Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
365 jours en Bourgogne

Articles avec #degustation tag

La Romanée : la grande dame à la fête

16 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Grand cru

La famille Liger-Belair fêtait vendredi dernier le bicentenaire de son installation en Bourgogne. L'occasion de revenir sur les douze derniers millésimes du fleuron du domaine et de la Côte de Nuits : La Romanée…

Louis-Michel Liger-Belair n'a jamais caché qu'il se sentait particulièrement chanceux. Et ce n'est pas ce coup d'œil dans le rétroviseur qui le détournerait de ce sentiment. Voilà 15 ans maintenant qu'il a pris ses marques, avec son épouse Constance, au Château de Vosne-Romanée. Sous les encouragements de son père, Henry Liger-Belair, militaire de carrière, il passait un diplôme national d'œnologue en 2001. Finalement, l'année suivante, la famille reprenait l'exploitation directe de la Romanée.*
Vendredi dernier, ils avaient convié quelques professionnels, journalistes, membres de la famille ou de l'équipe du domaine, etc., à cet anniversaire.
L'occasion rare de déguster, entre autres, la douzaine de millésimes de La Romanée, nouvelle époque, née dans les caves du Château.

* A partir de 1976, La Romanée a été le fruit d'une collaboration entre le Château de Vosne-Romanée, propriétaire du vignoble et la maison beaunoise Bouchard Père et Fils. La maison Bouchard Père et fils a poursuivi la commercialisation de la moitié la production jusqu'en 2005.

2013 : 17 sur 20

Une belle réussite dans un millésime peu évident. Le premier nez campe sur la retenue mais après quelques secondes d'aération, il développe des notes de violette, de mûre. Une palette aromatique s'exprimant avec beaucoup de pureté. Ce mélange de fruit à maturité et de tonalités florales lui assurent profondeur et délicatesse à la fois. En bouche, les tannins montrent une grande classe, un raffinement qui rend cette romanée pleine de charme et d'élégance.

2012 : 15,5 sur 20

Le nez propose une belle palette d'épices et de fruits noirs. Une note un peu plus sauvage se dévoile également. En bouche, les tannins sont denses et légèrement revêches pour l'heure. Un vin assis sur une matière serrée, accrocheuse, qui demandera quelques années de garde pour se détendre. "La Romanée est une grande Dame qui ne se donne jamais tout entière", affirmait le Chanoine Just Liger-Belair, un aïeul de Louis-Michel. Le millésime illustre judicieusement ce propos.

2011 : 16,5 sur 20

Le vin conjugue la pureté, la féminité naturelle de ce grand cru, avec le caractère d'un millésime précoce, qui lui aussi s'exprime en subtilité. Le résultat donne une Romanée particulièrement aérienne, délicate. La matière en bouche est fraîche et surtout d'une très grande longueur. Un grand cru d'une remarquable précision et finesse.

2010 : 18 sur 20

Il a souvent été écrit que l'unique tort d'un millésime comme 1991 a été d'être précédé par 1990. La remarque vaut pour 2010, resté dans l'ombre de son médiatique aîné 2009. Le nez est particulièrement envoûtant sur des arômes de petits fruits noirs et rouges, de rose, de violette... La bouche s'inscrit dans cette lignée, sa texture semble effleurer subtilement le palais, sans pour autant manquer de présence. La finale est très longue.

2009 : 16,5 sur 20

Un mélange de cannelle, de pain d'épice et de fruits noirs montent au nez avec générosité. Un caractère épicé que l'on retrouve en bouche. Cette Romanée montre la présence et l'ampleur que l'on rencontre souvent dans ce millésime (montrant dès sa jeunesse des aptitudes peu communes à donner beaucoup de plaisir). Il affirme cependant des tannins plutôt robustes incitant volontiers à lui laisser quelques années de garde.

2008 : 14,5 sur 20

Un millésime tardif, assez reconnaissable par sa faculté à exacerber des notes épicées : cannelle, clou de girofle, etc. Ce grand cru s'exprime effectivement dans ce registre mais sans se départir d'une certaine finesse. La bouche peut laisser sur sa faim tant en termes d'ampleur et que de longueur.

2007 : 15 sur 20

Tant à la robe qu'au nez, cette Romanée montre les signes d'un vin qui a quitté sa prime jeunesse pour exprimer un caractère un peu plus tertiaire : des notes de sous-bois, de fruits noirs confits se déploient. La bouche offre beaucoup de plaisir, déroulant un joli tapis de tannins veloutés.

2006 : 19 sur 20

C'est certainement la très grande émotion de cette série. Et une surprise aussi de voir ce millésime (qualifié bien souvent d'intermédiaire) livrer un vin avec une telle présence, une telle générosité. Le tout en préservant une grande fraîcheur. Il offre des notes généreuses de cerise, de violette, avec une touche minérale en prime. Il entre avec éclat en bouche et s'allonge comme la traîne d'une mariée. Tout est là, ni plus ni moins.

2005 : 16,5 sur 20

Etonnant à constater mais il semble bien que ce 2005 souffre de la comparaison avec 2006… Ajoutons sans attendre que tout est relatif. Cette Romanée est intrinsèquement une grande bouteille. Elle demeure d'une irréprochable fraîcheur sur le plan aromatique (groseille, framboise, cerise), et d'une grande vigueur en bouche. Les tannins restent toutefois serrés et un peu stricts. Le seul domaine où 2005 égale 2006 se situe sur la longueur en bouche. Elle est ici exceptionnelle.

2004 : 14,5 sur 20

Voilà de quoi étayer l'idée que les grands terroirs sont souvent capables de s'affranchir des millésimes compliqués. Ce vin n'est pas un monument de concentration ni de puissance, il reste cependant à un niveau tout à fait cohérent dans cette série, offrant même une certaine gourmandise en bouche.

2003 : 17 sur 20

Les craintes de voir ce millésime, particulièrement chaud et atypique en Bourgogne, se faner très vite sont démenties, une nouvelle fois… La robe est d'une profondeur supérieure à la moyenne mais surtout d'une grande jeunesse. Une texture dense et suave vient caresser le palais. Un caractère réglissé s'installe durablement en bouche.

2002 : 14,5 sur 20

La robe montre quelques signes d'évolution et des notes de cerise à l'eau de vie montent au nez. Si son expression aromatique est assez intense et développée, en bouche la matière s'affirme avec une certaine austérité. Ce millésime plutôt bien accueilli à sa naissance, pour son harmonie, ne tient pas toutes ses promesses. La nouvelle équipe du domaine, avec à sa tête Louis-Michel Liger-Belair, a depuis pris ses marques. Elle en tirerait certainement autre chose aujourd'hui.

 

Mythique trilogie

"La Romanée est symphonique, tout en harmonie. Tous les éléments constitutifs d'un grand vin s'y trouvent réunis, mais aucun ne domine les autres", écrit Jean-François Bazin dans un ouvrage spécialement édité pour ce bicentenaire. On ne saurait lui donner tort après cette dégustation.
Son élégance naturelle en fait bien une des nuances et des composantes de la mythique trilogie des "Romanée", avec la très fameuse Romanée-Conti et la Romanée-Saint-Vivant.

