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365 jours en Bourgogne

Articles avec #climats au patrimoine de l'humanite tag

ClimaVinea : les Climats de Bourgogne dans votre téléphone

7 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Riche actualité pour les Climats de Bourgogne ! Après être entrés au Patrimoine mondial de l’Humanité, samedi dernier, ils font leur arrivée dans l’ère numérique. Une application, ClimaVinea, leur est entièrement consacrée.

Leur ambition : mettre les Climats de Bourgogne dans votre poche. Ils n’ont rien trouvé de plus efficace qu’une bonne application pour y parvenir : ClimaVinea. Elle est née de la rencontre entre Pierre Cohen-Tanugi, ex-directeur général des Editions Gallimard, et surtout amoureux des vins de Bourgogne, et Sylvain Pitiot ex-régisseur du Clos de Tart, auteur d’un atlas et d’un livre qui font autorité.

En fait cette application est l’adaptation de Climats et lieux-dits de Bourgogne, de ses fameuses carte des Côtes de Beaune et de Nuits, éclairées par le travail de Marie-Hélène Landrieu sur l’origine de ces noms de parcelles. Elle permet bien-sûr de se géolocaliser pendant une balade dans le vignoble. Le tout est complété par un who’s who : les portraits de 132 domaines et maisons, ainsi que d’un répertoire encyclopédique sur l’histoire, la culture, la viticulture des grands vins de Bourgogne. Un puissant moteur de recherche permet d’explorer cette riche base de données. Son seul défaut : ne pas être (encore) disponible sur Android.

L’application, bilingue français/anglais, disponible sur l’App Store, 24,99 euros.

Trois questions à Pierre Cohen-Tanugi :

Comment est née l’idée de cette application ?

Il y a une dizaine d’années, suite à ma rencontre avec Sylvain Pitiot, nous avons envisagé de faire des livres ensemble. Et puis nous nous sommes dit : le monde change, il faudrait faire quelque chose pouvant circuler, voyager. Il faut faire une application numérique mobile, quelque chose que les gens peuvent emmener avec eux. A ce moment-là, Sylvain était en train de terminer sa toute nouvelle cartographie.

Le livre Les Vins de Bourgogne a été mis à contribution également.

Nous avons repris le Vademecum de « Les Vins de Bourgogne », qui est vraiment la Bible, sous une forme différente et complémentaire du livre. Un outil que l’on puisse interroger de manière interactive. L’idée est que cela serve aussi bien à des collectionneurs qui connaissent déjà le terrain, qui ont besoin d’avoir accès à une information très fine, très précise (la surface de chaque climat, ces différents lieux-dits). Et puis que cela serve aux gens qui se promènent dans le vignoble, qui veulent se géolocaliser. Nous avons aussi ajouté, par rapport aux ouvrages de Sylvain, une présentation des personnes qui font le vin à travers des portraits d’un peu plus de 130 domaines.

Comment les avez-vous choisis ?

Il y a une forme de consensus des critiques autour des 20-30 plus grands domaines et maisons de Bourgogne. Mais il fallait présenter au moins une centaine de domaines, davantage susceptibles d’avoir du vin à vendre. Nous avons rapproché les points de vue de trois grands critiques qui ont une audience internationale : Allen Meadows, Michel Bettane et Steve Tanzer. L’idée était que les domaines présentés soient critiqués favorablement depuis au moins 5 millésimes par deux d’entre eux. Nous avions également suivi les commentaires d’autres critiques comme Antonio Galloni, Jancis Robinson, Andrew Jefford, Jasper Morris etc. Nous n’avons aucune relation commerciale avec les domaines présentés. Nous faisons de l’information simplement, comme un guide.

Le site : www.viavinea.com

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"Le berceau de la viticulture de terroir" entre au patrimoine de l'humanité

4 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

La réaction (audio) d'Aubert de Villaine devant le Comité du patrimoine mondial de l'humanité après l'inscription des Climats du vignoble de Bourgogne. Le cogérant du domaine de la Romanée-Conti et président de l'association qui a porté le dossier parle de la Bourgogne comme du berceau de la viticulture de terroir.

"Du fond du cœur je vous remercie. Les Climats de Bourgogne que vous venez d'inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité sont l'héritage d'une très longue histoire qui uni des hommes, une culture, une terre, une plante noble : la vigne. Cette incomparable mosaïque de terroirs, les Climats, sont un vignoble regardé par tous les vignerons du monde, que je salue aujourd'hui, comme le berceau de la viticulture de terroir ; celle qui identifie le vin le plus finement possible avec le lieu où est implanté la vigne qui le produit. Outil de travail des hommes, mais aussi paysage et creuset d'une culture unique, les Climats forment un bien complexe à appréhender.

Nous remercions Icomos (Ndlr : le cabinet d'expertise de l'Unesco) d'en avoir compris toute la richesse. Je pense aujourd'hui à ces générations de vignerons, qui depuis 2 000 ans, ont travaillé sur les Climats, ces hommes et ces femmes qui ont façonné cette terre noble, mais dure, par un labeur millénaire pour y produire des vins qui sont parmi les plus recherchés de la planète.
Ce qui a été remarquable, c'est combien la candidature au patrimoine mondial a créé chez tous les acteurs du territoire une importante, et j'espère durable, prise de conscience de la responsabilité que nous avons tous de conserver l'intégrité et l'authenticité d'un tel territoire qui depuis des siècles a permis à des communautés humaines de vivre et de se développer harmonieusement.

La reconnaissance par l'Unesco du modèle de terroir bourguignon est révélatrice de l'importance pour l'humanité des productions agriculturelles fondées sur une extrême diversité et la recherche d'excellence à travers des structures productives familiales de petites tailles. Il est essentiel de les préserver et de les promouvoir. Cela aussi vous l'avez compris.

