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365 jours en Bourgogne

Articles avec #bio tag

Millésime 2012 : La Romanée a été vendangée

24 Septembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru, #Millésime 2012, #Bio

Le domaine Comte Liger-Belair (Vosne-Romanée) a entamé sa récolte en milieu de semaine dernière. La Romanée, grand cru emblématique de la Côte de Nuits, a été vendangée samedi (22 septembre). Louis-Michel Liger-Belair nous fait part de ses première sensations sur ce millésime : des bonnes maturités, des raisins peu nombreux, aux peaux épaisses et saines, mais un peu trop d'eau ces derniers jours. Un optimisme raisonnable régnait donc hier dans la cour du Château de Vosne-Romanée. Après une année bien chaotique, un dénouement plutôt heureux s'annonce, si le ciel ne s'agite pas trop pour les trois journées de récolte restantes… Quelques innovations en matière de vinification sont même programmées.

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Du rififi chez les bios

12 Juillet 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bio

Dans quelques semaines les premiers vins bios seront officiellement nés. Une "avancée" qui met en évidence des dissensions dans la famille des agrobiologistes.

 

Pampre vigne à Corton"Ce cahier des charges, je m'en fous", réagit sans détour un producteur bio bourguignon souhaitant rester anonyme. Ce dernier évoque la nouvelle réglementation concernant la vinification des vins bios, applicable pour la première fois avec ce millésime 2012. On aurait pu s'attendre à une réaction un peu plus enthousiaste et unanime : voilà 20 ans que les producteurs réclament cette législation. La production de vin bio est enfin réglementée depuis la vigne jusqu'à la mise en bouteille (lire aussi ici). Jusqu'alors, seule la culture du vignoble l'était. Les consommateurs apprécieront cette clarification.

Une nouveauté qui n'est pourtant pas accueillie sous les vivas. On l'aura compris. Cette législation est jugée peu restrictive et trop laxiste par nombre de producteurs bios. Elle est le reflet d'un compromis entre différentes régions productrices dont les contraintes œnologiques sont loin d'être identiques. Ce cahier des charges met  surtout en évidence de sérieuses querelles de famille chez les adeptes du bio.

Entre les tenants de la "bio pour tous", industrialisée diront les mauvaises langues, et les orthodoxes d'un bio campé sur une ligne dure, la faille s'agrandit.  

Certains bios de la première génération, pionniers souvent mal compris ou même dénigrés, ont vu grossir avec plus ou moins de bonheur les rangs des tenants de la "mise au vert". Car dans le même temps, la mode du bio a vu fleurir  les allégations de bon comportement environnemental sur les linéaires des supermarchés : logo AB à tous les rayons. Quand Michel-Edouard Leclerc affirme que le bio n'a pas vocation à être fossilisé, certains crient à la trahison et au dévoiement… Ayatollahs contre opportunistes. Le dialogue n'a rien de facile. Le vin n'échappe donc pas à ces débats.

"On peut imaginer qu’un négociant peu scrupuleux, qui a flairé le bon marché, achète des raisins certifiés et les vinifie dans un esprit éloigné de la bio…", s'inquiète Guy Chaumont vigneron bio près de Givry. "Si la bio est vouée à se cantonner à 1% de la production pour plaire à 3 ou 4 sommeliers parisiens, cela ne m'intéresse pas", persifle de son côté Dimitri Bazas, œnologue de la maison Champy (Beaune).

Cette législation a toutefois le mérite de poser des jalons, de définir un cadre. Elle met aussi fin à des années d'ambigüité et de circonvolutions sémantiques autour de ces vins "pas bios mais issus de raisins bios". En souhaitant que ce premier effort en appelle d'autres…

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Vins bios : année 0

9 Février 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bio

Le vin est le seul produit autorisant les producteurs à afficher le logo AB sans être certifiés totalement. Cette exception tombe enfin cette année.