Son originalité provient aussi de son statut de plus petite appellation d'origine de France : 84 ares et 52 centiares, autant dire un grand jardin. Située plus haut sur le coteau que la Romanée-Conti, la vigne s'épanouit sur une pente assez marquée (entre 10 à 12%). L'argile y est aussi moins présente.
A son arrivée, l'une des priorités de Louis-Michel Liger-Belair a été d'infléchir nettement le mode du culture de la vigne. "Je voulais passer le domaine en bio, mettre en place un travail du sol au cheval. Je suis arrivé pile au bon moment : les conditions autour de moi étaient remplies pour que je le fasse. Je n'aurais pas pu le faire quelques années auparavant…" , m'expliquait-il en 2012 (Bourgogne Aujourd'hui n°105). Le domaine est maintenant certifié en biodynamie. Il faut quelques années à la vigne pour amortir la transition et il y a fort à parier que la même dégustation, menée dans 12 ans, montrera davantage de constance et de plénitude dans les vins. Tout comme l'expérience acquise en vinification. "Je pense, par exemple, que je n'ai pas amené mes 2005 au niveau où ils auraient pu être", confiait également Louis-Michel.
Outre le privilège de s'imprégner sur une douzaine d'années du caractère de ce grand cru rare (3 à 4 000 bouteilles les bonnes années), cette verticale a permis de bousculer quelques idées reçues sur la "grandeur" ou la faiblesse attribuées, souvent précipitamment, à chaque millésime. 2006 s'est joué de 2005 et 2010 a supplanté 2009. Qui l'eut cru au regard du buzz suscité par 2009 et 2005, quasiment dès la récolte ! Comme quoi dans le domaine du vin comme dans beaucoup d'autres la frénésie de l'instant n'est pas bonne conseillère !

Lire la suite

La Bourgogne désigne ses ambassadeurs

10 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Le palmarès de la cave de Prestige de l'Interprofession des vins de Bourgogne (BIVB) a été rendu public le 5 juin dernier. Après dégustation, à l'aveugle, 167 cuvées ont été retenues sur 971. La sélection est donc rude : 17% seulement des vins mis à l'épreuve retenus...

Ces cuvées, issues des quatre coins de la Bourgogne et de tout niveaux de prix, représenteront le vignoble lors des différentes présentations en France et à l'étranger.
Voici un aperçu gustatif de ce palmarès. Gustatif mais pas exhaustif : difficile de goûter la totalité des références lors de la matinée de présentation… On y retrouve beaucoup de valeurs sûres, des confirmations mais aussi quelques découvertes.


Blancs


Bourgogne Côte chalonnaise "Les Malpertuis" - Domaine Gouffier 2013 - 19 sur 20
D'une remarquable ampleur, dans l'équilibre et avec beaucoup de fond, ce "simple" bourgogne transcende son appellation. A découvrir d'urgence.

Pouilly-Fuissé Les Perrières "Tête de Cru" - Domaine Ferret-Lorton 2013 – 17,5 sur 20
Beaucoup de fond mais aussi de longueur et d'équilibre dans ce Pouilly de haute-volée, issu d'un domaine historique de l'appellation.

Petit-Chablis - Domaine de Pisse-Loup 2013 - 17,5 sur 20. Remarquable de précision, de longueur et de minéralité. Un chablis de caractère.

Meursault premier cru Charmes - Domaine des Terres de Velle 2013 - 17,5 sur 20
Un vin à la texture particulièrement raffinée, précise. Il présente aussi beaucoup de fond et une belle longueur. Un charme dans toute sa classe.

Corton-Charlemagne - Louis Jadot 2012 – 17 sur 20
Un grand classique à la hauteur de sa réputation : le vin est très long et plein de sève.

Saint-Véran - Domaine Thibert Père et Fils "Bois de Fée" 2011- 16,5 sur 20
Le nez est flatteur sur des arômes de pêche, d'abricot. La bouche est particulièrement bien équilibrée.

Meursault - Domaine du Pavillon, Albert Bichot 2013 - 16,5 sur 20
Un meursault aux rondeurs aguicheuses et gourmandes. Il conserve aussi de la finesse et de la précision.

Corton-Charlemagne - Françoise André 2011 – 16,5 sur 20
Un domaine qui se fait petit à petit une belle place parmi les références de la colline de corton.Ce charlemagne pur et long en apporte la confirmation.

Puligny-Montrachet premier cru La Garenne - Brigitte Berthelemot 2013 - 16 sur 20
Pas forcément le puligny le plus impressionnant question puissance et ampleur, mais d'une grande longueur et minéralité. En conclusion : bien typé.

Meursault premier cru Genévrières - Domaine Latour-Giraud 2013 - 16 sur 20
Encore sur la réserve mais sa concentration et sa longueur ne laissent pas de doute sur son potentiel.

Pouilly-Fuissé Les Crays - Eric Forest 2013 - 16 sur 20
Tout en gourmandise et en rondeur. Un bourgogne blanc au caractère sudiste affirmé et bien assumé. Pour se faire plaisir dès aujourd'hui.

Bourgogne Côte d'Auxerre "Cuvée Louis Bersan" - Jean-Louis et Jean-Christophe Bersan 2013 - 16 sur 20
Un vin droit, précis et frais. Très rafraîchissant.

Montagny premier cru - Jean-Marc Boillot 2013 - 15,5 sur 20
Un vin net et dynamique. D'une belle longueur également.

Bourgogne "Cuvée des Forges" - Patrick Javillier 2013 - 15,5 sur 20
Un bourgogne d'un bel équilibre et d'une bonne ampleur.

Bourgogne Chitry "Olympe" - Olivier Morin 2013 - 15,5 sur 20
Un vin de l'Yonne d'une bonne consistance en bouche et à l'expression aromatique pure.


Rouges

 

Vosne-Romanée "Les Charmes de Maizières" 2012 - Domaine Guyon – 17,5 sur 20
Un vosne d'une très belle profondeur sur des notes aromatiques de fruits noirs à maturité.

Clos Saint-Denis - Domaine Bertagna 2012 – 17 sur 20
Le nez est d'une superbe intensité. La concentration du millésime a été bien domptée. Le boisé est bien fondu. Grand cru !

Gevrey-Chambertin La Boissière - Domaine Harmand-Geoffroy 2012 - 17 sur 20
Un vin expressif sur de belles notes de cerise noire. La bouche est à la fois dense et fondue. Le mazis-chambertin du domaine, une des très belles références en grand cru de la côte de Nuits, figure aussi dans le palmarès.

Marsannay Les Longeroies - Domaine Fournier 2013 - 17 sur 20
Un beau terroir de marsannay mis en valeur par un domaine des plus recommandable. Le vin est très gourmand.

Savigny-lès-Beaune Aux Fournaux - Domaine Rapet 2010 – 16,5 sur 20
Avec un nez de petits fruits rouges et une bouche souple mais fine, cette cuvée est à la fois bien typée de l'AOC et du millésime.

Fixin Crais de Chêne - Domaine René Bouvier 2012 – 16,5 sur 20
Des tannins au touché particulièrement raffiné, tout en subtilité. Un grand pinot noir.

Pommard premier cru Les Jarollières - Jean-Marc Boillot 2011 – 16 sur 20
Le caractère flatteur du millésime et de ce terroir du nord de Pommard se conjuguent parfaitement, mais sans manque de matière pour autant.

Mercurey premier cru Les Champs Martin - Domaine Theulot-Juillot - 16 sur 20
Une belle référence à Mercurey et l'un des premiers crus les plus qualitatifs de l'appellation. La cuvée présente de jolis tannins serrés et fins à la fois.

Gevey-Chambertin "vieilles vignes" Croisette 2013 - Domaine Jérôme Galeyrand – 16 sur 20
Un gevrey plus en finesse qu'en puissance mais avec du fond et de la longueur.