Je remercie du fond du cœur tout ceux qui se sont mobilisés pour bâtir notre dossier de candidature, je suis fier pour eux et pour tous ceux qui nous ont accompagné dans la longue aventure qui nous amené jusqu'à cet hémicycle pour voir légitimer par vous la candidature d'un grand patrimoine viticole français, qui devient aujourd'hui patrimoine du monde.

C'est un grand jour pour nous, un jour de joie et de fierté mais surtout un jour qui s'ouvre sur l'avenir. Le site des Climats, je le répète, est un site vivant. Il nous appartient aujourd'hui de le conserver ainsi : vivant, ouvert sur le futur et fort des valeurs que vous lui avez reconnues et que nous nous engageons aujourd'hui à sauvegarder." 

lgotti sur
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Les Climats de Bourgogne à l’Unesco : c’est fait !

4 Juillet 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Un modèle de viticulture unique et millénaire est enfin sanctuarisé : les terroirs de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune ont été inscrits ce jour au Patrimoine mondial de l’humanité. Une consécration qui doit conforter la Bourgogne dans sa vocation d’excellence.

Une mince bande de terre, se déroulant au sud de Dijon, a vu naître les "climats" de Bourgogne. Une définition du terroir qui n’existe nulle part ailleurs. Avec eux ont émergé une viticulture de haute qualité, reliant avec une précision exceptionnelle, la qualité d’un vin à son origine.

Ils font l’objet, depuis 2007, d’une démarche d’inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Elle a abouti ce jour, lors de la 39e session du Comité de l’Unesco qui se tient à Bonn (Allemagne).

L’existence presque miraculeuse et très localisée de ce vignoble (9 000 ha seulement), s’explique par une succession d’événements. Le sous-sol bourguignon s’est constitué lors du Jurassique, il y a 150 millions d’années. La mer tropicale qui recouvrait alors la région a laissé des sédiments qui ont donné au sol son caractère argilo-calcaire.

La côte, quant à elle, a émergé il y a trente millions d’années par effondrement de la vallée qui courait de l’Alsace au Beaujolais. Il en est ressorti un mince "talus" (d’environ 500 mètres d’altitude aujourd’hui) reposant sur ce fameux socle calcaire recouvert d’une mince épaisseur d’argile. Le tout idéalement exposé au soleil pour permettre aux raisins de murir à des latitudes septentrionnales, a priori peu favorables.

Il faut également insister sur le rôle des hommes dans cette aventure. Un véritable entêtement de civilisation. Moines clunisiens et cisterciens, ducs de Bourgogne, négociants voyageurs, simples familles vigneronne, etc. Ils ont fait le choix de tirer le meilleur parti de ces éléments, favorables ou non. Ce choix de l’excellence a été encouragé selon les époques par des contraintes géographiques, des considérations politiques ou plus simplement des intérêts commerciaux. Aujourd’hui, après avoir fait vivre des générations de viticulteurs, le vignoble bourguignon se distingue par son maillage d’exploitations (elles sont un peu plus de 4 000 pour 20 000 emplois directs). Des structures bien souvent familiales. Là, s’est ancré un lien presque congénital à la terre.

Ces deux siècles d’histoires n’ont pas été un chemin pavé de roses. Si la Bourgogne jouit d’une notoriété largement enviée, cela n’a pas été toujours le cas. Y compris dans les périodes récentes. Aubert de Villaine confiait il y a quelques années que les comptes d’exploitation du domaine de la Romanée-Conti, dont il est le co-gérant, n’était pas particulièrement flatteurs dans les années 1970… (lire également cette interview).

Il y encore quelques semaines cette inscription était loin d'être acquise (lire ici). Il faut saluer le travail des initiateurs de ce projet : Aubert de Villaine qui a incarné avec conviction, opiniâtreté et autorité cette démarche, ainsi que l’association qui l’a fait vivre au jour le jour. Le travail de l'Ambassadeur de France à l'Unesco, Philippe Lalliot, a aussi été primordial (son interview ici).
 Avant même ce dénouement heureux, les retombées sont inestimables.
Cette démarche a conduit les Bourguignons à définir ce qui fait la valeur universelle exceptionnelle de leur vignoble. « Elle nous permet de mieux prendre conscience que l'outil que nous avons entre les mains est extrêmement précieux. Il faut absolument le préserver et le transmettre aux générations futures. », conclut Aubert de Villaine

 

Entre les temples d’Égypte et les monuments d’Angkor …

En 1959, un événement a suscité une prise de conscience internationale sur l’existence d’un patrimoine commun à toute l’humanité : la décision de construire le barrage d’Assouan en Égypte. Ce dernier aurait inondé la vallée où se trouvaient les temples d’Abou Simbel. En 1959, l’Unesco a décidé de lancer une campagne internationale pour sauvegarder ces monuments et procéder à des recherches archéologiques.

Finalement, en 1972, a été ouverte une liste de biens considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle. "Le but du programme est de cataloguer, nommer, et conserver les sites dits culturels ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité." L’Unesco est l’organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture.

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Dans la magie des Perrières

26 Mai 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Climats au patrimoine de l'humanité

Puissance sans exubérance, minéralité, longueur et capacité de vieillissement… Les Perrières est le fleuron des terroirs de Meursault. La semaine des Climats a été l'occasion d'en faire le constat, dégustation de 9 cuvées à l'appui.

La Côte viticole bourguignonne est certes le pays de la vigne. C'est aussi celui de la pierre. Les Perrières, à Meursault, en constituent une superbe illustration. Tant visuellement que gustativement. Le caillou y est partout. Sous nos yeux quand on s'y rend, dans nos verres quand on le déguste. Plus précis encore qu'une évocation minérale, le nom de ce climat renvoie à son exploitation : les carrières. Les nombreux fronts de taille encore visibles en rendent compte. Les pierres de la flèche de l'église de Meursault, par exemple, sont issues des Perrières.

