée de présentation… On y retrouve beaucoup de valeurs sûres, des confirmations mais aussi quelques découvertes.


Blancs


Bourgogne Côte chalonnaise "Les Malpertuis" - Domaine Gouffier 2013 - 19 sur 20
D'une remarquable ampleur, dans l'équilibre et avec beaucoup de fond, ce "simple" bourgogne transcende son appellation. A découvrir d'urgence.

Pouilly-Fuissé Les Perrières "Tête de Cru" - Domaine Ferret-Lorton 2013 – 17,5 sur 20
Beaucoup de fond mais aussi de longueur et d'équilibre dans ce Pouilly de haute-volée, issu d'un domaine historique de l'appellation.

Petit-Chablis - Domaine de Pisse-Loup 2013 - 17,5 sur 20. Remarquable de précision, de longueur et de minéralité. Un chablis de caractère.

Meursault premier cru Charmes - Domaine des Terres de Velle 2013 - 17,5 sur 20
Un vin à la texture particulièrement raffinée, précise. Il présente aussi beaucoup de fond et une belle longueur. Un charme dans toute sa classe.

Corton-Charlemagne - Louis Jadot 2012 – 17 sur 20
Un grand classique à la hauteur de sa réputation : le vin est très long et plein de sève.

Saint-Véran - Domaine Thibert Père et Fils "Bois de Fée" 2011- 16,5 sur 20
Le nez est flatteur sur des arômes de pêche, d'abricot. La bouche est particulièrement bien équilibrée.

Meursault - Domaine du Pavillon, Albert Bichot 2013 - 16,5 sur 20
Un meursault aux rondeurs aguicheuses et gourmandes. Il conserve aussi de la finesse et de la précision.

Corton-Charlemagne - Françoise André 2011 – 16,5 sur 20
Un domaine qui se fait petit à petit une belle place parmi les références de la colline de corton.Ce charlemagne pur et long en apporte la confirmation.

Puligny-Montrachet premier cru La Garenne - Brigitte Berthelemot 2013 - 16 sur 20
Pas forcément le puligny le plus impressionnant question puissance et ampleur, mais d'une grande longueur et minéralité. En conclusion : bien typé.

Meursault premier cru Genévrières - Domaine Latour-Giraud 2013 - 16 sur 20
Encore sur la réserve mais sa concentration et sa longueur ne laissent pas de doute sur son potentiel.

Pouilly-Fuissé Les Crays - Eric Forest 2013 - 16 sur 20
Tout en gourmandise et en rondeur. Un bourgogne blanc au caractère sudiste affirmé et bien assumé. Pour se faire plaisir dès aujourd'hui.

Bourgogne Côte d'Auxerre "Cuvée Louis Bersan" - Jean-Louis et Jean-Christophe Bersan 2013 - 16 sur 20
Un vin droit, précis et frais. Très rafraîchissant.

Montagny premier cru - Jean-Marc Boillot 2013 - 15,5 sur 20
Un vin net et dynamique. D'une belle longueur également.

Bourgogne "Cuvée des Forges" - Patrick Javillier 2013 - 15,5 sur 20
Un bourgogne d'un bel équilibre et d'une bonne ampleur.

Bourgogne Chitry "Olympe" - Olivier Morin 2013 - 15,5 sur 20
Un vin de l'Yonne d'une bonne consistance en bouche et à l'expression aromatique pure.


Rouges

 

Vosne-Romanée "Les Charmes de Maizières" 2012 - Domaine Guyon – 17,5 sur 20
Un vosne d'une très belle profondeur sur des notes aromatiques de fruits noirs à maturité.

Clos Saint-Denis - Domaine Bertagna 2012 – 17 sur 20
Le nez est d'une superbe intensité. La concentration du millésime a été bien domptée. Le boisé est bien fondu. Grand cru !

Gevrey-Chambertin La Boissière - Domaine Harmand-Geoffroy 2012 - 17 sur 20
Un vin expressif sur de belles notes de cerise noire. La bouche est à la fois dense et fondue. Le mazis-chambertin du domaine, une des très belles références en grand cru de la côte de Nuits, figure aussi dans le palmarès.

Marsannay Les Longeroies - Domaine Fournier 2013 - 17 sur 20
Un beau terroir de marsannay mis en valeur par un domaine des plus recommandable. Le vin est très gourmand.

Savigny-lès-Beaune Aux Fournaux - Domaine Rapet 2010 – 16,5 sur 20
Avec un nez de petits fruits rouges et une bouche souple mais fine, cette cuvée est à la fois bien typée de l'AOC et du millésime.

Fixin Crais de Chêne - Domaine René Bouvier 2012 – 16,5 sur 20
Des tannins au touché particulièrement raffiné, tout en subtilité. Un grand pinot noir.

Pommard premier cru Les Jarollières - Jean-Marc Boillot 2011 – 16 sur 20
Le caractère flatteur du millésime et de ce terroir du nord de Pommard se conjuguent parfaitement, mais sans manque de matière pour autant.

