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365 jours en Bourgogne

Millésime 2012 : les rouges font la course en tête !

9 Juin 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012, #pinot noir

Bourgogne Aujourd'hui a passé en revue les appellations villages, premiers crus et grands crus du millésime 2012. Beaucoup de rouges sont somptueux.

Sacré cépage décidément ce pinot noir ! Le millésime 2012 en a apporté l'éclatante démonstration. Peu de raisins sont passés par autant d'épreuves au cours de ces dernières décennies. Et pourtant ce millésime a vu naître de très grandes cuvées de rouges. Des vins expressifs, voire explosifs, au plan aromatique (beaucoup de fruits noirs), d'une texture très dense mais au toucher soyeux et raffiné en bouche. "A la sortie de la cuve, on aurait dit des coulis", se souvient Frédéric Barnier directeur technique de la maison Louis Jadot.

Qui l'eut cru au vu du scénario de cette année qui restera dans bien des mémoires vigneronnes.

Les plantes ont été fragilisées dès l'hiver par de fortes gelées. Un froid tardif a perduré au printemps, après la reprise de la végétation. Fait exceptionnel : des températures négatives ont été enregistrées le 18 mai au matin. Ce gel a fait des dégâts en Côte de Beaune notamment.

La suite : une succession de plaies dignes d'un récit biblique. Une floraison marquée par l'humidité et la fraîcheur, entamant fortement le potentiel de récolte dès le départ. La grêle a frappé à plusieurs reprises un peu partout. Le secteur de Pommard et Volnay a été une nouvelle fois le plus touché. La pression des maladies, mildiou et oïdium, a atteint des niveaux records. De nombreux vignerons, pourtant parmi les plus expérimentés, nous ont confié n'en avoir jamais constaté d'aussi fortes.

L'échaudage (raisins grillés par un soleil brusquement redevenu ardent) a lui aussi prélevé sa part de récolte. Un comble pour une année marquée par un déficit d'ensoleillement...

Ce millésime a ressemblé à une procession de tout ce que la vigne et les raisins peuvent compter comme fléaux. Il en a manqué un seul à l'appel, mais de taille : le botrytis, appelé aussi pourriture grise. Ce champignon se développe en fin de maturation du raisin lorsque le fruit se concentre en sucre. Les baies à la peau tannée par les épreuves, mais aussi par les traitements intensifs, et des grappes bien aérées du fait de la mauvaise floraison ont fait barrage. Avec la pourriture en prime, le résultat aurait sûrement été très différent en termes de qualité.

Au final, les petits rendements et le bon état sanitaire des grappes ont donc permis de donner de grands rouges concentrés et mûrs.

Et les blancs ? Ils sont apparus nettement plus en retrait à ce stade de l'élevage. Plus stricts, plus austères, ils ont montré que le chardonnay a eu globalement plus de difficulté à mûrir. Pour autant ce constat n'est pas définitif. Certains millésimes demandent un peu de temps pour se révéler, plus particulièrement en blanc.

 

A lire aussi l'interview de Paolo Basso, meilleur sommelier du monde 2013, ainsi que le récit d'un concours de cuisine inédit (avec les recettes), qui a vu s'opposer des vignerons bourguignons.

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