Le musée du vin de Beaune a accueilli une quarantaine de dégustateurs, samedi dernier, pour une séance exceptionnelle d'A Portée de vins. En présence de deux viticulteurs du cru Jean-Marc Roulot (Domaine Roulot à Meursault) et François Bitouzet (Domaine Bitouzet-Prieur à Volnay). Et bien aidés dans nos tribulations par une carte parcellaire présentée à cette occasion*. Voici par le menu le compte rendu d'une matinée placée sous le signe du calcaire.

Château de Meursault 2012 - Perrières dessus (1 ha)
Longtemps le Château a assemblé ses Perrières avec ses Charmes (le premier cru situé de l'autre côté de la route plus bas). Depuis 2009, la cuvée est isolée. Le vin présente une robe soutenue, assez brillante. Le premier nez est expressif, sur des notes d'élevage plutôt marquées mais le boisé est fin. L'aération lui assure un surcroît de classe et de précision. La palette aromatique s'affirme sur un registre de fraîcheur, avec une tonalité d'agrumes. Les notes boisées s'estompent au fil du temps et des touches citronnées et minérales finissent par s'imposer. Un vin encore dans sa prime jeunesse. Mais qui laisse déjà percevoir de bonnes dispositions pour le vieillissement. Son ampleur en bouche est assez notable pour un Perrières-Dessus, secteur réputé plus longiligne que puissant.
 

Domaine Jean-Marc Roulot 2012 – Perrières Dessous (0,26 ha)

"La parcelle a été achetée par mes parents en 1976 et partagée avec le domaine Matrot. Pour un prix dérisoire à l'époque…, précise en introduction Jean-Marc Roulot. Le terroir des Perrières est toujours au rendez-vous. Il tourne comme une horloge tous les ans. C'est un terroir précoce. L'élevage est de 18 mois dont 12 mois de fûts et six mois en cuve inox".
La robe est d'une couleur moyennement soutenue. Le nez se tient sur la réserve (un peu de réduction fait remarquer Jean-Marc Roulot) avec des notes légèrement florales (chèvrefeuille). La minéralité semble très évidente sur ce vin. Le deuxième nez laisse percevoir une gamme aromatique d'une grande netteté, très précise, très droite. L'élevage sous bois est quasi imperceptible. Les notes minérales et florales vont crescendo.

La bouche très nette, fine, avec un rien d'austérité. Elle s'avère surtout infiniment longue sur un caractère de pierre à fusil rémanent. Un Perrières de caractère et d'élégance. De grande garde aussi.

Domaine Jacques Prieur 2011 – Perrières Dessous (0,27 ha)

Le vin se présente dans une robe assez soutenue. Le premier nez est plutôt expressif sur des notes de torréfaction, de fruits secs (amandes grillées, noisettes), avec un caractère légèrement beurré. sur ce millésime plus précoce que 2012,  la maturité du raisin est certainement plus poussée. A l'aération, le fruit adopte une petite pointe exotique, figuée et légèrement miellée. En bouche, le contraste est assez saisissant avec le Perrières précédent. Cette bouteille joue davantage sur la suavité, la rondeur, avec un bel élevage qui devrait se fondre avec le vieillissement.



 


Domaine Michel Bouzereau 2011 - Perrières-Dessous et Perrières-Dessus (0,41 ha)

La robe affirme une nuance dorée soutenue. Le premier nez est assez réservé. Une certaine délicatesse s'exprime, bien que la maturité du fruit, et une note légèrement vanillée, se fassent néanmoins sentir. A l'aération, un deuxième nez se met en place assez doucement (nuances de pomme, de pêche). Les arômes restenht relativement difficiles à cerner pour l'instant. En bouche, la matière est très consistante et tapisse le palais avec beaucoup de concentration et de rondeur. Une légère pointe d'acidité en finale lui assure de la fraîcheur. Ce vin apparaît encore un peu dissocié à ce stade avec le gras d'un côté et l'acidité de l'autre. Il montre une belle assise pour autant.





Domaine Comtes Lafon 2011 - Aux Perrières et deux parcelles de Perrières Dessous (0,91 ha)

La robe est parfaitement limpide d'une couleur peu soutenue. On retrouve des reflets verts. Premier nez bien ouvert, fin et délicat avec un caractère floral. Sa richesse est évidente dès la première approche. Le fruit sec se mélange à la minéralité. On retrouve la complexité du terroir des Perrières dans toute sa gamme. Le fruit (pêche fraîche) prend davantage d'espace à l'aération. Un nez d'une grande délicatesse et netteté.
En bouche, le qualificatif "harmonieux" est ici tout sauf galvaudé. Le vin se dévoile avec une grande cohérence dès l'attaque en bouche. Sa texture, très subtile, monte en puissance au fil de la dégustation. Une petite pointe de fraîcheur en finale lui assure de la longueur. La rétro-olfaction est persistante. D'une capacité de vieillissement indiscutable, cette cuvée déjà parfaitement en place offre beaucoup de plaisir dès maintenant.

Domaine Bitouzet-Prieur 2011 - Perrières-Dessous (0,27 ha)

"La parcelle a été replantée en 1983. Plus les années passent, mieux la vigne se porte. Nous n'avons jamais de mauvaise surprise en Perrières même si parfois l'austérité naturelle du vin implique davantage de temps pour atteindre le meilleur. L'élevage s'étale sur 11 à 12 mois en fûts, avec peu de bâtonnages, et quelques mois en cuve inox, 4 à 6  selon les millésimes", expose François Bitouzet.

