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365 jours en Bourgogne

Articles avec #degustation tag

Sébastien et Delphine Boisseau : « Espoirs de l’année » !

21 Décembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation, #Bio

Ce couple de vignerons est notre révélation 2014. Une récompense bien méritée. Ils montrent que la viticulture bio n’est pas (qu’)une affaire d’opportunisme mercantile…

Il n’y avait pas encore de cuve, et encore moins de fût, au domaine Boisseau lors de ma première visite (2011). J’avais fait deux ou trois passages devant le hameau de Bray (Mâconnais), avant de m’apercevoir que oui, c’était bien là…
Ce couple de jeunes vignerons était, en 2011, à la croisée des chemins (lire ce billet). Certifié en bio depuis 3 ans, ils subissaient la « double peine » : des coûts de production plus élevés que leurs collègues et une non-reconnaissance de leur travail par la cave coopérative à laquelle ils adhéraient à l’époque. Faire du bio dans ces conditions était un véritable sacerdoce…

Ils ont donc sauté le pas en 2012. Les Boisseau quittent, à regret, la cave coopérative dans laquelle leurs parents et grands-parents s’étaient investis par conviction. Autres temps autre conviction… Ils feront eux-mêmes leurs vins.

L’été dernier, le domaine présentaient ses vins à nos dégustations pour la première fois. Et bingo ! A l’aveugle, trois vins sélectionnés sur trois vins présentés.

En blancs, la cuvée de Mâcon-Bray, « Clos Rebetiot 112 » s’octroie un joli 16,5 sur 20. Le numéro 112 fait référence à l’âge de la vigne, plantée en 1900… . Une prime aussi à la cuvée « Mouton Blanc » issue de belles parcelles de la commune. Goûté et approuvé également, le « Mouton noir », un très beau gamay planté sur des sols argilo-calcaires. C’est l’une des particularités de ce secteur du nord du Mâconnais, le cépage s’y plait particulièrement. Les rouges représentent (40 % de la production).

Depuis ma première visite, les Boisseaux ont aménagé une cuverie, investi dans des fûts, mis en bouteille leur premier millésime et même organisé des portes ouvertes. Ils sont aussi devenus « Espoirs de l’année » dans Bourgogne Aujourd’hui. Un beau bout de chemin…

 

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Dis Papy, il était comment ton vin ?

18 Décembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Histoire, #Dégustation

Amateurs de vins du XXIe siècle, nous vivons avec la frustration d’avoir très peu de notes sur les cuvées produites au cours des longs siècles précédents. Explications.

A quoi ressemblaient les vins de nos grands-parents ? Comment étaient-ils appréciés ? Difficile de répondre à ces questions tant les descriptions de vins d’il y a un peu plus d’un demi-siècle font sourire aujourd’hui. Laconique, voire lapidaire, le discours se révèle d’une pauvreté confondante. « Fermes », « toujours satisfaisants », d’une « bonne tenue ». Des termes relevés par l’historien Olivier Jacquet (Chaire Unesco Culture et traditions du vin à Dijon) au cours de recherches menées sur l’évolution de la dégustation du vin après-guerre.

Bref, nos grands-parents ne semblaient pas soucieux de passer pour de fins dégustateurs...

« Même en 1947, le grand œnologue Bordelais Emile Peynaud (…) évoque uniquement la souplesse, le moelleux, le côté corsé, la vinosité, le gras, l’âpreté, la verdeur, la netteté. Il parle d’un vin « droit de goût », d’un vin qui « remplit la bouche » ou encore d’un « vin mâché ». Nulle trace d’olfaction dans l’analyse », expose Olivier Jacquet.

Explication : la dégustation a tout d'abord été, et pendant longtemps, un exercice de marchands. Le but était de détecter les qualités "substantielles" d'un vin, c'est-à-dire vérifier ou infirmer qu'il puisse être vendu sous le nom de Gevrey-Chambertin ou Pommard (pour les vins tanniques) de Chambolle-Musigny ou de Volnay (pour les vins les plus élégants). Même si ces vins ne provenaient pas du village dont il porterait l'étiquette. C’est le système "d'équivalence" mis en place par le négoce de l'époque.

"Un vin de Gevrey-Chambertin n’est pas nécessairement issu de raisins récoltés à Gevrey-Chambertin, mais un vin qui présente la qualité d’un Gevrey-Chambertin suite à des coupages pouvant associer des vins issus de « crus » différents, voire non bourguignons, tenus pour équivalents à Gevrey-Chambertin.", poursuit Olivier Jacquet.

Les œnologues (dans l'acception technique du terme), en chimistes du vin, s'empareront de l'exercice de la dégustation au début du XXe siècle. Ils insistent, pour leur part, sur la détection des défauts. Les termes de « goût de grêle », « goût de sec », « goût de pourri », de « goûts terreux » fleurissent alors...

Il faudra donc attendre la création des appellations d'origine pour voir s’épanouir la dégustation dans la forme que l'on connait aujourd'hui (avec une part belle faite à la description aromatique).
Après-guerre, l'idée est bien sûr de justifier et d’étayer les délimitations mises en place lors de la création des AOC en 1935. La fameuse controverse chablisienne sur le calcaire Kimméridgien ou Portlandien, à partir de la fin des années 1950, donna lieu à un examen gustatif. Sur quel type de sous-sol sont produits les véritables Chablis ? Les dégustateurs se devaient de jouer les juges de paix.

"Cette fois, l’analyse organoleptique fait office de preuve. On tranche donc pour une légère extension de l’appellation Chablis (…)", explique Olivier Jacquet.

Le dernier saut, celui qui mène à la dégustation hédoniste peut alors s’accomplir. Emile Peynaud, pionnier de l’analyse sensorielle, après s'être longtemps consacré à des publications relevant du domaine de la chimie, entame son travail sur la dégustation en tant que telle. « Son ouvrage majeur de synthèse sur « Le Goût du Vin » (Ed. Dunod), plusieurs fois réédités  et qui aura un impact considérable auprès du grand public, ne sort pas avant 1980 », note Olivier Jacquet.

Il nous reste, à nous amateur de vins du XXIe siècle, la frustration d’avoir très peu de traces des vins produits au cours des longs siècles précédents notre époque. Combien de cuvées remarquables sont tombées dans un éternel oubli faute d’avoir rencontrées un dégustateur à la plume inspirée ?  

