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365 jours en Bourgogne

Articles avec #encheres tag

Vente de vins de la cave de l'Elysée, 30 et 31...

30 Avril 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Enchères, #Grand cru

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Enchères "historiques" à la mairie de Dijon

18 Janvier 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Enchères, #Grand cru

 Un Cros Parantoux 1999 d’Henri Jayer, des richebourg  de Jean Gros ou encore des bâtard-montrachet de Pierre Morey sont à la vente à Dijon le 27 janvier. Des vins issus de la cave de la mairie.

Encheres-mairie-dijon.JPGFrançois Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, parle d’une vente "historique". C’est sans doute un peu emphatique, mais le catalogue est incontestablement alléchant. Un total de 3 500 bouteilles est proposé le 27 janvier prochain à l’Hôtel de Ville (14h30 salle de Flore).

 "Les bouteilles phares, outre le Cros Parantoux 1999 de Jayer sont essentiellement celles des domaines Jean Gros (richebourg), Pierre Morey (bâtard-montrachet) et aussi Michel Lafarge (nombreux Volnay). Mais il est important que chacun puisse acquérir quelques bouteilles suivant son budget", explique Pascal Kuzniewski, expert de la vente auprès des Commissaires-priseurs Sadde. On ajoutera aussi parmi les vins prometteurs : des corton-charlemagne de Rapet (1985, 1986), de nombreux blancs d’Hubert Lamy, des puligny de chez Carillon, des meursault-genevrières (1989) de chez Bouchard Père et fils. Chez Jean Gros, toujours, les vosne premier cru Clos des Réas 1989 et 1991 sont attractifs.

Le chiffre d’affaires attendu est estimé à 100 000 €  et sera versé au Centre communal d’action sociale de Dijon.

Cros-Parantoux-h.Jayer.jpg"C’est à notre connaissance la première fois que la Mairie de Dijon procède à ce genre de vente. A mon avis, cette décision est justifiée par la quantité détenue en cave, autour de 8 000 flacons avant expertise, et le « vieillissement logique» d’une partie des vins des années 70/80", conclut Pascal Kuzniewski.

"Des bouteilles rares pourraient partir à 250 euros au moins, mais le commissaire-priseur adjugera également des bouteilles à des prix nettement plus abordables, probablement à partir de 5 euros", écrit François Rebsamen en introduction du catalogue. Quant à la provenance et la bonne conservation des bouteilles, elles ne souffrent pas de contestations (lire ici)…

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Fin de partie pour le "Docteur Conti"

19 Mars 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Romanée-Conti, #Grand cru, #polémique, #Enchères

Rudy Kurniawan de son vrai nom, a été arrêté le 8 mars à Los Angles. Retour sur le parcours d'un des faussaires les plus célèbres du monde du vin. Un cas qui soulève bien des questions.

 Romanee-contiVous connaissez sans doute la macabre histoire du Docteur Romand*, mystificateur hors-norme. Celle du "Docteur Conti" est moins sanglante. Mais elle témoigne qu'en matière d'imposture, le raffinement peut atteindre des sommets insoupçonnés. Le Docteur Conti, Rudy Kurniawan de son vrai nom, a été arrêté le 8 mars dernier par le FBI.

