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365 jours en Bourgogne

Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (B)

8 Août 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne

B comme Beaune. Y-a-t-il une ville, en France et même dans le monde, qui respire aussi intensément le vin ? Sans doute aucune, ou si peu… A Beaune, il est partout ou presque. Dans les caves, sur les tables, dans les vitrines ou même posé sur un tonneau dans les rues. Cette simple sous-préfecture provinciale (tout juste 23 000 habitants) peut bénir la vigne et sa générosité. Le vin génère en effet une grande partie de l’attractivité et du dynamisme de la cité. Mais, pied de nez de l’histoire, Beaune doit son nom à un dieu gaulois des eaux : Belena…

 A l’intersection de deux voies de communication de l’empire, les Romains ont rapidement fait main basse sur ce site. Et dès le Moyen-Age, Beaune est devenue une plaque tournante du commerce du vin. Elle est même un temps devenue la capitale du duché de Bourgogne (les ducs capétiens avaient élus domicile dans l’actuel Musée du vin).  Depuis toujours sa situation en fait un lieu très prisé des touristes en transit entre le nord et le sud de l’Europe.

Côté ambiance, promiscuité et prospérité autour d’une activité qui voient ses acteurs porter la tradition comme un étendard, donnent à Beaune un indéniable caractère « chabrolien ». Si le monde est petit, celui du vin est moins vaste encore…  

Pour les visiteurs, l’incontournable Hôtel-Dieu justifie à lui seul le déplacement. Plus généralement les ruelles animées ou paisibles du centre historique méritent la déambulation. Rue d’Enfer ou rue Paradis par exemple…  Quelques caves valent le coup d’œil : celles du parlement des Ducs, en plein centre- ville, occupées par la maison Drouhin, ou encore celles de Bouchard Père et Fils dans un des bastions qui ceinturent le cœur de ville.

Mieux vaut être conseillé avant de pousser la porte d’un des nombreux cavistes ou restaurants. Les prix beaunois laissent peu de place à l’indulgence en cas de déception…  

Oui, Beaune respire le vin au sens propre comme au sens figuré. La plupart des maisons disposent aujourd’hui de cuveries en périphérie, dans une zone industrielle. Mais aujourd’hui encore, derrière une porte cochère, on peut découvrir des cuves et tout le matériel, prêts à élaborer un nouveau millésime. D’ailleurs, le moment des vendanges venu, on croise à Beaune des tracteurs chargés de raisins, des camionnettes garnies de fûts, des vendangeurs en goguette… Et quelques jours après le début de la récolte, l’air s’emplit d’une odeur fruitée et légèrement âcre (notamment rue Rousseau Deslandes, aux alentours de la maison Champy la plus ancienne maison beaunoise, ou encore  le long de l’avenue de la Gare).
Les fermentations ont commencé… Un nouveau millésime à respirer, avant d’y goûter !

Photo : Le Clos des Avaux dans le vignoble de Beaune. La ville fait trop souvent oublier que Beaune, avec 410 hectares de vignes, est aussi l'une des plus vastes appellations communales de Bourgogne.

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