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365 jours en Bourgogne

Tu veux ou tu veux pas ?

20 Septembre 2013 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Millésime 2013

Le millésime 2013 se fait désirer. Les raisins ne sont pas encore mûrs et les vignerons bourguignons rongent leur frein. La patience est aussi une vertu cardinale dans le métier.

Pinot noir côte de BeauneL’anxiété est montée d’un cran. Dans les rangs des viticulteurs bourguignons, on ronge fébrilement son frein. Les analyses sont loin du compte : les raisins peinent à se concentrer en sucre et les acidités sont encore très élevées. Conséquence : sécateurs et machines à vendanger restent à la remise. « Nous avions prévu d’attaquer la semaine prochaine. Finalement nous allons repousser, explique Richard Martin du domaine de la Croix Senaillet à Davayé (Mâconnais). Et puis les anciens préviennent que le risque est toujours de récolter trop tôt les millésimes tardifs ». Les journées plus courtes et moins chaudes de début d’automne n’aident pas. Et comme le temps n’y a pas mis du sien ces 12 derniers jours… Peu de chance donc de voir des hordes de vendangeurs envahir le vignoble dans l’immédiat. Le coup d’envoi de la récolte est plutôt prévu pour les tous derniers jours de septembre dans les vignobles les plus « précoces ».
Rien ne presse. A moins d’une explosion de la pourriture. Quelques foyers ont été observés mais rien de grave pour l’instant. Le temps s’est remis au beau aujourd’hui et la progression de la pourriture devrait être stoppée.
Tous les espoirs sont donc encore permis : les raisins pourraient se concentrer assez rapidement. Les vignes sont dans l’ensemble peu chargées. C’est l’autre caractéristique déjà acquise de 2013, avec cette tardivité : la faible production. L’estimation de récolte table sur un déficit de 8 à 10% par rapport à la moyenne décennale. Une vue d’ensemble qui traduit mal une grande hétérogénéité selon les parcelles et les pratiques viticoles de chaque producteur.
Chez les viticulteurs rigoureux, de petites grappes bien aérées, se sont épanouies sur des vignes qui auront connu un été particulièrement ensoleillé. L’unique point noir de l’été restera donc l’épisode de grêle qui a touché la Côte de Beaune le 23 juillet. Environ 1 300 hectares ont été impactés à divers degrés. De quoi marquer les esprits. Mais précisons que cela ne concerne qu’à peine 4,5% de la superficie totale du vignoble bourguignon…
En attendant, 2013 continue de jouer avec les nerfs. On se rassure en évoquant le millésime 1978, récolté en octobre, resté dans les mémoires comme la référence de sa décennie.

Photo : Une grappe de pinot noir le 20 septembre dernier en Côte de Beaune

 

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