La robe est limpide, bien brillante, d'une couleur assez soutenue. Au premier nez, les notes aromatique font leur chemin doucement, sur une dominante de fruits secs, de pâte d'amande. Une tonalité de raisin à bonne maturité mais sans exubérance. Le deuxième nez est un peu plus ouvert avec une montée en puissance régulière et gagne en fraîcheur.

En bouche, la matière se livre sur la pointe des pieds mais avec une certaine consistance ; la trame est minérale. Une structure qui demande à s'affirmer au vieillissement.

Domaine Bitouzet-Prieur Millésime 2007 (en magnum) – Même parcelle

François Bitouzet introduit cette cuvée en précisant que 2011 et 2007 étaient les millésimes les plus précoces qu'il ait connus jusqu'ici (il est revenu au domaine en 2005). "En 2007, les vendanges ont commencé tout début septembre. Les deux millésimes sont intéressants à comparer. Je prête une grande attention à la date des vendanges".

La robe est étonnamment jeune et ne présente aucun signe d'évolution notable. La couleur se montre aussi peu soutenue. Le premier nez dénote une belle profondeur, de l'intensité sur un caractère de pierre à fusil, un peu fumé. Une première approche assez monolithique. A l'aération, il s'ouvre sur un caractère iodé, marin, puis viennent des notes de fleurs blanches. En bouche, la texture commence nettement à se patiner. La minéralité s'est fondue dans la matière du vin. Un caractère miellé s'exprime. Le millésime n'était pas propice à la production de vin d'une ampleur notable, pour autant ce Perrières se montre très équilibré, harmonieux et net. Il semble parti pour une longue carrière, si on lui en laisse le temps…

Domaine Albert Grivault 2002 - Perrières Dessous (1,5 ha)

Potentiellement 2002 est un joli millésime tout en concentration et en équilibre. Malheureusement certaines cuvées sont victimes du phénomène d'oxydation prématuré. Rien de tel sur ce Perrières à la robe or-dorée brillante et d'une très belle profondeur. L'évolution a fait son œuvre mais rien d'alarmant. Le nez relativement expressif est puissant. Il livre des notes complexes, de fruits secs, d'agrumes confits. Une touche miellée délicate (acacia) s'ajoute à cette palette. A l'aération, des notes plus évoluées (coing, pomme au four) s'expriment. En bouche, la texture se montre ample, gourmande. Elle dégage une sensation de plénitude et de parfait équilibre. Un vin à boire maintenant avec un poisson de ligne, un poulet de Bresse, un fromage à pâte molle…

Domaine Albert Grivault – Clos des Perrières 2008 – (0,94 ha)

Pour avoir goûté quelques millésimes, parfois de plusieurs décennies d'âge, du Clos de Perrières, il m'a semblé d'expérience qu'il fallait réserver le Clos pour la fin (bien que d'un millésime plus récent que la cuvée précédente). Ce climat à part entière nous livre effectivement le vin le plus puissant, le plus profond aussi de cette série. Sa robe est encore très jeune, à peine dorée. Le premier nez est assez réservé. Il dévoile sa minéralité avec sobriété. Des notes légèrement grillées et une pointe végétale noble (feuilles de menthe froissées) lui assurent un caractère bien à lui. Le deuxième nez monte nettement en vigueur, sans que sa palette aromatique ne se fatigue. En bouche, c'est le vin le plus opulent dégusté lors de cette matinée. Densité, matière, grande longueur et minéralité sont au rendez-vous.

Conclusion : de l'interprétation des terroirs

Qui douterait que les Perrières n'est pas l'un des plus grands terroirs de blanc en Bourgogne ? Cette très belle série confortera ceux qui voient dans ce climat un grand cru potentiel. Le débat n'est pas nouveau et ne sera pas tranché avant quelques années… En revanche la dégustation n'a pas clairement mis en évidence de typicité propre aux différents lieux-dits de ce Climat. Bien que les Perrières-Dessus soient réputés pour donner les vins les plus stricts, tandis que les Perrières-Dessous produiraient les cuvées les plus puissantes. L'interprétation du terroir réalisée par le vinificateur reste une donnée importante en Bourgogne aussi. Le Perrières de Jean-Marc Roulot et celui du domaine Prieur, issus pourtant de parcelles proches (certes pas du même millésime) sont de profils bien distincts. Mais rien ne dit que ces deux vins ne se rejoindront pas avec le vieillissement... (Photo : le sol d'argile brun recouvert d'un cailloutis calcaire du Clos des Perrières)

La carte murale est disponible au prix de 19,90 € (format 80 cm x 60 cm).  Possibilité d'expédition par voie postale. Livraison sur Beaune. Sur demande : l.gotti@aportee-de-vins.com

Carte Meursault premier cru Perrières

Carte Meursault premier cru Perrières

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"6 semaines pour convaincre"

16 Mai 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Suite à l'avis de renvoi des experts de l'Unesco (lire ici) voici la réaction d'Aubert de Villaine et Guillaume d'Angerville, présidents de l'association pour le classement de Climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l'humanité.

Il s concluent ainsi leur analyse de la situation : "Nous disposons de 6 semaines pour convaincre et expliquer. Tous nos efforts désormais vont porter, en collaboration avec l'ambassadeur de France, vers les réponses à fournir aux recommandations d'Icomos (ndlr : le cabinet d'expertise)".
Ils évoquent également "un rapport d’expertise très positif, validant la Valeur Universelle Exceptionnelle des Climats du vignoble de Bourgogne ainsi que le périmètre, les conditions d’intégrité et d’authenticité et la qualité du plan de gestion." (...)
"L’avis de renvoi est un avis consultatif et non une décision, laquelle appartient aux 21 Etats membres du Comité du Patrimoine mondial qui voteront en juillet 2015. Ces remarques contenues dans l’avis de renvoi ne sont pas de nature à remettre en cause l’inscription finale, que ce soit cette année ou à moyen terme. (...)

