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365 jours en Bourgogne

2009 : un millésime généreux

22 Février 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

C'est officiel : 2009 est la deuxième plus grosse récolte de l'histoire contemporaine de la Bourgogne. Mais généreux veut-il dire grand ? Rien n'est moins sûr en matière de vin.

Table-de-tri.jpgConfirmation chiffrée : les déclarations de récolte des vignerons montre que le millésime 2009 a été prolifique. Un volume conséquent de vin est rentré dans les caves bourguignonnes : 1,58  million d'hectolitres. Ce qui en fait la deuxième plus grosse récolte en Bourgogne, derrière 1999. Ce volume s’explique notamment par la belle qualité des raisins qui n’ont pas, nécessité de tri (contrairement à 2008 ou 2007). La plus forte progression concerne les vins rouges (+5,5 % sur la moyenne sur 5 ans). Pour les vins blancs, la hausse est de +4 % par rapport à la moyenne sur 5 ans. Les crémants sont stables à 130 000 hectolitres.

Constat qui confirme aussi quelques interrogations : ce millésime, encensé dès ses premiers jours, est-il surcoté ? Rappelons que la dernière vente des Hospices de Beaune s'est soldée par une hausse des prix de 20%. Le témoignage d'un engouement immédiat malgré la crise économique. Mais quantité et qualité font rarement bon ménage en matière de vin. Particulièrement en rouge. Nombre de producteurs le reconnaissent plus ou moins ouvertement : 2009 pâtit de faibles acidités et parfois d'un manque de concentration. Un œnologue d'une grande maison de négoce m'expliquait que les acidités de certains 2009 ne sont guère plus élevées qu'en 2003 (millésime caniculaire). Avec une différence majeure : 2003 compense ce déséquilibre par une concentration en tannins rarement vu en Bourgogne.

Relativisons tout de même : 2009, avec son bel été, est un beau millésime. Il donnera des vins friands, agréables. Pour avoir de grands vins, il faudra comme toujours s'adresser aux vignerons les plus rigoureux : ceux qui auront compris dès juillet qu'ils avaient plus de grappes pendues à la vigne qu'on ne voulait le croire.

Constat qui doit impérativement faire remonter la cote de 2008. Ce millésime par sa droiture, sa pureté aromatique me surprend à chaque dégustation. Les amateurs de beaux Bourgognes classiques, fins et frais, seraient bien inspirés de ne pas manquer ce millésime. Au lieu de ronger leur frein pour sauter sur le premier 2009 venu…

Photo : Passage des raisins à la table de tri (LG).

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