 

Lire la suite

Dégustation : Une révolution venue du Beaujolais

1 Juin 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Histoire

Les 50 dernières années ont radicalement changé notre approche de la dégustation du vin. Une révolution née des relations tumultueuses entre la Bourgogne et le Beaujolais. Retour sur l'histoire étonnante qui a changé jusqu'à la forme de nos verres.
"Fruits rouges", "violette", "vanille". Décrire les arômes de nos vins préférés semble une évidence aujourd'hui. Un passage obligé de la dégustation. Cette pratique est pourtant loin d'avoir été toujours en vogue (lire aussi ce billet). Notre penchant, sans doute un peu trop appuyé, pour la description olfactive est très récent. A peine un peu plus d'un demi-siècle. C'est ce que rappelle l'historien Olivier Jacquet. Dans un travail sur l'évolution du goût du vin*, ce dernier rapporte des propos de 1966, tenus par Pierre Charnay, inspecteur de l'Insitut national des appellations : "Contrairement à ce que disent ceux qui refusent de penser, il n’est pas ridicule de trouver dans le vin des parfums qui, s’ils n’ont pas la même nature chimique que les parfums naturels identifiés, offrent à notre sens olfactif une sensation identique. (…) Il s’agit là d’un travail d’identification."
Il ne viendrait à l'idée d'aucun dégustateur de justifier cette approche aujourd'hui… Que s'est–il donc passé entre-temps ?
Les origines de cette nouvelle forme de dégustation sont à chercher du côté d’un petit négociant du Beaujolais nommé Jules Chauvet. "De formation scientifique (Ecole de Chimie de Lyon), Chauvet s’impose comme un expérimentateur. Entretenant des correspondances régulières avec l’Allemand Otto Heinrich Warburg, prix Nobel de Physiologie pour ses travaux sur la respiration cellulaire et les enzymes, Chauvet s’intéresse rapidement aux molécules aromatiques du vin et à leur perception. Cherchant à établir les lois de la dégustation, il développe des procédés d’analyse sensoriels visant à donner un maximum de cadres « scientifiques » à cet exercice. Pour lui : « L’analyse chimique […] est impuissante à réaliser un contrôle vraiment scientifique et objectif des propriétés du met ou du vin », contrairement à l’analyse organoleptique.

Reformer les habitudes de dégustation

Donnant donc la primeur au bouquet et aux arômes des vins, Chauvet procède à de nombreuses dégustations expérimentales sur des vins du Beaujolais, dégustations totalement nouvelles dans leur approche et faisant appel, pour distinguer les vins, à des référents sensoriels collectifs. (…)
Même si Jules Chauvet ne possède pas la légitimité académique des grands œnologues californiens ou français de son époque, il parvient cependant à faire passer son message qui devient une norme à partir des années 1970 auprès des professionnels de la dégustation, puis des amateurs avertis.", écrit Olivier Jacquet.
Un message entendu avec d'autant plus d'intérêt que le contexte de l'après-guerre est marqué par l'urgence pour l’INAO de délimiter et définir l’appellation « Beaujolais Village » dans la Bourgogne viticole. La question est de savoir s'il existe dans le Beaujolais une aire de production (en dehors de celle des 10 crus) où les vins peuvent se replier en appellation Bourgogne. L’INAO avait organisé à l'époque une dégustation sensée vérifier le caractère bourguignon des Beaujolais analysés.
"Six bouteilles de vin à AOC « Bourgogne » et de 6 bouteilles de vin à AOC « Beaujolais » sont présentés mais, au final, les commentaires de dégustation sont très sommaires et manquent clairement de précision. Ne parvenant pas à définir les caractères de typicité des vins proposés.", souligne Olivier Jacquet. Il y avait donc nécessité à réformer les habitudes de dégustation.
A nouvelle méthode, nouveaux outils. Début 1970 apparaît le verre INAO en forme de tulipe, spécialement conçu par l’Institut, en collaboration avec Jules Chauvet, pour permettre une bonne analyse du bouquet des vins.
Depuis, la forme INAO a été supplantée par de nombreux autres verres plus adaptés encore à la description olfactive. La variété des gammes d'outil aujourd'hui proposées aux dégustateurs surprendrait certainement Chauvet et ses disciples.
Pour autant, la subjectivité de la description olfactive reste, et restera, une difficulté majeure de la dégustation. Quant à la délimitation de l'aire Bourgogne dans le Beaujolais, elle est toujours en chantier…

* Le goût de l’origine. Développement des AOC et nouvelles normes de dégustation des vins (1947-1974).

Lire la suite

Dans la magie des Perrières

26 Mai 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Climats au patrimoine de l'humanité

Puissance sans exubérance, minéralité, longueur et capacité de vieillissement… Les Perrières est le fleuron des terroirs de Meursault. La semaine des Climats a été l'occasion d'en faire le constat, dégustation de 9 cuvées à l'appui.

La Côte viticole bourguignonne est certes le pays de la vigne. C'est aussi celui de la pierre. Les Perrières, à Meursault, en constituent une superbe illustration. Tant visuellement que gustativement. Le caillou y est partout. Sous nos yeux quand on s'y rend, dans nos verres quand on le déguste. Plus précis encore qu'une évocation minérale, le nom de ce climat renvoie à son exploitation : les carrières. Les nombreux fronts de taille encore visibles en rendent compte. Les pierres de la flèche de l'église de Meursault, par exemple, sont issues des Perrières.

Le musée du vin de Beaune a accueilli une quarantaine de dégustateurs, samedi dernier, pour une séance exceptionnelle d'A Portée de vins. En présence de deux viticulteurs du cru Jean-Marc Roulot (Domaine Roulot à Meursault) et François Bitouzet (Domaine Bitouzet-Prieur à Volnay). Et bien aidés dans nos tribulations par une carte parcellaire présentée à cette occasion*. Voici par le menu le compte rendu d'une matinée placée sous le signe du calcaire.

Château de Meursault 2012 - Perrières dessus (1 ha)
Longtemps le Château a assemblé ses Perrières avec ses Charmes (le premier cru situé de l'autre côté de la route plus bas). Depuis 2009, la cuvée est isolée. Le vin présente une robe soutenue, assez brillante. Le premier nez est expressif, sur des notes d'élevage plutôt marquées mais le boisé est fin. L'aération lui assure un surcroît de classe et de précision. La palette aromatique s'affirme sur un registre de fraîcheur, avec une tonalité d'agrumes. Les notes boisées s'estompent au fil du temps et des touches citronnées et minérales finissent par s'imposer. Un vin encore dans sa prime jeunesse. Mais qui laisse déjà percevoir de bonnes dispositions pour le vieillissement. Son ampleur en bouche est assez notable pour un Perrières-Dessus, secteur réputé plus longiligne que puissant.
 

Domaine Jean-Marc Roulot 2012 – Perrières Dessous (0,26 ha)

"La parcelle a été achetée par mes parents en 1976 et partagée avec le domaine Matrot. Pour un prix dérisoire à l'époque…, précise en introduction Jean-Marc Roulot. Le terroir des Perrières est toujours au rendez-vous. Il tourne comme une horloge tous les ans. C'est un terroir précoce. L'élevage est de 18 mois dont 12 mois de fûts et six mois en cuve inox".
La robe est d'une couleur moyennement soutenue. Le nez se tient sur la réserve (un peu de réduction fait remarquer Jean-Marc Roulot) avec des notes légèrement florales (chèvrefeuille). La minéralité semble très évidente sur ce vin. Le deuxième nez laisse percevoir une gamme aromatique d'une grande netteté, très précise, très droite. L'élevage sous bois est quasi imperceptible. Les notes minérales et florales vont crescendo.

La bouche très nette, fine, avec un rien d'austérité. Elle s'avère surtout infiniment longue sur un caractère de pierre à fusil rémanent. Un Perrières de caractère et d'élégance. De grande garde aussi.

Domaine Jacques Prieur 2011 – Perrières Dessous (0,27 ha)

Le vin se présente dans une robe assez soutenue. Le premier nez est plutôt expressif sur des notes de torréfaction, de fruits secs (amandes grillées, noisettes), avec un caractère légèrement beurré. sur ce millésime plus précoce que 2012,  la maturité du raisin est certainement plus poussée. A l'aération, le fruit adopte une petite pointe exotique, figuée et légèrement miellée. En bouche, le contraste est assez saisissant avec le Perrières précédent. Cette bouteille joue davantage sur la suavité, la rondeur, avec un bel élevage qui devrait se fondre avec le vieillissement.



