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365 jours en Bourgogne

Articles avec #biodynamie tag

Tous des profiteurs ?

27 Octobre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique, #Bio, #Biodynamie

La boite à insultes et anathèmes est grande ouverte depuis la divulgation des pitoyables pratiques du DG de Marie-Claire. Voici une autre petite histoire de journaliste. En passant... 

Vignes Bret BrothersC'est l'aventure de trois frères. Jean-Philippe, Jean-Guillaume et Marc-Antoine Bret. Ils ont grandi dans une ville nouvelle de la région parisienne (Elancourt). Bien loin de la roche de Solutré qui les voit aujourd'hui s'épanouir. "Nous passions toutes nos vacances à Vinzelles dans le Mâconnais. Notre grand-père maternel nous emmenait chez ses amis vignerons". La famille est également propriétaire de quelques parcelles de vignes confiées à la cave coopérative locale. Très tôt, les jeunes garçons ont projeté de reprendre l'exploitation de ce vignoble. De devenir vignerons. En 2000, Jean-Philippe et Jean-Guillaume donnaient donc un nouveau souffle au Domaine de la Soufrandière.
Ils passent énormément de temps à soigner leurs vignes et optent dès le départ pour la viticulture bio (ils sont depuis certifiés en biodynamie). Ceux qui ont vu le film de Guillaume Bodin (
La Clef des terroirs) auront un bon aperçu de leur approche. En 2002, ils présentent leurs premiers millésimes, alors mis en bouteille, à nos dégustations. Ils ont alors 28 et 27 ans. La qualité de leurs Pouilly-Vinzelles fait mouche dans nos sélections à l'aveugle. Ils sont mis en avant (BA 47), textes et photo, parmi les domaines à ne pas manquer. Ils connaissent alors pour la première fois les honneurs de la presse. Le domaine de la Soufrandière et l'activité de négoce qu'ils ont développés dans un deuxième temps (Bret Brothers) ont depuis régulièrement été mentionnés dans nos pages. La qualité de leurs vins a même encore franchi un palier ces derniers millésimes. Nous les avons d'ailleurs titrés "Vignerons de l'année" dans notre magazine à paraître début décembre. Je les ai rencontrés à nouveau ce lundi pour la rédaction de l'article qui accompagnera notre palmarès.

Dois-je le préciser, rédacteur en chef adjoint de ce magazine, je n'ai jamais reçu aucune gratification de leur part (pas de coffre rempli de bouteilles pour ces articles), les frères Bret n'achètent pas d'espaces publicitaires dans nos pages. Ils ne sont pas de ces "gros opérateurs" disposant d'un budget conséquent pour s'offrir des campagnes de presse ou de relations publiques. 

Vous l'aurez compris, l'envie m'est venue d'écrire ce post en lisant les réactions à la pitoyable histoire du DG de Marie-Claire. L'homme qui s'invitait accompagné dans les restaurants de son choix pour de prétendues raisons rédactionnelles...  (lire ici). A la lecture des réactions du type  "les journalistes se croient tout permis c’est bien connu !", "tous des profiteurs", "rois de l’avantage en nature", j'aimerais signaler par cet exemple que tous les journalistes ne se reconnaissent pas dans le type de comportement de cadre d'un groupe de presse. J'en connais de nombreux parmi mes collègues. Et pour prendre un peu de hauteur, j'invite ceux qui ont l'insulte et l'amalgame faciles, devant leurs écrans d'ordinateurs, à lire un rapport de Reporters sans frontières. Histoire de rappeler que, parmi les titulaires de la carte de presse, un certain nombre d'entre eux n'ont plus, ou n'auront plus la chance, de payer leurs additions en sortant du restaurant.
Journalisquement vôtre !

Photo : Les vignes des frères Bret dans l'objectif de Guillaume Bodin. 

 

Ps : Une anecdote montrant que le goût de l'avantage en nature n'est pas le monopole d'une profession en particulier. Un négociant retraité de Beaune m'a raconté qu'un jour son banquier organisait une fête pour une occasion quelconque. Ce dernier lui a demandé : "Vous n'auriez pas des bouteilles à nous donner puisque vous en avez beaucoup à disposition". Le négociant lui a répondu : "Avec plaisir, en échange vous n'auriez pas de l'argent à me donner puisque vous en avez beaucoup à disposition !"

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