Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
------ 365 jours en Bourgogne ------   Le blog de Laurent Gotti

Chablis : les vins du milieu

22 Mars 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Chablis, #Bourgogne Aujourd'hui, #Jean-Paul Droin

Entre la Bourgogne et la Champagne les viticulteurs chablisiens se sentent parfois assis entre deux chaises. Une caractéristique qui n’a rien de nouveau. Même certaines étiquettes en témoigne…

Chablis-mont-de-milieu.JPGChablis est un vignoble qui a de longue date cultivé une certaine singularité en Bourgogne. Il s’est même affirmé comme le rebelle de la famille. L’année dernière encore les producteurs chablisiens ont menacé de quitter l’interprofession bourguignonne. Ils ne s’y sentaient pas suffisamment représentés. Des négociations en haut-lieu ont mis fin à la discorde. Mais le sujet est récurrent dans l’histoire des organismes professionnels en Bourgogne.
Ce questionnement d’identité chablisien est ancien. Le Comté de Champagne et le Duché de Bourgogne se sont autrefois disputés ces terres.  En vue de la parution d’un article dans le prochain Bourgogne Aujourd’hui, j’ai demandé à Jean-Paul Droin de nous faire la primeur de quelques-unes de ses trouvailles sur la toponymie des climats de Chablis. Vigneron et passionné d’histoire,  il va prochainement faire paraitre un ouvrage (édité par le BIVB) sur le sujet. Ainsi, l’un des célèbres climats du vignoble est l’héritage direct de cette ambivalence ancestrale. Voici ce qu’écrit Jean-Paul Droin au sujet du premier cru Mont de Milieu :
Prononcé « Mont de Miyeux », orthographié « Montmelliant » en 1218, « Mont de Milleux » en 1398, ce nom évoque la particularité de cette colline qui, autrefois, trouvait en son milieu une frontière : d’un côté le finage* de Chablis, alors situé dans le Comté de Champagne et de l’autre celui de Fleys qui se trouvait dans le Duché de Bourgogne.
*Finage : circonscription sur laquelle un seigneur ou une ville avait droit de juridiction.

Sur un autre sujet, je ne résiste pas à vous livrer également son explication sur Fourchaume :
Ce nom vient probablement de la contraction des mots  « fourches à hommes », le sinistre gibet nommé aussi « fourches patibulaires » composé de deux poutres appelées fourches fichées en terre. Le Seigneur de Maligny exerçant son droit de haute justice sur ce village et sur les territoires de Villy et de La Chapelle Vaupelteigne, il est fort probable que le gibet ait été installé au carrefour de ces trois communes, loin des habitations, mais en un lieu visible depuis les voies de communication, au pied de la côte de « Fourchaume ».

Ou encore celui du grand cru Grenouille :
Ecrit « gernoille »  au Moyen Age, prononcé « Guernouille » par les anciens chablisiens, ce mot en vieux français signifie « grenouille ». Les premiers ceps de vigne du bas de ce coteau se trouvant proche de la rivière, des batraciens venaient sans doute tenir compagnie aux vignerons. Jean-Paul Droin a retrouvé trace de ce « gernoille » dans un livre de compte de 1484 de l’Obédiencerie des moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Martin de Tours.

Partager cet article

Commenter cet article

Patrick Essa 01/04/2013

Excellent article Laurent! Chablis a tant à nous dire sur ses terroirs et son histoire passionnante. Passe déguster mon Vaudésir quand tu en auras le temps!