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365 jours en Bourgogne

Profession : expert en vin (suite)

2 Mai 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Enchères, #Grand cru

Pascal Kuzniewski est l’un des deux experts en vin agréé auprès des commissaires-priseurs français (avec Laurie Matheson). Il est aussi l’un des plus fins connaisseurs de la romanée-conti.

 

Pascal-Kuzniewski-copie-1.jpgPolo, moustache finement taillée et sourire généreux, Pascal Kuzniewski  a pris les devants. Nous voilà, mon épouse et moi, sur la terrasse de sa villa de Mougins (Alpes-Maritimes), route des Oliviers. Il s’enquiert gentiment du bon déroulement de notre séjour de Pâques dans la région. L’homme est affable et sait mettre à l’aise immédiatement. Une rencontre comme le monde du vin sait régulièrement en provoquer.

Pascal Kuzniewski  est expert en vin. Son métier : dénicher, expertiser, estimer les vins qui seront proposés dans les salles de ventes (lire également la rubrique Rencontre de Bourgogne Aujourd’hui n° 99 avec Laurie Matheson). A lui aussi de s’assurer des bonnes conditions de transport des lots. Il met un point d’honneur à rédiger un catalogue aussi précis que possible. Niveau du vin dans la bouteille, état de l’étiquette, de la capsule, etc. Tout ce qui peut renseigner sur la bonne conservation du flacon. Notre expert travaille principalement pour Jean-Pierre Besch à Cannes (d’autres commissaires-priseurs font aussi appel à lui). L’étude a réalisé en 2010 une très belle année en se positionnant à la première place des vendeurs aux enchères de vins en France.

Il vient d’expertiser une cave particulière, murée, qui contenait un millier de vénérables bouteilles. Parmi elles, 180 volnay 1er cru Clos des Ducs du domaine d’Angerville millésime 1920. De véritables morceaux d’histoire bourguignonne : le domaine d’Angerville est l’un des pionniers de la mise en bouteille à la propriété. La vente de ces lots se tiendra à Rouen le 28 mai prochain.

Né en 1959, Pascal Kuzniewski a d’abord fait une longue carrière dans la banque avant de vouloir vivre de sa passion. Se mettre à genoux, ramper dans les caves pour dégoter la belle bouteille oubliée dans un coin, c’était déjà son dada lorsqu’il officiait dans la gestion de patrimoine. Quitte à surprendre ses client(e)s d’alors. « Je ne vous voyais pas comme ça », lui a un jour lancé l’une d’elles. « Autour d’une table ou dans une cave, nous ne sommes plus tout à fait les mêmes. Les contraintes disparaissent, les horaires deviennent secondaires et les rapports se « normalisent » avec naturel et modération », écrivait-il en 2000. Pas de doute l’homme est un passionné.

Ses deux amours : la Champagne, il y a vécu, et la Bourgogne.  Il est devenu l’un des plus fins connaisseurs, sur des décennies, de la production du domaine de la Romanée-Conti (en 2006 il a expertisé les vins provenant de la cave des héritiers de Jacques Chambon, co-propriétaire du domaine de 1912 à 1942).

Quoi de neuf dans le monde des enchères ? Le marché asiatique fait toujours autant gloser. Les extravagances des prix de Château Lafite en Chine semblent se tasser. Tant mieux ! L’absurdité atteint aussi ses limites. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Pour lui la prochaine folie des chinois sera … la romanée-conti. « Tout est en place pour que les prix flambent », pronostique Pascal Kuzniewski. Le regrette-t-il ? Oui, le passionné de vin, celui qui se boit et non pas l’objet de spéculation, le déplore sincèrement. Certaines bouteilles deviennent inaccessibles aux amateurs les plus à même de les apprécier. Mais peut-être une autre partie de lui-même, celle qui aime les enchères longuement bataillées, s’en accommodera. En attendant, Pascal Kuzniewski  refuse d’aller officier à Honk-Kong…

 

Photo : Au moment de notre rencontre un certain mariage princier était célébré. Clin d’œil à l’histoire, Pascal Kuzniewski  est allé chercher une bouteille de Bollinger 1973. Le champagne servi lors du mariage de Lady Di et Charles en 1981.

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