Pourtant, il est certain que les vins de nos aïeux n’étaient pas moins bons ou moins complexes que les nôtres. Quelques maisons bourguignonnes recèlent dans leurs caves des trésors le confirmant. Des bouteilles parfois vieilles de plus d’un siècle et demi. J’ai eu la chance d’en déguster quelques-unes comme ce meursault premier cru Charmes 1846, ce beaune Vigne de l'Enfant Jésus 1865 de la maison Bouchard Père et fils ou encore cet autre beaune, Clos des Ursules 1959, de chez Jadot.

Mais les mots, aussi précis et nécessaires soient-ils, ne traduisent qu’une petite partie de l’émotion procurée par des vins de cette intensité.

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Devenir un expert en vin en quatre conseils

30 Novembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Vous rêvez de devenir un « pro » de la dégustation. Voici les conseils, simples, qui vous mettront sur la bonne voie. Qu’est-ce qu’un expert en vin sinon un amateur de vin décomplexé ?

Ne vous sous-estimez pas

« Je n’ai pas le nez qu’il faut ». « Je ne suis pas doué pour reconnaitre les arômes ». Des sentences entendues à de nombreuses reprises dans la bouche d’amateurs de vin. Le plus souvent sans aucun fondement… Pourtant les études scientifiques sont sans ambigüité : un expert en vin n’est pas un "superdégustateur", pas davantage un homme doté d’une hypersensibilité.

« Au final aucune donnée expérimentale ne suggère que les experts en vin seraient plus sensibles que les autres », note Jordi Ballester et Dominique Valentin, chercheurs respectivement à l’Université de Bourgogne et à Agrosup Dijon.

Cette démotivation des novices trouve ses racines dans l’attitude de certains professionnels du vin, ou même d'amateurs, voulant épater la galerie. Ces derniers se complaisent souvent à utiliser un vocabulaire de dégustation savant ou même abscons. Les novices s’en trouvent exclus ou inhibés. 

Il n'y pas de quoi. Lors de la finale du dernier concours de meilleur sommelier du monde, un vin des Côte du Rhône 2007 était présenté à l’aveugle aux quatre candidats. Deux ont répondu qu’il s’agissait d’un vin espagnol, un autre a reconnu un vin grec, le dernier un Bordeaux. Un seul avait le bon millésime…

J’irais jusqu’à écrire que le "pro" commet souvent tout autant d’erreur de jugement que le novice. Alors n’hésitez à vous lancer : si le meilleur sommelier du monde est capable de se tromper dans les grandes largeurs, vous aussi vous avez le droit de dire des bêtises.

Lire aussi ce billet : La dégustation, c'est comme le vélo

 

Privilégiez la bouche plutôt que le nez.

Le monde des odeurs est compliqué. Notre nez est capable de percevoir des centaines de molécules odorantes différentes. C’est le cerveau qui traite alors l’information, fait des choix ou perd parfois les pédales… La bouche est un organe beaucoup simple : elle perçoit quatre grandes saveurs : le sucré, le salé, l’acide et l’amer.
Si l’on écarte le salé, très peu présent dans le vin, il n’en reste plus que trois. Quant à l’amertume, elle se rencontre surtout dans les rouges. Pour débuter en toute confiance, concentrez-vous davantage sur l’équilibre de ces différentes saveurs en bouche
(Lire aussi ce billet). C’est une notion, à mon avis, essentielle dans l’appréciation des qualités d’un vin. Elle passe trop souvent par pertes et profits dans le discours d’un amateur.
Une fois lancé dans ce type d’analyse, un amateur de vin trouve assez vite ses repères. Prenez un chablis et Pouilly-Fuissé, du même millésime. Vous percevrez  davantage de fraicheur, d’acidité, dans le premier
sans trop de difficulté. Le deuxième développera davantage d’onctuosité, de moelleux (saveur sucré). C’est déjà un premier pas vers la caractérisation ou l’identification. Les vins méridionaux, issus de raisins plus riches en sucre, sont très souvent plus ronds que les vins septentrionaux (sauf vins moelleux ou liquoreux bien-sûr).

Elargissez votre vocabulaire

« Je connais cette odeur mais je n’arrive pas mettre un nom dessus », autre constat souvent prononcé par les dégustateurs en herbe. Nos sensations olfactives sont mises en mémoire dans une partie du cerveau, quand le vocabulaire est lui référencé dans une autre… Résultat : la connexion se fait rarement spontanément. Surtout lorsque l’on perçoit une odeur en dehors de son contexte habituelle.

Ce phénomène s’appelle avoir « l’odeur au bout du nez » par référence à l’expression avoir un mot « sur le bout de la langue ».

L’expert en vin fait alors la différence. Il est capable de mobiliser du vocabulaire, de mettre des mots sur ces sensations de manière plus spontanée que le quidam. Cela n’enlève rien à sa subjectivité. Il est surtout capable d’utiliser le vocabulaire que les autres experts comprennent. Bref, être expert en vin c’est surtout être reconnu et entendus par ses pairs.

« Toutefois, il semble que le fait de s’efforcer à nommer des odeurs, améliore la capacité à les différencier. Cela suggère qu’un élément important de l’expertise en vin serait de posséder vocabulaire pour nommer les différentes propriétés sensorielles d’un vin », selon Jordi Ballester et Dominique Valentin.

Faites des catégories

Le monde du vin est très vaste et cela ne va pas en s’arrangeant. Il se produit du vin dans beaucoup de régions du monde. Cette complexité se réduit nettement s'il l'on s'en tient aux cépages où aux millésimes. Prenons les cépages : cernez les caractéristiques des plus plantés dans le monde (nombre d'ouvrage les exposent). L’effort de mémorisation n’est inhumain : ils sont une petite vingtaine à avoir véritablement conquis le monde. Vous aurez toutes les chances de le retrouver dans la prochaine bouteille que vous dégusterez.  L’exercice est simple par exemple avec le gewurztraminer alsacien : il présente très souvent des arômes expressifs de rose ou de litchi très typiques. En y ajoutant quelques connaissances sur l’implantation de chacun de ces grands cépages, il devient beaucoup moins aléatoire de cerner un vignoble d’origine.

De manière générale, pour devenir expert dégustez le plus fréquemment possible avec un maximum d’information sur le vin que vous avez dans le verre. La compagnie du producteur est évidemment le cas de figure idéal. On peut aussi adhérer à un club de dégustation, ou suivre des cours de dégustation pour partir avec les bonnes bases.

