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365 jours en Bourgogne

ClimaVinea : les Climats de Bourgogne dans votre téléphone

7 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Riche actualité pour les Climats de Bourgogne ! Après être entrés au Patrimoine mondial de l’Humanité, samedi dernier, ils font leur arrivée dans l’ère numérique. Une application, ClimaVinea, leur est entièrement consacrée.

Leur ambition : mettre les Climats de Bourgogne dans votre poche. Ils n’ont rien trouvé de plus efficace qu’une bonne application pour y parvenir : ClimaVinea. Elle est née de la rencontre entre Pierre Cohen-Tanugi, ex-directeur général des Editions Gallimard, et surtout amoureux des vins de Bourgogne, et Sylvain Pitiot ex-régisseur du Clos de Tart, auteur d’un atlas et d’un livre qui font autorité.

En fait cette application est l’adaptation de Climats et lieux-dits de Bourgogne, de ses fameuses carte des Côtes de Beaune et de Nuits, éclairées par le travail de Marie-Hélène Landrieu sur l’origine de ces noms de parcelles. Elle permet bien-sûr de se géolocaliser pendant une balade dans le vignoble. Le tout est complété par un who’s who : les portraits de 132 domaines et maisons, ainsi que d’un répertoire encyclopédique sur l’histoire, la culture, la viticulture des grands vins de Bourgogne. Un puissant moteur de recherche permet d’explorer cette riche base de données. Son seul défaut : ne pas être (encore) disponible sur Android.

L’application, bilingue français/anglais, disponible sur l’App Store, 24,99 euros.

Trois questions à Pierre Cohen-Tanugi :

Comment est née l’idée de cette application ?

Il y a une dizaine d’années, suite à ma rencontre avec Sylvain Pitiot, nous avons envisagé de faire des livres ensemble. Et puis nous nous sommes dit : le monde change, il faudrait faire quelque chose pouvant circuler, voyager. Il faut faire une application numérique mobile, quelque chose que les gens peuvent emmener avec eux. A ce moment-là, Sylvain était en train de terminer sa toute nouvelle cartographie.

Le livre Les Vins de Bourgogne a été mis à contribution également.

Nous avons repris le Vademecum de « Les Vins de Bourgogne », qui est vraiment la Bible, sous une forme différente et complémentaire du livre. Un outil que l’on puisse interroger de manière interactive. L’idée est que cela serve aussi bien à des collectionneurs qui connaissent déjà le terrain, qui ont besoin d’avoir accès à une information très fine, très précise (la surface de chaque climat, ces différents lieux-dits). Et puis que cela serve aux gens qui se promènent dans le vignoble, qui veulent se géolocaliser. Nous avons aussi ajouté, par rapport aux ouvrages de Sylvain, une présentation des personnes qui font le vin à travers des portraits d’un peu plus de 130 domaines.

Comment les avez-vous choisis ?

Il y a une forme de consensus des critiques autour des 20-30 plus grands domaines et maisons de Bourgogne. Mais il fallait présenter au moins une centaine de domaines, davantage susceptibles d’avoir du vin à vendre. Nous avons rapproché les points de vue de trois grands critiques qui ont une audience internationale : Allen Meadows, Michel Bettane et Steve Tanzer. L’idée était que les domaines présentés soient critiqués favorablement depuis au moins 5 millésimes par deux d’entre eux. Nous avions également suivi les commentaires d’autres critiques comme Antonio Galloni, Jancis Robinson, Andrew Jefford, Jasper Morris etc. Nous n’avons aucune relation commerciale avec les domaines présentés. Nous faisons de l’information simplement, comme un guide.

Le site : www.viavinea.com

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"Le berceau de la viticulture de terroir" entre au patrimoine de l'humanité

4 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

La réaction (audio) d'Aubert de Villaine devant le Comité du patrimoine mondial de l'humanité après l'inscription des Climats du vignoble de Bourgogne. Le cogérant du domaine de la Romanée-Conti et président de l'association qui a porté le dossier parle de la Bourgogne comme du berceau de la viticulture de terroir.

"Du fond du cœur je vous remercie. Les Climats de Bourgogne que vous venez d'inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité sont l'héritage d'une très longue histoire qui uni des hommes, une culture, une terre, une plante noble : la vigne. Cette incomparable mosaïque de terroirs, les Climats, sont un vignoble regardé par tous les vignerons du monde, que je salue aujourd'hui, comme le berceau de la viticulture de terroir ; celle qui identifie le vin le plus finement possible avec le lieu où est implanté la vigne qui le produit. Outil de travail des hommes, mais aussi paysage et creuset d'une culture unique, les Climats forment un bien complexe à appréhender.

Nous remercions Icomos (Ndlr : le cabinet d'expertise de l'Unesco) d'en avoir compris toute la richesse. Je pense aujourd'hui à ces générations de vignerons, qui depuis 2 000 ans, ont travaillé sur les Climats, ces hommes et ces femmes qui ont façonné cette terre noble, mais dure, par un labeur millénaire pour y produire des vins qui sont parmi les plus recherchés de la planète.
Ce qui a été remarquable, c'est combien la candidature au patrimoine mondial a créé chez tous les acteurs du territoire une importante, et j'espère durable, prise de conscience de la responsabilité que nous avons tous de conserver l'intégrité et l'authenticité d'un tel territoire qui depuis des siècles a permis à des communautés humaines de vivre et de se développer harmonieusement.

