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365 jours en Bourgogne

Articles avec #millesime 2012 tag

Millésime 2012 : les rouges font la course en tête !

9 Juin 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012, #pinot noir

Bourgogne Aujourd'hui a passé en revue les appellations villages, premiers crus et grands crus du millésime 2012. Beaucoup de rouges sont somptueux.

Sacré cépage décidément ce pinot noir ! Le millésime 2012 en a apporté l'éclatante démonstration. Peu de raisins sont passés par autant d'épreuves au cours de ces dernières décennies. Et pourtant ce millésime a vu naître de très grandes cuvées de rouges. Des vins expressifs, voire explosifs, au plan aromatique (beaucoup de fruits noirs), d'une texture très dense mais au toucher soyeux et raffiné en bouche. "A la sortie de la cuve, on aurait dit des coulis", se souvient Frédéric Barnier directeur technique de la maison Louis Jadot.

Qui l'eut cru au vu du scénario de cette année qui restera dans bien des mémoires vigneronnes.

Les plantes ont été fragilisées dès l'hiver par de fortes gelées. Un froid tardif a perduré au printemps, après la reprise de la végétation. Fait exceptionnel : des températures négatives ont été enregistrées le 18 mai au matin. Ce gel a fait des dégâts en Côte de Beaune notamment.

La suite : une succession de plaies dignes d'un récit biblique. Une floraison marquée par l'humidité et la fraîcheur, entamant fortement le potentiel de récolte dès le départ. La grêle a frappé à plusieurs reprises un peu partout. Le secteur de Pommard et Volnay a été une nouvelle fois le plus touché. La pression des maladies, mildiou et oïdium, a atteint des niveaux records. De nombreux vignerons, pourtant parmi les plus expérimentés, nous ont confié n'en avoir jamais constaté d'aussi fortes.

L'échaudage (raisins grillés par un soleil brusquement redevenu ardent) a lui aussi prélevé sa part de récolte. Un comble pour une année marquée par un déficit d'ensoleillement...

Ce millésime a ressemblé à une procession de tout ce que la vigne et les raisins peuvent compter comme fléaux. Il en a manqué un seul à l'appel, mais de taille : le botrytis, appelé aussi pourriture grise. Ce champignon se développe en fin de maturation du raisin lorsque le fruit se concentre en sucre. Les baies à la peau tannée par les épreuves, mais aussi par les traitements intensifs, et des grappes bien aérées du fait de la mauvaise floraison ont fait barrage. Avec la pourriture en prime, le résultat aurait sûrement été très différent en termes de qualité.

Au final, les petits rendements et le bon état sanitaire des grappes ont donc permis de donner de grands rouges concentrés et mûrs.

Et les blancs ? Ils sont apparus nettement plus en retrait à ce stade de l'élevage. Plus stricts, plus austères, ils ont montré que le chardonnay a eu globalement plus de difficulté à mûrir. Pour autant ce constat n'est pas définitif. Certains millésimes demandent un peu de temps pour se révéler, plus particulièrement en blanc.

 

A lire aussi l'interview de Paolo Basso, meilleur sommelier du monde 2013, ainsi que le récit d'un concours de cuisine inédit (avec les recettes), qui a vu s'opposer des vignerons bourguignons.

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Le palmarès des cuvées des Hospices de Beaune 2012

4 Novembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #Millésime 2012, #Dégustation

Enseignements et notations après dégustation des cuvées 2012 des Hospices de Beaune. La 152e vente aux enchères se déroulera le 18 novembre prochain sous la présidence de Carla Bruni-Sarkozy.

La note maximale est ++++


Les rouges

nicolas rolinMes coups de cœur :
Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard, Beaune premier cru Pierre Floquet, Beaune premier cru Nicolas Rolin, Corton grand cru Baronne du Baÿ, Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter.

 

Impressions générales : En près d'une quinzaine d'années de dégustation annuelle aux Hospices de Beaune, il m'a rarement été donné de goûter une gamme aussi homogène. Même les cuvées du début de la dégustation (les appellations les moins prestigieuses) affichent un excellent niveau avec beaucoup de fond, un fruit intense et net. Les maturités ont atteint de bons niveaux entre 12° (Pernand-Vergelesses) et 14° (Clos de la Roche) potentiels à la récolte. La concentration des raisins et la bonne maturité des tannins (peaux des raisins) donnent des vins aux mensurations particulièrement gourmandes. Dommage que cette récolte soit si faible en volume. Seulement 512 pièces seront mises en vente (401 de rouges et 111 de blancs). Il faut remonter au millésime 1987 pour voir un si faible volume au catalogue !