 

Quelques livres

Une initiation à la Dégustation des vins grands vins, Max Léglise (Edition Jeanne Laffitte)

La Dégustation du vin, Georges Pertuiset (Editions Quintette)

L’Ecole de la dégustation de Pierre Casamayor (Hachette)

 

Quelques références de cours de dégustation :

Prodegustation.com

Ecole des vins de Bourgogne

et bien-sûr : A Portée de vins (par votre serviteur)

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Le palmarès 2014 des cuvées des Hospices de Beaune

26 Octobre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune, #Dégustation

Pour la sixième année, mes notations et enseignements après dégustation des 46 cuvées 2014 des Hospices de Beaune. Elles seront en vente le 16 novembre prochain.

 


La note maximale est ++++


Les rouges

Impressions générales : La série de rouges présente un bon niveau d’ensemble. Les cuvées de Savigny, Monthelie, Corton, et dans une moindre mesure de Pommard sont, à quelques exceptions, près dignes d’un beau millésime. Les vins présentent un profil plutôt flatteur, sur des tannins fins. Les fruités privilégient la fraîcheur sans pour autant dénoter de caractère végétal.
Les choix de Roland Masse et de son équipe n’y sont pas étrangers. Il a été décidé de vendanger relativement tôt pour préserver un bon état sanitaire des raisins. En cave, les raisins ont été totalement égrappés, les pigeages moins soutenus que d’autres années et une partie des vins de presse laissés de côté. Autant d’options qui évitent d’extraire des tannins rugueux et de durcir les vins. La série de Beaune est plus laborieuse, la grêle a en effet fortement touchée le secteur sud de l’appellation. Les vignes ne s’en sont pas complètement remises.

 

Mes coups de cœur : Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret, Beaune premier cru Nicolas Rolin, Pommard Suzanne Chaudron, Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol, Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter, Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon.

 

Santenay Christine Friedberg ++
D’une densité moyenne, se vin se montre toutefois expressif au nez et flatteur en bouche.

Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse +++
Une bonne surprise car les maturités sont parfois délicates à obtenir dans ce secteur de la Côte de Beaune. Ce vin se montre croquant, gourmand comme un fruit mûr.

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand ++(+)
Des notes de petits fruits rouges au nez. La bouche est fraîche, plutôt étoffé mais les tannins sont un peu rugueux en finale.

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard +++
Un savigny comme on les apprécie : les nez se fait précis et frais, il « pinote » bien. Les tannins sont souples et fins. Un vin déjà très plaisant.

Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret ++++
Cette cuvée, de près de 2 ha, est pour ce millésime mono-terroir. Les Hospices ont en effet récupéré cette année des vignes sur le climat Les Vergelesses. Elles étaient confiées en location ces dernières années. Les vignes de Gravains (autre climat du nord de Savigny) qui composent habituellement la cuvée ont été reversées dans la cuvée Fouquerand. Les Vergelesses jouent donc en solo, avec réussite. Le vin se montre dense, profond, avec juste ce qu’il faut de fermeté des tannins pour lui assurer un bel avenir. Le nez s’exprime sur des notes de fruits noirs.

Monthelie premier cru Lebelin +++
Une cuvée bien représentative de ce début série : les tannins sont bien mûrs, souples. Plus surprenant, ce monthelie montre aussi de l’ampleur et de la puissance. Un séducteur…

Auxey-Duresses premier cru Boillot ++++
Le nez est d’une remarquable finesse, sur des notes florale (violette, pivoine). La bouche se montre charnue, profonde, mais les tannins sont un peu fermes à ce stade.

Beaune premier cru Cyrot-Chaudron +
C’est le retour de cette cuvée à la vente après les dégâts causés par la grêle en 2013. Malheureusement le boisé domine et le vin peine à s’exprimer pour l’heure.

Beaune premier cru Maurice Drouhin ++
On gagne nettement en intensité et en profondeur sur cette cuvée. Le nez exprime des notes de fruits noirs mûrs Les tannins s’affirment avec une pointe d’austérité. Le potentiel est là.

Beaune premier cru Brunet
Un problème d’échantillon sur cette cuvée. Le vin propose des notes oxydatives…

Beaune Grèves premier cru Pierre Floquet ++
Le nez se présente avec une belle intensité et de l’élégance (des notes à la fois fruité et floral). La bouche est solide (des tannins fermes) et d’une belle longueur.

Beaune premier cru Clos des Avaux ++(+)
Avec une belle présence et de l’intensité en bouche, ce vin fait partie de belle réussite de l’appellation dans un secteur pourtant touchée par la grêle. Une bonne base.

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes +++
L’aromatique est marqué par une touché de torréfaction mais le fruit n’est pas loin derrière. En bouche, l’intensité et l’équilibre sont là. Une réussite.

Beaune premier cru Dames Hospitalières +
Un vin compact et sévère. La finale est légèrement asséchante. Récalcitrant de bout en bout.

Beaune premier cru Guigone de Salins +
Cette cuvée, au nom de la co-fondatrice des Hospices de Beaune, a été amputé de son terroir le plus qualitatif (Les Bressandes) pour cause de grêle. Malheureusement le « préjudice » se confirme. Le vin manque de relief en bouche, les tannins sont aussi un peu rustiques.

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++
La cuvée du fondateur des Hospices de Beaune était incontestablement l’une des grandes réussites du millésime 2013. Et sans doute l’une des bonnes affaires de la vente… La qualité est à nouveau au rendez-vous cette année. Cette cuvée présente beaucoup d’ampleur en bouche, sur des tannins solides mais sans aspérité. Sa belle longueur en bouche, confirme la grande tenue de sa texture. Un vin dense et complet.

Volnay premier cru Général Muteau ++
Une première cuvée de volnay marqué par les fruits noirs (cassis, mûr) et la réglisse. Un boisé qui demande à se fondre se fait sentir en bouche. Difficile de s’emballer à ce stade.

Volnay premier cru Blondeau +(+)
Un volnay un peu carré et austère. La persistance d’un peu de gaz n’aide pas non plus à lui trouver de l’harmonie.

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++
Un grand classique des Hospices de Beaune en rouge. Idéalement situé dans le climat des Santenots, l’un des plus qualitatifs de la Côte de Beaune en rouge, il exprime une nouvelle fois son opulence, sa richesse avec beaucoup de classe. Les tannins sont fondus et la finale est fraîche et précise.