Mercurey premier cru Les Champs Martin - Domaine Theulot-Juillot - 16 sur 20
Une belle référence à Mercurey et l'un des premiers crus les plus qualitatifs de l'appellation. La cuvée présente de jolis tannins serrés et fins à la fois.

Gevey-Chambertin "vieilles vignes" Croisette 2013 - Domaine Jérôme Galeyrand – 16 sur 20
Un gevrey plus en finesse qu'en puissance mais avec du fond et de la longueur.

 

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Dégustation : Une révolution venue du Beaujolais

1 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Histoire

Les 50 dernières années ont radicalement changé notre approche de la dégustation du vin. Une révolution née des relations tumultueuses entre la Bourgogne et le Beaujolais. Retour sur l'histoire étonnante qui a changé jusqu'à la forme de nos verres.
"Fruits rouges", "violette", "vanille". Décrire les arômes de nos vins préférés semble une évidence aujourd'hui. Un passage obligé de la dégustation. Cette pratique est pourtant loin d'avoir été toujours en vogue (lire aussi ce billet). Notre penchant, sans doute un peu trop appuyé, pour la description olfactive est très récent. A peine un peu plus d'un demi-siècle. C'est ce que rappelle l'historien Olivier Jacquet. Dans un travail sur l'évolution du goût du vin*, ce dernier rapporte des propos de 1966, tenus par Pierre Charnay, inspecteur de l'Insitut national des appellations : "Contrairement à ce que disent ceux qui refusent de penser, il n’est pas ridicule de trouver dans le vin des parfums qui, s’ils n’ont pas la même nature chimique que les parfums naturels identifiés, offrent à notre sens olfactif une sensation identique. (…) Il s’agit là d’un travail d’identification."
Il ne viendrait à l'idée d'aucun dégustateur de justifier cette approche aujourd'hui… Que s'est–il donc passé entre-temps ?
Les origines de cette nouvelle forme de dégustation sont à chercher du côté d’un petit négociant du Beaujolais nommé Jules Chauvet. "De formation scientifique (Ecole de Chimie de Lyon), Chauvet s’impose comme un expérimentateur. Entretenant des correspondances régulières avec l’Allemand Otto Heinrich Warburg, prix Nobel de Physiologie pour ses travaux sur la respiration cellulaire et les enzymes, Chauvet s’intéresse rapidement aux molécules aromatiques du vin et à leur perception. Cherchant à établir les lois de la dégustation, il développe des procédés d’analyse sensoriels visant à donner un maximum de cadres « scientifiques » à cet exercice. Pour lui : « L’analyse chimique […] est impuissante à réaliser un contrôle vraiment scientifique et objectif des propriétés du met ou du vin », contrairement à l’analyse organoleptique.

Reformer les habitudes de dégustation

Donnant donc la primeur au bouquet et aux arômes des vins, Chauvet procède à de nombreuses dégustations expérimentales sur des vins du Beaujolais, dégustations totalement nouvelles dans leur approche et faisant appel, pour distinguer les vins, à des référents sensoriels collectifs. (…)
Même si Jules Chauvet ne possède pas la légitimité académique des grands œnologues californiens ou français de son époque, il parvient cependant à faire passer son message qui devient une norme à partir des années 1970 auprès des professionnels de la dégustation, puis des amateurs avertis.", écrit Olivier Jacquet.
Un message entendu avec d'autant plus d'intérêt que le contexte de l'après-guerre est marqué par l'urgence pour l’INAO de délimiter et définir l’appellation « Beaujolais Village » dans la Bourgogne viticole. La question est de savoir s'il existe dans le Beaujolais une aire de production (en dehors de celle des 10 crus) où les vins peuvent se replier en appellation Bourgogne. L’INAO avait organisé à l'époque une dégustation sensée vérifier le caractère bourguignon des Beaujolais analysés.
"Six bouteilles de vin à AOC « Bourgogne » et de 6 bouteilles de vin à AOC « Beaujolais » sont présentés mais, au final, les commentaires de dégustation sont très sommaires et manquent clairement de précision. Ne parvenant pas à définir les caractères de typicité des vins proposés.", souligne Olivier Jacquet. Il y avait donc nécessité à réformer les habitudes de dégustation.
A nouvelle méthode, nouveaux outils. Début 1970 apparaît le verre INAO en forme de tulipe, spécialement conçu par l’Institut, en collaboration avec Jules Chauvet, pour permettre une bonne analyse du bouquet des vins.
Depuis, la forme INAO a été supplantée par de nombreux autres verres plus adaptés encore à la description olfactive. La variété des gammes d'outil aujourd'hui proposées aux dégustateurs surprendrait certainement Chauvet et ses disciples.
Pour autant, la subjectivité de la description olfactive reste, et restera, une difficulté majeure de la dégustation. Quant à la délimitation de l'aire Bourgogne dans le Beaujolais, elle est toujours en chantier…

* Le goût de l’origine. Développement des AOC et nouvelles normes de dégustation des vins (1947-1974).

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