Les agents fédéraux ont trouvé, à son domicile de Los Angeles, des tiroirs remplis d'étiquettes de vins prestigieux (Petrus, Lafite, Romanée-Conti), des bouchons, des capsules, de la colle, etc., le parfait attirail du faussaire en grands vins. "Les jours de dégustation et de richesse de M. Kurniawan sont finis si les allégations de ce dossier sont prouvées ", a déclaré le procureur américain.
Les affaires du Docteur Conti ont commencé à sentir le bouchon en 2008. Lors d'une vente à New York, 84 bouteilles sont identifiées comme étant des contrefaçons. Des Clos-Saint-Denis (grand crus de Morey-Saint-Denis) des millésimes 1945, 1949, 1959 et 1966 du domaine Ponsot. Problème, le domaine Ponsot a commencé à produire des Clos-Saint-Denis en 1982 seulement… Ces bouteilles auraient certainement trouvé acquéreurs si Laurent Ponsot, à la tête du domaine, n'avait donné l'alerte.
Le nom de Rudy Kurniawan était alors apparu rapidement. "Nous voulons aller au fond des choses", avait-il alors bravement déclaré. D'autres l'ont fait pour lui…
Le soupçon entachait la réputation du jeune homme, indonésien tout juste trentenaire, pourtant reluisante jusqu’ici. Rudy est bien connu des salles de vente, collectionneur et véritable passionné de vin au dire des personnes qui l'ont approché. Doté -paraît-il- d'excellentes prédispositions à la dégustation, il a pendant de longues années enfumé son monde. Il achète de grandes bouteilles. Il côtoie le monde des grands collectionneurs. Un cercle restreint de millionnaires capables de mettre des sommes faramineuses dans des bouteilles exceptionnelles. Comme ces 12 flacons de Vosne-Romanée Cros Parantoux 1985 achetés près de 200 000 euros en février dernier à Hong-Kong. Il menait un train de vie dispendieux. "Les cavistes et restaurants gastronomiques de New-York et de Los Angeles voyaient son arrivée comme une aubaine. Lui et ses invités achetant les bouteilles les plus chères sur les cartes", écrivait le New-York Times le 9 mars dernier.
Et comme tous les collectionneurs, les bouteilles du très prisé domaine de la Romanée-Conti font partie de ses cibles favorites. D'où son surnom dans le "milieu", témoignage d'une aura enviée.
Les maisons de vente aux enchères ont, elles aussi, certainement vu la montée en puissance de Rudy comme une bénédiction. L'homme achète et revend aussi beaucoup. Rien qu'en 2006, "Dr Conti" a vendu pour 36 millions de dollars de vins. Peu avant son arrestation, une nouvelle affaire de contrefaçon venait d'éclater en février à Londres. Portant sur 78 bouteilles (valeur estimée à 736 500 dollars), elle pourrait avoir un lien avec les activités de notre faussaire.
Peut-on s'étonner dès lors qu'une sorte de cécité collective se soit emparée du petit monde des salles des ventes les plus prestigieuses ? Les signaux qui pouvaient ramener tout ce monde à un juste discernement ont été opportunément  ignorés. Suffisamment en tous cas pour soumettre aux feux des enchères des bouteilles qui ne pouvaient exister…

Du côté des acheteurs, personne n’avait levé le lièvre avant que Laurent Ponsot ne s’en mêle. Trop contents de trouver les "perles rares", aveuglés par leurs désirs d’ajouter des nouveaux trophées à leurs tableaux de chasse, happés par leurs batailles à coup de gros billets pour des lots de bouteilles rares et prestigieuses. Tout aussi contents de savoir que ces bouteilles trôneront dans leur cave que d’imaginer qu’elles ne sont pas dans celle d’un de leurs rivaux. Un tout petit monde où la "flambe" n’est pas de bon conseil… Paradoxe qu’à vouloir de l’unique, ces collectionneurs en viennent à lorgner sur les mêmes icones du moment. C’était Château Lafite il y encore quelques mois, ce sont aujourd’hui les grands crus de Bourgogne…

 
Pascal Kuzniewski La cécité a touché aussi ceux dont les noms ont été usurpés. Par fatalisme. Peut-être un peu : "J’ai alerté un producteur sur une bouteille manifestement contrefaite. Il m’a répondu : que voulez qu’on y fasse… ", se souvient
Pascal Kuzniewski (photo ci-contre), l'un des 3 experts en vins français agrée auprès des commissaires-priseurs. Mais la fatalité n’explique pas tout. "Quand on se rend compte que l’on est la cible des faussaires, la première idée est de se dire  que nos produits ont atteint une notoriété importante et cela flatte l’ego", analyse Laurent Ponsot.