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++
Il y a une classe d’écart entre les deux Santenots des Hospices cette année. Moins bien placé et aussi planté avec un matériel végétal moins qualitatifs (cela compte beaucoup les années compliquées), la cuvée est nettement moins à son avantage. Les vins est anguleux sur des tannins un peu durs. Il ne manque pas d’un certain fond pour autant…

Pommard Suzanne Chaudron ++++
Cette cuvée a rejoint le domaine des Hospices de Beaune lors du fameux leg de Raymond Cyrot et Suzanne Chaudron en 1979. Issue essentiellement de terroirs classés en appellation village elle figure de challenger ici. Relativement épargnée par la grêle, elle séduit par ses tannins flatteurs, sa gourmandise. Une rondeur qui ne la quitte pas, de l’attaque en bouche à la finale. Une belle surprise.

Pommard Raymond Cyrot +++(+)
Avec ses tannins souples et ronds, ce pommard fait bien la pair avec la cuvée "Chaudron". Un caractère croquant qui se prolonge bien en bouche (belle longueur). Le nez évoque la gelée de mûr.

Pommard Billardet
Une autre des cuvées largement touchée par la grêle l’an dernier et qui refait son apparition. Le vin semble tout juste sorti de la cuve, marqué par la présence de gaz. Difficile à évaluer…

Pommard premier cru Dames de la Charité ++
Le nez est précis, net. La bouche montre peu de volume. Il semble toutefois évoluer dans le bon sens explique Roland Masse. A revoir donc.

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++
Une cuvée plutôt frustrante lors de nos visites régulières aux Hospices. Le terroir est qualitatif mais le vin manque un peu de relief et d’ampleur pour convaincre tout à fait. La longueur est pourtant là.

Corton grand cru Charlotte Dumay +++
Des notes complexes, épicées et fruitées, dominent le nez. En bouche, la matière est bien concentrés et les tannins assez fins. Un vin d’une certaine droiture.

Corton grand cru Docteur Peste ++
Un corton qui manque un peu de muscle, de fond, pour prétendre rivaliser avec les autres cuvées de corton qui l’encadre. L’ensemble n’est pas sans charme ni longueur pour autant. Mais le scepticisme l’emporte pour l’heure…

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++
Au Royaume des corton des Hospices, le Clos du Roi est solidement assis sur son trône. Il domine d’une bonne tête les autres cuvées produites sur ce secteur par l’institution beaunoise. Un corton qui n’a même rien à envier à un grand cru de la Côte de Nuits. Il occupe un volume impressionnant en bouche. Les tannins sont remarquablement racés. La finale est longue. Vraiment royal.

Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey +
Le nez est fin, floral, avec cette élégance que l’on rencontre sur des grands vins de la Côte de Nuits. Une promesse que la bouche ne tient pas. Elle est fluide, courte.


Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter ++++
Déjà remarquable l’année dernière, le Clos de la Roche semble avoir trouvé son rythme de croisière depuis quelques années aux Hospices de Beaune. Au nez, l’aromatique est d’une grande intensité sur le fruit mûr. L’ampleur, la netteté et la consistance des tannins se déploient en bouche avec harmonie et cohérence.

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon +++
Le mazis-chambertin déçoit rarement. A vrai dire nous ne l’avons même jamais vu faillir à son statut de grand cru. Il a trouvé ici un bon sparing partner en la personne du Clos de la Roche. Mais la finesse de ses tannins, la classe de sa texture et sa complexité aromatique font une nouvelle merveille. Un grand vin.

 

Les blancs

Impressions générales : Comme en rouge, la problématique grêle est l’une des clés du millésime. Pratiquement épargnés les vignes du nord de la côte de Beaune ont pu faire mûrir leurs raisins sans aléas (Corton-Vergennes, Corton Charlemagne, etc .). On y trouve des belles cuvées avec beaucoup de fond et un équilibre très prometteur. Beaucoup de terroirs de Meursault ne peuvent malheureusement pas en dire autant. On notera aussi qu’une nouvelle cuvée de blanc a fait son apparition : un beaune premier cru blanc (cuvée « Suzanne et Raymond »). Elle est issue d’une parcelle située sur le climat les Montrevenots replantée en chardonnay. Avant cette replantation, cette dernière entrait dans la cuvée de beaune premier cru « Cyrot-Chaudron » rouge.

 

Mes coups de cœur : Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault, Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson, Corton-Charlemagne grand cru François de Salins

 

Saint-Romain Joseph Menault
Un vin vif, citronné avec peu de volume. Vendangé un peu trop tôt. Souhaitons que la fermentation malolactique et les lies l’assouplissent.

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +++
Le nez évoque un fruit bien mûr. La bouche est tout en rondeur et onctuosité. Tout à fait l’opposé du Saint-Romain. L’élevage en demi-muid donne rend le boisé discret.

Beaune Les Montrevenots Suzanne et Raymond +++
C’est une première pour cette cuvée, issue d’une replantation de vignes sur le climat les Montrevenots. Un climat de haut de coteau, au sud de l’appellation. Le vin montre une belle consistance, de l’équilibre et une finale fraîche. Une réussite.

Meursault Loppin ++
Sur un profil gourmand, souple, ce meursault manque un peu de tonus et de complexité pour prétendre une notation plus favorable.

Meursault Goureau
Le nez évoque une touche de champignon de Paris. La bouche montre peu de concentration. Mauvaise passe ?

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++++
« Minéralité, finesse, race », écrivions nous l’an dernier. Des traits de caractère que l’on retrouve sur cette cuvée cette année. L’emprunte de ce terroir semble se jouer des aléas climatiques.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot ++(+)
Un vin, frais, délicat. Une cuvée qui se montre peu expansive pour l’heure. La base semble plutôt prometteuse. A suivre.

Meursault-Genevrières premier cru Philippe Le Bon ++++
Beaucoup plus de fond et de concentration que la cuvée Baudot. Cette cuvée des références en blanc aux Hospices de Beaune tient ses promesses, dans un millésime où la grêle a fait des dégâts dans ce secteur.…

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay +++(+)
Un meursault plutôt austère mais d’une belle précision en bouche comme au nez. Là aussi cette base semble promise à une belle évolution en cours d’élevage.


Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault ++++
La cuvée de Genevrières Philippe Le Bon est généralement la tête d’affiche des blancs de Meursault aux Hospices. Sur ce terroir, relativement épargné par la grêle, « Albert Grivault » nous semble un ton au-dessus. Le vin est présente un remarquable équilibre, mais aussi beaucoup de fond et de concentration. Coupe de cœur.