 


Domaine Michel Bouzereau 2011 - Perrières-Dessous et Perrières-Dessus (0,41 ha)

La robe affirme une nuance dorée soutenue. Le premier nez est assez réservé. Une certaine délicatesse s'exprime, bien que la maturité du fruit, et une note légèrement vanillée, se fassent néanmoins sentir. A l'aération, un deuxième nez se met en place assez doucement (nuances de pomme, de pêche). Les arômes restenht relativement difficiles à cerner pour l'instant. En bouche, la matière est très consistante et tapisse le palais avec beaucoup de concentration et de rondeur. Une légère pointe d'acidité en finale lui assure de la fraîcheur. Ce vin apparaît encore un peu dissocié à ce stade avec le gras d'un côté et l'acidité de l'autre. Il montre une belle assise pour autant.





Domaine Comtes Lafon 2011 - Aux Perrières et deux parcelles de Perrières Dessous (0,91 ha)

La robe est parfaitement limpide d'une couleur peu soutenue. On retrouve des reflets verts. Premier nez bien ouvert, fin et délicat avec un caractère floral. Sa richesse est évidente dès la première approche. Le fruit sec se mélange à la minéralité. On retrouve la complexité du terroir des Perrières dans toute sa gamme. Le fruit (pêche fraîche) prend davantage d'espace à l'aération. Un nez d'une grande délicatesse et netteté.
En bouche, le qualificatif "harmonieux" est ici tout sauf galvaudé. Le vin se dévoile avec une grande cohérence dès l'attaque en bouche. Sa texture, très subtile, monte en puissance au fil de la dégustation. Une petite pointe de fraîcheur en finale lui assure de la longueur. La rétro-olfaction est persistante. D'une capacité de vieillissement indiscutable, cette cuvée déjà parfaitement en place offre beaucoup de plaisir dès maintenant.

Domaine Bitouzet-Prieur 2011 - Perrières-Dessous (0,27 ha)

"La parcelle a été replantée en 1983. Plus les années passent, mieux la vigne se porte. Nous n'avons jamais de mauvaise surprise en Perrières même si parfois l'austérité naturelle du vin implique davantage de temps pour atteindre le meilleur. L'élevage s'étale sur 11 à 12 mois en fûts, avec peu de bâtonnages, et quelques mois en cuve inox, 4 à 6  selon les millésimes", expose François Bitouzet.

La robe est limpide, bien brillante, d'une couleur assez soutenue. Au premier nez, les notes aromatique font leur chemin doucement, sur une dominante de fruits secs, de pâte d'amande. Une tonalité de raisin à bonne maturité mais sans exubérance. Le deuxième nez est un peu plus ouvert avec une montée en puissance régulière et gagne en fraîcheur.

En bouche, la matière se livre sur la pointe des pieds mais avec une certaine consistance ; la trame est minérale. Une structure qui demande à s'affirmer au vieillissement.

Domaine Bitouzet-Prieur Millésime 2007 (en magnum) – Même parcelle

François Bitouzet introduit cette cuvée en précisant que 2011 et 2007 étaient les millésimes les plus précoces qu'il ait connus jusqu'ici (il est revenu au domaine en 2005). "En 2007, les vendanges ont commencé tout début septembre. Les deux millésimes sont intéressants à comparer. Je prête une grande attention à la date des vendanges".

La robe est étonnamment jeune et ne présente aucun signe d'évolution notable. La couleur se montre aussi peu soutenue. Le premier nez dénote une belle profondeur, de l'intensité sur un caractère de pierre à fusil, un peu fumé. Une première approche assez monolithique. A l'aération, il s'ouvre sur un caractère iodé, marin, puis viennent des notes de fleurs blanches. En bouche, la texture commence nettement à se patiner. La minéralité s'est fondue dans la matière du vin. Un caractère miellé s'exprime. Le millésime n'était pas propice à la production de vin d'une ampleur notable, pour autant ce Perrières se montre très équilibré, harmonieux et net. Il semble parti pour une longue carrière, si on lui en laisse le temps…

Domaine Albert Grivault 2002 - Perrières Dessous (1,5 ha)

Potentiellement 2002 est un joli millésime tout en concentration et en équilibre. Malheureusement certaines cuvées sont victimes du phénomène d'oxydation prématuré. Rien de tel sur ce Perrières à la robe or-dorée brillante et d'une très belle profondeur. L'évolution a fait son œuvre mais rien d'alarmant. Le nez relativement expressif est puissant. Il livre des notes complexes, de fruits secs, d'agrumes confits. Une touche miellée délicate (acacia) s'ajoute à cette palette. A l'aération, des notes plus évoluées (coing, pomme au four) s'expriment. En bouche, la texture se montre ample, gourmande. Elle dégage une sensation de plénitude et de parfait équilibre. Un vin à boire maintenant avec un poisson de ligne, un poulet de Bresse, un fromage à pâte molle…

Domaine Albert Grivault – Clos des Perrières 2008 – (0,94 ha)

Pour avoir goûté quelques millésimes, parfois de plusieurs décennies d'âge, du Clos de Perrières, il m'a semblé d'expérience qu'il fallait réserver le Clos pour la fin (bien que d'un millésime plus récent que la cuvée précédente). Ce climat à part entière nous livre effectivement le vin le plus puissant, le plus profond aussi de cette série. Sa robe est encore très jeune, à peine dorée. Le premier nez est assez réservé. Il dévoile sa minéralité avec sobriété. Des notes légèrement grillées et une pointe végétale noble (feuilles de menthe froissées) lui assurent un caractère bien à lui. Le deuxième nez monte nettement en vigueur, sans que sa palette aromatique ne se fatigue. En bouche, c'est le vin le plus opulent dégusté lors de cette matinée. Densité, matière, grande longueur et minéralité sont au rendez-vous.

Conclusion : de l'interprétation des terroirs

Qui douterait que les Perrières n'est pas l'un des plus grands terroirs de blanc en Bourgogne ? Cette très belle série confortera ceux qui voient dans ce climat un grand cru potentiel. Le débat n'est pas nouveau et ne sera pas tranché avant quelques années… En revanche la dégustation n'a pas clairement mis en évidence de typicité propre aux différents lieux-dits de ce Climat. Bien que les Perrières-Dessus soient réputés pour donner les vins les plus stricts, tandis que les Perrières-Dessous produiraient les cuvées les plus puissantes. L'interprétation du terroir réalisée par le vinificateur reste une donnée importante en Bourgogne aussi. Le Perrières de Jean-Marc Roulot et celui du domaine Prieur, issus pourtant de parcelles proches (certes pas du même millésime) sont de profils bien distincts. Mais rien ne dit que ces deux vins ne se rejoindront pas avec le vieillissement... (Photo : le sol d'argile brun recouvert d'un cailloutis calcaire du Clos des Perrières)

La carte murale est disponible au prix de 19,90 € (format 80 cm x 60 cm).  Possibilité d'expédition par voie postale. Livraison sur Beaune. Sur demande : l.gotti@aportee-de-vins.com

Carte Meursault premier cru Perrières

Carte Meursault premier cru Perrières

Lire la suite

Meursault Perrières : dans la magie d’un grand terroir

5 Mai 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Dans le cadre de la semaine des Climats, A Portée de vins et le Musée du vin de Beaune, vous proposent une promenade gustative, le 23 mai, dans la magie des meursault Perrières.