 Coccinelle sur grappe2012 sera l'année de naissance des vins bios ! Une charte de vinification vient de voir le jour et sera applicable dès le prochain millésime. Est-ce à dire que les vins bios n'existaient pas avant ? La réponse, surprenante, est oui. Officiellement du moins. Aujourd'hui seule la culture de la vigne est contrôlée et certifiée. Pas la vinification. Depuis 2005, la filière des vins bios bénéficiait d'une dérogation pour pouvoir mettre le fameux logo AB sur les étiquettes de quelques-unes de nos bouteilles préférées. En effet, tous les autres produits bios transformés, à l'exception du vin, le sont d'un bout à l'autre de la chaîne. Pour être tout à fait exact, il faudrait donc parler de  "vins issus de la viticulture biologique". Nuance direz-vous. Evidemment, on imagine mal un vigneron se donnant du mal à faire du bio dans sa vigne s'amusant ensuite à tripatouiller ses cuves avec des produits éloignés de l'esprit bio. Sauf que le bio, ça n'aura échappé à personne, attire de plus en plus de consommateurs. Et avec eux des producteurs plus ou moins proches de la "philosophie" initiale de l'agrobiologie. Il devenait urgent de mettre un peu de cohérence dans tout cela. D'autant que l'Europe est passée par là… Le logo communautaire (la feuille avec de petites étoiles) prend le pas sur le logo AB. Et la fameuse dérogation  concernant les vins prend fin cette année…

 logoeuropeenAB La filière bio se devait d'accorder ses violons pour mettre en place une charte commune. Elle y a échoué ces dernières années, achoppant notamment sur le dosage du soufre, un conservateur et un antioxydant utilisé de très longue date dans les chais. Les producteurs allemands défendaient une baisse légère des dosages (leurs vins moins alcoolisés et souvent sucrés sont plus fragiles). Les pays plus au sud prônaient des dosages  encore plus faibles. Le compte à rebours étant dans sa phase finale, les dernières discussions ont enfin débouché sur un compromis. La baisse du dosage maximal en soufre se situe entre 30 et 25% selon le type de vin. Pour le reste, et en résumant l'esprit du cahier des charges, l'idée est que les vinificateurs privilégient les actions mécaniques plutôt que l'usage d'intrants. Et si des intrants sont utilisés (des levures pour la fermentation par exemple), les vinificateurs doivent employer des produits bios (pas de produits de synthèse), sauf si aucune solution technique équivalente n'est disponible en bio.       

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A la croisée des chemins

1 Juillet 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bio

Delphine et Sébastien Boisseau sont des vignerons à fortes convictions. C'est un euphémisme ! Contre vent et marée, ils ont fait le choix de la bio.

Il n'est parfois pas illégitime de soupçonner certains viticulteurs d'évoquer le bio par opportunisme. Pas une seconde cela ne viendrait à l'esprit au sujet de Delphine et Sébastien Boisseau. Pour ce couple de vignerons installés à Bray dans le Mâconnais, vivre leur choix de faire de la viticulture bio est même carrément un sacerdoce.

Ils n'en subissent à vrai dire que les inconvénients : adhérents à la Cave coopérative de Buxy, leurs raisins bios sont mêlés au reste de la production. Ils se battent, avec deux autres de leurs collègues dans le même cas, pour que leur travail soit mieux valorisé. Mais la direction ne semble pas pressée de faire aboutir leur demande. "Il n'y aurait pas de marché pour ce type de vin", leur répond-t-on… Quant à leurs collègues, c'est silence complet dans les rangs. Un viticulteur bio pose visiblement des questions qui dérangent. Que représentent-ils finalement ? Des paysans en rupture de banc avec les dérives du modernisme agricole triomphant. Lourd héritage d'un après-guerre où tout était à reconstruire : désherbants, engrais et traitements systématiques et préventifs.

Bref, les arguments des Boisseau ne pèsent pas lourds. Leur vignoble, 8,5 hectares, n'est qu'un confetti sur les plus de 1 100 hectares de la Cave.

En attendant, nos deux jeunes vignerons continuent à bichonner leurs ceps. Cela leur coûte cher. Les coûts de productions sont environ 30% plus élevés en bio qu'en viticulture conventionnelle. Voilà pourquoi la bio peine à percer dans ce vignoble marqué par la présence de nombreuses coopératives. Elles pourraient tout aussi bien être un levier vers autre chose.