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson ++(+)
Avec son expression aromatique intense, aux notes suaves, presque exotiques, on retrouve dans ce Vergennes ce qui en fait une cuvée singulière. La bouche déploie une matière, onctueuse, gourmande. La finale est longue et net. Un futur vin de plaisir.

Corton-Charlemagne grand cru Roi soleil ++
Le nez présente des notes d’agrumes. La bouche est pure et nette mais de demi-corps Un potentiel qui méritera d’être confirmé…

Corton-Charlemagne grand cru François de Salins ++++
Le profil inverse du Corton Vergennes dégusté précédemment… Exposition, situation, géologie, c’est aussi un tout autre terroir. Minéralité du Charlemagne versus puissance du Vergennes. En bouche cette cuvée est en effet droite, pure, cristalline. Un caractère sans doute moins consensuelle, mais d’une grande race. Comme celle que peut exprimer les vins de ce secteur lorsqu’ils sont accompagnés avec soin.

Bâtard-Montrachet grand cru Dames de Flandres ++++
Ce terroir est réputé pour donner les vins plus plus puissants de la Côte de Beaune. Les vieilles vignes de la parcelle des Hospices, livrant de petits raisins concentrés, accentuent encore ce caractère. La bouche est donc très dense, profonde, presque tannique. La carrure d’un grand vin de garde.

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Grandes maisons, grands vins ?

3 Octobre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Le caviste de Beaune, Denis Perret, fête ses 40 ans. Né de la volonté de 5 grandes maisons d'ouvrir une enseigne en plein cœur de la ville, il propose quelques-unes des cuvées phares du négoce bourguignon. Une dégustation proposait d'en passer quelques-unes en revue, un blanc et deux rouges de chaque maison.

 

Bouchard Père et fils (les vins sont servis en magnum)

Beaune 1er cru Clos de la Mousse 2010 rouge ++
Le nez s'exprime sur un registre en finesse et discretion. Dans le même esprit la bouche se profile dans un registre délicat et subtil. La longueur est moyenne.

 

Beaune 1er cru Grèves "Vigne de l'Enfant Jésus" 2005 rouge ++++
La belle maturité du millésime est là : des notes de cerises noires s’expriment au nez. La bouche offre une grande structure, les tannins sont présents mais sans dureté (un caractère que l'on peut parfois noter sur les rouges de ce millésime). La finale, épicée est très longue. Une grande bouteille.

Beaune 1er cru Clos Saint Landry 2010 blanc ++++
Le nez est ouvert, charmeur sur des notes briochées et toastées. En bouche la matière se développe avec beaucoup d'équilibre et d'harmonie. Très belle longueur. Le boisé est parfaitement fondu.

 

Chanson Père et fils

Beaune 1er cru Clos de Fèves 2011 rouge ++(+)
Si le nez est plutôt flatteur et expressif (un caractère appréciable de ce millésime), la bouche exprime une certaine sévérité à ce stade. Le résultat, très certainement, d'une vinification en vendange entière (sans égrappage), politique menée par la maison sous la houlette de l'œnologue Jean-Pierre Confuron. Un vin en devenir.

Beaune 1er cru Bressandes 2001 rouge +++
Plutôt audacieux de proposer un 2001, millésime pas simple, en dégustation aujourd'hui. Ce beaune offre pourtant beaucoup de plaisir. Les notes de fruits noirs de confits montent au nez. La bouche est à la fois consistante et harmonieuse. A boire.

Chassagne Montrachet 1er cru Chenevottes 2011 blanc +(+)
Un boisé toasté domine au nez. La bouche montre une consistance très moyenne. On reste sur sa faim.

 

Joseph Drouhin

Chambolle Musigny 1er Cru 2011 rouge +++
Le nez s'exprime en finesse sur une palette de petits fruits rouges et une touche florale. Les tannins fins, soyeux et flatteurs en bouche offre un vin bien dans l'esprit du millésime et de l'appellation.

Beaune 1er cru Clos des Mouches 1996 rouge +
Le nez est discret, la bouche campe sur une trame vive et ciselée. Elle laisse au final une sensation de maigreur.

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2011 blanc ++
C'est l'un des grands terroirs du fameux village de Puligny. Le nez s'exprime dans la discrétion sur des notes d'agrumes. La bouche est longue, ciselée, sur une finale minérale. Le milieu de bouche manque un peu d'envergure pour atteindre les sommets...

 

Louis Jadot

Beaune premier cru Clos des Ursules 2009 rouge +++

Un 2009, qui évolue avec toute la générosité propre à ce millésime, sur des notes de cerise et de fruits noirs. La bouche est profonde, onctueuse, gourmande. La longueur est aussi au rendez-vous.

Corton Pougets grand cru 2000 rouge ++++

Le nez évoque des arômes tertiaires (sous-bois) et de cerise à l'eau de vie. C'est en bouche surtout que ce corton se montre le plus fringant : les tannins sont denses, présents mais pâtinés par ces 14 ans d'évolution harmonieuse.

Corton-Charlemagne grand cru 2011 (vin servi en carafe) +++

Un agréable mélange de noissette et d'agrume offrent une palette aromatique expressive et complexe. La bouche est savoureuse, salivante dans un profil qui privilégie la droiture et la pureté à l'opulence et la richesse. La finale est longue. En devenir.

 

Louis Latour

Beaune 1er cru Vignes franches 2009 rouge ++(+)
Un vin expressif, sur le fruit mûr, les épices. La bouche est ronde, puissante, gourmande. Un vin de plaisir. 

Corton Grancey grand cru 2003 rouge +++
Millésime solaire, brulant et très précoce 2003 avait suscité beaucoup d'interrogation à sa naissance sur sa capacité à se garder. Ici, les doutes sont levés. Le vin se tient bien grâce à une concentration de tannins peu commune. Ces tannins sont aussi veloutés que dense. L'ensemble garde donc une certaine élégance. A boire.

Meursault Blagny 1er cru "Château de Blagny" 2010 blanc ++
Le nez évoque des arômes de poire et de pêche. La bouche est gourmande, souple.

Conclusion : Une dégustation d'un bon niveau. Ces maisons historiques tiennent ici leur rang et portent haut les couleurs de la Bourgogne. Chacune exprime un style bien à elle.

 

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Des rois et des reines (2)

2 Février 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Suite et fin du compte rendu d'une soirée dégustation bien remplie. Un Pic Saint-Loup (Mas Bruguière) et un Clos Vougeot (Denis Mortet) ont survolé les débats en rouge. 
 