Note : Ne cherchez pas les cuvées de Beaune Cyrot-Chaudron ou de Pommard Suzanne Chaudron, les parcelles ont été sévèrement touchées par la grêle. La production étant trop faible, ces cuvées ne seront pas proposées aux enchères.   


Santenay Christine Friedberg +++
Une excellente entame. Joli nez de fruits noirs. La matière en bouche est croquante et fraîche à la fois.

Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse +
Des tannins solides, voire un peu rugueux. Le nez est frais et pur.

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand +++
L'aromatique est d'une belle élégance, avec un caractère floral. La bouche est dense. Du plaisir.

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard ++++
Un vin qui surprend par sa densité, sa profondeur. La finale est très longue, réglissée. Beaucoup d'intensité.

Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret ++
Un boisé légèrement fumé au nez. La matière est belle, mais pas aussi harmonieuses que les précédentes cuvées de Savigny, à ce jour.

Monthelie premier cru Lebelin ++(+)
Le nez offre beaucoup d'ampleur aromatique. Un vrai panier de fruits. La bouche est fraîche, d'une concentration moyenne.

Auxey-Duresses premier cru Boillot +
Des tannins un peu rustiques. L'expression aromatique est discrète. A revoir.

Beaune premier cru Maurice Drouhin +++(+)
Le nez est finement épicé. Les tannins sont soyeux en bouche et la finale est longue. Une réussite.

Beaune premier cru Hugues et Louis Bétault
Le nez manque un peu de netteté (la cuvée se présente souvent assez mal jeune). La bouche est dense mais peu dynamique. A revoir…

Beaune premier cru Brunet ++(+)
Un vin ample aux tannins assez virils, probablement marqué par le bois à ce stade. Le potentiel semble là. A suivre…

Beaune Grèves premier cru Pierre Floquet ++++
La grande réussite dans les cuvées de Beaune. Le nez est floral (pivoine). Dans la continuité la bouche est envoutante d'élégance, les tannins sont à la fois profonds et aériens. Superbe !

Beaune premier cru Clos des Avaux +
C'était la première cuvée vendangée cette année. La maturité semble peu aboutie. Le vin est vif, tendu.

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++
Un vin solide, de belle constitution. Un boisé fumé marque un peu au nez aujourd'hui mais rien de rédhibitoire.

Beaune premier cru Dames Hospitalières +++
La série de beaune se termine sur un très beau trio. Ce Dames Hospitalières est profond et d'une grande longueur, sur un fruité évoquant la mûre.

Beaune premier cru Guigone de Salins +++
Un délicat et subtil mélange de maturité du fruit mais aussi d'élégance et de fraîcheur. De la dentelle…

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++
La cuvée du fondateur est au rendez-vous ! Les tannins sont denses et racés. Ils donnent beaucoup de gourmandise, de croquant en bouche. Un vin très prometteur.

Volnay premier cru Général Muteau +
Le nez présente une bonne complexité. Les tannins sont fermes voire durs en bouche.

Volnay premier cru Blondeau ++(+)
A nouveau un volnay qui se présente davantage avec des tannins fermes mais sa concentration laisse présager un bonne évolution. Le potentiel est là.

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++
Le nez est très élégant, floral. La bouche est d’une grande harmonie, sur des tannins de velours. Un vin « féminin ».

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++++
Un cuvée qui conclut en beauté la  série de volnay. De la profondeur, de la mâche en bouche mais sans rugosité. Avec en point d’orgue, une finale longue et réglissée.  

Pommard Raymond Cyrot ++
Une cuvée fidèle à l’idée que l’on se fait d’un pommard. Un vin d’homme bâti sur de solides tannins. La longueur est moyenne.

Pommard Billardet ++
Le nez est frais, d’une belle pureté. En bouche la trame tannique donne plutôt dans la fermeté que dans la dentelle. Musclé !

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet +
Marqué par le boisé, un caractère légèrement oxydatif. Sûrement dans une phase ingrate de son élevage…

Pommard premier cru Dames de la Charité ++
A nouveau un pommard aux mensurations d’un beau bébé, à la peau un peu plissée… Les tannins doivent s’attendrir. De l’avenir.

Corton grand cru Charlotte Dumay +
Le boisé est assez marqué au nez, comme en bouche. Ce corton sèche un peu en bouche. Rugueux.