La reconnaissance par l'Unesco du modèle de terroir bourguignon est révélatrice de l'importance pour l'humanité des productions agriculturelles fondées sur une extrême diversité et la recherche d'excellence à travers des structures productives familiales de petites tailles. Il est essentiel de les préserver et de les promouvoir. Cela aussi vous l'avez compris.

Je remercie du fond du cœur tout ceux qui se sont mobilisés pour bâtir notre dossier de candidature, je suis fier pour eux et pour tous ceux qui nous ont accompagné dans la longue aventure qui nous amené jusqu'à cet hémicycle pour voir légitimer par vous la candidature d'un grand patrimoine viticole français, qui devient aujourd'hui patrimoine du monde.

C'est un grand jour pour nous, un jour de joie et de fierté mais surtout un jour qui s'ouvre sur l'avenir. Le site des Climats, je le répète, est un site vivant. Il nous appartient aujourd'hui de le conserver ainsi : vivant, ouvert sur le futur et fort des valeurs que vous lui avez reconnues et que nous nous engageons aujourd'hui à sauvegarder." 

lgotti sur
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Les Climats de Bourgogne à l’Unesco : c’est fait !

4 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Un modèle de viticulture unique et millénaire est enfin sanctuarisé : les terroirs de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune ont été inscrits ce jour au Patrimoine mondial de l’humanité. Une consécration qui doit conforter la Bourgogne dans sa vocation d’excellence.

Une mince bande de terre, se déroulant au sud de Dijon, a vu naître les "climats" de Bourgogne. Une définition du terroir qui n’existe nulle part ailleurs. Avec eux ont émergé une viticulture de haute qualité, reliant avec une précision exceptionnelle, la qualité d’un vin à son origine.

Ils font l’objet, depuis 2007, d’une démarche d’inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Elle a abouti ce jour, lors de la 39e session du Comité de l’Unesco qui se tient à Bonn (Allemagne).

L’existence presque miraculeuse et très localisée de ce vignoble (9 000 ha seulement), s’explique par une succession d’événements. Le sous-sol bourguignon s’est constitué lors du Jurassique, il y a 150 millions d’années. La mer tropicale qui recouvrait alors la région a laissé des sédiments qui ont donné au sol son caractère argilo-calcaire.

La côte, quant à elle, a émergé il y a trente millions d’années par effondrement de la vallée qui courait de l’Alsace au Beaujolais. Il en est ressorti un mince "talus" (d’environ 500 mètres d’altitude aujourd’hui) reposant sur ce fameux socle calcaire recouvert d’une mince épaisseur d’argile. Le tout idéalement exposé au soleil pour permettre aux raisins de murir à des latitudes septentrionnales, a priori peu favorables.

Il faut également insister sur le rôle des hommes dans cette aventure. Un véritable entêtement de civilisation. Moines clunisiens et cisterciens, ducs de Bourgogne, négociants voyageurs, simples familles vigneronne, etc. Ils ont fait le choix de tirer le meilleur parti de ces éléments, favorables ou non. Ce choix de l’excellence a été encouragé selon les époques par des contraintes géographiques, des considérations politiques ou plus simplement des intérêts commerciaux. Aujourd’hui, après avoir fait vivre des générations de viticulteurs, le vignoble bourguignon se distingue par son maillage d’exploitations (elles sont un peu plus de 4 000 pour 20 000 emplois directs). Des structures bien souvent familiales. Là, s’est ancré un lien presque congénital à la terre.

Ces deux siècles d’histoires n’ont pas été un chemin pavé de roses. Si la Bourgogne jouit d’une notoriété largement enviée, cela n’a pas été toujours le cas. Y compris dans les périodes récentes. Aubert de Villaine confiait il y a quelques années que les comptes d’exploitation du domaine de la Romanée-Conti, dont il est le co-gérant, n’était pas particulièrement flatteurs dans les années 1970… (lire également cette interview).

Il y encore quelques semaines cette inscription était loin d'être acquise (lire ici). Il faut saluer le travail des initiateurs de ce projet : Aubert de Villaine qui a incarné avec conviction, opiniâtreté et autorité cette démarche, ainsi que l’association qui l’a fait vivre au jour le jour. Le travail de l'Ambassadeur de France à l'Unesco, Philippe Lalliot, a aussi été primordial (son interview ici).
 Avant même ce dénouement heureux, les retombées sont inestimables.
Cette démarche a conduit les Bourguignons à définir ce qui fait la valeur universelle exceptionnelle de leur vignoble. « Elle nous permet de mieux prendre conscience que l'outil que nous avons entre les mains est extrêmement précieux. Il faut absolument le préserver et le transmettre aux générations futures. », conclut Aubert de Villaine

 

Entre les temples d’Égypte et les monuments d’Angkor …

En 1959, un événement a suscité une prise de conscience internationale sur l’existence d’un patrimoine commun à toute l’humanité : la décision de construire le barrage d’Assouan en Égypte. Ce dernier aurait inondé la vallée où se trouvaient les temples d’Abou Simbel. En 1959, l’Unesco a décidé de lancer une campagne internationale pour sauvegarder ces monuments et procéder à des recherches archéologiques.

Finalement, en 1972, a été ouverte une liste de biens considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. "Le but du programme est de cataloguer, nommer, et conserver les sites dits culturels ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité." L’Unesco est l’organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture.

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