Et puis ces fameux collectionneurs aiment la compagnie des vignerons. Ils voyagent, invitent à déguster quelques-uns de ces grands vins tirés de l’oubli grâce à leur argent. "Il arrive même que l’on serve une contrefaçon de son propre vin à un producteur. Sans qu’il n’y trouve rien à dire… ", poursuit Pascal Kuzniewski. Qui aime jouer les troubles fête ?
Au bout du compte Laurent Ponsot regrette d’être un peu isolé dans son combat. "Si beaucoup de domaines viticoles connus ont été copiés, je suis le seul qui ait pris les choses au sérieux et me suis lancé tel Don Quichotte dans une croisade bien utopique au début. "
Cet aveuglement à tous les niveaux a-t-il conduit à une dérive à plus grande échelle ? En questionnant nos experts, le vilain doute est malheureusement assez vite levé.
"Je suis surpris de voir les catalogues de ces grandes maisons, de véritables pavés, dans lesquel les bouteilles sont en parfait état, les étiquettes impeccables ", lâche Pascal Kuzniewski. Laurie Matheson, experte chez Artcurial à Paris, confirme à son tour : "J’ai toujours pensé qu’il était étrange que les maisons de vente aux enchères, ou des marchands de certains pays trouvent autant de vins prestigieux, dans un état de conservation impeccable, étiquettes, niveaux et bouchons. Je fais ce métier depuis 1989, je vois beaucoup de caves et je vous garantis que cela me parait louche depuis des années."
Avant le cas Kurniawan, il y eu celui de Hardy Rodenstock et ses fausses bouteilles ayant prétendument appartenues à Thomas Jefferson.
Les moyens de pratiquer une expertise poussée existent pourtant. Comme le travail de collaboration  étroit que mène Pascal Kuzniewski, n’hésitant pas à questionner les archives des producteurs. Par ailleurs, à la différence de ce qui se pratique dans chez les grandes maisons anglo-saxonnes, nos deux experts précisent qu’ils travaillent essentiellement avec des particuliers. Une habitude qui limite les risques. "En France nous vendons surtout les vins de caves de particuliers (80%). Les plus belles caves sont humides nous le savons tous, les étiquettes souffrent, les niveaux sont irréguliers, les niveaux de remplissages des bouteilles sont plus bas dans les années pré 1990 et 2000….Les caves ont un profil cohérent avec les goûts d’une personne et non pas d’un marché….bref, les caves sont à dimension humaine", insiste Laurie Matheson.
On serait tenté de rappeler à ces collectionneurs la phrase qu’un de nos hommes politiques à un jour prononcé : "Les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien les croire".
Vivre, et boire, les yeux ouverts est toujours plus prudent…

* Jean-Claude Romand s'est fait passé pour un médecin de l'OMS pendant des années avant d'assassiner sa famille en 1993. Son histoire à inspiré le livre "L'Adversaire" d'Emmanuel Carrère, puis un film sous le même titre.

 

 

Photo 1 : Un lot de bouteilles du domaine de la Romanée-Conti mis aux enchères.

 

 

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Profession : expert en vin (suite)

2 Mai 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Enchères, #Grand cru

Pascal Kuzniewski est l’un des deux experts en vin agréé auprès des commissaires-priseurs français (avec Laurie Matheson). Il est aussi l’un des plus fins connaisseurs de la romanée-conti.

 

Pascal-Kuzniewski-copie-1.jpgPolo, moustache finement taillée et sourire généreux, Pascal Kuzniewski  a pris les devants. Nous voilà, mon épouse et moi, sur la terrasse de sa villa de Mougins (Alpes-Maritimes), route des Oliviers. Il s’enquiert gentiment du bon déroulement de notre séjour de Pâques dans la région. L’homme est affable et sait mettre à l’aise immédiatement. Une rencontre comme le monde du vin sait régulièrement en provoquer.

Pascal Kuzniewski  est expert en vin. Son métier : dénicher, expertiser, estimer les vins qui seront proposés dans les salles de ventes (lire également la rubrique Rencontre de Bourgogne Aujourd’hui n° 99 avec Laurie Matheson). A lui aussi de s’assurer des bonnes conditions de transport des lots. Il met un point d’honneur à rédiger un catalogue aussi précis que possible. Niveau du vin dans la bouteille, état de l’étiquette, de la capsule, etc. Tout ce qui peut renseigner sur la bonne conservation du flacon. Notre expert travaille principalement pour Jean-Pierre Besch à Cannes (d’autres commissaires-priseurs font aussi appel à lui). L’étude a réalisé en 2010 une très belle année en se positionnant à la première place des vendeurs aux enchères de vins en France.

Il vient d’expertiser une cave particulière, murée, qui contenait un millier de vénérables bouteilles. Parmi elles, 180 volnay 1er cru Clos des Ducs du domaine d’Angerville millésime 1920. De véritables morceaux d’histoire bourguignonne : le domaine d’Angerville est l’un des pionniers de la mise en bouteille à la propriété. La vente de ces lots se tiendra à Rouen le 28 mai prochain.