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Les Climats de Bourgogne renvoyés !

15 Mai 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

Toute la semaine, la Bourgogne a vécu dans l'attente fébrile de l'avis des experts mandatés par l'Unesco. C'est un renvoi ! Une mauvaise nouvelle ? Oui, mais les espoirs d'un classement au patrimoine mondial de l'humanité, fin juin, ne sont pas anéantis pour autant.

Les oiseaux de mauvais augures avaient malheureusement raison. Les quelques échos, pas tout à fait optimistes, de personnalités proches du dossier, entendus cette semaine étaient donc fondés... Les Climats de Bourgogne n'ont pas obtenu l'adhésion pleine et entière des experts chargés de rendre un avis. C'est un renvoi. Selon ces derniers, le projet doit être revu ou complété,  et représenté dans les 3 ans.
L'un de ces experts s'est rendu en septembre dernier sur le terrain. D'autres ont examiné de près les dossiers scientifique et de gestion du site préparés de longue date. Une série de question du cabinet adressé à l'association durant l'hiver a donné lieu à des réponses copieusement argumentées : une centaine de pages !
A travers ces questions se dessinaient les handicaps de la candidature bourguignonne. "Les experts font remarquer que le périmètre est grand. Il faut expliquer la cohérence, ce rapport entre l'espace urbain et rural, entre des terroirs et toute l'histoire qu'il y a derrière. Le patrimoine naturel et le bâti. C'est le cas de beaucoup de dossiers, leur faiblesse est inhérente à leur complexité. Pourquoi ce site-là et pas un autre ?", exposait Philippe Lalliot, ambassadeur de France à l'Unesco, dans une interview qu'il nous accordait il y a quelques semaines. Lire la totalité de l'entretien.

Après huit ans de travail acharné, les initiateurs du projet attendaient mieux. Le ciel ne leur est pas tombé sur la tête pour autant. Un différé (projet à revoir en grande partie), ou pire, un refus, auraient été un véritable coup d'arrêt. La course à l'inscription dès cette année n'est pas perdue. L'avis du cabinet est consultatif seulement.
Il revient aux ambassadeurs des 21 pays membres du comité de l'Unesco de prononcer le verdict final, entre le 28 juin et le 8 juillet à Bonn (Allemagne). Et Philippe Lalliot s'est bien démené pour promouvoir le dossier auprès de ses collègues. Ces derniers sont peut-être déjà conquis !
En attendant, cette semaine le Chambertin Clos de Bèze (photo), considéré comme le doyen des clos de Bourgogne, paraissait serein et exhalait des senteurs d'iris. Du haut de ses presque 1 400 printemps, il en a vu bien d'autres...

 

La réaction d'Aubert de Villaine et Guillaume d'Angerville, présidents de l'association. C'est ici.

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"Les climats de Bourgogne résonnent très loin"

22 Avril 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

C'est la dernière ligne droite pour le dossier d'inscription des climats de Bourgogne à l'Unesco. Philippe Lalliot, ambassadeur de France à l'Unesco, sera le dernier relayeur. De bonnes raisons d'y croire ? Une partie de la réponse repose entre ses mains…

L'idée très bourguignonne de "climat" est complexe, comment est-elle perçue dans une instance internationale comme l'Unesco ?
C'est une notion très intéressante. Elle dit bien ce qu'elle veut dire… quand on la connaît. Mais elle reste difficile à traduire. Dans le cadre d'une candidature Unesco, il faut utiliser les six langues des Nations-Unies ! Et cette notion-là n'a pas d'équivalent en anglais, en russe, en chinois. C'est compliqué, mais une fois que l'on est entré dans cet écosystème, cela se comprend très bien et résume la cohérence de la candidature (voir la définition dans ce billet).
Le risque était de réduire la candidature au seul vignoble. Cette idée de climat traduit tout ce qu'il y autour, même si la base reste la vigne et ses productions. Quand je dis autour, c'est dans l'espace et dans le temps. Les climats sont beaucoup plus que de simples alignements de vignes.

Connaissiez-vous la notion de climat avant la candidature ?
Oui, la Bourgogne est une région pour laquelle j'ai un attachement particulier et personnel. J'ai habité à Dijon entre 6 et 16 ans. Mais ce dossier m'a permis de découvrir toute la beauté, la complexité des climats.

En Bourgogne cette notion était aussi vaguement connue, la candidature a effectivement permis de mieux la connaître, y compris dans la région…
Exactement. Elle a été remise dans l'actualité, dans la modernité aussi peut-être.

Etes-vous confiant quant à l'issue des candidatures bourguignonne et champenoise ?
Oui (sans aucune hésitation). Enormément de travail a été accompli pendant ces dix ans. Un travail très précis, pointu, professionnel. Le dossier est un mélange de thèse universitaire de niveau international et de beau livre avec une iconographie, des cartes splendides. A cela, il faut ajouter les différents livres publiés et les deux dernières séries de réponses aux questions posées par Icomos (Ndlr : le cabinet d'experts chargé de donner un avis sur la pertinence de l'inscription), soit une centaine de pages supplémentaires.

La nature de ces questions n'a-t-elle pas remis en cause la compréhension que les experts ont eu des dossiers ?
Non, au contraire. Icomos a décidé d'avoir un dialogue plus serré avec les personnes qui portent les candidatures, notamment après les visites sur le terrain. Ce dialogue est normal. Il montre d'ailleurs par sa précision qu'il y a un intérêt de la part des experts et la nécessité d'éclaircir un certain nombre de points.
Il y a des candidatures plus ou moins faciles, à soutenir ou à vendre. Celles de la Bourgogne et de la Champagne suscitent un intérêt spontané. Contrairement à d'autres candidatures, parfois plus confidentielles ou plus difficiles techniquement à appréhender, ces deux-là ont un capital de sympathie qui éveille tout de suite la curiosité. Nous avons organisé plusieurs voyages en Bourgogne et Champagne pour mes homologues. Ils veulent aller sur place. J'ai eu des retours du dernier voyage : les gens ont apprécié la visite du Clos de Vougeot, des Hospices de Beaune, ils ont aimé se promener dans les vignes avec Aubert de Villaine (co-gérant du Domaine de la Romanée-Conti et président de l'association pour l'inscription des Climats à l'Unesco) pour guide.