Il y a l’infiniment grand et l’infiniment précis. Lors des deux premières premières éditions de la Semaine des Climats, A Portée de Vins a transporté une soixantaine d'amateurs à la découverte de vignobles inscrits au patrimoine mondial de l'humanité : Toscane, Douro, Açores, Lavaux, Loire. Cette année, nous nous pencherons sur la diversité des terroirs bourguignons. Avec un cas d’école en fil conducteur : le premier cru de Meursault Les Perrières. Une promenade gustative à la découverte de la savoureuse complexité d'un terroir exceptionnel. Sur un peu plus de 13 hectares, ce climat considéré comme la perle de la capitale des vins blancs de Bourgogne, compte 4 lieux dits différents et une trentaine d'exploitants.

Une analyse comparative permettra de découvrir toutes les nuances des vins de producteurs différents. Avec un éclairage sur la géologie de ces terroirs.

Nous serons aidés dans nos déplacements par une carte spécialement réalisée et présentée pour la première fois. Basée sur le cadastre, elle répertorie les parcelles exploitées par les différents producteurs.

Cet événement se tient également dans le cadre de l’exposition "Vignes et vins en Bourgogne, La diversité de la Bourgogne vitivinicole : quelle histoire, quel avenir ?" du 22 mai au 11 octobre 2015.

La dégustation est gratuite, sur inscription obligatoire au 03.80.24.56.92 ou 03.80.22.08.19. Limitée à 35 personnes.




Date : 23 mai, 10h30
Lieu : Musée du Vin de Bourgogne
Hôtel des Ducs
Rue Paradis / Rue d’Enfer
Beaune

Lire la suite

Une Beaune idée

28 Avril 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

On connaît de Beaune son fameux Hôtel-Dieu, ses grandes maisons de vins, son coquet centre-ville pavé. On oublie souvent que la ville est dotée d'un des plus vastes vignobles de Côte d'Or (475 hectares)*. Lorsqu'un client d'A Portée de Vins m'a proposé une dégustation sur les vins beaunois, je me suis dis en voilà une bonne idée ! Compte-rendu…  

Beaune premier cru Marconnets 2005 blanc. Château de la Velle (Meursault) – 16 sur 20
La robe, or-doré brillant, ne montre que très peu de signes d'évolution. Le nez se développe dans un registre frais et d'une belle jeunesse : zeste d'agrumes et pointe minérale. La bouche dévoile un profil finement ciselé, mais surtout d'une grande longueur. Ce n'est pas un vin spécialement démonstratif mais d'une grande doiture et précision. Il semble taillé pour vieillir encore une dizaine d'années sans aucun problème.

Beaune premier cru Bélissand 2011, Domaine Berthelemot (Meursault) – 15,5 sur 20
Le nom de ce climat proviendrait d'une source nommée "Béline", en rapport avec la divinité gauloise Bélénos. Celle-là même qui a donné son nom à Beaune…
Un vin aux arômes élégants de fraise et de framboise. Un caractère flatteur que l'on retrouve sur de nombreux 2011. La bouche est fraîche, d'une belle densité. Des tannins un peu rustiques en finale rappellent que nous sommes cependant en bas de côteaux sur des sols assez profonds.

Beaune premier cru Aigrots 2009, Domaine Sébastien Magnien (Meursault) - 16,5 sur 20
Des notes de fruits noirs, avec une dominante cassis, associées à une pointe fumée grillée s'expriment avec spontanéité. La bouche gourmande emplit le palais. Les tannins sont fins. Un 2009 comme on les aime : généreux. Il l'était tout jeune, il l'est aujourd'hui, il le sera encore quelques années…

Beaune premier cru Clos des Fèves 2005, Maison Chanson Père et fils (Beaune) - 18 sur 20
La robe est dense, d'une belle nuance cerise noire. Le nez est ouvert sur des notes élégantes et profondes de pétales de rose et d'épices. La bouche est d'une très grande profondeur bâtie sur des tannins puissants et serrés (l'attaque est particulièrement consistante). La finale est fraîche L'ensemble donne une très grande bouteille, de caractère, à l'évolution lente.
Ce vignoble de 3,80 hectares est un monopole du domaine Chanson. Les vinifications sont menées par Jean-Pierre Confuron, adepte de la vendange entière (fermentation sans égrappage).

 

Dégustés aussi lors de cette soirée…

Chablis 2010, Domaine Denis Pommier (Chablis) – 17 sur 20
Qu'un chablis soit minéral, cela n'a rien de bien surprenant. Cette cuvée l'est magistralement (avec des notes subtiles de fleurs blanches également). Mais le plus remarquable, c'est qu'il se montre consistant en bouche, sans se départir d'une belle vivacité. Un chablis avec beaucoup de tenue.

Pouilly-Loché Clos des Rocs 2011, Domaine Clos des Rocs (Loché) – 15,5 sur 20
D'une belle robe dorée, ce pouilly exprime des notes de fruits confits, d'abricot, de pêche. La bouche est ronde et gourmande. Un joli vin "sudiste" qui se mariera parfaitement avec une belle volaille à la crème.

* On pourra citer aussi parmi les grandes cuvées de la capitale des vins de Bourgogne le Beaune Grèves Vignes de l'Enfant-Jésus de la maison Bouchard Père et Fils. Ainsi que le Clos de Mouches, rouge et blanc, de la maison Joseph Drouhin. (Lire aussi ici)

 

 

 

Lire la suite

Domaine Clerget : des 2012 de plaisir

15 Avril 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Bio

2012 est un excellent millésime en Côte de Nuits. Confirmation au domaine Clerget (Vougeot). Christian et Isabelle Clerget, vignerons exigeants et sans "chichi" en ont tiré de très belles cuvées. 

Pas de discours métaphysique, de théories fumeuses ou  d'inaccessibilité savamment entretenue... C'est sans doute pourquoi une visite chez Isabelle et Christian Clerget reste avant tout un plaisir. Aussi parcequ'ils font d'excellents vins (à des tarifs raisonnables) !

Les vins ont gagné en finesse ces derniers millésimes. Et obtenir de la finesse était peut-être le challenge numéro 1 en 2012. Pour la concentration et la maturité, la nature a fait le reste (voir la conclusion).

L'autre actualité du domaine, c'est l'arrivée de Justine auprès de ses parents. Après un an passé en Nouvelle-Zélande, au sein d'un domaine pratiquant la viticulture bio, elle retrouve donc son vignoble natal. "Justine nous donne déjà un appréciable coup de main et nous ouvre de nouvelles perspectives", explique Christian et Isabelle.  Des évolutions de mode de culture sont en cours... A suivre !

Morey-Saint-Denis Les Crais (blanc) - 14 sur 20
Le nez est expressif, sur la fraîcheur, développant des notes d'agrumes (pamplemousse), de poire. Une petite touche vanillée lui apporte de la suavité. Le deuxième nez propose un caractère plus minéral. La bouche s'exprime dans un registre gourmand et intense. Un vin digeste.

Bourgogne Pinot noir - 15 sur 20
 Le nez s'ouvre sur un registre de petits fruits rouges, framboise, fraise des bois. Très "pinot noir". La bouche est friande, flatteuse sans être artificielle. La bouche s'inscrit dans la continuité. Sa texture est soyeuse, raffinée aussi. Un vin affable et convivial qui donne envie de se resservir.

Morey-Saint-Denis village - 14 sur 20
 Issue d'une vigne de 40 ans, cette cuvée s'affirme avec une belle densité tout au long de la dégustation. Le nez se montre expressif sur la cerise kirschée, les épices (le poivre en particulier). Une structure solide emplit le palais et la finale et fraîche. Un vin bien représentatif de Morey-Saint-Denis. A attendre 2 ans et à déguster avec une belle côte de Bœuf.