Corton grand cru Docteur Peste ++(+)
Du fond, de la matière, une certaine longueur également. Un fois les tannins un peu assagis par l’élevage, cette cuvée devrait donner un solide corton, taillé pour bien vieillir.

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++
Un corton doté d’un surcroît d’élégance, de complexité, de longueur par rapport aux deux cuvées précédentes. Une remarquable finesse qui,  au final, offre tout simplement un supplément de plaisir.

Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter ++++
« Nous l’avons vendangé le 21 septembre. C’était je crois le moment idéal pour récolter ces raisins », précise Roland Masse. Cette cuvée offre effectivement beaucoup d’ampleur, de gourmandise. Les tannins sont veloutés. L’une des grandes réussites de ce millésime.

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon ++++
Plus discret que le Clos de la Roche, ce mazis-chambertin séduit néanmoins par la remarquable finesse de sa texture. Elle évoque le satin. La finale est longue et racée. Une valeur sûre…

 

Les blancs
 

bahezre de lanlayMes coups de cœur : Pouilly-Fuissé Françoise Poisard, les deux cuvées de Corton-Charlemagne, Meursault-Genevrières premier cru Baudot, Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay.

Impressions générales : A l’image des rouges, les cuvées de blancs sont d’une excellente concentration. De bons niveaux d’acidité leur assurent un bel équilibre. Il semble néanmoins que ce millésime privilégie davantage la richesse que la fraîcheur. A noter toutefois que les stades d’évolution, différents d’une cuvée à l’autre,  rendent les comparaisons peu aisées.

 

Saint-Romain Joseph Menault ++(+)
Du fruit frais au nez et une bouche vigoureuse, voilà une cuvée qui ne manquera pas de tonus.

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard ++++
Le nez est expressif, sur les fruits exotiques. La bouche confirme cette bonne maturité en offrant beaucoup de rondeur et de puissance. Très gourmand.

Meursault Loppin +++
Un vin riche, opulent, profond. Ce meursault séduit par son évidente concentration et la maturité de son fruit.  

Meursault Goureau +++(+)
Avec ces arômes, bien intégrés, de fruits secs grillés, le nez est bien typé meursault. La bouche est d’un remarquable équilibre. Du potentiel.

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot
Le nez est frais, sur des notes florales. La bouche est pour l’heure enrobée d’un peu de sucre résiduel. Le pronostic est bon mais il reste difficile de noter ce vin pour l’heure.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot ++++
Un grande finesse se dégage tant sur le plan aromatique que dans la matière en bouche. Le caractère délicat mais intense des Genevrières est bien là.

Meursault-Genevrières premier cru Philippe Le Bon +++(+)
Un grande harmonie se dégage en bouche, la finale offre une belle fraîcheur. Il est un peu plus fermé au niveau aromatique pour l’heure. Une grande bouteille en devenir.

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault +++
Un vin très gourmand, tout en fruit. La longueur est plus moyenne.

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay ++++
Un vin qui séduit surtout par sa grande persistance. Tout est en place - équilibre, complexité, concentration - pour donner un grand vin.

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson +
S’il y avait une petite déception dans cette dégustation, la voici. Ce vin semble sans grand relief. Avec le temps peut-être…

Corton-Charlemagne grand cru Roi soleil ++++
La minéralité du corton-charlemagne, la fraîcheur, la tension sont bien là. Un grande longueur ponctue la dégustation. Un vin racé.
 
Corton-Charlemagne grand cru François de Salins ++++
A l’image de la cuvée « Roi Soleil », cette deuxième cuvée de Corton-Charlemagne confirme l’excellent comportement de ce terroir dans ce millésime peu commun. Densité, minéralité et finale citronnée…

Bâtard-Montrachet grand cru Dames de Flandres ++++
Une cuvée, grand format, qui se distingue toujours par sa concentration et sa puissance. Il aurait été étonnant que ce millésime 2012 fasse exception à la règle. Un beau bébé.

 

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Prix des vins : 2012 va faire valser les étiquettes

17 Octobre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012, #polémique

Vous trouviez que les vins de Bourgogne étaient chers ? Ce n'est certainement pas le millésime 2012 qui va vous faire changer d'avis.

Verre-prix.jpgLa question de la cherté des vins de Bourgogne n'est pas nouvelle. Elle va immanquablement se reposer avec la donne imposée par la récolte 2012. Ce millésime enregistre une faible voire très faible production selon les secteurs. La Côte de Beaune est particulièrement touchée avec des pertes de 50 à 70% sur de nombreuses parcelles. La récolte est bien entamée également sur les rouges de Côte de Nuits. En côte Chalonnaise et Mâconnais les pertes sont davantage localisées. Seul Chablis se situe à un niveau de récolte "normal".