Y compris des personnes qui n'intègrent pas la vigne et le vin dans leur culture ?
Oui, y compris des gens qui ne boivent pas de vin. J'ai fait le déplacement en Bourgogne avec mon homologue du Quatar par exemple. Il ne boit pas de vin. Il n'empêche, il est très intéressé par la culture existant autour de la vigne. Nous avons toutes les raisons d'être optimistes. Il ne faut cependant pas préjuger des recommandations des experts, ni de la décision du comité. Il ne faut pas être arrogant et partir du principe que le dossier étant beau, bien conduit, l'issue est forcément assurée. Il faut continuer très sereinement à faire de la pédagogie, expliquer pourquoi la France présente cette candidature. Quelle est la valeur ajoutée par rapport à la liste existante, expliquer les engagements pris. C'est aussi un point intéressant : pendant assez longtemps, nous avons estimé que l'inscription était un but en soi. En fait, ce n'est pas un point d'arrivée mais un point de départ. Les engagements pris font l'objet d'un suivi de plus en plus attentif et c'est bien comme cela. Le club est aujourd'hui à ce point prestigieux qu'il ne peut pas se permettre d'accueillir des canards boiteux.

Quels sont les points faibles du dossier ?
Il n'y a pas de dossier sans faiblesse. Même le dossier de la grotte Chauvet, pourtant une caricature de dossier évident en avait un : c'est une grotte fermée au public. Quel sens revêt le classement d'une grotte fermée ? Il a fallu expliquer ce qu'on faisait pour permettre le plus large accès à ce site tout en le protégeant.

Sur les dossiers champenois et bourguignon, les experts font remarquer que le périmètre est grand. Il faut expliquer la cohérence, ce rapport entre l'espace urbain et rural, entre des terroirs et toute l'histoire qu'il y a derrière. Le patrimoine naturel et le bâti. C'est le cas de beaucoup de dossiers, leur faiblesse est inhérente à leur complexité. Pourquoi ce site-là et pas un autre ? Expliquer aussi la valeur ajoutée par rapport à la liste.

Qui faut-il convaincre finalement ?
Il y a un temps pour les experts qui regardent les dossiers précisément. Il y a un deuxième temps et un deuxième public : le comité lui-même. Un diplomate de chaque pays qui siège conduit la délégation d'experts autour de lui. Il peut y avoir une dizaine ou une vingtaine de personnes. Le diplomate n'est pas un spécialiste. Il faut lui expliquer quelques finesses, mais aussi lui faire apprécier concrètement la candidature. Nous avons le grand avantage d'être l'état du siège de l'Unesco et d'avoir cette possibilité de les emmener sur place, ils adorent sortir de Paris. Les choses ne sont plus désincarnées.

Que retenez-vous personnellement de ces dossiers ?
Leur valeur universelle vient, dans les deux cas, de l'adjonction d'un vignoble et de son histoire ainsi que d'éléments bâtis dont il faut assurer la protection. Certains pensent que l'on n'a pas besoin du label Unesco aussi prestigieux soit-il. Pourquoi diable s'être lancé dans cette histoire ? Beaucoup connaissent le vin de Bourgogne et de Champagne mais très peu connaissent les terroirs, les savoirs-faire qui y sont associés, l'histoire accumulée au cours des siècles. Le label Unesco sera certes une récompense internationale mais il nous aidera à protéger et à promouvoir cela. L'idée n'est pas de mettre un site sous cloche, de le "muséifier", mais de trouver un mode de développement qui préserve ce qui existe tout en permettant d'évoluer.

Il existe un débat sur la pression foncière, la spéculation sur les vignes. Ce phénomène pose de sérieux des problèmes de transmission aux générations suivantes. Certains pensent que l'inscription Unesco va amplifier le problème. Qu'en pensez-vous ?
Le marché du vignoble connait sa dynamique propre. Elle tient à la rareté des vignes à vendre d'une part et d'autre part à l'exceptionnelle qualité des vins. Le label Unesco ne fera pas varier ce marché, même pas à la marge. Le prix des causses des Cévennes n'a pas flambé au lendemain du classement ! Quand on regarde les sites inscrits, nous constatons des retombées touristiques fortes, mais pas toujours. Selon la catégorie des biens, certains ont un potentiel touristique, d'autres en ont peu.

Ces deux dossiers ne sont-ils pas l'occasion de réconcilier les politiques publiques de la France avec ses vignobles ?
C'est un débat derrière nous j'espère. Ce type de réflexion pouvait être justifié il y a encore quelques années voire quelques mois. Un virage remarquable a été pris grâce à Laurent Fabius. Il a remis à l'honneur tout ce qui a trait aux forces touristiques françaises, notamment tout ce qui touche à la gastronomie et au vin. A titre personnel, j'ai toujours pensé - c'est mon expérience lorsque j'étais à l'étranger - qu'il fallait vendre la France Hi-Tech, sans oublier nos forces plus traditionnelles. J'ai été en poste à New-York, les grands amateurs de vins français sont une mine de francophilie. Par le vin, ces gens sont amenés à aimer la France pour beaucoup d'autres choses. C'est un bon instrument pour vendre la France à l'étranger. On est tous d'accord sur les enjeux de santé publique, de sécurité routière. Mais pour autant le discours a radicalement changé je trouve.