Chambolle-Musigny - 17,5 sur 20
 Des arômes délicats se dévoilent sans précipitation au nez : une palette aromatique aux accents floraux (rose, sureau), de framboise. Le deuxième gagne nez gagne en intensité. En bouche, il se met en place sur la pointe des pieds, puis développe une matière tout en finesse. Une finale longue, florale et délicate conclut la dégustation. Tellement Chambolle…

Vosne-Romanée Les Violettes - 19 sur 20
Un magnifique concentré de vosne-romanée. Un vin très intense, expressif, avec beaucoup de charme aussi. Un mélange de fruits rouges, de rose, d'épice lui assure une grande complexité. Sa texture en bouche est soyeuse, tout en affirmant une grande présence. Majestueux et particulièrement harmonieux.
Cette cuvée issue de vieilles vignes (plantées en 1946) a été marquée par de très faibles rendements (raisins millerandés).

Vougeot 1er cru Les Petits Vougeots - 14 sur 20
Des notes de fruits mûrs montent au nez avec générosité. Elles évoquent le coulis de fruits noirs, la gelée de cassis avec une touche fumée. En bouche les tannins sont fins. Un vin qui se dévoile dans l'harmonie et l'élégance plus que dans la puissance. Une finale minérale lui assure un surplus de caractère

Chambolle-Musigny 1er cru Charmes - 16,5 sur 20
Le premier nez se montre retenue, discret, sur des notes de framboise et violette. Signe de son potentiel c'est seulement avec un peu d'aération qui dévoile toute sa complexité et sa classe. Une texture consistante se met en place au palais : les tannins présents, mais sans rugosité. Il allie à la fois volume, longueur et subtilité dans un même élan. Un vin de fête à marier avec une oie rôtie ou un gibier.

Echezeaux grand cru - 15,5 sur 20
Des notes épicés (poivrés) et grillés s'annoncent au premier nez. Des tonalités aromatiques complexes et variées se développent par la suite : la griotte, le clou de girofle, une touche  cacaoté. La bouche s'avance avec une très grande densité. Un caractère massif, d'une grande profondeur, qui ne lui ôte pas une certaine subtilité. Un grand cru de la Côte de Nuits dans toutes ses dimensions.

 

Les terroirs en toute précision
Par sa concentration et sa précision, 2012 s'inscrit dans la lignée des grandes années. Le printemps a naturellement limité la production de raisins et les grappes se sont montrées bien aérées. Une situation dont s'accommode très bien le pinot noir.
Durant l'été, la météo a été parfois chaotique mais la Côte de Nuits a été épargnée par la grêle. La vigne a poursuivi son cycle végétatif sans encombre. Avec le beau temps du mois de septembre, les raisins se sont concentrés en sucres et en arômes progressivement. Le domaine Clerget a vendangé sous un ciel clément à partir du 21 septembre et pendant 5 jours. Un léger tri a permis de mettre en cuve des raisins bien mûrs (très peu de chaptalisation) et équilibrés.
Les vins sont peut-être un peu moins généreux qu'en 2009, mais sans doute plus frais, plus précis. Au final l'expression des terroirs de la Côte de Nuits est particulièrement transparente.

Lire la suite

Pourquoi les vins de Bourgogne sont biens meilleurs qu'avant ?

18 Mars 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Histoire, #Dégustation

Les vraies révolutions sont peut-être silencieuses. Les vins de Bourgogne d'aujourd'hui sont différents de ceux d'il y a 20 ans. Et c'est tant mieux ! Ils naissent dans des conditions profondément différentes. Explications.

Pinot noir aux Hospices de Beaune

N'en déplaise aux déclinistes et aux ronchons professionnels, les vins de notre époque sont bien meilleurs qu'il y a 20 ans. Les bourgognes en particulier. La précision et la pureté atteintes par certaines cuvées ne souffrent aucun hasard : les producteurs ont aujourd’hui à leur disposition un matériel d’une qualité inédite.

Sans aller jusqu'à faire l'apologie des tables de tri optiques, à 100  000 euros pièce, qui éliminent la moindre baie douteuse, la technologie mise en œuvre aujourd'hui pour produire des grands vins offre des gages de qualité quel que soit le millésime. C'est la phase de réception des raisins qui a sans doute la plus profondément évoluée.

« Faire du vin, c'est facile, tu mets les raisins dans la cuve, tu pars en vacances 15 jours et quand tu reviens , le vin est fait ! », aimait à professer feu Henri Jayer, célèbre vigneron de Vosne-Romanée. Simple ! Les grands millésimes oui. Neuf années sur dix la musique n'est pas la même. Il faudra prendre soin de mettre en cuve les bons raisins et surtout les manipuler avec délicatesse.

En la matière, la montée des prix des bouteilles les plus prestigieuses s’est accompagnée d’un bouillonnement de créativité et d’invention de la part des fabricants de matériel œnologique. Le vignoble partait de loin, il faut aussi le souligner…

Il y a 25 ans, la présence d’une simple table de tri sur laquelle les raisins étaient poussés à la main constituait un « luxe » que seuls quelques domaines prestigieux se permettaient. Il ést un temps pas si lointain où les bennes de raisins pourris arrivaient dans les cuveries et finissaient dans les cuves sans autre forme de procès. Le tout accompagné d’un nuage grisâtre caractéristique… Depuis, les tables de tri à tapis roulant, puis avec un plateau vibrant, ont fait successivement leur apparition au pied des cuves.   

La chasse aux débris végétaux a été ouverte, celle aux raisins pourris ou manquants de maturité aussi. Mais le but est surtout de vinifier des fruits les moins triturés, les moins chahutés, possible. Le gage d’une préservation de leurs potentiels aromatiques et gustatifs obtenus par une viticulture de plus en plus pointue elle aussi.

Aujourd’hui, certaines cuveries sont dotées de machines capables d’égrapper les raisins par un égrenage en douceur et à « haute fréquence ». Les baies, acheminées vers une table de tri à rouleaux de tailles variables, sont débarrassés des éléments indésirables. Au sortir, des véritable petites billes prêtent à être transformées délicatement en vin, finissent leur parcours dans des bacs (comme sur la photo ci-dessus). Révolu le temps où les raisins étaient foulés, pour ne pas dire écrasés, malaxés, pour arriver informes à destination.

 La mise en cuve est primordiale pour les rouges. Aujourd’hui des systèmes de godets permettent de verser directement les raisins sans pompage. C’est vrai aussi lors du décuvage au moment de mener le marc (ndlr : les pellicules de raisins, encore gorgées de jus restants au fond de la cuve) au pressoir.

Sélection drastique des raisins et respect de leur intégrité, les vins de Bourgogne ont largement gagné en pureté d’expression du fruit mais aussi en amabilité en bouche. A une époque où les consommateurs se détournent des vins présentant de la dureté tannique, ce matériel a été particulièrement bénéfique aux pinots noirs bourguignons. Le cépage que l’on dit fragile, facilement oxydable, ne tolère pas d’être maltraité. Par ailleurs, dans cette région septentrionale qu’est la Bourgogne, les peaux des raisins (celles-là même qui donnent les tannins des rouges) ne sont pas à maturité optimale tous les millésimes. Une extraction en douceur est un gage de constance qualitative.

Il faut ajouter à cela la généralisation des cuves thermorégulées et l'arrivée des pressoirs pneumatiques pour compléter le tableau.
Tout commence à  la vigne certes. Le préalable aux progrès qualitatifs des vins de Bourgogne repose pour une grande part sur une culture de la vigne plus fidèle à une culture de terroir. Les caves bourguignonnes n’ont pas été en reste pour l’accompagner et lui donner une caisse de résonance nouvelle. « La résistance d’une chaîne se mesure à celle de son maillon le plus faible », dit l’adage. A n’en pas douter, la chaîne d’élaboration des vins de Bourgogne s’est magnifiquement solidifiée ces deux dernières décennies.

 

Voir également cette vidéo de réception des raisins de meursault premier cru Charmes et de Beaune premier cru Les Avaux à la cuverie des Hospices de Beaune lors des dernières vendanges.