Né en 1959, Pascal Kuzniewski a d’abord fait une longue carrière dans la banque avant de vouloir vivre de sa passion. Se mettre à genoux, ramper dans les caves pour dégoter la belle bouteille oubliée dans un coin, c’était déjà son dada lorsqu’il officiait dans la gestion de patrimoine. Quitte à surprendre ses client(e)s d’alors. « Je ne vous voyais pas comme ça », lui a un jour lancé l’une d’elles. « Autour d’une table ou dans une cave, nous ne sommes plus tout à fait les mêmes. Les contraintes disparaissent, les horaires deviennent secondaires et les rapports se « normalisent » avec naturel et modération », écrivait-il en 2000. Pas de doute l’homme est un passionné.

Ses deux amours : la Champagne, il y a vécu, et la Bourgogne.  Il est devenu l’un des plus fins connaisseurs, sur des décennies, de la production du domaine de la Romanée-Conti (en 2006 il a expertisé les vins provenant de la cave des héritiers de Jacques Chambon, co-propriétaire du domaine de 1912 à 1942).

Quoi de neuf dans le monde des enchères ? Le marché asiatique fait toujours autant gloser. Les extravagances des prix de Château Lafite en Chine semblent se tasser. Tant mieux ! L’absurdité atteint aussi ses limites. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Pour lui la prochaine folie des chinois sera … la romanée-conti. « Tout est en place pour que les prix flambent », pronostique Pascal Kuzniewski. Le regrette-t-il ? Oui, le passionné de vin, celui qui se boit et non pas l’objet de spéculation, le déplore sincèrement. Certaines bouteilles deviennent inaccessibles aux amateurs les plus à même de les apprécier. Mais peut-être une autre partie de lui-même, celle qui aime les enchères longuement bataillées, s’en accommodera. En attendant, Pascal Kuzniewski  refuse d’aller officier à Honk-Kong…

 

Photo : Au moment de notre rencontre un certain mariage princier était célébré. Clin d’œil à l’histoire, Pascal Kuzniewski  est allé chercher une bouteille de Bollinger 1973. Le champagne servi lors du mariage de Lady Di et Charles en 1981.

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En cave… sous les Champs-Elysées

12 Février 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Enchères, #Grand cru

Laurie Matheson est experte en vin auprès d'Artcurial, première maison de vente aux enchères en France. Visite, avec elle, parmi les vieux flacons de la maison.

Après avoir croisé la route d'un tableau de Louise Bourgeois, une planche originale d'un Gaston Lagaffe, jeté un œil sur une Maserati (dans la cour), ou encore admiré les courbes d'un ours de Pompom, nous avons atteint la caverne aux trésors de Laurie Matheson. Elle nous ouvre quelques boites, un peu au hasard : un magnum de richebourg 1969 de la romanée-conti, un corton-charlemagne de Coche-Dury 2000 ou encore un suduiraut 1962. Nous sommes sous les Champs-Elysées… Ces vins viennent d'être vendus ou seront vendus lors des prochaines enchères.

 

Nous avons rencontré Laurie Matheson pour la rédaction de la prochaine rubrique "Rencontre" de Bourgogne Aujourd'hui.  Les ventes aux enchères font parfois méchamment parler d'elles : spéculation, contrefaçon,* etc., Laurie Matheson nous a répondu sans langue de bois. Ses propos, à lire dans le magazine d'avril-mai, illustrent le challenge qui consiste à parler du vin, à conseiller avec passion, tout en gardant sang froid et lucidité. Une exigence qui s'accroit proportionnellement avec le niveau d'expertise et d'autorité attendu des acheteurs et des amateurs en général.

Qui connait un tant soit peu le vin sait qu'il ramène souvent à l'humilité, à la subjectivité. "Pire" encore à un statut social. Le rappel à l'ordre est parfois douloureux : l'article que je vous recommande vivement de lire ci-dessous en apporte l'édifiante illustration. Il y est question de Michael Broadbent, expert mondialement respecté, que j'avais eu le plaisir d'interviewer pour cette même rubrique "Rencontre" en 2005.

* Lire cet article à propos du livre de Benjamin Wallace, The Billionaire's Vinegar. (Editions Random House). Livre malheureusement non sorti en France…

 

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