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365 jours en Bourgogne

Articles avec #millesime 2010 tag

Un millésime peut en cacher un autre

16 Décembre 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2010, #Millésime 2009, #Dégustation

Millésime surcoté, l'étoile de 2009 a pâli. A moins que ce ne soit 2010 qui brille un peu plus fortement qu'attendu.

Bouchard.jpgC'est un des sujets de discussion favori du moment dans le vignoble. Que vaut exactement le millésime 2009 ? Avant même les vendanges, la dernière récolte de la décennie 2000 avait suscité l'engouement : soleil, maturité et raisins parfaitements sains. Une production confortable aussi. Les vins sont bons, croquants, gourmands. "Ils ont une sucrosité formidable et plaisent à tous le monde, constate François Labet", à la tête du Château de la Tour, producteur de Clos de Vougeot. Pourtant la plupart des producteurs confie rapidement avoir un penchant pour les 2010.  "Je crois que je préfère 2010, voir même 2008. Des millésimes avec moins de rouges à lèvres mais avec de la vigueur", poursuit François Labet. Pascal Lachaux, domaine Arnoux-Lachaux à Vosne-Romanée confirme : "2009 est surcoté". Certains 2009, issus de rendements trop généreux, manquent de corps et d'acidité. Ils paraissent aujourd'hui un peu ternes et promis à un avenir incertain. Tout l'inverse du millésime 2010. Au fur et à mesure des dégustations, l'élevage entrant dans sa phase terminale pour les plus grandes cuvées, ce millésime se révèle d'un équilibre et d'une pureté remarquable, en rouge comme en blanc. L'été a été nettement plus frais qu'en 2009, mais les rendements ont été bien inférieurs également (facilement 30% de récolte en moins). La faute, ou plutôt grâce, à un printemps froid qui a perturbé la floraison dans les vignes. Au final, les vignerons ont récolté de petites grappes fermes et bien concentrés. Illustration chez Bouchard Père et Fils. La traditionnelle dégustation organisée en novembre par la maison beaunoise pendant le week-end de la vente des Hospices de Beaune a rarement été aussi enthousiasmante. Pureté aromatique, harmonie et équilibre en bouche, profondeur et longueur... Difficile de faire ressortir telles cuvées par rapport à d'autres tant l'ensemble paraissait homogène. Les premiers crus volnay  Caillerets ou nuits Les Cailles, le corton ou encore le chambertin-Clos de Bèze étaient superbes. En blanc, le meursault Les Clous, le premier cru Genevrières (toujours à meursault), le corton-Charlemagne, et bien-sûr les deux cuvées de chevalier-Montrachet et le montrachet, himself, atteignaient des sommets. Bref, si vous avez des vins du millésime 2009 en cave, surveillez leurs évolutions. Et si ce n'est déjà fait prévoyez une petite place pour y mettre quelques 2010...

Photo : Dégustation chez Bouchard Père et Fils le 18 novembre dernier.

Vidéo des vendanges 2010 au domaine Joanna et Michel Ecard. 

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Hospices de Beaune : stop ou encore ?

4 Novembre 2011 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #Millésime 2010, #Millésime 2011

Beaucoup de vins mis en vente et un contexte économique très incertain… Difficile d'imaginer la vente aux enchères des Hospices de Beaune 2011 enchainer une troisième hausse consécutive.

Tablo recordLa vente aux enchères des Hospices de Beaune 2010 a été un moment de grâce. Venant après un millésime 2009 particulièrement attractif, la hausse de 11,25 % du prix moyen des vins a été une surprise. Elle a conforté le choix des Hospices de faire appel à Christie's, fidélisant ainsi une nouvelle clientèle particulière. Depuis 2005, date d'entrée en lice de la maison anglaise, une seule vente (2008), s'est terminée dans le rouge.

Un moment de grâce aussi pour cause d'anniversaire : c'était la 150e édition. L'événement a créé une émulation. La pièce de charité, adjugée à 400 000 €, a pulvérisé son record.

L'édition 2011, le 20 novembre, aura-t-elle des allures de lendemains qui déchantent  ? C'est fort possible. Peu de ventes des Hospices de Beaune se sont déroulées dans un contexte économique aussi perturbé. La situation n'était guère brillante l'année dernière direz-vous… Certes, mais à l'évidence elle s'est encore dégradée depuis. La Bourse de Paris était à 3860 points à la veille du week-end de la vente des vins 2010 (le 19 novembre). Elle est aujourd'hui aux alentours de 3100 points.

L'effet volume est aussi défavorable cette année. En 2010, année de petite récolte,  643 pièces (fûts de 228 litres) étaient mises en vente. Elles sont 761 cette année. C'est la quatrième vente la plus dotée dans l'histoire des Hospices.

On ne peut guère invoquer l'effet millésime pour aiguiser les appétits. 2011 est un millésime intermédiaire : bon sans être exceptionnel.

Le seul signal positif tient à la bonne tenue des ventes de Bourgogne à l'export. Au cours des 7 premiers mois de l'année les expéditions ont progressé de 17% en valeur flirtant avec les records atteints en 2007. Avec un bémol de taille tout de même, ces chiffres sont tirés vers le haut par la mise sur le marché des premiers et grands crus du médiatique millésime 2009.

Bref, Inès de la Fressange et Christian Clavier, les deux présidents d'honneur de la vente, risquent d'avoir fort à faire pour égayer l'après-midi…

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