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365 jours en Bourgogne

Découverte : le domaine des Muses, ses blancs, son cornalin...

12 Mars 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Petite escapade gustative helvétique avec Robert Taramarcaz du domaine des Muses (Sierre). Un valaisan bien inspiré…

polymnieNe vous fiez pas à son prénom, Robert est un jeune et sémillant viticulteur. Il a repris le domaine familial (à Sierre) en 2002. Le Valais est une région particulièrement intéressante pour un amateur de vins de Bourgogne puisque le cépage le plus planté dans cette partie de la Suisse n'est autre que le pinot noir (cépage des bourgognes rouges ).
Robert Taramarcaz était en Bourgogne cette semaine. Région qu'il connait bien pour avoir fait ses études d'œnologie à Dijon. L'occasion de faire déguster sa gamme principalement sur des millésimes 2008 ou 2007. Des vins d'une remarquable précision et pureté. Les blancs sont d'un excellent niveau, du simple fendant (connu en France sous le nom de chasselas) ou aux cépages typiquement valaisans comme la petite arvine et l'humagne blanche. En passant par un chardonnay de belle facture. Mention spéciale aussi pour un liquoreux, la cuvée "Polymnie" 2005, issue de grains nobles (cépage Ermitage, notre Marsanne).
Coté rouge, le domaine produit des pinots noirs, plutôt réussit dans un style puissant et bien mûr. Mais les deux cuvées qui m'ont épaté sont issues essentiellement du cornalin. Cépage rouge typique de la région, le cornalin est tardif, difficile à cultiver, avec notamment ce que Robert appelle "des problèmes d'alternance". Il arrive que d'une année sur l'autre des pieds ne produisent pas une grappe, sans que l'on puise en expliquer la cause. Petits rendements donc. Ce cépage avait quasiment disparu des pentes valaisannes jusqu'à ce qu'il revienne récemment en grâce. La superficie plantée reste toutefois confidentielle : 150 malheureux hectares… Sur le millésime 2008, le nez est particulièrement enjôleur avec des arômes de fraise de bois, de framboise et de violette. Les tannins sont serrés mais délicats en bouche. Le domaine produit également un assemblage de cornalin avec de l'humagne rouge, autre cépage propre à la région (qui donne des arômes un peu plus terrien, type gentiane). Le mariage des deux n'enlève rien à l'éclat du cornalin et lui ajoute même de la complexité.
Robert Taramarcaz a bien mérité son ban bourguignon à l'issue de la dégustation. Pour ma part, j'en tire une conclusion qui n'a rien de révolutionnaire (en œnologie les révolutions sont rares…) : c'est en mettant en valeur ses cépages locaux qu'une région parvient à produire ses vins aux caractères les plus affirmés. Ceux que les amateurs ont plaisir à découvrir. Pour peu que l'on se donne la curiosité de les goûter. A bon entendeur… Bref, amis Valaisans n'hésitez pas à faire un peu plus de place à votre cornalin…

* Photo : la cuvée Polymnie

www.domainedesmuses.ch

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laurentp 27/07/2010 22:32


Bonsoir,

faire de la place au cornalin et à d'autres cépages régionaux : oui. Les valaisans ne demanderaient pas mieux d'ailleurs. Mais voila, le cornalin est un cépage compliqué, il y a une alternance de
rendements d'une année à une autre, Robert vous en aura certainement parlé en présentant ce vin. Bref, il est difficile, pour ne pas dire utopique que de vouloir vivre uniquement avec ce cépage
(particulièrement tardif, comme d'autres d'ailleurs).
Voila pourquoi il y a aussi du chardonnay, du merlot, ..., du gamay (près de 900 ha) et davantage encore de pinot noir. Soit quelque 50 cépages pour 5200 ha.

bien cordialement,
Laurent