Rouges


Irancy 2009 - Benoit Cantin "Cuvée Emeline"
La robe est rubis léger. La palette aromatique, fraîche, décline des notes de cerise. La bouche est bien constituée mais les tannins sont assez stricts. Un vin plutôt gourmand avec une finale un peu vive voire mordante qui dénote. 14,5 sur 20

 

Sancerre 2009 - Vincent Pinard

Le nez, peu engageant (noyau, pruneau). Un caractère oxydatif, cuit, qui s'affirme à l'aération. Une aigreur gustative confirme le défaut. Pas de note... Dommage, le domaine jouit d’une bonne cote. 



Chambolle premier cru Aux Echanges 2010 – Maison Jessiaume 
Des notes torréfiées, fumées dominent au nez (complexité moyenne). La bouche est élégante, fraiche. Elle se conclut par une finale vive et une note de griotte persistante. Un vin pénalisé par un petit manque de chair.  14 sur 20. 


Gevrey-Chambertin 2010 - Château de Marsannay
Le nez est retenu, frais et fin (violette). La bouche est ample, tannique. Un vin d'une bonne consistance mais marqué par une matière un peu asséchante. 14,5 sur 20


Givry premier cru Pied de Chaume 2009 - Domaine Joblot
Un excellent domaine de la Côte Chalonnaise dans un beau millésime… La bouteille était prometteuse. Pourtant, dès les premières notes aromatiques la déception est là : des touches de gouache laissent difficilement entrevoir une quelconque complexité. La bouche est assez gourmande (dans le style du millésime) mais sans grand caractère. 13 sur 20


Minervois 2001  - Domaine Borie de Maurel "Cuvée Sylla" 
Le nez est expressif sur des notes de coulis de cassis, de truffe et de garrigue. La bouche est suave, sur des tannins bien fondus. Un vin sudiste, chaud et profond. 15 sur 20


Coteaux du Languedoc -Pic Saint Loup 2000 - Mas Bruguière "La Grenadière" 
L'une des plus belles bouteilles de la soirée en rouge. Le nez évoque le clou de girofle, le poivre. Une touche florale lui ajoute de l'élégance et de la délicatesse. La bouche à la fois profonde, riche et fraiche, d'une belle texture réglissée. Tout simplement excellent. 18 sur 20.


Givry premier cru  Clos de la Servoisine 2005 - Domaine Joblot
Décidément peu à la fête en cette soirée le domaine Joblot. Ce 2005, (encore trop jeune ?) paraît réduit au nez et se montre sec en bouche. Décevant. 11 sur 20


Saumur-Champigny 2006 “Le Bourg” - Clos Rougeard
Référence, s'il en est, en rouge dans le Val de Loire, ce vin prend le temps pour révéler toute sa classe. Des notes fruits noirs d'une belle intensité et une touche fumée montent au nez. En bouche, les tannins sont de prime abord solides et serrés. Un carafage lui aurait fait du bien. Sans doute bu trop jeune, il est donc à garder. 16 sur 20


Châteauneuf-du-Pape 2010 - Château Mont-Redon.
A nouveau un beau vin du sud ! La robe est très dense, violacée. Le nez est à la fois épicé et  floral. Un châteauneuf offrant beaucoup de fond, de densité en bouche. Une bonne fraicheur lui assure une bonne digestibilité, qualité un peu plus rare sur cette AOC. 17 sur 20.


Clos de Tart 1990
La robe est tuilée. Le nez est marqué par des notes de sous-bois. La bouche, un peu chaude, manque de chair. Ce grand cru phare de la Bourgogne n'est pas à son niveau. Les temps ont bien changé depuis. 12 sur 20


Côte-Rôtie 2001 "Blonde du seigneur" - Georges Vernay
La robe est encore violacée signe d'une évolution très lente. Le nez s'exprime sur un registre empyreumatique et épicé. La bouche est tannique, dense, sérieuse. L'aération lui assure davantage de finesse. A garder. 16 sur 20.


Château Pape-Clément 2001 – Pessac-Léognan 
La robe est très colorée. Des notes de truffe, de cassis, de cèdre, de graphite donnent un nez d'une belle complexité. La bouche est riche, profonde. Il évolue tout doucement et favorablement (le potentiel de garde est peu entamé). 16,5 sur 20.


Clos de Vougeot 1999 -Denis Mortet
Le nez se déploie avec beaucoup de délicatesse sur des notes de fleurs rouges et de framboise. Les tannins sont d'une remarquable finesse, satinés, ils tapissent le palais avec beaucoup de raffinement. La finale est très longue, minérale. Un Clos Vougeot de caractère dans l'élégance. Magnifique. Un bel hommage à ce vigneron disparu en 2003. 19 sur 20.

 



Moelleux

Quarts de Chaume 2006 - Domaine de L'Echarderie 
La robe est d’un doré très profond et le nez d’une grande netteté, sans trace d’évolution prononcée. En bouche, c’est surtout sa fraîcheur et sa tonicité qui surprend pour un liquoreux. La finale est très longue. Une grande harmonie se dégage. 17sur 20


Côteaux du Layon Beaulieu 2007 - Château Pierre Bise  "Les Rouanières"
Le nez développe des notes complexes de fruits confits, exotiques et de miel. La bouche est d’une grande richesse et intensité. Une finale sur la mandarine conclut la dégustation. Un vin pour se faire plaisir aujourd’hui. 15 sur 20

 

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Des rois et des reines

12 Janvier 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Compte rendu d'une soirée dégustation avec quelques habitués des sessions de Bourgogne Aujourd'hui. Les vins ont été dégustés à l'aveugle, ce 10 janvier, sous l'accueillante présidence* de Roland Masse, régisseur du domaine des Hospices de Beaune.


Blancs


IGP Ile de beauté (non millésimé). Yves Leccia. Cépage Biancu Gentile.
Un début de dégustation sur le registre de la fraîcheur : le nez est finement iodé, citronné. La bouche présente un bel équilibre (un peu de gaz) dans la rondeur. La finale est vive et plutôt courte. 14,5/20


Chardonnay "A la Percenette" 2008. Domaine Pignier (Jura).
La robe est dorée. Une certaine évolution au nez (truffé), mais ausi de la complexité (notes beurrées et abricotées). La bouche est moins avenante, campée sur une acidité austère. 14/20


"Grand cuvée" 2009 - Val de Montferrand - Domaine de l'Hortus (Languedoc-Rousillon)
60% chardonnay, 25% viognier, 15% marsanne
La robe est jaune doré. Le nez évoque spontanément un grand chardonnay bourguignon à l'ensemble des dégustateurs... On y trouve une belle maturité (fruit jaune) mais aussi de fines notes de noisette, d'amande...
La bouche est chaude, riche, crémeuse. Ce vin se montre plus large que long mais d'une belle finesse également. Un très joli blanc sudiste. 16,5/20


Puligny premier cru Les Pucelles 2011 - Domaine Leflaive
La robe est or-brillant. Le premier nez est très fin, floral, retenu. Il évolue sur le minéral, l'amande. La bouche est raffinée, élancée et surtout d'une grande longueur. Un vin peu demonstratif dans l'ensemble mais qui montre beaucoup de race, de caractère. A ne pas toucher avant 5 ou 6 ans de garde minimun. 17/20.