Un peu lassé d'être mené en bateau, Sébastien n'exclut pas de prendre son indépendance. Il le regretterait car il est attaché au système coopératif (il fait même parti du conseil d'administration de la Cave). Nos deux jeunes vignerons en sauront, ils l'espèrent, davantage le 7 juillet. Ils ont un nouveau rendez-vous avec la direction. On vous tiendra au courant (Mise à jour le 14/07  : Malheureusement leur cause n'a pas avancée. Ils étudient sérieusement une sortie de la cave).

Entre temps si vous passez par le caveau de vente de la cave de Buxy, demandez donc s'ils n'ont pas une cuvée bio. En toute innocence…

 

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Bio : Bichot saute le pas

20 Mai 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bio

Nouveau signe de la montée en puissance du bio : une maison de négoce historique propose une gamme dédiée aux vins issus de la viticulture biologique.

HautesCotesNuitsRouge-BIO.jpgIls l'ont fait ! La maison Albert Bichot (Beaune) commercialise, depuis ce printemps, des vins estampillés AB (agriculture biologique). La gamme compte 7 références, de l'appellation régionale (bourgogne Hautes-Côtes de Nuits rouge et bourgogne chardonnay) au grand cru (Charmes-Chambertin) en passant par des AOC villages (viré-clessé, savigny blanc et rouge, gevrey-chambertin). Ces cuvées, du millésime 2009, sont issues d'achats de raisins auprès de viticulteurs bios avec lesquels la maison travaillaient déjà.

Les maisons Joseph Drouhin ou Champy*, toutes les deux à Beaune, ont depuis quelques années maintenant fait le choix du bio pour leurs propres domaines, mais sans créer pour autant de gamme de négoce identifiée bio.

La direction d'Albert Bichot reste d'ailleurs assez prudente sur cette initiative. "Ces vins ne sont pas disponibles dans l'ensemble de notre réseau de distributeurs et cavistes et ne sont donnés qu'à titre indicatif pour des demandes directes de consommateurs. Ils ne présagent pas d'une quelconque extension de gamme dans un futur proche", explique Philippe de Marcilly, directeur commercial, marketing et communication.

Un bémol qui témoigne des difficultés persistantes à communiquer sur la bio. Car l'approche a encore ses réfractaires : des amateurs, ou même des professionnels, restés à l'image du "bio à papa" des années 1970-80, pas toujours gustativement convainquant. Mais sortir une gamme AB, c'est aussi signifier par contre-coup que le reste des vins (le plus gros du volume) ne l'est pas… Effet préjudiciable et pas toujours justifié car le bio n'est ni une panacée, ni l'unique voix de progrès environnemental et sanitaire.

Parallèlement, le Domaine du Clos Frantin (13 ha) et le Domaine du Pavillon (17 ha), vignobles de la côte de Beaune et de la côte de Nuits, exploités par la maison seront officiellement menés en bio à compter de ce millésime 2011. Ils étaient en approche biologique depuis quelques années. L'objectif est d'obtenir la certification, après la période réglementaire des 3 années de conversion.

La démarche volontariste de la maison Bichot, soucieuse de donner davantage de garanties aux consommateurs et, en interne, de se donner un cadre de travail bien défini est donc à souligner.

Au cours d'une dégustation le mois dernier en compagnie d'Albéric Bichot, directeur de la maison et de Philippe de Marcilly, mes préférences se sont portées vers le bourgogne blanc (riche et gourmand), le savigny rouge (beau pinot noir en finesse sur des notes de cassis) et  le gevrey-chambertin (suave en bouche et floral au nez). L'ensemble de la production représente un volume de 80 000 bouteilles.

La gamme est commercialisée chez les cavistes ou directement par la maison, entre 9 et 70 € la bouteille.

 

* Mise à jour : La maison Champy me signale qu'elle commercialise depuis décembre dernier trois vins de négoce certifiés AB Gevrey-Chambertin, Savigny-lès-Beaune 1er cru "Aux Cloux", Charmes Chambertin grand cru.

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Marie-Monique Robin remet le couvert !