Le monde du vin regorge de personnalités fortes. Que retenez-vous de ces contacts ?
Lors de ma prise de fonction, j'ai découvert que l'âme de la candidature bourguignonne était le patron de la Romanée-Conti. Je l'ai rencontré rapidement. Nous avons mis en place une série de voyages en Bourgogne avec 3 ou 4 de mes homologues. L'occasion de passer au domaine de la Romanée-Conti… Aubert y tenait. Vous avez raison : pour qu'un dossier aille au bout, il faut des personnalités fortes. Cela signifie de s'impliquer sur 10 ans. Il faut de la constance, une conviction chevillée au corps.

Pour vous, le vin est-il un objet de culture au même titre qu'un livre, un tableau, etc. ?
Le grand avantage de la France est d'avoir une palette de vins. Du vin agréable sans prétention jusqu'à l'exceptionnel. Le vin est certainement une partie de notre culture, avec tout ce qu'il charrie avec lui. Il y a un plaisir très charnel à déguster un vin, qu'on peut retrouver avec des livres. On en trouve de très beaux dans d'autres pays du monde, mais le vin reste très français. Quand on a vécu à l'étranger, on sait que peu de choses sont associées aussi directement à la France que le vin.

Cette candidature bourguignonne n'est pas elle aussi l'apologie de cette complexité ?
Oui, il ne faut surtout pas forcer sa nature. Nous avons connu à une époque un discours vers l'uniformisation, pour ne pas dire la standardisation. Nous sommes revenu de tout cela. La complexité qui était une faiblesse peut devenir une force, une beauté même. Elle se conjugue avec diversité. Cette candidature est exemplaire de ce côté. Elle aide à réfléchir sur ce qu'est le patrimoine mondial. Il y a eu toute une période facile, que j'appelle "Versailles – Taj Mahal", lors de la création de liste en 1972. Aujourd'hui, elle comporte un peu plus de mille biens. On y trouve un mélange de matériel et d'immatériel, de rural et de bâti, de géographie et d'histoire. Il existe de nouvelle forme de patrimoine. Les candidatures de la Bourgogne et de la Champagne arrivent à un moment particulier de l'histoire de la liste. Elles sont un bel exemple de son renouvellement. Elles sont très ancrées dans un terroir, un territoire, mais on s'aperçoit qu'elles résonnent très loin.
Avec cette histoire de climat, on comprend qu'il existe les mêmes ressorts dans des domaines qu'on imaginait pas : la production de thé, de café. Ces 1200 parcelles de Bourgogne, elles résonnent très, très loin. Il faut être à la hauteur de cette exemplarité.

Que direz-vous aux Champenois et aux Bourguignons à l'annonce de cette inscription éventuelle fin juin-début si tout se passe bien ?
Bravo, tout simplement. Ce sera une grande fierté pour nous aussi. Je l'ai vécu avec la grotte Chauvet. C'est une énorme émotion, avec toute la solennité d'un comité, 1500 personnes… La vague médiatique va très vite. Emotionnellement, il n'existe pas beaucoup de moments comme ceux-là. J'espère que cela sera un double bravo, bourguignon et champenois.

 

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Semaine des Climats : Dégustons le patrimoine de l'humanité !

24 Mai 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #A Portée de Vins, #Dégustation, #Climats au patrimoine de l'humanité

Avis aux amateurs : le 1er juin prochain, dans le cadre de la Semaine des Climats, j'anime une dégustation de vins issus de vignobles inscrits au patrimoine de l'humanité. Présentation :  

Lavaux.jpgDéguster un vin est un plaisir des sens.  C'est aussi goûter au lien intime qui relie un lieu, des hommes, une histoire. Certains vignobles constituent ainsi de véritables trésors pour l'humanité. L'Unesco a inscrit une dizaine d'entre eux sur la liste du patrimoine mondial : au Portugal, en Hongrie, en Italie mais aussi en France, etc. Nous vous proposons d'en découvrir quelques-uns verre en main.

Pendant 2 heures, Myriam Laidet chargée de mission au réseau Vitour (réseau unissant les vignobles européens classés par l'Unesco) et Laurent Gotti, formateur en dégustation (A Portée de vins) et journaliste (Bourgogne Aujourd'hui) vous proposent de faire escale parmi 5 de ces vignobles (Val de Loire, Lavaux, Val d'Orcia, Douro, Açores). Nous nous pencherons aussi sur le modèle bourguignon… En anticipant une future inscription de la Bourgogne sur cette liste !
   

Samedi 1er juin - 11h précise - Caveau de l'office de tourisme de Nuits-Saint-Georges (3 rue Sonoys). Entrée libre, sur réservation (places limitées) : info@climats-bourgogne.com

Photo : Sur les bords du lac Léman, il n'y a pas que des banques et des accélérateurs de particules, il y a aussi un très beau vignoble : Le Lavaux.

   

 

 

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Terroir, dis-moi ton nom...

1 Décembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre, #Climats au patrimoine de l'humanité

Le vignoble bourguignon foisonne de noms pour désigner ses terroirs, les fameux "Climats". Leur décryptage est un délicieux jeu de piste.

Carte climats bourgogne"Les Amoureuses" et "Les Beaux Bruns" se sont donnés rendez-vous à Chambolle-Musigny. On rencontre des "Madonnes" et des "Pucelles" à Ladoix-Serrigny ou Puligny-Montrachet. A Auxey-Duresses un sombre "Macabrée" a été vu. Mais attention "La Mort" rôde, elle aussi, à Ladoix. On préférera se rendre chez le pittoresque "Tonton Marcel" de Chassagne-Montrachet ou voir ce qui se cache "Derrière chez Edouard" à Saint-Aubin. Tantôt poétiques, imagés, étranges, les noms des "Climats" de Bourgogne sont évocateurs. Il suffit simplement de promener ses yeux sur une carte du vignoble pour se raconter une histoire. "Une des caractéristiques de la Bourgogne, c'est en effet le foisonnement des noms que l'usage collectif ou privé a données à des parcelles de terre soigneusement délimitées. Ils sont nés plus ou moins spontanément, à toutes les époques, de la nécessité où se sont trouvés les hommes de désigner les lieux", expose Marie-Hélène Landrieu-Lussigny dans l'Atlas des Climats et lieux-dits de Bourgogne paru le mois dernier (lire ici). Le plus étonnant est que certains d'entre eux, renvoyant à des périodes très lointaines, soient parvenus jusqu'à nos caves.