Alsace Grand cru Zotzenberg 2010 - Jean-Pierre Rietsch
La robe jaune dorée est profonde. Le nez évoque le fruit jaune confit voir exotique. Il évolue vers les épices douce. La bouche est assez suave, saline. Une finale un peu sèche contrarie l'harmonie et l'équilibre. Dommage. 14/20.


Pernand-Vergelesses premier cru Sous Frétille 2002 - Domaine Rapet
Le premier nez est discret, sur des notes d'une étonnante jeunesse (pomme verte). La bouche dévoile un volume conséquent et une finale dynamique avec une rétro-olfaction marquée par des notes de caramel. La première approche manque un peu de finesse (une petite trace liègeuse). Mais l'aération lui apporte un surcroît d'harmonie. 16/20.


Chablis 1993 - Gilbert Picq
La robe montre des reflets jaune canari. Le nez est retenu et laisse percevoir une évolution sur une touche de champignon. La bouche est laborieuse, fatiguée et mordante à la fois. Aurait dû être déjà bu...

 

Saint-Joseph "Sous l'Amandier" 2012 - Christophe Curtat

La robe est d'une belle intensité colorante. Le nez se montre très expressif sans être lourd : des notes de rose, de pivoine et de fruit exotique. La bouche est souple, ronde. La finale est peu persistante, avec un peu amertume. Un vin de plaisir. 95% roussane. 14,5/20.


Viré-Clessé "Quintaine" 2010 - Jean Pierre Michel
L'aromatique est d'une grande pureté sur des notes d'agrumes et de fleurs. Une franchise et une netteté que l'on retrouve en bouche. La texture est à la fois dense, ronde (20 g de sucre résiduel environ) mais surtout très précise, harmonieuse. Un vin de caractère mais aussi rafraîchissant. Très bon accord avec un foie gras. Mon coup de coeur sur cette série de blanc. Nous ne sommes pourtant pas là parmi les terroirs les plus prestigieux de Bourgogne... 18/20

 

Suite (les rouges) dans le prochain post.


* Il a eu la fève !

 

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Grands crus à la parade

12 Décembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru, #Dégustation

Besoin de se mettre dans l’ambiance avant les fêtes ? Voici mon bilan de l’atelier Grands crus de Bourgogne  sous l’égide de Prodégustation, et co-animé par votre serviteur, dimanche dernier à Dijon.

Blancs
 

Chablis grand cru Vaudésir 2010 - Jean-Paul et Benoit Droin - 17 sur 20
La robe or vert, brillante, ne trahit aucun signe d’évolution. Le nez est franc, pur et s’ouvre sur des notes d’agrume à bonne maturité. La palette aromatique est citronnée, fraîche, voire florale. Ce vin respire la délicatesse et la complexité. A l’aération, il révèle un caractère davantage minéral.
En bouche, ce chablis impose une texture dense et grasse dès l'attaque. Une profondeur qui se confirme en milieu de bouche. La finale vive, salivante évoque l'amande et les agrumes. Le potentiel de garde est intact (10 ans encore). A déguster avec un beau poisson de mer (bar, turbot) ou des Saint-Jacques.
36 €


Corton-Charlemagne 2008 - Vincent Girardin 2008 - 18 sur 20
La robe, or-dorée à reflets jaunes, met en appétit. Le nez est expressif, sur de notes de fruits mûrs, de pâtisserie, de tilleul, pâte d'amande, une touche miellée et épicée. La bouche séduit d’entrée par sa densité et son harmonie. Elle se livre dans la générosité et la gourmandise. Une belle finale sur l'amande grillée conclut la dégustation. Un vin déjà agréable à boire aujourd’hui et qui se gardera encore 5 ans sans problème. Il passera à table avec une viande blanche (une volaille goûteuse ou du veau).
70 €

Bâtard-Montrachet 2009 -Fontaine-Gagnard 2009 - 16 sur 20
Un petit saut plus au sud, en côte de Beaune, pour se rendre sur les fameuses pentes du Montrachet (le mont chauve). Ce vin présente une robe dorée soutenue. Le nez est puissant, profond sur des notes fumées, grillées mais aussi fruitées (de la pêche bien mûre). Des notes beurrées, lactées se développent au deuxième nez. La bouche présente un bon équilibre, du fond (on pouvait s’attendre à davantage de puissance vu le millésime et le terroir). C’est surtout sa finale très longue sur la crème brulée, le vanillé (avec une touche de noix) qui impressionne davantage que sa largeur.

145 €

 

 

Rouges

 

 


Corton Clos du Roi - La Pousse d'Or 2006 - 15 sur 20
La robe est grenat, d’une intensité moyenne, avec des notes légèrement tuilées (signe d'évolution). Au nez, des arômes assez expressifs s’ouvrent sur le cuir, la griotte, le sous-bois. En bouche, les tannins sont très fondus patinés. Une belle impression de souplesse et de gourmandise se détache. La longueur est bonne sans être exceptionnelle. Un vin à boire avec un gibier fin (faisan, chevreuil).

80 €

 

Clos Vougeot - Domaine de Montille 2009 - 17 sur 20
La robe est plutôt profonde. Le nez s’ouvre spontanément sur des notes de cerise confite, de mûre, une touche épicée. Maturité mais aussi fraicheur et pureté sont au rendez-vous. A l’aération des notes de fruits noirs se font davantage ressentir avec une touche de champignon en plus. La bouche est ronde, puissante, les tannins montrent une pointe de fermeté. Ce clos vougeot nous fait croquer de la cerise à pleines dents. La finale est d’une superbe longueur. Un vin qui se gardera sans problème 5 années de plus. A boire avec une viande rouge.

