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365 jours en Bourgogne

Articles avec #flavescence doree tag

Le jour d'après

9 Juillet 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Flavescence dorée, #polémique

Les traitements obligatoires contre la flavescence dorée ont eu lieu ces derniers jours. Non sans remous. Ces réactions traduisent un véritable changement d'époque.

"Les viticulteurs passent pour des empoisonneurs auprès de nos concitoyens. Nous ne faisons pas d'épandage de gaz sarin !", s'offusque Jean-Michel Aubinel, président de Confédération qui regroupe l'ensemble des viticulteurs de Bourgogne.

Nouvelle époque, nouvelle ère, accélération de l'histoire… Appelons cela comme on l'entend. Mais le cas posé par la maladie de la flavescence dorée (lire ce billet) amène un constat limpide : il y aura un avant et un après. L'image bucolique du vigneron soignant ses vignes, selon des traditions séculaires, est derrière nous. Il n'est qu'à constater la tonalité du reportage de France 3 Bourgogne sur les remous suscités par ces traitements (voir ci-dessous).

"Nous avons une vraie problématique de communication sur ce sujet", entendait-on aussi lors de l'assemblée générale de l'interprofession des vins de Bourgogne." La tentation du "circulez, il n'y a rien à voir", n'était pas loin. Pas vu, pas pris. La vie serait tellement plus simple…

La flavescence dorée pose un vrai problème pour la culture de la vigne. Mais les instances en charge de le traiter ont oublié qu'il concernait tout une population. Des habitants, des touristes de plus en plus sensibles à l'environnement dans lequel ils vivent.

Une évolution sociétale est en cours. Elle défie les règles de la simple propriété privée et du chacun fait ce qu'il veut chez lui. Des vignerons l'ont parfaitement compris, mieux pris en compte. En témoigne la démarche "Paysage de Corton" menée depuis 2009 (voir ce site). L'un des principes qui sous-tend cette démarche de développement durable est de considérer non pas seulement le terroir, mais le territoire dans son ensemble. Ce dernier appartient aussi à celui qui le traverse, qui y randonne, qui y respire l'air et boit l'eau de ces nappes. A qui appartient le paysage si ce n'est à celui qui le regarde ?
Ceux qui refusent de voir ce mouvement de fond le feront à leurs dépends.

La vidéo est un exemple de dialogue impossible. D'un côté, des autorités qui se réfugient derrière des autorisations qui ne rassurent plus personnes depuis longtemps. De l'autre, un représentant d'une association qui visiblement maîtrise mal le sujet (il n'est pas question d'épandage aérien).

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Y'a un insecte dans le potage !

14 Juin 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Flavescence dorée, #vin bio, #polémique

La maladie de la flavescence dorée sème le trouble en Bourgogne. Les traitements insecticides obligatoires font polémiques. La pilule est amère pour certains vignerons soucieux des effets environnementaux.

Un retour vingt ans en arrière… Depuis la semaine dernière la totalité des vignerons de Côte-d'Or ont l'obligation de traiter leurs vignes contre un insecte volant, une cicadelle porteuse de la maladie de la flavescence dorée. Le décret préfectoral a été signé le 7 juin. Pour bon nombre de producteurs de Côte de Beaune et de Côte de Nuits, ce traitement marquera le retour à une pratique qu'ils avaient mis au placard depuis des années : le recours aux insecticides. Jusque dans les années 1990, ce type de traitements était la norme. A l'époque, il s'agissait d'éradiquer des acariens phytophages perturbant la maturation des raisins par leurs piqûres sur la vigne.

Depuis, les chercheurs et techniciens ont mis en place une alternative bien plus écologique : la réintroduction des typhlodromes, une autre espèce d'acariens, prédateurs des petites araignées gloutonnes. Jusqu'alors ces précieux typhlodromes étaient éradiqués en même temps que leur repas par les traitements phytosanitaire. Une autre version de la parabole du gant de boxe pour tuer un moustique… Le coup écrase tout sur son passage, le "mauvais" en même temps que le bon.

Dans les années 1990, couplé à la mise place de la confusion sexuelle (contre des chenilles), le succès de ces réintroductions a souvent été cité en exemple comme une avancée majeure dans la mise en place d'une viticulture plus propre et respectueuse de l'environnement. On sortait enfin du recours au tout chimique.

L'apparition de la flavescence dorée en Bourgogne est donc tout sauf une bonne nouvelle. La menace est prise très au sérieux par les professionnels : elle a fait de gros dégâts dans le sud-ouest de la France et a parfois été comparée à un nouveau phylloxéra. Un pied de vigne infecté peut en contaminer de sept à dix autres autour de lui.

En Côte d'Or, la cicadelle est très présente mais aucun de foyer de maladie n'a été détecté. Ce n'est pas le cas en Sâone-et-Loire, département qui compte une zone virulente. Les vignerons y sont contraints de procéder à 3 traitements cette année sur toutes les communes.

Indispensable ? Les producteurs les plus sensibles aux questions environnementales et sociétales ne manquent pas de se poser la question. La science leur apporte peu de réponses. Le comportement de ce phytophlasme (micro-organisme qui circule dans la sève) et son mode de transmission sont mal connus des chercheurs. La mise en place de ces traitements semblent être une mesure prise par défaut et témoigne d'un certain désarroi.

Pour certains vignerons, le recours aux traitements obligatoires sur une large zone leur apparaît bien peu raisonné. Il pourrait prendre un caractère de débat de société. Le parti Europe Ecologie les Verts de Bourgogne est monté au créneau. "Les expériences menées dans d’autres régions montrent que cette maladie ne s’éradique pas sur le court terme et que traiter des zones saines est inutile. La solution du préfet apparaît donc surdimensionnée", communique-t-il.

Les responsables de la filière avancent quelques arguments à même de calmer les esprits suspicieux. "Les méthodes de gestion de la lutte actuelle et des solutions de lutte alternative plus économes en insecticides sont en cours d’expérimentation", précise un site internet d'information mis spécialement en place. Après quelques premières expérimentations au laboratoire et sur le terrain, on voit déjà apparaître quelques pistes de raisonnement : utiliser les auxiliaires contre la cicadelle, empêcher son accouplement avec l’émission de vibrations, l’attirer dans une zone précise pour la détruire de façon ciblée (technique push-pull), rechercher des vignes plus résistantes. Résultats à suivre."

En attendant l'été promet d'être assez chaud en Bourgogne. Et il est à craindre que les températures montent encore d'ici la date du premier traitement, début juillet.

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