Ce millésime survient dans un contexte marquant le retour vers des sommets des exportations bourguignonnes. Sur les 7 premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires est en hausse de 17% par rapport à 2011. Un nouveau record est en vue, situation que la région n'avait pas connu depuis 2007-2008. Les Etats-Unis, l'Asie (Chine mais aussi Japon) tirent les chiffres vers le haut. Mais la nouveauté notable arrive du Royaume-Uni avec une forte valorisation (+21% en valeur) après avoir été le théâtre d'une bataille de prix ces dernières années.

Dans ce contexte, la faible récolte 2012, s'inscrivant dans la lignée d'autres millésimes peu productifs : 2011 (en rouge) et 2010, n'est pas une bonne nouvelle.

Les prix ont déjà augmenté dans les transactions entre la viticulture et le négoce. Ils se répercuteront tôt ou tard sur les consommateurs en bout de chaine. Dans quelles proportions ? Tout dépendra du niveau d'appellation. Des augmentations substantielles sont plus que probables sur les appellations prestigieuses compte tenu des faibles volumes produits. Les grands et premiers crus rouges de la Côte de Nuits par exemple. Ou encore les grands vins blancs de la côte de Beaune. Ceux là même qui ont connu les plus fortes progressions ces dernières années.

Interrogé sur le sujet, Pierre-Henry Gagey, PDG de la maison Jadot et président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, doutait cependant que les marchés puissent absorber de fortes hausses sur des appellations intermédiaires. A moins que la presse n'encense ce millésime déjà hors du commun dans les prochaines semaines… Elle pourrait alors creuser encore les appétits et inciter les professionnels de la distribution à tout rafler, peu importe le prix. C'est le cas de figure rencontré en 2005 et 2009.

A la base de la pyramide , ce millésime pourrait être l'occasion de positionner les appellations régionales à un niveau plus haut de gamme. Pas forcément un avantage pour les amateurs de bon vin à prix modéré, mais une bonne opportunité pour les producteurs de ce type d'appellations restés bien souvent en dehors des mouvements de hausse constatés plus haut dans la hiérarchie. Conclusion valable pour tous : faites déjà vos économies si vous souhaitez regarnir votre cave ces prochains mois...

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Fin de vendanges dans les Cortons

1 Octobre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012, #Grand cru

Visite à la cuverie de Corton Grancey, en pleine ébullition. Au cœur des grands crus de la fameuse colline d'Aloxe-Corton naissent les vins du domaine Louis Latour. Images…

 

Le point final des vendanges a été donné vendredi dernier au domaine Louis Latour. Le plus important propriétaire de vignes dans les grands crus de Corton a achevé sa récolte 2012. Les sécateurs sont remisés jusqu'à l'année prochaine, mais en cuverie l'activité va bon train.

On peut observer, sur ce film, le pigeage (à 26 secondes). Les pellicules de raisins, maintenues en surface par les effets de la fermentation, sont enfoncées dans le moût (jus de raisin). L'alcool joue alors un rôle de solvant et certains éléments présents dans la peau du raisin (tannins et couleur) diffusent ainsi dans le vin. Ce dernier gagne alors en structure. Le pigeage peut se faire à l'aide d'un "pigeou", cela vaut une bonne séance de musculation..., ou au pied (à 1' sur le film).

Le remontage (à 1'36) consiste à pomper le moût et à le déverser progressivement sur le chapeau formé par les raisins. Cette opération vise à aérer le moût pour que les levures puissent évoluer dans un milieu oxygéné, favorable à la transformation du sucre en alcool.

Les vendangeurs terminent la récolte par une paulée (2'25), un traditionnel repas festif typiquement bourguignon. L'occasion pour Denis Fetzmann, directeur des domaines Latour, de saluer une dernière fois ses troupes avant la retraite…

 

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Millésime 2012 : La Romanée a été vendangée

24 Septembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru, #Millésime 2012, #Bio

Le domaine Comte Liger-Belair (Vosne-Romanée) a entamé sa récolte en milieu de semaine dernière. La Romanée, grand cru emblématique de la Côte de Nuits, a été vendangée samedi (22 septembre). Louis-Michel Liger-Belair nous fait part de ses première sensations sur ce millésime : des bonnes maturités, des raisins peu nombreux, aux peaux épaisses et saines, mais un peu trop d'eau ces derniers jours. Un optimisme raisonnable régnait donc hier dans la cour du Château de Vosne-Romanée. Après une année bien chaotique, un dénouement plutôt heureux s'annonce, si le ciel ne s'agite pas trop pour les trois journées de récolte restantes… Quelques innovations en matière de vinification sont même programmées.

