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365 jours en Bourgogne

Et que le meilleur gagne !

18 Avril 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Ailleurs

L'idée de la soirée était simple : deux vins servis simultanément et à l'aveugle. Un challenger et un outsider. Qui préfère le premier ? Qui ne jure que par le deuxième… C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à quelques dégustateurs, bouteilles à la main, durant les Grands jours de Bourgogne (fin mars). Pas de doute, le prestige de l'étiquette ne garantit pas toujours le plaisir...

 

Match 1

Viré Clessé-copie-1 -Viré-Clessé 2004 "Cuvée E.J. Thévenet" - Domaine de la Bongran

Nez très expressif de fruits exotiques, de miel d'acacia, de raisin confit. La bouche offre un beau volume (peut-être moins qu'attendu après un tel nez), avec du moelleux mais aussi une belle vivacité. Harmonieux. Un domaine qui compte bien des aficionados autour de la table. Et qui ne déçoit pas… 16 sur 20

 

- Corton-Charlemagne 2004 - Domaine Nudant.

Le vin est bien fatigué (oxydation) mais encore buvable. Seulement par conscience professionnelle… 10 sur 20

 

Vous avez bien lu : un viré-clessé bat à plate couture (unanimité autour de la table) un corton-charlemagne au bout du rouleau, pourtant du même millésime. Un défaut d'oxydation peut-être lié à cette bouteille uniquement. On l'espère.

 

Match 2

 

- Rully premier cru Les Margotés 2006 - Vincent Dureuil-Janthial 

Toujours au top l'ami Vincent Dureuil-Janthial. Il nous propose un vin d'une grande pureté aromatique (petites fleurs blanches). La bouche est délicatement acidulée, pleine de sève, d'une grande longueur. Un vin de plaisir mais devrait-il en exister d'autre sorte ? 18 sur 20.

 

- Pouilly-Fuissé Les Courtelongs 2009 - Domaine Saumaize-Michelin 

Le nez est intense, profond, finement vanillé. Une expression aromatique témoignant d'une maturation bien accompagnée du raisin. La bouche est puissante, ronde, un peu chauffante en finale. 17 sur 20 .

 

Deux grands vins blancs, à égalité ou presque dans les suffrages. J'ai trouvé un peu plus d'harmonie dans le rully (millésime un peu plus âgé il est vrai). Un très beau et savoureux match !

 

Match 3

- Chablis grand cru Les Clos 2002 - François Raveneau 

Le nez est miellé, figué, avec une petite tonalité lactée également. La bouche est très tendue, vive, austère, droite. Un vin qui peine à se détendre... 2002 est pourtant un millésime de belle maturité à Chablis. 12 sur 20.

 

- Chablis grand cru Les Clos - Vincent Dauvissat 2001

Aïe. Le nez présente des arômes de moisi humide (le bouchon…) mais aussi, une touche fumée. La bouche paraît dense mais dominée par ces arômes peu sympathiques. Dommage. Difficilement notable…

 

Deux bouteilles a priori "mythiques" : le summun de Chablis côté terroir comme coté producteurs. Grosse déception au bout du compte... Le match attendu n'a pas vraiment eu lieu. Le grand cru de chez Dauvissat a rendu les armes avant de combattre. Certains de mes voisins de tablée ont été enthousiasmés par le Clos de Raveneau. Son austérité m'a donné peu de plaisir.

 

Match 4

La-Grave-Figeac.jpg - Château La Grave Figeac 2005 - Saint-Emilion grand cru

Le nez est bien expressif sur des notes de cassis bien mûr et un boisé finement dosé. La bouche est profonde, d'une longueur moyenne toutefois. L'ensemble est puissant et harmonieux. Un saint-émilion 2005 (65% merlot) qui a parfaitement évolué. 17 sur 20.

 

- Château La Gaffelière 2005 - Saint-Emilion premier grand cru classé B

Le nez est intense dominé par des notes fumées-torréfiées. La bouche est consistante, chaude, mais les tannins sont fermes et même amers en finale. Un peu raide aujourd'hui. A garder encore quelques années. 15 sur 20.

 

De l'intérêt, une nouvelle fois, de distinguer le plaisir que nous offre une bouteille, à un instant "t" et son classement dans la hiérarchie. J'ai personnellement trouvé plus d'agrément avec le La Grave Figeac. Les avis étaient toutefois assez partagés autour de la table. Tout le monde a reconnu la très bonne tenue d'un simple "grand cru" face à un premier grand cru. Il n'est pas exclu, et ce serait même normal, que le La Gaffelière prenne le dessus dans la durée.

 

Conclusion à mi-parcours : Après ces quatre premiers rounds, il apparaît que boire bon n'est pas une question de budget. C'est plus souvent les vins les moins bien côtés dans la hiérarchie des appellations ou des classements qui nous ont donné le plus de plaisir ! 

Suite la semaine prochaine...

 

Les commentaires n'engagent que moi mais les photos sont de Gilles Trimaille.

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