160 €

 

Echezeaux 2008 - Domaine Lamarche - 15 sur 20

La robe, grenat, ne montre pas de signe d’évolution marqué. Les épices dominent au premier nez, notamment le clou de girofle (vin élevé à 60% en fût neuf), une touche de cuir frais s’affirme au fil de l’aération. La bouche se distingue par son élégance plus que par sa concentration. La texture est fine, aérienne, les tannins sont fondus. Une finale tonique et poivrée ferme la dégustation. Une pièce de boeuf l'accompagnera parfaitement.

155 €

 

Latricières-Chambertin 2007 – Domaine Jean et Jean-Louis Trapet - 13 sur 20
La robe tuilée témoigne d’une évolution avancée. Le nez est expressif, suave, sur des touches de cerise confite, de sous-bois et de champignon. Le deuxième nez confirme cette évolution marquée. Nous sommes clairement sur des notes tertiaires. La bouche est linéaire, sans grand relief. La finale est assez chaleureuse. Devrait être bu.

90 €

 

Clos Saint-Denis – 2004 - Domaine Bertagna - 14 sur 20
La robe est tuilée tout en gardant une bonne intensité colorante. Le nez s'exprime avec intensité sur la gentiane, le fruit noir compoté, avec un caractère déviant (champignon-pourriture) qui nuit à sa pureté. La bouche est chaleureuse. Elle surprend par son ampleur. Une texture qui laisse une belle impression au final. Le plaisir est au rendez-vous. Pour autant le caractère aromatique de ce millésime peu évident pénalise l’impression globale. A boire aujourd’hui avec un pavé de biche.

76 €

 

 

 

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Semaine des Climats : Dégustons le patrimoine de l'humanité !

24 Mai 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #A Portée de Vins, #Dégustation, #Climats au patrimoine de l'humanité

Avis aux amateurs : le 1er juin prochain, dans le cadre de la Semaine des Climats, j'anime une dégustation de vins issus de vignobles inscrits au patrimoine de l'humanité. Présentation :  

Lavaux.jpgDéguster un vin est un plaisir des sens.  C'est aussi goûter au lien intime qui relie un lieu, des hommes, une histoire. Certains vignobles constituent ainsi de véritables trésors pour l'humanité. L'Unesco a inscrit une dizaine d'entre eux sur la liste du patrimoine mondial : au Portugal, en Hongrie, en Italie mais aussi en France, etc. Nous vous proposons d'en découvrir quelques-uns verre en main.

Pendant 2 heures, Myriam Laidet chargée de mission au réseau Vitour (réseau unissant les vignobles européens classés par l'Unesco) et Laurent Gotti, formateur en dégustation (A Portée de vins) et journaliste (Bourgogne Aujourd'hui) vous proposent de faire escale parmi 5 de ces vignobles (Val de Loire, Lavaux, Val d'Orcia, Douro, Açores). Nous nous pencherons aussi sur le modèle bourguignon… En anticipant une future inscription de la Bourgogne sur cette liste !
   

Samedi 1er juin - 11h précise - Caveau de l'office de tourisme de Nuits-Saint-Georges (3 rue Sonoys). Entrée libre, sur réservation (places limitées) : info@climats-bourgogne.com

Photo : Sur les bords du lac Léman, il n'y a pas que des banques et des accélérateurs de particules, il y a aussi un très beau vignoble : Le Lavaux.

   

 

 

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Le docteur Jekyll et Mister Hyde du goût

7 Mai 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

L'amertume est un goût ambivalent. Apprécié ou détesté, il fait rarement l'unamité parmi les amateurs de vin. La science nous explique pourquoi.

Amertume-et-vin.jpgIl est l'heure de l'apéritif ce dimanche midi. Les verres sont sortis. La bouteille suit, mais sous "chaussette", histoire de goûter le vin à l'aveugle.  Le nez est frais, assez complexe, sur des notes d'agrumes (pamplemousse). Un sauvignon peut-être... En bouche, le vin s'affirme sur une texture assez ample, ronde. Puis très rapidement une forte amertume vient gratter le fond du palais. La saveur persiste désagréablement sur la gorge.

"Tu aimes ?", demande nos hôtes. "Non, je ne suis pas emballé". Une litote pour rester poli. Une amertume persistante en bouche est pour moi rédhibitoire. Elle ne l'est pas du tout pour mes voisins. Au contraire "Ah ! moi, j'adore ça…".

Le vin est une Petite Arvine du Valais (Suisse) du millésime 2010. Mais qu'importe sa provenance et son cépage. Non, ce qui m'étonne ici c'est les disparités entre dégustateurs dans l'appréciation de l'amertume. Je connais pourtant la réputation de cette saveur : parmi les quatre grandes que nous sommes capables d'évaluer (le sucré, le salé, l'acide et donc l'amer) elle est la plus sujette à différence de jugement.

L'amertume est en fait le docteur Jekyll et Mister Hyde du goût. On dit d'une expérience cuisante qu'elle nous laisse un souvenir amère. Quand certaines plantes produisent de l'amertume pour éviter de se faire dévorer par les herbivores... L'endive ou le pamplemousse sont deux aliments qui font rarement l'unanimité.

Et pourtant quelques-uns des produits les plus largement appréciés seraient bien ennuyeux sans amertume : le chocolat ou le café par exemple. Et  je ne parle pas d'un fameux soda (qui contient de la quinine), dont Uma Thurman vante les mérites, à un garçon un peu décontenancé, dans un spot télévisé. "Hey, What did you expect ?".

L'amertume participe grandement à élargir nos perceptions en bouche. A les rendre plus persistantes aussi. C'est, en tout état de cause, une saveur que l'on apprend à apprécier avec le temps. Il est rare que les enfants la plébiscitent. Ils lui préfèrent largement la douceur des sucreries.

Mais c'est surtout la différence génétique qui semble être particulièrement discriminante. C'est ce que nous apprend la science. A tel point qu'avant l'invention du décryptage de l'ADN, les tests de paternité  étaient basés sur la sensibilité à un composé amer connu sous le nom de PTC (source wikipédia). La capacité à détecter ce type de composés influencerait nos habitudes alimentaires explique aussi les chercheurs.

Pour en revenir au vin, deux conclusions s'imposent. Mieux vaut toujours faire confiance en son propre ressenti pour se faire un avis. Mais aussi veiller à garder l'esprit bien ouvert et se dire que ce vin que l'on a trouvé bien amère, à notre goût, n'en était pas moins une bouteille intéressante. C'était d'ailleurs le cas de notre Petite Arvine valaisanne de ce dimanche...

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