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Vendanges 2012 : un millésime mémorable

23 Septembre 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012

La récolte bat son plein depuis quelques jours en Bourgogne. Sentiment général chez les vignerons : "Ouf, on y est". Certes mais où ?

Pinot noir Gevrey 2012Une phrase de vigneron bourguignon cette année 2012 ressemblait à ça : "En 30 ans de métier, je n’avais encore jamais connu une année comme celle-là". Ou encore : "C’est la première fois que je suis à ce point pressé de voir les raisins dans la cuve". Le millésime restera dans la mémoire de bon nombre de producteurs. Toutes les calamités pouvant s'abattre sur la vigne semblent s’être donné le mot ces derniers mois : gel printanier (en mai), floraison délicate, humidité au moment de la pleine pousse, grêle, mildiou, oïdium et même sécheresse par endroit en fin de cycle (Chablis a ainsi connu son mois d'août le plus sec depuis 1976). N'en jetez plus ! Mais, même quand la coupe était pleine, le ciel aura été cruel jusqu'au bout pour certains. Un dernier petit coup de grêle s'est abattu sur les bas de Santenay et de Chassagne la semaine dernière.

Une donnée est déjà acquise, la Bourgogne va connaitre à nouveau une petite récolte en volume. Avec toutefois de fortes variations selon les secteurs et au sein même de chaque vignoble. Sur certains villages, les rouges de la Côte de Beaune notamment, les rendements devraient être historiquement bas.

Et  la qualité dans tout ça ? Les faibles rendements ont favorisé la maturité. Les raisins se sont concentrés en sucre facilement. D'autant que le mois de septembre a été, comme très souvent, lumineux et sec. L'état sanitaire des fruits, pourtant fragilisés par une saison particulièrement chaotique, s'est maintenu. Chez ceux qui ont essuyé les caprices du climat, le tri s'est évidemment s'imposé.

Certains producteurs ont décidé de récolter par tranche en fonction de l'avancée disparate des maturités. Au final, dans des vignobles comme la Côte Chalonnaise, relativement épargnée par les intempéries et la pression des maladies, les producteurs affichaient presque de l'euphorie au vu de la maturité et de l'état de leurs raisins. Dans le même temps, les acidités se sont maintenues à de bons niveaux promettant des vins bien équilibrés et concentrés. La météo s’annonce pluvieuse pour les  prochains jours. La soupe à la grimace pourrait donc être de retour. Pour l’heure toutes généralités semblent donc vaines à propos de ce millésime 2012. A suivre donc.

Photo : Un raisin à Gevrey-Chambertin (1er cru Lavaux-Saint-Jacques) version 2012.

 

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2012 : millésime ingrat

29 Juillet 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012

Le millésime 2012 est certainement l'une des années les plus éprouvantes depuis des lustres pour les vignerons bourguignons : gel de printemps, forte pression des maladies, grêle, etc. Et pour couronner le tout,  très peu de raisins. Rien n'augure que la qualité ne sera pas là mais il est déjà certain que les producteurs auront dépensé beaucoup de moyens et d'énergie pour produire peu de vin… Le point avec Michel Ecard, notre vigneron témoin de Savigny-lès-Beaune. 


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Les vendanges programmées pour la mi-septembre

20 Juin 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012

Le millésime 2012 pourrait être à nouveau peu productif en Bourgogne. Il sera en tout cas moins précoce que 2011.

Vigne en fleurInutile de lire dans le marc de café pour connaitre la date des futures vendanges. L'observation des vignes ces derniers jours y suffit. Les vendanges 2012 s'annoncent avec un léger retard par rapport à la moyenne décennale. La faute à une floraison chaotique et longue. Cette étape importante du cycle de la vigne détermine la date des vendanges. L'expérience enseigne qu'il faut compter une centaine de jours entre le stade de la mi-floraison et la bonne maturité des raisins. Les premières fleurs ont été aperçues fin mai dans les parcelles les plus précoces mais le temps capricieux a perturbé l'évolution des vignes.