 
 

 

Lire la suite

Hospices de Nuits : les 2014 sous les feux de la rampe

10 Mars 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Hospices de Nuits

Ce dimanche, 15 mars, les Hospices de Nuits mettent aux enchères la récolte 2014. Des vins plus prometteurs que les 2013 à ce stade. Qui laissent présager une évolution intéressante de ce millésime. Revue de détail des cuvées.

Jean-Marc MoronLe cellier du Château du Clos de Vougeot va retentir des coups de marteau de la 54e vente aux enchères des Hospices de Nuits. 134 fûts sont au catalogue cette année. Davantage que la moyenne, "sans être dans les années fastes comme 1990, 1999 ou 2009", expose Jean-Marc Moron le régisseur du domaine.

Les raisons de cette bonne production : une floraison qui, pour une fois depuis 2009, s'est déroulée dans de bonnes conditions (soleil, absence d'humidité). Mais aussi des raisins gonflés par une fin d'été pluvieuse. "Il a fallu faire du tri sur les vignes en bas de côteau, mais dans l'ensemble les raisins étaient en bon état sanitaire", poursuit le régisseur.
Nous attendions bien sûr d'entendre Jean-Marc Moron sur le débat qui a traversé le vignoble au cours de la récolte 2014 : ce millésime a-t-il été vendangé trop tôt dans la crainte de rentrer des raisins dégradés par les attaques de drosophiles ? "Dans notre cas, je ne pense pas. Nous n'avons pas avancé la date de récolte. Mais nous avons pas été tentés de la reculer non plus. Nous arrivions au stade classique des 100 jours après la pleine floraison. Nous avons connu un temps exceptionnel pendant les vendanges (Ndlr : du 11 au 19 septembre)". Les vins titrent à peu près tous autour des 13° après une légère chaptalisation. Largement suffisant pour du pinot.

"Finalement, nous nous sommes posés beaucoup moins de questions en 2014 qu'en 2013. C'était plus facile".
La dégustation lui donne raison. La gamme montre davantage d'homogénéité que l'année dernière au même stade.
Les vinifications se sont déroulées sans difficulté. Jean-Marc Moron se souvient de cuves particulièrement aromatique en fin de macération.
Les fermentations malolactiques étaient toutes complètes lors le dégustation (5 mars dernier) pour les rouges, a contrario du seul blanc de la cave.
Mon coup de cœur n'est pas cette année parmi les cuvées de "Saint-Georges" ou des "Didiers" mais la cuvée de Corvées Pagets "Saint Laurent".

Nuits-saint-georges blanc – 15,5 sur 20
Pur, précis au nez, ce nuits blanc s'annonce de belle composition et se conclut sur une finale longue. Une netteté cristalline.

Gevrey-Chambertin Les Champs Chenys cuvée "Irène Noblet" – 15 sur 20
Belle robe, bien pinot noir, à signaler pour ce premier vin de la série des rouges. Des notes torréfiées laissent la place à une fruité frais (framboise, fraise). Un gevrey sur le fruit.

Nuits-saint-georges cuvée "Grangier" - 16,5 sur 20
Petit rendement sur cette cuvée (34 hl/ha) et logiquement belle concentration. Des notes de groseille, de framboise au nez et une belle allonge en bouche. Une réussite.

Nuits-saint-georges cuvée "Claude Poyen" – 15,5 sur 20
Un vin solide, de couleur sombre, structuré par des tannins fermes mais sans verdeur. Une belle assise en somme. Le nez évoque le cassis frais. La garde et l'élevage ne devraient que lui faire du bien.

Nuits-saint-georges cuvée "Cuvée Guillaume Labye" – 16,5 sur 20
Le nez offre une belle élégance aromatique, sur des tonalités florales. Récoltée sur deux climats proches de Vosne-Romanée, la lecture du terroir est ici nette. La bouche est volumineuse.

Nuits-saint-georges "Cuvée des Sœurs Hospitalières" – non noté
Un vin serré, strict, qui se laisse lire difficilement aujourd'hui. A revoir.

Nuits-saint-georges premier cru Les Boudots "Cuvée M. de Boisseaux" – 15 sur 20
Un Boudot (proche de Vosne-Romanée) un peu plus sérieux qu'à l'accoutumé. Le volume est là, le potentiel aussi. A suivre.

Nuits-saint-georges premier cru Les Terres Blanches "Cuvée St Bernard de Citeaux" – non noté
C'est la cuvée la moins avancée de la cave dans son évolution. Des notes un peu lactées, issues de la fermentation malolactique sont encore présentes. Les tannins sont soyeux en bouche. Une jolie présence et un bon présage pour la suite.

Nuits-saint-georges premier cru Les Vignerondes Cuvée "Bernarde Delesclache" – 16 sur 20
Un vin d'une belle intensité en bouche. Marqué par un caractère épicé et pierre à fusil au nez (soufre). Un vin qui se cherche un peu à ce stade mais qui montre d'ores et déjà une belle consistance.

Nuits-saint-georges premier cru Rue De Chaux "Cuvée Camille Rodier" – 15,5 sur 20
Les tannins sont un peu anguleux mais ne dissimulent pas une certaine opulence. La matière est là. Une bonne base pour débuter une longue carrière.

Nuits-saint-georges premier cru Les Porets "Cuvée Antide Midan" – 16,5 sur 20
On monte incontestablement d'un cran avec cette très belle cuvée de Porets. Un fruité gourmand (cassis, mûre) s'exprime. Des notes florales de violette ajoutent de l'élégance. La bouche harmonieuse s'inscrit dans cette même lignée.

Nuits-saint-georges premier cru Les Boudots "Cuvée Mesny de Boisseaux" – 16,5 sur 20
Un Boudot (proche de Vosne-Romanée) qui montre le profil, flatteur, gourmand et élégant dont il est capable. Le nez évoque la gelée de fruits rouges.

Nuits-saint-georges premier cru Les Murgers "Cuvée Guyard de Changey" – 16,5 sur 20
Un vin alliant précision, finesse et caractère. La matière enveloppe bien le palais et la finale se montre minérale et longue. "Les raisins étaient à maturité parfaite sur cette cuvée", explique Jean-Marc Moron. La dégustation le confirme.

Nuits-saint-georges premier cru Les Corvées Pagets "Cuvée St Laurent" – 18 sur 20
A mon sens, la grande réussite de ce millésime aux Hospices de Nuits. Un vin d'une remarquable harmonie, profondeur. Le nez est un mélange complexe de fruits noirs et rouges à maturité idéale. La bouche est à la fois large et longue. Superbe.

Nuits-saint-georges premier cru Les Didiers "Cuvée Cabet" – 14 sur 20
C'est la première cuvée d'une série de trois consacrée au premier monopole des Hospices de Nuits : Les Didiers. Les vignes sont relativement jeunes et la sélection du matériel végétale moins qualitative. Le vin est plaisant, gourmand mais montre une allonge en net retrait après la cuvée "Saint Laurent".

Nuits-saint-georges premier cru Les Didiers "Cuvée Duret" – 15 sur 20
Cuvée qui mélange à part égale vieilles vignes et plus jeunes vignes. Un vin solide et expressif, marqué par un boisé assez présent à ce stade.

Nuits-saint-georges premier cru Les Didiers "Cuvée Fagon" – 15,5 sur 20
C'est la cuvée vieilles vignes des Didiers. Le vin est d'une concentration évidente mais recroquevillé sur sa matière. Le nez est épicé (poivré) et s'affine sur des notes florales à l'aération. Un vin promis à un bel avenir.

Nuits-saint-georges premier cru Les Saint Georges "Cuvée Sires de Vergy" – non notée
Des notes réglissées viennent agrémenter un nez profond. La matière est dense aussi en bouche mais pas tout à fait en place en cette fin d'hiver. A revoir.

