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365 jours en Bourgogne

Quelques centilitres de finesse dans un monde…

1 Juin 2010 , Rédigé par Laurent Gotti

Quelles qualités définissent un grand bourgogne rouge ? Qu'est-ce qui fait sa typicité ? Une réjouissante interview apporte une belle contribution sur le sujet. C'est Francis Cabrel qui le dit…

raisins-mazis.jpgL'interview est plutôt inattendue : Francis Cabrel parle du vin dans la Revue du Vin de France de ce mois de juin. Son palais a été formé par les crus de sa région : le sud-ouest bien-sûr. C'est-à-dire par des vins tanniques, solides, "rustiques" (dixit).
 Mais, bonne surprise, quand le chanteur-compositeur met l'accent (sans mauvais jeu de mot) sur ces dernières grandes émotions œnologiques, il évoque les bourgognes avec beaucoup de sensibilité. Il en vante la finesse, la subtilité. Un registre éloigné de ce qu'il connaissait jusqu'alors. "Les vins sont aux antipodes d'ici. Ils sont plus légers, très fleuris, subtils. C'est magnifique dès lors que l'on possède les codes pour les apprécier pleinement".

Beaucoup d'amoureux des vins de la région se retrouveront dans ces propos.

En fait, s'il fallait ne garder qu'un mot pour caractériser les grands bourgognes, ce serait effectivement bien celui de finesse. La Bourgogne est un vignoble septentrional où l'équilibre entre acidité, puissance alcoolique, tannins, donne souvent un surcroit de fraicheur, de chatoiement aromatique et d'harmonie. Une pointe de vivacité finale leur assure de la longueur et laisse le palais net. Ces vins ne sont pas les plus spectaculaires. Ils n'en mettent pas plein la "gueule" mais se dévoilent dans la nuance. "On a le palais tué par des rouges incroyablement tanniques, ou des blancs pâteux à force d’être riches. Le bon vin ne doit pas agresser", professait Jean-Marc Roulot, fameux vigneron de Meursault, dans un article paru dans Libération.

Bruno Lorenzon, vigneron de Mercurey traduit plus prosaïquement cette même vision : "J'aime faire des vins qui déssoiffent, qui donnent envie de se resservir un verre", m'expliquait-il récemment.

Outre le terroir, le climat et le savoir-faire du vigneron, il faut également louer les caractères du cépage pinot noir, connu pour livrer des tannins délicats et des arômes de petits fruits quand le raisin a été récolté à bonne maturité.

Les grands crus bourguignons, grâce à leur exposition au soleil et à leur géologie (argilo-calcaire), réalisent à merveille la synthèse de tout cela : richesse, concentration mais aussi élégance et fraicheur. On atteint là le summum d'une grande bouteille. Comme l'affirme poétiquement une expression populaire bourguignonne : "C'est le petit Jésus en culotte de velours qui vous coule dans la gorge".

Photo : Raisins dans le grand cru Mazis-Chamertin des Hospices de Beaune. La cuvée la plus raffinée de la gamme des Hospices. (LG)

 

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