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365 jours en Bourgogne

Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (A)

30 Juin 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne, #AOC

Bernard Pivot a écrit un dictionnaire amoureux du vin. Yann Quéffélec vient de faire paraître un dictionnaire amoureux de la Bretagne. Et pourquoi pas un dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne ? Je m'y essaie… 

A comme appellation : Ou plus précisément appellation d'origine contrôlée (AOC). Si l'on considère que la finalité d'une appellation est de produire un vin qui a "la gueule de l'endroit où il est né et les tripes du bonhomme qui l'a fait naître", comme le rappelle souvent l'œnologue Jacques Puisais, il est logique que la Bourgogne ait plébiscité l'AOC. L'attachement à la notion de terroir est en effet particulièrement développé dans l'âme vigneronne de la région.

A l'origne, il s'agissait d'une volonté des viticulteurs de se prémunir contre le préjudice d'une utilisation commerciale abusive du nom de leurs villages et de leurs terroirs les plus fameux.
Peu de chose à voir avec des notions gustatives donc. A l'échelle d'un village les tentatives de définition d'une typicité des vins sont le plus souvent caricaturales ("les pommards sont rustiques et tanniques, les volnays sont féminins…"). Même si d'un point de vue commercial c'est bien pratique.

Existe-il un vignoble de France qui a poussé plus loin la logique de l'AOC ? Incontestablement non. Près d'une appellation française sur quatre est bourguignonne. Pourtant la Bourgogne ne représente que 3,5% de la superficie de vigne hexagonale !
On parle de "mosaïque" bourguignonne.

Pour l'anecdote, la plus petite AOC se situe en Côte de Nuits : le fameux grand cru La Romanée et ses 0,85 hectare (3 000 bouteilles produites en moyenne par an seulement).

Certains visiteurs en goguette sur les nationales qui traversent la Bourgogne, s'étonnent aussi que chaque panneau de village leur rappelle le nom d'un vin bien connu…

Les Bourguignons sont donc attachés à leur AOC. C'est un fait. Pour autant les débats qui agitent régulièrement ce système trouvent un écho aussi dans les chaumières de la côte. Certains y voient un carcan où la majorité ferait régner la médiocrité. La tentation du cavalier seul existe. D'autant que de plus en plus de domaines réputés font aujourd'hui figures de marques. On achète davantage, ou au moins tout autant, du Leroy, du Henry Jayer ou de la Romanée-Conti que du bourgogne, du vosne-romanée ou de l'échézeaux. Des vignerons, même en Bourgogne évoquent ouvertement leurs velléités de sortir, à titre personnel, de leurs appellations. D'autant qu'au fur et à mesure que ces noms sont devenus des références, l'étoile de l'AOC palissait. Après guerre, le succès de l'AOC a suscité des appétits. Au départ réservée à une élite (au milieu des années 1930), les deux tiers du vignoble français sont aujourd'hui couverts par une appellation d'origine. Trop pour faire de l'AOC un signe distinctif de qualité.

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