Nuits-saint-georges premier cru Les Saint Georges "Cuvée Georges Faiveley" – 15,5 sur 20
Les Saint-Georges ne survolent pas la dégustation comme c'est parfois le cas certains millésimes. Le vin est masculin, doté d'un beau potentiel mais se cache un peu aujourd'hui.

Lire la suite

Michel Ecard : ce Serpentières n'en démord pas

29 Janvier 2015 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Retour sur une décennie de Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières au domaine Joanna et Michel Ecard. Dix millésimes entre le très bon et l'excellent…

Il est de petits coups d'œil dans le rétro qui rassurent, voire qui confortent. Il y a tout juste 10 ans, Joanna et Michel Ecard décidaient de partir à l'aventure. Reprenant une partie des vignes du domaine familial (domaine Maurice Ecard), ils donnaient naissance à leur propre exploitation. Dans leur bagage, quelques-uns des plus beaux terroirs de Savigny-lès-Beaune : Narbantons, Gravains, Peuillets etc. Sans oublier Les Serpentières, la cuvée phare du domaine.
Dès ces premières années les lecteurs de ce blog ont pu suivre le travail de ce vigneron à la passion communicative.

A l'occasion de cet anniversaire, Michel nous propose de revenir sur la décennie écoulée. Elle a vu se succéder des millésimes très différents, de sérieux pépins de santé , des orages de grêle dévastateurs , etc. Et pourtant, la dégustation de ces 10 millésimes laisse éclater, avec une grande constance, le caractère élégant et suave de ce climat de la Côte de Beaune. La démonstration qu'un grand terroir, conduit par un vigneron talentueux, s'y sont donnés rendez-vous. Pour le plaisir des amateurs de vins de Bourgogne à la recherche de grandes cuvées à prix raisonnables… Les 2011 et les 2012 sont actuellement en cours de commercialisation (21 €) au domaine.

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2014 (tiré sur fût) – 16,5  sur 20
Les contours de ce millésime 2014 se dessinent dans un registre flatteur. Le nez propose un joli fruit, subtil (fraise, framboise). La bouche est délicate, mais aussi gourmande et longue. Un millésime qui n'a peut-être pas le fond des plus grandes années mais qui apporte du plaisir.

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2013 – 14,5 sur 20
C'est le millésime qui a présenté le plus de fil à retordre à Joanna et Michel Ecard. Le printemps particulièrement humide et sans lumière a donné le ton. Le temps n'a pas été particulièrement clément pendant les vendanges non plus. Et entre-temps la grêle est passée par là… "Nous avons récolté à genoux et sous la flotte. C'était de la cueillette grume par grume. Tout cela pour obtenir seulement deux pièces de vin (600 bouteilles)", se souvient Michel. Le nez demande un peu de temps pour s'ouvrir. Il évoque des notes de fruits noirs (cassis) accompagnées d'une petite touche végétale La bouche est riche, d'une belle densité. Mis en bouteille en octobre dernier, ce Serpentières fait mieux que de la figuration.

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2012 – 17 sur 20
Le nez illustre parfaitement le caractère de très belle maturité du millésime. Une année surgie de nulle part qui, dégustation après dégustation, dévoile un potentiel insoupçonné à sa naissance.
Les notes de cerise juteuse, de coulis de cassis s'expriment avec intensité. La bouche est très profonde, d'une puissance inhabituelle pour ce terroir. Il en résulte une personnalité voluptueuse, charnelle. Les rendements se sont établis à seulement 12 hectolitres par hectare avec au final un degré potentiel de plus de 13,5.

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2011 – 16 sur 20
Grand contraste après 2012 ! Les notes florales, de framboise, sont de retour. La bouche se dévoile davantage en finesse qu'en puissance elle aussi. Elle ne manque pas pour autant de présence. Cinq années de garde supplémentaires ne devraient pas lui nuire, au contraire. D'une grande élégance et complexité, voilà un très beau pinot noir bourguignon.
Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2010 – 18,5 sur 20
"Après 5 millésimes, j'ai vraiment pris mes marques cette année là". Le résultat est tout simplement magnifique. Tout y est : concentration, fraîcheur, longueur. Le nez se montre d'une remarquable précision exhalant d'envoûtantes notes de violette, de petits fruits noirs, de réglisse. La finale est suave, ciselée. Un vin d'une éclatante harmonie. Il ne dépareillerait pas dans une série de grands Chambolle-Musigny !


Voir la visite de pré-vendanges réalisée une semaine avant la récolte (vidéo ci-desssous).

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2009 – 17 sur 20
Millésime porté aux nues dès sa naissance, 2009 déçoit assez rarement. Sa générosité est bien au rendez-vous sur ce Serpentières. Un nez intense révèle des notes de fruits noirs bien mûrs. La bouche est profonde, gourmande. Bon à sa naissance, bon avant la mise en bouteille, bon aujourd'hui. Bon… encore longtemps sûrement !

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2008 – 13 sur 20

C'est le millésime que Michel Ecard renierait presque. Année tardive, marquée par de fortes acidités. Le vin est en effet un peu mordant et étriqué en bouche. L'aération ne lui fait pas de mal cependant.

Savigny-lès-Beaune premier cru Gravains 2007 – 16,5 sur 20
Plus de Serpentières en cave… Michel Ecard propose un Gravains pour suppléer cette lacune. Terroir plus masculin que les Serpentières, apte à donner des vins campés sur des tannins plus marqués, ce Gravains se joue parfaitement de la légèreté du millésime. La bouche s'en trouve généreusement remplie. Le nez associe les fruits noirs confits et une touche d'évolution (champignon). Une réussite.

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2006 – 17 sur 20
Le nez très ouvert, évoque de notes de fraises fraîches accompagnées d'un peu de crème chantilly…. La bouche se montre dans sa plénitude, harmonieuse et parfaitement équilibrée. Un millésime de bonne maturité, à boire aujourd'hui et encore quelques années.

Savigny-lès-Beaune premier cru Serpentières 2005 – 18,5 sur 20
Premier millésime pour Joanna et Michel Ecard et pas n'importe lequel ! 2005 est l'année de garde par excellence. Démonstration éloquente avec cette cuvée (goûtée régulièrement depuis sa naissance), elle évolue lentement tout en gardant une grande profondeur. Le nez de cassis frais refait son apparition à l'aération. Pour Michel Ecard, ce vin sera à son apogée dans 15 ans. Cela peut paraître audacieux mais il a très certainement raison. Si vous ne pouvez attendre jusque là, ouvrez la bouteille une journée avant de la servir en ayant pris soin de verser un tiers du flacon dans un verre.

 

  • Terroir : Un sol pauvre et calcaire

Comparaison n'est pas toujours raison, certes. Mais au vu de cette série, Les Serpentières n'ont pas de complexe à nourrir devant certains terroirs, bien plus réputés, de la Côte de Nuits. Nous pensons spontanément à Chambolle-Musigny par analogie avec le caractère souvent floral, raffiné au nez comme en bouche qu'offrent les vins de ce climat.
Les Serpentières se situent sur un coteau exposé au sud. Les maturités sont atteintes sans difficulté.
Le nom de ce climat fait référence à des sources qui serpentent régulièrement sur ses flancs.
Le domaine Joanna et Michel Ecard dispose d'un hectare tout rond, planté de vignes âgées de 55, 65 et 80 ans. Un matériel végétal de qualité donnant très souvent des raisins millerandés. La parcelle s'étire de bas en haut et couvre une bonne partie du secteur central du coteau (au-dessus du cimetière de Savigny). Le sol y est très caillouteux, calcaire. Sur cette terre peu épaisse la vigne souffre et reste naturellement peu productive.

Lire la suite