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365 jours en Bourgogne

Sur la terre comme au ciel…

19 Juillet 2010 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru

L'histoire du vignoble bourguignon est intiment liée à celle des ordres monastiques (Cluny puis Cîteaux). Mais le rôle primordial des moines est-il bien celui auquel on pense ? Pas vraiment.

Clos-de-Vougeot-ete-copie-1.jpgDes hommes durs à la tâche, défrichant la côte pour y découvrir les meilleurs terroirs. Des agronomes hors pair maitrisant les cépages et la conduite de la vigne. Des experts en vinification connaissant toutes les recettes de fabrication du vin…

Lorsqu'on évoque l'influence des moines sur le vignoble bourguignon, toutes ces images viennent immanquablement à l'esprit. Et pourtant en questionnant un expert des moines cisterciens (du nom de Cîteaux, abbaye située à quelques kilomètres de Nuits-Saint-Georges fondée en 1098), rien dans les traces qu'ils nous ont léguées ne permet de perpétuer de telles affirmations. Il faut dire que l'image du moine bichonnant sa vigne et faisant son vin en un tour de main, c'est efficace en matière de marketing.

Cet expert, c'est Benoit Chauvin : il a passé près de 50 ans à étudier les moines de Cîteaux. Un sujet d'étude inépuisable car l'ordre a essaimé dans toute l'Europe. Pas moins de 750 abbayes masculines depuis la Sicile jusqu'aux pays baltes, en passant par par le Portugal, l'Irlande, etc.

Finalement que retient-il de l'héritage de ces moines ? Ils ont été les premiers à donner au commerce du vin de Bourgogne une telle ampleur. En même temps qu'ils multiplient les plantations de vignes, ils vont se doter de comptoirs dans les villes. Dans ces comptoirs, les villageois s'approvisionnent en vin car la règle de Saint-Benoit (base de la vie monastique de nombreux ordres) autorise la vente de surplus. La démarche a d'autant plus de succès qu'à partir de la fin du 12e siècle les villes renaissent et voient l'apparition de la bourgeoisie.

Alors non seulement nos moines avaient certainement quelques capacités agronomiques et œnologiques mais ils avaient surtout compris que le nerf de la guerre et la meilleure façon de pérenniser leurs activités, c'était de vendre…

Photo : Le Clos de Vougeot, cellier des moines de Cîteaux, bâti à partir de 1170.

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