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365 jours en Bourgogne

Les "Climats" au patrimoine mondial : à vous de jouer !

14 Octobre 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Ca y est, c'est fait… J'ai rejoins le comité de soutien pour l'inscription des "Climats" de Bourgogne au patrimoine de l'Unesco. Et vous ?

DSC04972.JPGEncore quelques semaines et les dès seront jetés. La candidature d'inscription des Climats du vignoble de Bourgogne (nom typiquement bourguignon pour parler de terroirs) au patrimoine mondial de l'humanité sera transmise au Ministère de la Culture  avant la fin de l'année. Au ministère de décider, au nom de la France, s'il mérite d'être proposé à l'Unesco (deux candidatures seulement par an sont ainsi sélectionnées).

J'ai décidé qu'il était grand temps d'apporter mon modeste coup de pouce à cette candidature, de sortir du rôle d'observateur du journaliste, en m'inscrivant auprès du comité de soutien.

Pourquoi ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'idée de terroir ne va pas toujours de soi dans le monde du vin. Il n'y pas si longtemps, en 2005, la presse anglo-saxonne avait rejoué le choc des cultures en s'emparant du sujet : "La légende française des terroirs ne tient plus", martelait-elle. Affirmation basée sur une étude de deux chercheurs : Olivier Gergaud de l'université de Reims et Victor Ginsburgh à Bruxelles avaient conclu à un impact très relatif du terroir (dans sa définition la plus restrictive), par rapport aux technologies de vinification, dans l’élaboration d’un vin à succès. Un travail mené auprès d'une centaine de châteaux de la zone d'appellation Haut-Médoc (Bordeaux). Conclusions, en substance, de nos amis anglophones : "Les Français nous enfument depuis des décennies avec leurs terroirs".

On aura vite compris les implications économiques d'une telle prise de position. Les nouveaux pays producteurs ont pu planter sans peine les cépages ancestraux de "l'ancien monde". Ces mêmes néo-producteurs se sont attachés les compétences et les conseils avisés d'œnologues européens. Ils leur restaient également l'opportunité de mettre dans leurs caves les fûts de chênes produits par les tonneliers français. Mais même avec des moyens illimités, dupliquer ou faire venir un terroir de l'autre bout de la planète est impossible… Nier leur existence pouvait donc être tentant. Tentation d'autant plus forte que la corrélation entre géologie, pédologie et qualité d'un vin reste complexe à établir.

Les passionnants apports du comité scientifique mis en place pour cette démarche d'inscription ont permis de mieux comprendre ce qu'est un terroir, dans toutes ses dimensions : une rencontre intime entre le génie créateur de la nature et celui de l’homme. Rien que pour ces travaux l'aventure méritait d'être tentée et encouragée.

Pour les Bourguignons qui en douteraient encore, ce projet a été l'occasion de prendre conscience de leur folle chance d'avoir de tels terroirs sous les pieds. Et de la responsabilité d'en prendre le plus grand soin. Malheureusement, il y a encore du chemin à parcourir dans l'esprit de certains d'entre eux…

L'aboutissement de cette inscription tournerait, d'une belle manière, la page des polémiques passées. Certes la contestation des anti-terroirs s'est largement étiolée depuis quelques années et de plus en plus de vignerons des nouveaux pays producteurs se sont rangés derrière cette approche du vin. Mais rien ne dit que la controverse ne ressurgisse pas au gré des intérêts bien compris des uns et des autres.

Voilà pourquoi je soutiens l'inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l'Humanité. Convaincu ? Alors à vous de jouer : C'est ici.

 

Photo : Vignes en automne dans le sud de la Bourgogne. 

 

 

 

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