Encore faut-il les décrypter, savoir déjouer les fausses pistes... Prenons, par exemple, Corton. Ce grand cru de la Côte de Beaune devrait son nom à Otton le Grand, rois des Francs au 9e siècle. "Cort" est un mot gallo-romain signifiant "ferme, exploitation agricole". Le "Cort" d'Otton a fini par nous donner ce fameux corton. Il est d'ailleurs à noter que son nom est associé à celui de Charlemagne, un modèle politique d'Otton, pour les grands crus blancs de ce même secteur (Charlemagne y offrit des vignes à des chanoines de la région).

Par la même évolution, en moins aristocratique, le champ de Monsieur Bertin a donné Chambertin, fameux grand cru de Gevrey.

"La plupart des noms de lieux-dits remontent aux XIe, XIIe, XIIIe siècles au temps du grand essor démographique et de la croissance économique. Il fallait nommer les différentes parcelles que l'on allait cultiver pour pouvoir les repérer facilement et fixer les limites. A l'origine de tous ces noms de lieux nous retrouvons des mots celtiques, gaulois, latins ou germaniques…", précise Marie-Hélène Landrieu-Lussigny.

Quantités de références sont a recherché du côté des Eduens, peuple gaulois établis sur un territoire correspondant à la Bourgogne actuelle (Saône et Loire, Nièvre, Allier et une partie de la Côte-d'Or). Plus proche, l'essor du Christianisme et de ses abbayes en Bourgogne a marqué la carte de nombreuses références ecclésiastiques. Le fameux Clos de Vougeot est le plus célèbre.

Mais la base, en Bourgogne, reste la fréquentation assidue du terroir. Beaucoup de ces noms font ainsi référence aux caractéristiques des sols de la côte. En particulier, quand ils étaient caillouteux : Les Cras, Crais, Cailles, Caillerets, Lavières, etc. On les retrouve parfois sous des formes un peu moins évidentes à décrypter : les Dents de Chien (cailloux en forme de canine), Les Blanchots (quand le calcaire est bien pur), Les Casses têtes (il a fallu casser la tête de rochers pour planter), Les Ruchots (rochers), etc.

Et les Perrières, pensez-vous… Oui mais il s'agit plutôt d'anciennes carrières, comme pour le fameux premier cru de Meursault.

Ces noms renvoient aussi aux voies de communication qui traversaient la région. La Romanée (à Chassagne-Montrachet ou bien-sûr à Vosne-Romanée), fait très certainement référence à la proximité de voies romaines.

Les Boutières à Aloxe-Corton, Savigny-lès-Beaune, et plus au sud à Pouilly-Fuissé, évoquent des routes très anciennes empruntées par des muletiers. Les mulets y transportaient des boutes (des outres) destinées au commerce du vin. 

Dans tous les cas, ces noms participent à l'intelligence des lieux et témoignent d'un rapport singulier des hommes avec leur territoire.

 

 

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"Climats" au patrimoine de l'Unesco : les cartes sont rebattues

28 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Climats au patrimoine de l'humanité

En janvier dernier le gouvernement français avait retenu le dossier du vignoble bourguignon pour être présenté au patrimoine de l'humanité. Depuis les atermoiements de l'Unesco ont changé la donne.

 

Les climats candidats !Rebelote... La Bourgogne doit de nouveau mettre le bleu de chauffe. Qui l'eut cru après le formidable élan initié en janvier dernier… L'annonce avait créé la surprise. Le dossier de classement des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine de l'humanité était retenu par le ministère de la culture, dès sa première présentation, pour être soumis à l'Unesco.

Cette dynamique du succès a été douchée en juin dernier. L'Unesco annonçait que les deux dossiers français (la grotte Chauvet était également sur les rangs) ne seraient pas examinés avant 2014 (lire ici).

Il faut donc malheureusement à la Bourgogne repasser par la case départ et convaincre à nouveau le ministère français. L'alternance politique est passée par là. Et les recalés de l'année dernière se poussent à nouveau au portillon : la grotte Chauvet, toujours, mais aussi La Chaine de Puys en Auvergne et le vignoble champenois (qui n'a guère apprécier de se faire passer devant par les bourguignons alors qu'il s'était lancé dans la course plus tôt).

Les cartes ont été rebattues, mais pas seulement. Le jeu s'est aussi compliqué. Dijon et Beaune, deux villes impliquées dans le dossier "Climats", ont fait acte de candidature sur un autre projet : la cité de la gastronomie.

Cette réalisation est l'une des quatre obligations de l'État suite à l'inscription du repas gastronomique des Français au patrimoine culturel immatériel de l'humanité (fin 2010). Les deux villes bourguignonnes sont en compétition avec Chevilly-Larue (région parisienne), Lyon et Tours. Là aussi l'examen des projets a été lancé.

On imagine mal que les choix effectués sur l'un de ces dossiers n'aient pas de conséquence sur le deuxième côté gouvernemental… Verdict dans quelques semaines.

En attendant la barre des 50 000 soutiens a été dépassée pour le dossier de classement des Climats du vignoble de Bourgogne. Si ce n'est pas déjà fait, apportez le votre sur le site de l'association ! 

 

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