Le stade de mi-floraison a été atteint aux environs du 5 juin pour les chardonnays en Côte de Beaune, suivis de près par leurs compères du Mâconnais. Le pinot noir a embrayé cinq jours plus tard en Côte d'Or et en Côte Chalonnaise. En ajoutant donc une centaine de jours, les vendanges battront certainement leur plein vers le 20 septembre en Bourgogne (sauf événement climatique majeur type canicule de 2003).

En visite lundi à Gevrey-Chambertin, Thierry Mortet et Gérard Harmand (domaine Harmand-Geoffroy) me confirmaient que la floraison de leurs vignes se terminait laborieusement. "C'est encore un peu tôt pour faire des observations précises mais il semble qu'il y ait pas mal de coulure (Ndlr : des grains non fécondés ou avortés)", m'expliquaient-ils. Le temps humide n'a pas aidé. Le millésime 2012 présente quelques jours de retard par rapport à la moyenne décennale et s'annonce assez peu productif. Ce serait le troisième millésime consécutif de vache maigre en Bourgogne. Pas forcément une bonne nouvelle pour les finances des producteurs, mais un signe encourageant pour la qualité des vins. Cette dernière s'accommodant souvent mal de rendements généreux. Verdict dans 100 jours !

Photo : Vigne en fin de floraison en Côte de Beaune le 20 juin 2012.     

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Millésime 2012 : Un tour dans les vignes

21 Mai 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012

Le vignoble bourguignon a progressivement reverdi ces dernières semaines. Après une reprise rapide en mars, la fraicheur du mois d'avril a nettement calmé les ardeurs des ceps. A ce rythme, les vendanges interviendraient autour du 15-20 septembre. Ni précoces, ni tardives. Visite à Savigny-lès-Beaune avec Michel Ecard, vigneron confiant.

 

A noter, fait exceptionnel à cette époque de l'année, que des gelées ont sévi le 17 mai en Côte de Beaune. Les bas de Chassagne-Montrachet et de Santenay ont été touchés. Les prochaines semaines devraient nous en dire plus quant l'impact d'un tel événement climatique sur la future récolte.

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Et si c'était comme en 1956 ?

14 Janvier 2012 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2012, #Ailleurs

Après deux mois d'hiver doux, le froid intense de février a dévasté le vignoble. C'était en 1956. Le funeste scénario est-il en train de se répéter ?

Vignes-grand-corbin-despagne.JPG"Les vignes pleurent déjà", s'inquiète François Despagne. Ce mercredi 11 février au matin le ciel est dégagé, l'herbe et les pieds de vignes du Château Grand Corbin Despagne (Saint-Emilion) sont légèrement givrés. Conséquence d'un hiver bien peu rigoureux, la sève remonte dans les ceps. Quelques gouttes tombent des sarments fraîchement taillés. D’où les vignes en pleurs… Elles ont manifestement le sommeil très léger cette année. On pourra se questionner un peu plus tard sur la survenue d'une nouvelle année précoce. Mais une anxiété plus immédiate s'est emparée des vignerons de Bordeaux*, comme des Bourguignons, qui vivent une situation identique. L'ombre menaçante d'une sévère gelée plane maintenant sur les vignes. Si un froid vif devait saisir la France, les vignes gonflées de sève et d'humidité pourraient ne pas y résister. "Les anciens dans le village disent que cela leur rappelle 1956", avance Olivier Berrouet, à la direction technique du Château Pétrus à Pomerol. Février 1956, plus exactement. Cette année là, après deux mois d'un hiver très doux, une vague de froid a saisi toute l'Europe occidentale, provoquant des dégâts énormes dans le vignoble, les plantations d'arbres fruitiers et d'oliviers. L'air froid est arrivé par l'est et le thermomètre est descendu, en quelques heures, en-dessous de -15° degrés. Ce froid s'était finalement installé tout le mois de février 1956 (lire aussi). Les agriculteurs effarés entendaient leurs arbres éclater. Il aura fallu plusieurs décennies pour que la vallée du Rhône s'en remette. En Bourgogne, la vente des vins de Hospices de Beaune 1956 avait été annulée : récolte trop médiocre et en trop faible quantité. Un tel scénario peut-il se reproduire ? Il reste de longues journées hivernales avant de pourvoir l'écarter…

* J'ai fait cette semaine une petite infidélité à la Bourgogne pour rejoindre mes camarades formateurs chez Prodégustation, leader du cours d'œnologie en France, pour lequel je collabore depuis quelques mois.

 

Photo : Les vignes du Château Grand Corbin Despagne à Saint-Emilion.

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