12 Mars 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique, #Bio

Après "Le Monde selon Monsanto", Marie-Monique Robin poursuit son enquête sur les produits chimiques dans notre alimentation. "Notre poison quotidien" est à voir sur Arte mardi 15 mars.

robinOsons prendre conscience de ce qui traîne dans nos assiettes... C'est ce à quoi nous invite Marie-Monique Robin dans "Notre poison quotidien" diffusé sur Arte mardi à 20h40. La journaliste  a enquêté sur les substances chimiques présentes dans notre alimentation. "Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n’a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posé trois questions : est-ce que le comportement de Monsanto constitue une exception dans l’histoire industrielle ? Comment sont réglementées les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guerre mondiale ? Y-a-t il un lien entre l’exposition à ces produits chimiques et "l’épidémie de maladies chroniques évitables" que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a constatée surtout dans les pays dits "développés" (les termes que j’ai mis entre guillemets sont ceux utilisés par l’OMS)?"

Ses conclusions confortent, une fois de plus, le choix de la filière bio de se passer de l'utilisation des produits de synthèse. Choix critiqué pour son systématisme, mais qui apparaît de plus en fondé. La nature et nos organismes n'ayant jamais eu de contact préalable avec ces molécules inventées par l'homme, nous n'avons aucun recul sur leurs conséquences. L'expérience nous montre qu'elles peuvent induire des réponses délétères... D'autant que nous les ingérons en "cocktail" du fait de leur nombre croissant de nos environnements. Une réalité qui rend l'évaluation des risques encore plus alétaoires. Leur rôle dans la progression des maladies qui frappent les pays développés (cancers, diabète, obésité, maladies neuro-dégénératives, etc.) apparaît de plus en plus inquiétant.

  

Mais comme il n'est pas bon pour la santé de voir trop de documentaires anxiogènes, le film La Clé des Terroirs, met du baume au coeur. Cette réalisation de Guillaume Bodin est une très belle évocation de ce qu'est la biodynamie. Une grande partie du tournage s'est déroulée au Domaine de la Soufrandière à Pouilly-Vinzelles (Mâconnais). Le témoignage de deux frères Bret , Jean-Philippe et Jean-Guillaume, est particulièrement éloquent. Une projection débat (et dégustation) est programmée à Beaune le 14 avril.

Retrouvez toutes les dates de projections sur le site du film.  

 

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Bourgognes bio : l'offre s'élargit

7 Juillet 2010 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bio

Le chiffre va faire bondir les puristes du bio : les ventes de vins de bourgognes certifiés en viticulture biologique ont progressé de 66% en grande distribution l'année dernière.

Le chiffre confirme la lame de fond bio qui traverse le vignoble bourguignon. La demande pour les vins issus de la viticulture biologique est croissante. Ils pèsent lourd dans le marché : 10% du chiffre d'affaires bio de la grande distribution. Grâce à un rythme soutenu des conversions d'exploitations, la IMG_2128.JPGBourgogne est chaque année mieux armée pour y répondre. La spectaculaire progression de 66% des ventes de bourgognes bio, enregistrée l'année dernière, le montre. Le total se monte à 138 000 bouteilles vendues. N'en déplaise aux puristes, c'est un pas de plus vers la démocratisation du bio. Ce sont presque exclusivement des vins d'entrée de gamme qui se retrouvent ainsi dans les linéaires :  bourgognes et bourgogne hautes-côtes.

Qui sont donc ces acheteurs ? L'institut IRI a mené l'enquête. Ce sont des femmes presque exclusivement (90%) contre 76% pour la moyenne alimentaire. Leurs motivations : elles recherchent des produits bons pour la santé et qui respectent l’environnement (74% pour les 2 affirmations), mais la qualité nutritionnelle (40%) et le goût/qualité (39%) sont à leurs yeux secondaires.

En attendant bio ou pas bio la thématique viticulture durable continue de s'installer dans les esprits bourguignons. Hier, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) tenait son assemblée générale. Il a été question d'objectif à l'horizon 2015. En quelques mots le but est : "Etre la référence mondiale des grands vins issus d'une viticulture durable".

Les débats se sont tenus sous les yeux du Catalan Jean-Louis Salies, président du Comité national des interprofessions des vins à appellation d'origine (CNIV). Ce dernier a conclu avec cette expression de félicitation aux Bourguignons : "Comme on disait par chez nous quand on labourait, il faut savoir lever les yeux plus haut que le cul de son cheval".

 Photo : Labours au cheval dans les vignes de Beaune en mai dernier. Témoignage des évolutions des pratiques culturales en Bourgogne. 

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